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[Berlin] La lutte des réfugiés de l’école Gerhart-Hauptmann reprend suite à une nouvelle menace d’expulsion

Mise-à-jour 30/10/2014:,  

L’expulsion prévue ce vendredi 31/10/2014 a été annulée, les autorités préférant pousser les réfugiés à accepter la solution de relogement qui leur ont proposé (et ce, juste après les avoir bernés une énième fois et annoncé leur expulsion dans la presse…). La mairie mise sur le fait de négocier la paix sociale. Car une expulsion signifierait beaucoup d’agitation dans la ville (et la mairie de Kreuzberg n’a pas oublié les attaques et sabotages qui avait riposté à l’occupation policière du quartier et à la tentative d’expulsion du squat durant l’été dernier. Il semblerait donc que les appels à la résistance et la volonté des 45 occupants restants de rester unis, solidaires et de résister physiquement en cas d’expulsion ait fait reculer les politiques locaux.

D’autres infos à suivre

ohlaustay***********************************************************************

Ce jeudi 30 octobre 2014, un article d’Indymedia Linksunten évoque la volonté des autorités locales de Berlin d’expulser les migrants de l’école occupée Gerhart-Hauptmann située Ohlauer Strasse. Les flics ont annoncé ce même jour d’ériger une « zone à risque » autour de l’école à partir de 6h du matin. L’expulsion serait prévue pour le vendredi 31 octobre 2014.

La veille, de nombreuses forces policières ont pris d’assaut le quartier de Kreuzberg en vue de l’expulsion.

Sans surprise, le dialogue avec le pouvoir initié par une partie des occupants ayant échoué  – en l’occurrence un accord signé il y a plusieurs mois pour un relogement des demandeurs d’asile dans certaines conditions (rester ensemble par exemple) qui a été rompu récemment – a pu une nouvelle fois montrer à tous qu’il n’y rien à demander à l’Etat et ses représentants. En échange (donc en guise de foutage de gueule), la municipalité leur a proposé un bon d’hébergement d’un mois en auberge de jeunesse).

Des appels à actions décentralisées, à se tenir informer et se rendre sur place pour enrayer l’expulsion ont été lancés.

Sans attendre, on apprend que le bureau des verts du quartier de Treptow a été attaqué dans la nuit du 28 au 29 octobre 2014. Le communiqué explique ses bris de vitres par rapport aux décisions des gouvernants locaux (et en l’occurrence de la maire de Kreuzberg, Monika Hermann, du parti des verts) d’expulser les 45 réfugiés qui occupent l’école de la rue Ohlauer à l’Oranienplatz et ceux du Görlitzer Park. Quelques extraits:

« Ceci est un avertissement aux gouvernants et leurs partis de garder leurs mains loin de l’école.

Chaque expulsion a son coût ! Faisons-le grimper !

Allons devant l’école et montrons-nous solidaires ! […]

Pour une vie auto-déterminée !

Vous ne pouvez pas expulser un mouvement ! »

Dans la nuit de mercredi à jeudi 30 octobre, 160 réfugiés et solidaires ont manifesté, exprimant leur détermination à rester dans cette école, et donc à appeler à la résistance pendant l’expulsion. Un concert de soutien aux réfugiés a clôturé la soirée.

Voir toutes les infos sur la lutte des réfugiés de la rue Ohlauer et actions solidaires durant l’été 2014 à Berlin et partout à travers le pays.

[Paris] Quelques bâtons dans les roues des expulseurs et de l’enfermement…

Quelques bâtons dans les roues

Dans la nuit du 22 au 23 octobre nous avons décidé d’emmerder un peu quelques collabos en leur crevant les pneus :

- un utilitaire Challancin (nettoyage dans les CRA)

- une voiture SNCF (collabos des expulsions)

- un utilitaire Vinci (constructeur de taules)

- une voiture Orange (qui exploite les prisonniers)

- 29 vélibs de ce batard de JC Decaux qui exploite aussi les prisonniers

Nous en profitons pour saluer les compagnons récemment condamnés pour le double braquage de Velvento, Kozani.

Indy nantes, 24/10/2014 à 20h13

[Tract] Aliam vitam, alio mores* : du 13 au 26 octobre, grande opération policière contre les sans-papiers

arton3926-7e23bPour les deux semaines du 13 au 26 octobre, l’Union Européenne a lancé une opération policière de grande envergure appelée « Mos maiorum« ** visant à lutter contre l’immigration clandestine, mobilisant 18 000 policiers et se traduisant par des contrôles d’identité accrus dirigés vers les personnes sans papiers. Le but est de réaliser une collecte massive d’informations pour mieux connaître la façon dont les sans-papiers sont arrivés là afin de mieux leur barrer la route à l’avenir en ciblant mieux les points de passages à surveiller et en démantelant les réseaux de passeurs. Pour amasser ces informations, la consigne est d’arrêter le plus possible de sans-papiers et de les interroger (âge, sexe, nationalité, date et lieu d’entrée dans l’UE, trajet et moyen de transport, prix payé, destination, éventuels faux papiers, démarches de droit d’asile…).

Tout cela n’est pas une nouveauté, car même si elles risquent d’être plus nombreuses durant cette période, les rafles et les expulsions font rage dans toute l’Europe contre ceux dont les puissants ne veulent pas ou plus. En parallèle à l’effacement relatif des frontières entre les pays de l’UE, les frontières extérieures de l’Europe se ferment de plus en plus violemment à tous ceux qui espèrent trouver ici une vie plus facile et moins dangereuse qu’ailleurs, rejoindre des proches ou fuir une situation jugée invivable.

Mais dans tous les pays (« développés » ou non ), c’est le même système de domination qui pourrit les rapports et les conditions de vie : le capitalisme et l’exploitation économique assignent chacun à un niveau de l’échelle sociale, et plus tu es pauvre, plus ils veillent à ce que tu restes à ta place, à trimer et te laisser humilier, par le patron, le contrôleur, le client, le flic, le juge, le prof…

Les politiques migratoires, en en laissant entrer certains et pas d’autres selon des critères de rentabilité économique, tentent de maîtriser les flux migratoires mais surtout de faire peur à tous par les contrôles, les expulsions ou les séjours en Centres de Rétention pour que la part de sans-papiers tolérés en Europe se tiennent à carreaux, et acculés dans la clandestinité acceptent n’importe quel travail sous-payé sans pouvoir se plaindre de quoi que ce soit. Les frontières et les absurdes identités préfabriquées qui vont avec, les nationalités, sont pour les puissants un outil pour se partager le bétail humain à gouverner, trier les indésirables, diviser les exploités et leur faire accepter des conditions de misère.

Avec cette nouvelle opération, qui a visiblement un but médiatique (faire voir aux bons citoyens que la police travaille et que les États protègent la civilisation des barbares…), la politique européenne anti-immigration va peut-être se renforcer encore, mais pas changer de fond.

Qu’est ce qui peut faire changer la donne ? Nous, les exploités, avec ou sans papiers. Parce que la chasse aux immigrés clandestins est une partie de la guerre que le pouvoir mène tous les jours contre tous les pauvres, les indésirables. Une guerre à laquelle trop souvent on ne riposte pas.

Mais on pourrait s’opposer aux rafles de sans-papiers dans la rue, ou décider de s’en prendre aux institutions, aux entreprises, aux personnes qui rendent possibles l’enfermement et les expulsions. La liste est longue : balances (RATP, banques, bureaux publics), transports utilisés pour les expulsions (SNCF, Air France), constructeurs de centres de rétention (Bouygues, Vinci, Eiffage), associations qui y travaillent et donc les cautionnent (Croix Rouge, Ordre de Malte, Cimade, France Terre d’Asile)…

Pourquoi ne pas partir à l’attaque de tous ceux qui, politiciens, patrons, flics, exploiteurs de toute sorte, font de nos vies un perpétuel esclavage, qu’on ait ou pas leurs papiers ?

À bas toutes les frontières et les nations ! Contre les politiciens, flics et collabos qui les font exister, passons à l’attaque !

* Aliam vitam, alio mores : « Autre vie, autres mœurs »
** Mos maiorum : « Mœurs de nos anciens »

[Tract trouvé dans les rues de Paris, octobre 2014.]

2-30Publié sur non-fides, 16 octobre 2014

[Bâle, Suisse] Action de solidarité avec les réfugiés en lutte à Berlin et partout – 7 octobre 2014

FurEinWeltOhneGrenzenUndKnasteTôt mardi matin (07.10), une voiture de la police fédérale allemande a été incendiée à la gare Badoise* à Bâle. La voiture a été entièrement endommagée. Action en solidarité avec les réfugiés en lutte à Berlin et partout !

Là-bas comme ici en Suisse, des personnes sont relégués à des problèmes pour lesquels il est de rechercher une solution. Les solutions des flics et des autorités, ainsi que des flics comme de leurs valets, signifie toujours l’enfermement dans des camps, la répression et souvent l’expulsion vers leur pays d’origine ou des pays soi-disant sûrs.

Les luttes des migrants, qui s’opposent de manière auto-organisée contre cette oppression systématique, nous encouragent et nous montrent en même temps la nécessité de saboter ce mécanisme de répression avec nos propres contributions.

Cette action est aussi une réponse à la prochaine opération de police européenne « Mos maiorum » (du 13 au 26.10), qui va tenter avec 18.000 policiers en coopération avec Frontex, de contrôler et darrêter beaucoup de personnes sans carte de séjour.

Solidarité active avec tous les migrants en lutte à Berlin et partout !

Traduit de l’allemand de ch.indymedia.org/de, 08.10.2014 00h30

Note de traduction:

* en allemand « Badischer Bahnhof »; située au nord-est de Bâle en direction de l’Allemagne, exploitée par la Deutsch Bahn.

[Paris] Etat de siège policier et rafles de migrants dans l’est de la capitale

État de siège dans tout l’Est du 18ème arrondissement

Depuis plusieurs jours les opérations de police se succèdent dans toute la zone comprise entre boulevard de La Chapelle et boulevard Ney (La Chapelle, Barbès, Porte de Clignancourt).

MeilleureDéfcestlAttaqueMardi 23 septembre, autour du métro La Chapelle, plus de 150 personnes ont été arrêtées à 6 heures du matin alors qu’elles dormaient sous les ponts du métro. La police, qui recherchait des personnes sans papiers cherchant supposément à rejoindre Calais, a embarqué tout le monde au commissariat de la rue de l’Évangile. Là, chacun a été forcé à donner ses empreintes, sous les coups pour ceux qui refusaient. Tous ont ensuite été libérés sans aucune explication, ni document.

L’après-midi et les deux jours qui ont suivit (mercredi 24/09 et jeudi 25/09) plusieurs patrouilles de dizaines de flics ont quadrillé les quartiers de La Chapelle et de Barbès/La Goutte d’Or, contrôlant, fouillant et arrêtant toutes celles et tous ceux qui se trouvaient là : sans papiers, vendeurs et vendeuses à la sauvette, habitant-e-s du quartier, passants à pieds ou en voiture. Une réquisition du procureur leur donnait l’autorisation (et pour plusieurs jours encore ?) de contrôler au faciès n’importe quelle personne de 15h à 21h. Accompagnés de chiens policiers et suréquipés : matraque à la main, flashball pointé et gazeuse à volonté. Leur but est manifestement de semer la terreur pour “pacifier le quartier” et de bien faire comprendre à tous et à toutes “c’est qui qui commande”. Plusieurs personnes présentes jeudi soir ont manifesté leur solidarité et se sont faites prendre à partie, contrôlées et arrêtée pour l’une d’entre-elle.

Cette agression permanente des chiens du pouvoir est intolérable. Amplifions la solidarité et refusons de nous laisser faire, occupons la rue et diffusons d’autres idées et pratiques que celles du chacun pour soi et tous contre tous, en distribuant des tracts, en collant des affiches, en organisant des rassemblements et des manifestations, en apportant du soutien pendant et après des rafles, en discutant avec celles et ceux qui comme nous en ont marre que l’État, ses lois et ses flics nous empêchent de vivre.

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[Paris] Le lycéen d’Édith Piaf libéré

24 septembre 2014. Le lycéen d’Édith Piaf (19eme) qui était enfermé au CRA a été libéré aujourd’hui, la veille du rassemblement prévu demain ! Comme à Saint Cloud il y a 15 jours (une lycéenne en rétention libérée juste avant le rassemblement). Le gouvernement a peur d’un revival de l’année dernière ?

Publié sur Sans papiers ni frontières

[Publication] L’enfer est pavé de bonnes intentions : Croisades humanitaires à l’aune du 3è millénaire

Dans ce monde qui marche sur la tête, on voudrait nous faire croire que de bonnes âmes humanitaires se dévoueraient à corps perdu pour soulager la misère des plus démunis. Si l’on daignait leur donner quelque obole, on pourrait dormir sur nos deux oreilles, car ces professionnels de la bonne action s’impliqueraient à notre place. Quelques euros, et le citoyen satisfait de lui-même pourrait s’en retourner à ses petites affaires. Recyclant le coup de la quête de la fin de la messe qui nourrit avant toute chose la bonne conscience du fidèle, les organisations non gouvernementales savent y faire. Leur marketing de l’empathie s’appuie sur une rhétorique de l’urgence qui ne laisse pas l’espace de s’interroger sur ce qui a du sens, sur ce qui ne va pas, sur les façons de s’y affronter. Tellement charitables et tellement bien organisées, il ne faudrait pas s’en faire, elles gèrent.

CharterHumaniseeCRElles gèrent justement. Mais quoi au juste? La misère, bien sûr! Celle des autres, de ceux qui restent surtout perçus dans le registre de l’altérité, alors qu’ils se prennent de plein fouet le même monde. L’humanitaire se voudrait technique en répondant à de supposés « besoins », tout en maintenant ses « ayant droits » dans le rôle de victimes passives. Disons-le sans détour: l’humanitaire n’est pas là pour supprimer la misère à laquelle il entend s’attaquer. Pire, il en vit et la perpétue. Dans ce monde qui ne repose pas que sur le bâton mais aussi sur une adhésion volontaire ou un consentement passif, l’humanitaire sert ni plus ni moins de caution pour faire accepter l’inacceptable. Alors pourquoi certains camarades ont-ils toujours autant d’hésitation à leur exprimer quelque antagonisme?  Pourquoi encore y faire référence comme un recours possible dans certaines de nos publications? On connaît leur rôle et leur fonctionnement autoritaire, mais… il y a aussi untel dedans qui n’est pas « si pire que cela » et qui peut même parfois donner des coups de main. Les critiques s’effacent devant une personne et quelques services. S’il est vrai qu’il peut y avoir des individus sincères au sein des organisations humanitaires, il est tout aussi vrai qu’ils ne restent souvent pas longtemps dans ces entreprises qui exploitent sans vergogne la volonté de leurs employés. Ils les quittent souvent pour de vraies raisons, celles qui sont trop rarement affrontées. Alors peut-être pourrait-il y avoir un début de remise en question de ce qu’est l’humanitaire dans ce monde, à partir de son évolution, son fonctionnement, sa place grandissante, de façon un peu plus générale. Peut-être y a-t-il urgence en la matière, une autre urgence que la leur, l’urgence de la réflexion, l’urgence d’affûter les armes de la critique quand la domination se complexifie. Parce que l’humanitaire s’est considérablement développé depuis une vingtaine d’années, il ne peut plus être perçu de la même façon. Le cache-sexe de départ a pris une place et une ampleur qu’on ne peut pas occulter. Plus encore, on a comme l’intuition que cette instrument de la domination fait système.

Derrière le vernis humanitaire

Le masque de la neutralité

On le sait depuis le XIXe siècle et le traitement des indigents, toute politique d’assistance est en même temps un instrument de contrôle. L’histoire de ce vaste ensemble que l’on désigne par le terme d’humanitaire n’a rien de neutre. Les premières organisations caritatives sont d’origine confessionnelle, avec tout ce qui va avec d’hypocrisie et de bonne conscience, de puritanisme et d’hygiénisme, de morale et d’ordre.

Si les organisations non gouvernementales se sont graduellement imposés sur la scène internationale, c’est qu’elles ont su jouer sur un soi-disant principe de neutralité qui les plaçait au-dessus des Etats, tout en leur vouant en réalité la plus fidèle allégeance.

save-the-children1Ce sont d’abord la Croix-Rouge (1863) puis d’autres associations caritatives (comme Save the children dès 1919) fondées par des membres de la haute-bourgeoisie en accord avec les grandes puissances, qui vont s’affirmer en intervenant pendant et après la Première guerre mondiale. Dès l’origine, ces organisations « non » gouvernementales tissent des liens avec des empereurs, des tsars, des présidents, des ministres et la Société des Nations pour que les Etats partagent le domaine du traitement des blessés. Pendant ce qui a été l’un des plus grands carnages mondiaux, ces caritatifs si attentionnés vont ainsi permettre vont ainsi permettre aux bouchers de se vanter d’accomplir un « progrès » social à travers un traitement « humain » de leurs victimes.

Suite à la seconde guerre mondiale, la Croix-Rouge parvient même à obtenir des « mandats humanitaires », bénéficiant ainsi de droits et de prérogatives accordés par les Etats sur les blessés, les prisonniers de guerre et une partie des populations civiles (soins et aide alimentaire). La soi-disant indépendance et neutralité de la Croix-Rouge soulèvent alors quelques commentaires irrespectueux. Tandis que les ONG se tournent au cours des années 60 vers le « Tiers Monde » et le « développement », une nouvelle génération d’organisations va justifier son apparition sur le fond de ces critiques, personnifiée en France par Médecins sans frontières, Médecins du Monde, Aide Médicale Internationale, Action contre la faim ou Handicap International.

Ces dernières, en apparence plus distantes à l’égard de l’ONU et des politiques publiques, sont en réalité loin d’être des organisations « non » gouvernementales. Les hommes circulent. Comment comprendre autrement le parcours de Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, membre de presque tous les gouvernements socialistes de 1988 à 2001, puis administrateur du Kosovo au titre de représentant de la communauté internationale des Etats, encore ministre des affaires étrangères et européennes des deux gouvernements Fillon, et parallèlement rémunéré pour ses activités de conseil aux entreprises (son rapport contribuera à blanchir Total en Birmanie sur le travail forcé) et aux gouvernements étrangers (Congo ou Gabon)? Les passerelles ne se limitent pourtant pas seulement à l’homme aux sacs de riz [1], et ont aussi leur importance dans les missions accordées à ces institutions humanitaires [2].

Apparemment construite à côté des politiques publiques, l’intervention humanitaire se révèle ainsi, bien plus structurellement qu’on ne le pense généralement, très proche des intérêts des Etats. Ce n’est pas une logique qui aurait été dévoyée de son sens premier: ces organisations, certes avec des enrobages différents, occupent des espaces que les Etats ont bien voulu leur laisser, et sont donc à considérer ni plus ni moins comme des « para-institutionnels ». Prestataires de service pour le pouvoir, quand elles ne couvrent pas par leur silence les atrocités commises, elles ne peuvent se permettre qu’une opposition de façade, du genre de celle qui surtout ne gêne pas. Elles ne se trouvent jamais du côté de la contestation de l’ordre existant, sinon pour la pacifier.

Une fiction totalitaire

A la botte des puissants, ces organisations « non » gouvernementales propagent également une certaine vision du monde et des rapports sociaux, une manière de voir et de faire où l’individu est complètement dépossédé de sa capacité d’agir, de réfléchir, d’expérimenter.

Dans cette fiction de l’humanitaire, le monde n’est pas questionnable, il n’y a qu’à en gérer les victimes. La dissension n’existe pas. La possibilité d’émancipation par rapport à ce tout n’est pas envisagée, ni envisageable. L’humanitaire repose sur une certaine conception de l’individu, ou plutôt du non-individu, au sens où il n’est ni un être pensant, ni un être agissant. Avec la souffrance comme seul attribut, tous ceux qui se retrouvent pris dans un dispositif humanitaire sont interchangeables et sont ensuite redécoupés en catégories de « vulnérables » que le monde humanitaire désigne comme ses « ayant droits« .

Un ensemble d’organisations, de réseaux, d’agents et de moyens financiers répartis dans différents pays parcourent le monde en tant qu’hérauts d’une « cause supérieure » comme soi-disant seule raison d’être. Cependant, ce message n’est pas celui de la liberté, son contraire n’est pas la domination, mais le malheur de « victimes », dont quelques-unes pourraient temporairement se faire imposer un kit de « droits » sous couvert d’un universalisme qui est en réalité à géométrie variable: les « victimes humanitaires » peuvent être forcées de rester ou de partir du jour au lendemain et voir leur statut se modifier, perdant ou obtenant le droit de rester, selon le trop compréhensible bon vouloir des organisations internationales et/ou des gouvernements.

C’est par exemple l’obligation faite en juin 2003 aux Libériens et Sierra-Léonais de Conakry de s’inscrire auprès du HCR s’ils veulent avoir un statut officiel (qu’ils ont demandé par des manifestations dans la capitale guinéenne) pour que la traque de la police marque une pause puis, quelques jours plus tard, l’annonce du gouvernement guinéen immédiatement relayé par le HCR selon laquelle les réfugiés doivent aller dans les camps de la région forestière, à 600 km de là, faute de quoi ils seront considérés comme illégaux et « pris de force » A l’obligation d’aller en camp pour certains, peut suivre celle d’en partir pour d’autres, comme ces Sierra-Léonais installés depuis des années dans les mêmes camps guinéens, et rapatriés non volontaires au même moment vers leurs régions d’origine dévastées par des années de conflits et encore fréquentées par des miliciens, deux ans après la fin officielle de la guerre.

Dans toutes les étapes de ces parcours, les réfugiés et déplacés découvrent, côte à côte, les personnels et les véhicules des agences onusiennes, des casques bleus et des organisations non gouvernementales humanitaires. Instruments de contrôle autant que de pacification, leur présence sert également à décourager toute révolte et fixer pour mieux les contenir, les mouvements incontrôlés de populations potentiellement dangereuse pour la stabilité des Etats et l’exploitation des richesses locales.

Un marché en plein boom

Si le maquillage humanitaire dont se couvre la domination ne fait peut-être plus mystère, depuis une vingtaine d’années ce secteur a connu un tel développement que la critique ne peut pas en rester là.

Depuis les années 90, le marché de l’aide d’urgence a littéralement explosé dans un contexte de « crises » surmédiatisées. Sur place, les intervenants sont de plus en plus nombreux à se disputer une part du gâteau. Au Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et aux quelques institutions humanitaires traditionnellement présentes dans les situations de conflits sont, en effet, venus s’ajouter le ban et l’arrière-ban des ONG, mais surtout certains programmes des Nations-Unis [3]. Le système onusien et ses satellites peuvent être considérés comme une puissance humanitaire mondiale: au cours de la dernière décennie, des milliers de personnes ont été déployées sur plus de 60 « théatres d’intervention« , des milliers de tonnes de nourriture distribuées, des milliers de camps de personnes réfugiées ou déplacées construits, puis gérés. Tour à tour, Diyarbakir, Phnom Penh, Mogadiscio, Lokichokio, Sarajevo, Goma, Pristina, Dili, Banda Aceh sont devenus temporairement d’immenses humanitaire land saisis par la fièvre de l’aide: flambée des prix, augmentation des loyers, embouteillages de luxueux véhicules tout terrain frappés au logo de leurs organisations. La multiplication des programmes humanitaires engouffre ainsi chaotiquement des montagnes de fric affectées à l’urgence puis à la reconstruction, jusqu’à ce qu’un nouveau drame chasse la nomenklatura internationale de l’aide vers un nouvel épicentre.

Ces organisations n’ont définitivement plus rien à voir avec l’image d’Epinal que l’on peut avoir d’une association caritative. Elles sont devenues au fil des ans de véritables entreprises prestataires de service qui gèrent des sommes considérables, répondent à des appels d’offres, sont en concurrence les unes avec les autres, appliquent des principes managériaux. Elles ont ainsi recruté des spécialistes de la communication,  du marketing, des ressources humaines, du droit international, de la gestion et des finances internationales, des spécialistes du lobbying européen, etc. Reproduisant le processus de la rentabilité, leur mode de fonctionnement est ni plus ni moins celui d’une multinationale [4].

Humanitaire et militaire

Ambiguïté pour les unes ou hypocrisie constitutive pour les autres, ces entreprises para-institutionnelles accompagnent également un autre changement de taille. C’est à partir du début des années 90 que les interventions militaires commencent à se grimer sous le vocable humanitaire. Après le déploiement de force des Etats-Unis en Somalie en 1992, c’est peut-être plus encore le génocide perpétré au Rwanda en 1994 qui va instaurer l’idée de « guerre humanitaire ».  Quand l’extermination programmée des Tutsis est pudiquement désignée par les Nations Unis comme une « crise humanitaire », Médecins sans frontières dont une partie du personnel local a été massacrée, réclame une intervention militaire des grandes puissances. La question n’est plus d’appliquer un pansement sur les atroces conséquences de tout conflit, mais de défendre le fait que ces guerres doivent être menées pour des « raisons humanitaires« . Opérant un renversement du discours, ce serait désormais le refus même de faire la guerre qui deviendrait « criminel« . Et en réclamant des « couloirs » ou des « sanctuaires humanitaires« , ces organisations souhaitent en plus s’inscrire dans son sillage !

La temporalité et la forme de l’intervention humanitaire tendent dès lors à se calquer sur celles de l’action militaire, comme on l’a encore vu en ex-Yougoslavie puis au Kosovo. Dès lors, il n’est pas étonnant que beaucoup de celles et ceux qui reçoivent l’aide ne fassent guère la différence entre les militaires faisant de l’humanitaire et les humanitaires arrivés avec les militaires. En Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003, les distributions aériennes de vivres et de médicaments ont accompagnées les larguages de bombes. De plus, l’évaluation du nombre de survivants et d’orphelins potentiels à nourrir, la localisation cartographiée des futurs camps pour un nombre programmé de déplacés, l’installation des tentes et la livraison de milliers de couvertures, sont désormais intégrés dès le départ et anticipés dans les QG des états-majors. L’humanitaire ne pose qu’une mince couche de vernis sur le kaki qu’il accompagne.

L’humanitaire comme mode de gestion des indésirables

 A côté des opérations militaro-humanitaires de « maintien de la paix » lancées à grands renforts de caméras, un autre versant de l’action des ONG attire beaucoup moins l’attention, bien qu’il soit considérable. Dans les années 1990 et 2000, tous les Etats ont durci leur législation n’accordant plus qu’à la marge le statut de réfugié. On a alors vu fleurir d’autres catégories: déplacés internes, asile territorial, asile humanitaire, etc… Catégories qui ont été suivies de la création d’une multiplicité dé camps aux formes et aux règles de vies pas très différentes. La stratégie vise à fixer les migrants à proximité de leur lieu de départ et, quand ce n’est pas possible, à privilégier des pays « tampons« , notamment en Afrique du nord, pour cantonner et filtrer « les étrangers ». Les camps, qu’ils aient des murs ou des barbelés, ne sont que le dispositif contemporain dans leur multiples facettes [5] du tri et de l’enfermement des migrants. Depuis les années 90, ces derniers sont de plus en plus perçus comme des indésirables, et sont devenus une variable à contrôler dans le cadre de la maîtrise des flux migratoires ». Et à cette gestion, les entreprises humanitaires collaborent activement: en plus de participer aux dispositifs contemporains d’acceptation de la domination à travers l’idéologie qu’elles distillent, elles prennent également en charge une partie du tri et du confinement de maintes populations.

Le HCR et le contrôle des flux

La mission du Haut Commissariat des Nations-Unis pour les réfugiés (HCR) n’est qu’une vague intention humanitaire et morale, annexée aux politiques de contrôle des flux et de rejet des indésirables. Le HCR suit complètement les politiques de fermeture des frontières qu’ont mis en oeuvre tous les Etats depuis une vingtaine d’années. Plus encore, il externalise pour eux cette question. Il a ainsi mis en place des programmes de « retours volontaires » qui sont souvent de fait, des retours forcés, et s’est spécialisé dans le traitement des « déplacés internes », évitant ainsi qu’ils n’aillent dans les pays de ses financeurs. La gestion des camps est le second métier du HCR, qui sait les installer en urgence face à un afflux de réfugiés, mais aussi les gérer durablement en coordonnant les tâches des associations dépendantes de ses financements. Travaillant avec un budget d’1.8 milliards de dollars, il est ordonnateur des missions de plus de 500 ONG, ce qui permet certes aussi d’accorder l’asile à des exilés, mais loin et dans des endroits, camps d’internement ou zones géographiques de concentration, qu’ils ne pourront pas quitter aisément pour tenter de rejoindre l’Europe. En les maintenant sous dépendance et donc sous contrôle.

A bien des égards, cette logique va à l’encontre des tentatives d’auto-organisation que les exilés peuvent expérimenter dans leur propre parcours. Ce fut par exemple la triste expérience du campement auto-installé près du village de Buedu en Sierra Leone, à une quinzaine de kilomètres de la frontière libérienne. Un nombre important de réfugiés du Liberia sont arrivés en 2001 au moment de la reprise des combats dans leur région, après une relative accalmie de plusieurs années. Venant des villes et de villages situés juste de l’autre côté de la frontière, plus de 35000 libériens arrivèrent dans le seul district de Buedu. Alors qu’ils venaient de localités proches et appartenaient à des lignages alliés, les villageois n’ont rapidement plus été en mesure de pouvoir les accueillir et en particulier de pouvoir les nourrir. Les habitants ont alors demander à leurs « parents » de s’installer dans un espace vide à la sortie de Buedu. L’occupation est devenue un camp auto-installé en 2001. Il a regroupé jusqu’à 4000 personnes, avant que le HCR ne le vide et de force l’année suivante, au prétexte de sa proximité avec la frontière, mais en fait et surtout, afin de regrouper tous les réfugiés dans des camps du HCR situés au centre du pays.

Dans ces zones de confinement, ils se retrouvèrent complètement dépendants de la maigre ration distribuée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), des tentes et autres « services » standards généreusement prodigués, et auxquelles ils avaient eux-mêmes auparavant apportés des solutions.

C’est avant tout une histoire de gestion des flux migratoires qui guident ces choix, et l’intervention humanitaire fait plus que les accompagner, elle y participe directement. Au passage, les grands oubliés de ces politiques sont bien sûr ceux à qui elles sont destinées: à aucun moment, il n’est question qu’ils puissent se prendre en charge eux-mêmes. Ils sont une variable à contrôler, à fixer ou à déplacer au gré d’intérêts politiques, économiques et militaires des régions concernées (stabilité, possibilité d’y exploiter les richesses locales, accords géostratégiques…) et d’une gestion internationale des  migrations (volonté de fixer les candidats au voyage loin des portes de l’Europe).

Trier

Le déplacé, la femme réfugiée, l’enfant réfugié reçoivent un « kit de survie » pour autant qu’ils soient reconnus comme appartenant à ces catégories. Au sein des camps, la catégorie « réfugié », est elle-même découpées en catégories distinctes de « vulnérabilité » [6], comme par exemple l’enfant non accompagné, le survivant de violence, le parent seul ou la femme seule, qui finissent par produire une hiérarchie du malheur. Cette multiplication des catégories est bien pratique. Elle permet de créer des séparations là où pourraient se nouer des solidarités. Chacun se trouve assigné à une fausse réalité, parce que pour le moins trop partielle, pour surtout pour ne pas en sortir. Cette injonction à une place donnée n’est pas liée au parcours ou au vécu des individus, mais à leur gestion. En se systématisant, en s’imposant comme mode de gouvernement de « l’instabilité », l’humanitaire a engendré une bureaucratie de la souffrance, où l’urgence et l’arbitraire se conjuguent souvent: urgences de déplacements plus ou moins forcés; arbitraire d’un pouvoir sur des situations catégorisées comme dissemblables, acceptant ou refusant la présence, la reléguant dans des lieux plus ou moins carcéraux…

Quand les individus n’acceptent pas les catégories auxquelles ils sont relégués, ces humanoÏdes sont même prêts à donner carte blanche aux autorités locales pour les massacrer. C’est ainsi que la police égyptienne a assassiné plus de 150 soudanais qui occupaient un parc situé près de l’enceinte du HCR le 30 décembre 2005. Depuis plus de 3 mois, un millier d’habitants de différentes régions du Soudan refusaient à la fois de rester en Egypte où ils étaient en proie au racisme, et les rapatriements  « volontaires »  (novlangues pour forcés), prévus au premier semestre 2006 dans des régions encore partiellement en guerre. La semaine avant l’intervention de 6000 flics égyptiens, le HCR, estimant leur dossier « bouclé », avait demandé à plusieurs reprises au gouvernement égyptien « de prendre d’urgence toutes les mesures appropriées pour résoudre cette situation » qui n’était plus de son ressort, en débarrassant les abords de la noble institution de cette occupation trop voyante. Ce faisant, le HCR a été un complice actif du carnage de ceux qu’il a successivement considéré comme réfugiés, demandeurs d’asile, déboutés, et enfin problème d’ordre économique.

Confiner

De manière très palpable dans le cas des réfugiés et déplacés des pays du Sud, l’humanitaire est l’entité qui, partout où c’est nécessaire, construit, gère et contrôle des camps pour y garder des « populations » considérées simultanément ou alternativement comme vulnérables et indésirables, victimes et dangereuses. Un camp demande des aménagements d’espaces vierges, de voies d’accès et de circulation, des installations de tentes et de baraques, de la tuyauterie, des puits et des canalisations d’eau, des cliniques et des écoles de brousses, etc. A cela correspond une répartition des tâches et une coordination entre les employés (étrangers et locaux) des différentes ONG et agences onusiennes, qui sont autant de « branches » d’un humanitaire opérant à la manière d’un gouvernement. Alimentation, santé, voirie, abris, sécurité, environnement, jeunesse: à chacun son « porte-feuille ». C’est toute une bureaucratie qui se met en place et qui pérennise l’urgence pour un temps plus ou moins long. Les « ayants-droits » sont alors maintenus en vie à minima, c’est-à-dire selon des normes de simples survie (habitation précaire, ration alimentaire insuffisante [7], etc…) et sont aussi et surtout maintenus sous contrôle.

Mais il arrive qu’ils sortent du rôle de victimes passives qui leur est assigné. En juillet-août 2003, dans le camp de Tobanda en Sierra-Leone, des veuves demandent des bâches plastifiées afin de protéger leurs cases en terre battue des pluies diluviennes. En cette saison, les intérieurs sont rapidement mouillés: sol, nattes, matelas, vêtements. Un mois plus tôt, le toit en chaume puis les murs de terre d’une maison s’étaient effondrés alors qu’un enfant dormait à l’intérieur. D’autres abris subirent le même sort. Au même moment, le HCR distribuait des bâches plastifiées à des réfugiés nouvellement arrivés, en laissant les plus anciens, présents dans le camp depuis près de 3 ans, prendre l’eau. Devant l’absence de réponse des administrateurs du camp, une cinquantaine de femmes ont alors occupé avec leurs enfants la voie principale du camp en scandant « nous voulons des bâches !« , puis séquestré des volontaires européens d’une ONG pendant plusieurs heures en les maintenant sous la pluie, avant de bloquer un véhicule de la Croix-Rouge, « pour qu’ils voient ce que c’est que de rester sous la pluie« . Elles ont renvoyé eous ces membres d’ONG à un seul et même monde, celui des « U.N« . Face à la protestation des salariés expliquant que cette question-là n’était pas de leur ressort, les femmes n’eurent qu’une réponse: « nous vous prenons tous pour des travailleurs d’ONG, comme vous nous prenez tous pour des réfugiés« .

Les associations et les ONG, en répondant aux appels d’offres des gouvernements, de l’Union Européenne ou de l’ONU, en « prenant en charge » différents secteurs relatifs à la rétention et à la survie dans les camps, participent au dispositif de contrôle et de confinement des migrants. L’action humanitaire se trouve ainsi non pas « détournée » mais incluse dès l’origine dans les stratégies de contrôle des flux migratoires de toutes sortes. Ces politiques d’immigration ont fait de l’internement des réfugiés et des migrants une industrie florissante et envahissante, dont l’humanitaire fait partie. Dans cet espace où les frontières se renforcent autour des Etats nation comme autant de murs et se multiplient à l’intérieur des territoires, visibles et invisibles, beaucoup sont empêchés de les traverser, ce qui produit des formes de plus en plus variées de zones de contrôle, de tri, de confinement et d’enfermement.

Pour conclure

Ce qui s’est mis en place à travers cette histoire convergente de l’humanitaire et des camps, ce n’est pas seulement le traitement des réfugiés, c’est une modalité d’organisation sociale qui se déploie à l’échelle mondiale. La multiplication des camps, le développement des zones d’attentes aux frontières ou de zones d' »asile interne », mais également les opérations de « maintien de la paix », sont quelques-uns des aspects d’un processus plus ample qui donne à l’action humanitaire une place grandissante dans le monde en général. C’est toute une politique et une économie de la « catastrophe » et de l' »urgence » qui se développent et se structurent à l’échelle de la planète. Il est significatif de voir que ce soient des bataillons de la Garde Nationale de Floride, spécialisés dans les conséquences des catastrophes sur le sol américain, qui sont intervenus en Irak en 2003 deux mois après la fin des hostilités, pour tenter de rétablir l’ordre à Bagdad. Ce sont encore des bataillons de la même Garde Nationale pour réprimer les actes de pillages commis à la Nouvelle-Orléans en août-septembre 2005 après le passage de l’ouragan Katrina. Catastrophes dites « naturelles » comme « guerre préventive »; exil provisoire ou durable de millions de personnes fuyant la famine, la guerre, les paramilitaires ou encore une misère dans laquelle sont maintenues certaines régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et du Sud: dans tous les cas, des dispositifs techniques et organisationnels semblables sont mobilisés pour y répondre, faisant intervenir côte à côte des bataillons militaires et des organisations humanitaires. Les interventions des ONG jouent un rôle considérable dans un monde qui ne peut que produire des « catastrophes », des guerres et des « crises », en permettant que celles-ci restent sous contrôle et qu’elles ouvrent des perspectives de profits alléchants. Participant directement à la mise en camp d’une partie toujours plus importante de la population mondiale, ces entreprises humanitaires gèrent, trient, confinent ceux qui sont alternativement considérés comme indésirables qu’il faut enfermer ou expulser, et « surnuméraires », réduits pour une partie à la condition d’êtres passifs qu’il faut contenir. Si on veut saper et mettre à bas ce monde, il est grand temps de s’en prendre aussi à ces organisations non gouvernementales, tant elles sont devenues un des ressorts de la domination moderne, aussi bien en termes d’image et de pacification que de gestion et contrôle. Le meilleur flic ne porte pas forcément d’uniforme….

Notes:

[1] On pourrait citer également Xavier Emmanuelli, ancien vice-président de Médecins sans frontières, secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’Alain Juppé; Claude Maluhret, ancien président de Médecins Sans Frontières, puis secrétaire à l’action humanitaire de Jacques Chirac et maire de Vichy pour le parti Démocratie Libérale; Jacques Lebas, président d’honneur de Médecins du Monde, chargé de plusieurs missions sur l’exclusion par le gouvernement;  Gilles Brucker, également ancien président de MdM, nommé directeur de l’Institut national de veille sanitaire.

[2] C’est par exemple un ancien membre de MSF, passé par l’ENA et devenu responsable du bureau chargé des populations précaires au ministère de la santé qui réussit à convaincre deux de ses anciens collègues du monde associatif, le secrétaire d’Etat Xavier Emmanuelli et le ministre Bernard Kouchner, d’inscrire la lutte contre le saturnisme dans la loi de 1998 sur la prévention des exclusions.

[3] Le champ d’action de l’ONU n’ a cessé de s’étendre, notamment à travers ses six organismes, l’UNICEF (United Nations Children’s Fund, Fond des Nations Unies pour l’enfance), la FAO (Food & Agriculture Organization of the United Nations, Fonds des Nations unies pour l’agriculture & de l’alimentation), le PAM (Programme Alimentaire Mondial), le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), l’OMS (l’organisation mondiale de la santé), enfin le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).

[4] En 2007, une organisation comme Handicap International exploitait 214 salariés à son siège lyonnais, 200 expatriés sur le terrain, 2100 salariés nationaux et intervenait dans 59 pays. A la même période, MSF France utilisait les services de 4500 employés français ou étrangers sur 48 missions. Action contre la faim, présent dans 20 pays, exploitait 141 salariés au siège parisien, 233 expatriés sur le terrain et 2500 employés locaux. MdM  exploitait 150 salariés au siège, 126 expatriés et 1300 personnels locaux pour 90 missions dans 54 pays.

[5] Par exemple, les centres de transit, les camps de détention (Woomera), les centres de rétention, les camps de regroupement de déplacés (au Soudan, en Angola), les centres d’accueil d’urgence (Sangatte…), les zones d’attentes de personnes en instance d’expulsion dans les aéroports (les Zapi 2 et 3 de Roissy-Charles-de-Gaulle…), certaines zones portuaires, certains bateaux (le Tampa) …

 [6] Le HCR distingue pas moins de 15 catégories de « vulnérables ».

 [7] La ration du PAM de l’ONU s’élève à un maximum de 2000 kilocalories par jour, ce qui en fait une quantité de simple survie. Mais, outre que cette quantité est rarement atteinte, notamment dans les camps africains ces dernières années, sa composition produit elle-même ses propres carences. Le manque de vitamines contenues dans les fruits, légumes et produits laitiers absents de la ration sont à l’origine entres autres, du scorbut, de la pellagre, ou du béribéri, et sont d’autant plus graves que la présence dans les camps de réfugiés ou déplacés est plus longue. Il n’est pas rare que pour protester les migrants boycottent collectivement la distribution. D’autres s’arrangent pour se faire enregistrer plusieurs fois sous différentes identités et/ou revendre une partie des rations reçue pour pouvoir acheter sur les petits marchés des camps, des légumes, des fruits, du poisson ou de la viande.

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Textes inclus dans l’article :

Quand la croix rouge couvre les flics dans la zone d’attente à Roissy

Sans remonter à la seconde guerre mondiale où la visite de la croix-rouge du camp de Terezin en juin 1944 venait assurer au monde entier du bon traitement des populations juives déportées, ici et maintenant, le cinéma continue.

croix-rouge-pognon-expulsion-dd279La Croix-Rouge est ainsi présente à l’aéroport de Roissy dans la ZAPI 3 (Zone d’Attente pour Personnes en Instance), qui est ni plus ni moins une prison de 180 places où l’Etat enferme les étrangers à qui l’entrée sur le territoire français est refusée. Elle est officiellement chargée de donner un « kit d’hygiène », de fournir une carte téléphonique aux enfermés et de s’occuper de la représentation légale des mineurs non-accompagnés, mais surtout de faire passer la pilule aux refoulés et de couvrir les sales habitudes de la PAF (police de l’air et des frontières). L’arrivée de cet organisme en 2003 avait d’ailleurs été saluée par le lieutenant Taupin, responsable de la PAF de Roissy pour qui « c’est un plaisir de travailler avec des gens sérieux, qui n’ont pas une culture systématique de méfiance vis-à-vis de notre travail« . Injures racistes, mauvais traitements, tabassages sont le quotidien de la zone d’attente. Le manuel des policiers de la PAF est un poème sans fard de milles et une « techniques » pour « réussir » une expulsion, depuis « comment « tranquilliser » un étranger en situation irrégulière lors de son expulsion » en passant par « comment serrer son cou pour l’empêcher de crier », jusqu’à « comment détourner l’attention des autres passagers pour éviter qu’ils ne se rebellent« . Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur disposition: les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro et la « ceinture d’immobilisation », mais aussi différentes pratiques comme la « régulation phonique » qui consiste en un étranglement et dont l’objectif est de déstabiliser physiquement la personne, de « diminuer sa résistance » et de « diminuer ses capacités à crier ».

Les salariés de la Croix-Rouge y assistent sans qu’aucun mot ne perce à l’extérieur. L’information ne doit pas sortir. Neutralité oblige. Et quand face à ce lot quotidien d’horreurs, les employés de l’organisme humanitaire s’épanchent dans un cahier de liaison interne, une note de la direction répond: « Nous vous demandons, dans le respect de neutralité de la Croix-Rouge, de cesser tout commentaire sarcastique à l’encontre de la police aux frontières« . Le principe de neutralité affiché est un leurre qui sert alors à couvrir les méthodes employées lors des expulsions et à leur donner en plus une caution humanitaire. Aujourd’hui comme hier, ici comme en Irak, en Afghanistan ou en Afrique, rester neutre signifie passer sous silence les diverses méthodes coercitives que les pouvoirs utilisent banalement pour contraindre leurs sujets à marcher au pas.

 Lire aussi cette brochure sur la neutralité de la Croix-Rouge

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Un HCR structurellement à la botte des puissants

Le HCR, officine de l’ONU dépend surtout de dotations qui lui sont allouées annuellement par des gouvernements nationaux, dont il est ainsi politiquement dépendant, tant pour ses activités que pour sa propre pérennité, et pour celle de ceux qui travaillent en son sein. On ne s’étonnera guère que les pays allouant la moitié du budget du HCR, sur 10 Haut Commissaires nommé depuis 1950, huit soient européens. Et ce ne sont pas n’importe qui, puisqu’ils sont en général recrutés parmi les hauts dirigeants ou les chefs de gouvernement. L’actuel Haut Commissaire, Antonio Guterres fut un des principaux dirigeants du Parti socialiste et premier ministre entre 1995 et 2002. Son prédécesseur (de 2001 à 2005) Ruud Lubbers fut le chef de gouvernement hollandais qui effectua le plus long mandat (12 ans) aux Pays-Bas depuis 1945.

L’idée de « traiter » les demandes d’asile au plus loin de l’Europe, dans la région d’origine des exilés, n’est pas nouvelle, mais elle va être conceptualisée par le HCR après l’arrivée du Haut commissaire Ruud Lubbers. En 2003, le HCR, certes toujours partagé en interne entre ceux qui sont plutôt « orientés vers la protection » des réfugiés et ceux qui sont plutôt « du côté des donateurs », publie sa proposition d’une triple approche:

- Approche régionale: « améliorer les possibilités de renvoyer dans la région d’origine ceux qui sont partis de façon extra-juridique, tout en concédant hypocritement vouloir « assurer leur protection« ;

- Approche nationale: « améliorer les systèmes nationaux d’asile, et renvoyer tous ceux qui sont déboutés dans leur pays d’origine ou dans le pays de premier accueil« ;

- Approche européenne: « améliorer la politique commune d’expulsion des migrants ayant déposé des demandes manifestement infondées » et « prétraiter les demandes d’asile dans les centres fermés« .

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Les réfugiés du HCR et tous les autres

Seule une minorité – entre 13 et 18 millions, selon les années – sont des réfugiés stricto sensu, c’est-à-dire vivant hors de leurs pays et reconnus comme tels institutionnellement, sur environ 50 millions de personnes qualifiées par le HCR de « victimes de déplacements forcés« . Ils sont massivement concentrés en Asie (plus de 6 millions) et en Afrique (7 à 8 millions), auxquels il faut ajouter les 3 millions de Palestiniens réfugiés depuis les années 1940 et 1960 dans divers pays du Proche-Orient. Par ailleurs, un peu plus de 3 millions de personnes sont considérées par le HCR comme des returnees, des personnes « en cours de rapatriement« . Enfin, plus nombreux que les réfugiés reconnus, de 25 à 30 millions, selon les estimations,  sont des « déplacés internes« .

Tous ces chiffres ne prennent pas en compte les exilés non déclarés et considérés comme « clandestins« . Ce sont les centaines de milliers d’Afghans qui ont fui leur pays. Ce sont les migrants somaliens, éthiopiens, rwandais installés dans les régions limitrophes qui ont préféré ne pas avoir de reconnaissance officielle et tenter leur chance dans l’économie informelle plutôt que d’être enfermés dans des camps. Ce sont les centaines de milliers d’Algériens, de Tunisiens, de Marocains, de Turcs, de Maliens, de Sénégalais qui vivent dans la débrouille de ce côté-ci de la Méditerranée.

In ‘Subversions’ #2 – avril 2013

[Vienne, Autriche] Courte chronologie du désordre en 2014 (sur les luttes contre les prisons, la gentrification…)

Une chronologie incomplète d’attaques diverses qui se sont déroulées à Vienne en 2014 (et l’année n’est pas finie…)

  • Janvier

schuleblack3 corpos étudiantes sont bombardées de peinture dans la nuit. Quelques jours avant déjà, un faluchard de corpos a été attaqué devant chez lui par deux inconnus et lui ont volé son chapeau.

Aux alentours du 10 janvier dans le nouveau « Sonnwendviertel » (un nouveau quartier, NdB), des façades d’immeubles sont bombardées de peinture et des slogans contre la gentrification et la hausse des loyers sont aperçus.

Déjà quelques jours auparavant, plusieurs vitres de nouvelles constructions ont été défoncées. Il paraît aussi que des actes de sabotages ont eu lieu dans la région.

Fin Janvier, l’immeuble des bureaux de la SEG (société de rénovation urbaine et de logement de copropriété) sont attaqués avec des bombes de peinture. Dans un communiqué, un groupe revendique l’action et exprime sa solidarité avec la maison occupée « Pizzeria Anarchia« , ainsi que les personnes en prison depuis NoWKR2014.

Dans la nuit du 17.01, un camion de police est incendié à PAZ Hernalser Gürtel. Un groupe autonome est engagé dans une lettre.

FurEineWeltOhneGrenzenUndKnasteDans la nuit du 23.01 à Vienne, le cabinet d’architectes «SUE», situé rue de l’empereur, est attaqué avec des pierres et des bombes de peinture; des slogans ont aussi été laissés contre les prisons*. SUE est responsable de la construction d’un nouveau centre de rétention à Vordernberg*.

Sous la devise « Face à Vordernberg*, il n’existe pas de belles prisons! » La cérémonie d’ouverture du nouveau centre de rétention a été massivement perturbée, des engins pyrotechniques, de la peinture et des banderoles ont été entre autres utilisées et des slogans pulvérisés sur les murs.

  • Février + Mars

Début février, un groupe attaque la corpo étudiante Olympia avec de la peinture; ça créé des dégâts matériels considérables.

L’organisation anti-féministe « pères sans droits«  dispose d’un bureau dans le 20ème arrondissement. Il est attaqué avec de la peinture rose et des slogans.

Le 7 mars, un rassemblement de solidarité pour l’anti-fasciste Josef** a lieu devant la prison.

Lorsque l’architecte du nouveau centre de rétention de Vordernberg souhaite présenter son « grand » projet dans le cadre d’un festival d’architecture, des inconnu-e-s réussissent à perturber la conférence et puis disparaissent massivement sans être identifié-e-s. Il y a eu des tracts, des slogans et des banderoles. […]

Toujours le 18 mars, la Ville de Vienne et les flics ont voulu expulser les sans-abri de l’île du Danube. 30 personnes ont eu vent de ça et ont réussi à empêcher l’action de la police: les expulsions n’ont pas pu avoir lieu.

Dans la nuit du 31 mars 2014, plusieurs caméras ont été aveuglées à Vienne, y compris celles du siège central de l’ÖVP, et les murs du quartier ont été embellis avec des slogans.

ovp1Wien

  • Avril + mai

Le 24 mai, l’énorme Eglise Charles à Vienne est bombardée de peinture. Début mai, la même chose s’est passée, mais avec cela avait été fait avec des oeufs et sprays de peinture. Dans la presse les dégâts sont chiffrées à plus de 10.000 euros.

Partout dans la ville, des affiches des partis établis sont collées pour les prochaines élections européennes, afin d’attirer le bétail électoral de leur côté. Celles-ci sont détruites en masse ou transformées.

  • Juin + Juillet

Au début du mois de juin, l’ambassade d’Espagne est attaquée avec des bouteilles de peinture et taguées de slogans contre l’expulsion de « Can Vies«  à Barcelone***.

Sur l’église votive de Vienne [Wiener Votivkirche] est fixée une banderole longue de 30 mètres avec l’inscription  « nazis de tous bords,  dégagez« .

Dans la nuit du 19 juin 2014 à Vienne, deux bâtiments ont été attaqués avec de la peinture: Le local « centimeter« , qui a accueilli des identitaires lors de la manif Identitaire du 17/05/2014 et qui leur a offert une protection, ainsi que le bâtiment des fondamentalistes chétien-nes anti-avortement de la HLI (Human Life International), qui avaient également tenu une manifestation de propagande contre l’avortement le ​​14/06/2014 (et qui font encore et toujours).

Lorsque deux policiers veulent contrôler un homme de la rue à Favoriten, un bloc de béton est jeté sur la vitre de leur véhicule et ainsi détruit le pare-brise. Lors de l’arrestation, il a attaqué les flics, dont l’un d’eux a été blessé.

Trouvée sur linksunten indymedia, 13/09/2014 à 19h16

Notes du blog:

* Toutes ces actions s’inscrivent dans des perspectives d’une lutte anticarcérale à Vienne:

Discussion sur les perspectives de lutte contre les prisons

Du 7 au 9 novembre 2014 à Vienne auront lieu les journées anti-prisons. Nous en avons profité déjà pour organiser une réunion de discussion en septembre prochain qui devrait graviter autour des thèmes de l’emprisonnement, du contrôle social, la répression et des façons de lutter contre. Puisque nous ne pouvons pas considérer la prison comme un aspect complètement détaché du reste du monde d’autorité, il n’est pas question pour nous d’adopter des positions sociales-réformistes.  La suite sur linksunten

  • akt2014[at]riseup.net
  • antiknasttage.noblogs.org

Ce nouveau centre de rétention pour sans-papiers de Vordernberg est exlusivement géré par l’entreprise G4S (services des repas, de soins médicaux et de sécurité): la société emploie un total de 100 personnes dans cette taule pouvant enfermer près de 200 migrants en attente d’expulsion. Le contrat remporté par G4S pour gérer le centre fermé de Vordernberg est d’une durée minimale de 15 ans.

Lire un texte en allemand en complément d’infos ici et.

** l’antifasciste Josef a été arrêté puis incarcéré suite à la manif émeutière qui avait eu lieu à Vienne le 24 janvier 2014 lors du bal européen annuel de l’extrême-droite: voir le récit de la soirée

*** Squat de Barcelone expulsé fin mai 2014, ce qui a conduit à plusieurs nuits d’émeutes et d’affrontements avec les flics. On peut lire des résumés de ces nuits de révolte ainsi que des critiques à propos de la résistance organisée de ce lieu.

[Lincoln, Angleterre] Révolte au centre de rétention de ‘Morton Hall’ – 6 septembre 2014

AttentionAuFeuUne révolte a éclaté dans le centre de rétention (Immigration Removal Centre) de Morton Hall* près de Lincoln, après la mort d’un jeune originaire du Bangladesh (Rubel Ahmed, 26 ans) le 5 septembre, trois jours après son arrivée.

La révolte a explosé lors du petit-déjeuner le 6 septembre, et le personnel a été obligé de s’enfuir et de se réfugier dans une « zone de sécurité ».

Une équipe Tornado, nommée « groupe de réponse tactique national » a été appelé dans la prison pour mater l’émeute [d’une trentaine de retenus, selon la presse], qui a duré toute la journée. [Selon la presse, il y a eu plusieurs fenêtres brisées dans le centre, des dégâts dans le centre médical et dans certaines chambres.]

Solidarité avec les prisonniers en lutte partout !

*NdT : Ce centre de rétention (immigration removal centre), a ouvert en 2011 et est géré par l’administration pénitentiaire pour le compte de la police des frontières (UK Border Agency). Il enferme 392 prisonniers dans des chambres réparties en six unités. Morton Hall est l’un des douze centres de rétention du Royaume-Uni, qui sont utilisés pour enfermer les demandeurs d’asile en attente de décision, mais aussi ceux en attente d’expulsion dont la demande a été rejetée. Si Morton Hall est directement géré par l’AP, d’autres le sont par des entreprises privées.

Traduit de l’anglais de l’ABC Hurricane par brèves du désordre, September 8th, 2014 at 18:21

[Allemagne] Suivi de la lutte des réfugiés de Berlin depuis lundi 25 août 2014

Ce jeudi 11 septembre 2014 depuis 19h00, 120 réfugiés et des solidaires occupent l’église St-Thomas de la Mariannenplatz dans le quartier de Kreuzberg à Berlin.

Cette occupation est une énième étape de la lutte des réfugiés à Berlin pour obtenir leurs droit à rester et à avoir un logement, ainsi que l’arrêt immédiat de l’enfermement dans des camps.

7 septembre 2014:

Après 13 jours de lutte, les derniers réfugiés ont quitté le toit de l’auberge du 39 de la Gurtelstrasse. Le jour suivant, 1000 personnes ont manifesté en solidarité à travers le quartier de Friedrichshain.

1er septembre 2014:

Vers 23h00, la police assiège l’auberge du 39 de la Guertelstrasse, dont le toit est occupé depuis mardi 26/08 par des réfugiés et que l’Etat veut expulser. Plutôt la semaine dernière, les occupant-es de l’école de la Ohlauerstrasse et ceux de l’Oranienplatz ont aussi été expulsé-es.

Les réfugiés appartiennent au groupe de plusieurs centaines de demandeurs d’asile qui ont été trompés par le dénommé « accord de l’Oranienplatz » mis en place par le Sénat. En avril de cette année, le pouvoir a expulsé le campement de la Oranienplatz à Berlin-Kreuzberg. En retour, il y avait un accord avec le Sénat, qui s’engageait à héberger les réfugiés pendant six mois le temps de leur demande d’asile. Toutefois, le Sénat a refusé toutes les demandes des 108 personnes logées dans l’auberge, les laissant sans logement et à l’expulsion. Cependant, 8 résidents de l’auberge ont décidé de rester dans la maison et ont occupé le toit de l’immeuble. La police refuse aux réfugiés qui luttent nourriture, eau, électricité et l’accès au soin.

En plus des appels à venir résister aux côtés des occupant-es de l’auberge, des actions en solidarité ont été appelés au niveau national et international contre les différents rouages de la machine à expulser (partis politiques, institutions, entreprises). Toutefois, le silence médiatique et étatique à propos de cette lutte – quand ce n’est pas par la désinformation – a été récemment brisé par un sabotage incendiaire contre les transports de l’est-berlinois le 28 août dernier.

linksunten indymedia

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31 août 2014:

6ème jour d’occupation du toit de la Gurtelstrasse.

demo3108-2Tout d’abord, la situation sur le toit: depuis 2 jours, les réserves de nourriture et d’eau sont épuisées. La police a déclaré aujourd’hui aux personnes: « nous voulons vous affaiblir afin que vous abdiquiez » tout en tvéhiculant le mensonge à travers les médias selon lequel les réfugiés en lutte participeraient à une grève de la faim.

Au cours d’une discussion il a été dit que la pluie les a aidés hier soir, vue qu’ils ont été en mesure d’en recueillir et d’en boire.

gurtel1La police est toujours là avec plusieurs paniers à salade, mais avec un contingent beaucoup plus petit que sur la Ohlauerstrasse. Les gens sans carte de résidents se voient toujours empêchés d‘accéder à la zone. Les flics continuent leur travail d’harcèlement, comme en perturbant à plusieurs reprises les rassemblements et en enlevant des banderoles. Puisque seulement quelques personnes s’arrêtent de façon permanente devant les barrières, les policiers ont les mains libres.

Cet après-midi, une manifestation de solidarité avec plus d’un millier de participant-es est partie de la station de métro (S Bahn) de la Warschauerstraße jusqu’à la Gürtelstraße. L’ambiance était déterminée, avec des slogans et banderoles. Tous ceux qui sont conscients de la situation ont une énorme rage contre les flics, les politiciens et la presse qui, évidemment, tentent de gagner face à cette nouvelle escalade dans la lutte de réfugiés en affamant et démoralisant. Ce qui est frappant c’est l’ignorance de la presse en relation avec les évènements. Une fois la manif arrivée à la Gürtelstraße, les réfugiés ont rappelé au mégaphone qu’ils n’avaient aucun autre choix que de migrer après que le capitalisme et les guerres aient détruit leurs maisons. Un paciflic s’est fait hué par une partie de la foule après avoir gueulé qu’il ne faut pas lancer des projectiles sur les flics car « ils sont aussi des humains et ont des enfants et des familles ». Mais à cela on peut ajouter que dans l’ensemble, la conflictualité avec les forces de répression est quasi nulle si l’on prend la foule dans son intégralité.

Ici, ce n’est donc probablement pas une mobilisation aussi forte qu’en juillet à Kreuzberg. Les gens sont plus solidaires de leurs fenêtres que depuis la rue, même si on voit plus de monde qu’en début de semaine dernière et des banderoles pour le droit de rester qui fleurissent sur les balcons du quartier. Des petits groupes du voisinage ont tenté vainement de passer les barrières et cordons de police pour apporter de la bouffe aux réfugiés sur le toit. Un des groupes s’est fait raccompagner par les flics jusqu’à leurs domiciles, après avoir été contrôlés et avoir enduré les réflexions racistes routinières de ces porcs (du genre « si vous vous souciez autant de ces « sales », pourquoi vous ne les prenez pas chez vous…? »)

Ce qui peut se passer par la suite est pour le moins incertain. Les personnes présentent en haut et en bas s’encouragent mutuellement, il est peu probable qu’il y aura une évacuation volontaire du toit. Mais l‘Etat est apparemment bien décidé à épuiser le conflit et espère qu’il n’y ait pas de dynamique de masse. Il est également clair après observations que la direction de la police a besoin de faire des économies sur le personnel, depuis que leur pause estivale a été en partie annulée. Il y a l’espoir que nous puissions forcer les tortionnaires à plier. Faites donc beaucoup de pression, racontez les méthodes cruelles de faim et de déshydratation, faites au mieux des actions de solidarité non seulement à Berlin, mais à l’échelle nationale et internationale.

la banderole à droite dit: "l'expulsion c'est la torture, l'expulsion c'est la mort - Droit de rester pour tout-e-s - Vous ne pouvez pas expulser un mouvement"

la banderole à droite dit: « l’expulsion c’est la torture, l’expulsion c’est la mort – Droit de rester pour tout-e-s – Vous ne pouvez pas expulser un mouvement »

"Terreur policière, zone règlementée: c'est la politique d'asile de l'Allemagne / Droit de rester pour tou-te-s"

« Terreur policière, zone règlementée: c’est la politique d’asile de l’Allemagne / Droit de rester pour tou-te-s »

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"Chaque drapeau est une frontière, chaque frontière tue"

« Chaque drapeau est une frontière, chaque frontière tue »

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à partir d‘indymedia linksunten

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Tôt samedi 30 août, un groupe de jeunes est allé recouvrir de peinture et de slogans le bureau de recensement des étrangers situé dans le quartier Moabit de Berlin. Le communiqué en entier ici.

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28 août 2014:

Vers 20h45, près de 500 personnes ont fait irruption à la Frankfurter Tor pour soutenir la grève des réfugiés de l’auberge de la Gurtelstrasse. La police a détruit les sièges d’un restaurant qui étaient sur le trottoir et a procédé brutalement à plusieurs arrestations. Elle aurait tenté aussi de prendre d’assaut l’auberge occupée, mais a reporté cette option.

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linksunten indymedia

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27 août après 16h00 heure locale:

51671- Les réfugiés occupent toujours le toit de l’ancienne auberge de jeunesse Georgenhof de la Gürtelstraße (l’hôtel Georgenhof, les flics anti-émeutes étaient stationnés hier, est un autre bâtiment juste à côté de l’auberge).
- Les policiers contrôlent toute personne qui entrent et sortent de l’hôtel; dans l’après-midi, deux personnes qui étaient dans leurs chambres à l’intérieur de l’auberge ont été dégagés de force par les keufs.
- Les flics leur ont refusé l’accès à la nourriture, à l’eau et à tout contact avec leurs avocats; ils les privent également de médicaments (alors qu’un réfugié dans l’auberge est dans le besoin urgent de médicaments).
- Les réfugiés démentent également la version des flics comme quoi il y aurait des négociations; cette désinformation a été transmise par la police; les réfugiés insistent sur le fait de tenter de parler avec le sénateur à l’intégration Kolat du SPD (Parti social-démocrate d’Allemagne), qui était responsable de ces accords; ils déclarent qu’ils ne partiront pas sans négociations.- Ils exigent le droit de séjour pour tous les réfugiés, y compris eux-mêmes, et ne veulent pas être davantage criminalisés.- Au croisement des Scharnweberstraße et Gürtelstraße à Friedrichshain, on estime à 15 à 20 personnes, principalement des réfugiés et des solidaires; ils informent les gens par des discours et tiennent un point d’info; les flics ont ouvert ce carrefour pour le trafic, ce qui rend difficile de suivre les discours.
- Il y a un appel à apporter un soutien physique au carrefour; en dehors de cela, nourriture, boissons, craies, de la musique et des couvertures sont également nécessaires.- Il y a maintenant moins de fourgons de police à l’intérieur des barrières, et les flics qui vérifient les gens à les obstacles sont moins nombreux par rapport à hier (26/08).
- Au moins 4 réfugiés auraient été arrêtés à Oranienplatz aujourd’hui entre 14h00 et 14h30.

A partir de linksunten indymedia

En avril dernier, le politicien du SPD Kolat a passé un accord avec un groupe de réfugiés en lutte qui avaient installé leurs tentes sur l’Oranienplatz de Berlin. Celui-ci demandait aux réfugiés d’enlever leurs tentes de la Oranienplatz en échange d’une solution provisoire de 6 mois qui comprenait le relogement dans cette auberge de la Gürtelstraße et le temps que soient examinées leurs demandes d’asile. Cela dit, il est important de préciser qu’à l’époque, plusieurs réfugiés en lutte n’attendaient rien de cet accord et souhaitaient continuer la lutte à l’Oranienplatz.

Depuis mardi 26 août, des racistes s’en prennent aux réfugiés et aux solidaires: un bar-café de la Scharnweberstraße a coupé le câble de la sono des réfugiés et solidaires. Par ailleurs, l’eau et l’électricité leur ont été coupés.

A partir de linksunten

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Depuis ce lundi 25 août 2014, après des rapports dans les médias mainstream suite aux demandes d’asile de 108 réfugiés rejetées par le bureau de l’immigration, il y a eu des préparatifs en vue de l’expulsion de ces réfugiés, qui dans le passé ont occupé l’Oranienplatz (expulsés début avril 2014) et pour certains l’école Gerhart-Hauptmann de la Ohlauerstrasse à Kreuzberg. Plus tard, ils ont signé des contrats avec le Sénat de Berlin qui leur a promis entre autres des endroits pour séjourner au moins six mois et d’examiner au cas par cas de leurs demandes d’asile. Il est connu que certaines parties des accords mentionnés dans le contrat ont déjà été rompues dès le début, par exemple que certains réfugiés se sont vus leurs demandes rejetées sans examen de cas par cas promis et ont été menacés d’expulsion bien avant la période de six mois terminée. Donc 25/08, le Sénat a envoyé des agents aux réfugiés respectifs afin de les informer sur le rejet de leur candidature et de leur ordonner de quitter immédiatement leurs domiciles. 64 réfugiés vivant dans la maison de réfugié de la Gürtelstraße sont concernés.

Près d’une centaine de policiers et la presse ont fait leur apparition à proximité et en face de la maison de réfugié de la Gürtelstraße, une ancienne auberge dans le quartier de Friedrichshain. En outre, sur la Gürtelstraße, ils ont stocké les barrières de rues il y a déjà deux ou trois jours. Tout cela indique que bientôt il y aurait des opérations de police.

La police est également apparue à Oranienplatz, une de leurs voitures de patrouille a été attaquée avec des pierres par des personnes en colère. Selon les rapports, l’un des réfugiés déboutés s’est couvert d’essence et a menacé de s’immoler.

Une partie des réfugiés de la Oranienplatz ont été à Marienfelde, un quartier de la périphérie de Berlin. Il n’y a pas encore de rapports indépendants sur ce qui leur est arrivé (seulement des rapports de médias mainstream, indiquant qu’ils sont partis sans manifestations visibles).

La situation actuelle ce 26 août (après 16h00 heure locale) à la Gürtelstraße (Friedrichshain) est qu’au moins 2 des réfugiés sont sur le toit de la maison. Selon les récits depuis la rue, plusieurs réfugiés ont déjà quitté l’ancienne auberge où ils vivaient. Il y a plusieurs centaines de flics qui assiègent le secteur. La presse est aussi là en grand nombre. Ce qui manque, ce sont des gens en solidarité avec les réfugiés. Il y a seulement quelques personnes, qui sont tout à fait passives. Pas de banderoles, pas encore de slogans, quelques slogans écrits à la craie sur le trottoir. Le secteur n’est pas fermé; des personnes solidaires peuvent atteindre le lieu depuis toutes les directions. Les flics anti-émeute se trouvent dans les ​​Gürtelstraße, Dossestraße et Scharnweberstraße. Il y a aussi beaucoup de flics en civil dans la région. En ce moment, la police attend les ordres de leurs chefs. Tout type d’action en solidarité avec les réfugiés et aussi pour distraire les flics du secteur est plus que bienvenue !

la maison des réfugiés à la Gürtelstraße

la maison des réfugiés à la Gürtelstraße

banderole solidaire sur un bâtiment du quartier

banderole solidaire sur un bâtiment du quartier

Sources: linksunten.indymedia.org « (1, 2) et la rue

Mis-à-jour (à environ 17h30 heure locale):

Il y a actuellement trois réfugiés sur le toit de l’auberge de la Gürtelstraße à Friedrichshain (voir la carte). Plusieurs barrages de flics sont positionnés aux carrefours de la Dossestrasse et Oderstrasse, Gürtelstrasse et Oderstr., Gürtelstr. et Scharnweberstr. Entrée de la zone bloquée est autorisée uniquement pour les résidents avec carte d’identité, ou des membres de la presse. On a pu entendre de loin des slogans scandés en faveur des réfugiés, ainsi que les sirènes de flics.

Mise à jour (vers 19h00, heure locale):

Il y a un petit rassemblement avec sit-in à la barrière au croisement des gurtelstr. et Scharnweberstr. Il n’y a pas de gens derrière les autres barrières de flics. Les pompiers sont dans la dossestr. avec deux matelas gonflables (ils utilisent ces choses quand les gens sautent pour diverses raisons de la fenêtre, etc).

Un appel à une manifestation à la Frankfurter Tor (Friedrichshain) pour le 26 août à 20h00

Mise-à-jour (vers 20h00, heure locale):

Il y a toujours au moins trois réfugiés sur le toit de l’auberge de la Gürtelstraße. Les soutiens sont encore un peu passif et en attente. Des flics anti-émeute sont stationnés sur le toit de l’hôtel Georgenhof, qui est le bâtiment à côté de l’ancienne auberge (les deux toits ne sont pas reliés). Au croisement de la gurtelstr. et de la Scharnweberstr., il y a environ 50 personnes (passants curieux y compris).

Les mots de Badra Ali Diarra, qui a signé un accord avec le Sénat de Berlin et qui est maintenant emprisonné: Quelques déclarations de notre ami en camp de rétention

Plus de mises à jour à venir

Compte-rendu basé en grande partie sur ce résumé en anglais de contrainfo

[Calais/Paris et ses environs] Week-end en solidarité avec les migrants – 5, 6 et 7 septembre 2014

29 août 2014. Dans la nuit entre jeudi 28 et vendredi 29, trois flics de la PAF ont arrêtés une quinzaine de migrants qui tentaient de monter dans un camion pour franchir la frontière et aller en Angleterre. L’un d’entre-eux a réussi à prendre la fuite et est revenu quelques minutes plus tard, avec cinq autres personnes, équipé d’un fusil et a menacé les flics. Il a de nouveau réussi à prendre la fuite après.

D’après la presse.

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On en profite pour relayer un des appels au Weekend de résistance anti-fasciste à Calais, les 5, 6 et 7 septembre 2014.

NP2C_AppelAntifa0709Depuis 1 an, un petit groupe de jeunes militants néo-nazis calaisiens s’est organisé et cherche à faire parler d’eux. Leur nom : “Sauvons Calais”. Leur coup le plus médiatique : la publication par la presse locale des photos des tatouages à la gloire du IIIème Reich portés par leur leader Kevin Reche (insigne SS, croix celtique et autres joyeusetés).

L’activité principale de “Sauvons Calais” est la désinformation concernant les migrants (accusés de tous les maux de la ville) et le matraquage permanent des mensonges politiques du Front National (plusieurs membre du “collectif” y sont d’ailleurs directement affiliés).
Mais depuis l’affaire du squat de Coulogne, un pas a été franchi. “Sauvons Calais” s’en prend désormais physiquement aux migrants et aux militants qui les soutiennent quotidiennement : agressions de migrants et de camarades no-borders, attaque d’espaces de solidarité, menaces sur des militants associatifs…

L’action des pantins de Sauvons Calais s’articule et soutien la politique anti-migrants menée par la mairie UMP et les rafles racistes orchestrées par le gouvernement “socialiste”.

Comme toujours, le système se déchaîne contre les plus pauvres et les plus précaires. A Calais, les migrants servent de bouc-émissaires. Pourtant les responsables du chômage et de la misère qui touchent la ville sont connus : les financiers, les spéculateurs, les banquiers, les patrons et les grands propriétaires sévissent en toute impunité. Ils s’enrichissent toujours plus. Le FN, le PS et l’UMP servent directement leurs intérêts.
Ce sont les mêmes qui sont les responsables des guerres et de l’extrême précarité que fuient les migrants.
Mais ratonner de pauvres gens qui vivent dans la rue est plus simple et mieux vu que de s’en prendre aux racines du mal, à ceux qui détiennent les richesses et qui contrôlent l’État et sa police.

Le 7 septembre, “Sauvons Calais” appelle à une manifestation contre l’immigration. Manifestation à laquelle est conviée une partie du gratin pourri de l’extrême droite radicale française, des personnages réputées pour leurs sorties racistes, homophobes, antisémites… Parmi les heureux élus : Benedetti (tremblote œuvre française), Roudier (sénile identitaire) et Joly (poupon nazi picard).

Dimanche 7 septembre, l’Action Antifasciste NP2C appelle à se rassembler massivement pour barrer la route aux néo-nazis, s’opposer aux politiques racistes menées par le PS, l’UMP et le FN et exprimer notre solidarité avec les migrants.

RDV 13 h place d’arme !

Repris de sanspapiersnifrontières
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Trois Soudanais arrêtés à gare du nord et en route pour l’Angleterre via Calais, sont enfermés au centre de rétention de Vincennes et vont être expulsés vers Khartoum ce samedi 6 septembre 2014. L’ambassade du Soudan semble leur avoir délivré un laissez-passer indispensable pour pouvoir les expulser.

APPEL à envoyer des fax, mail à l’ambassade du Soudan (11, rue Alfred Dehodencq, 75016 Paris)
Téléphone local : (01) 4225.5571
international : +33.1.4225.5571
Fax local : (01) 4563.6673
international : +33.1.4563.6673

APPEL à se rendre à l’aéroport de Paris Charles de Gaulle le 6 septembre 2 heures avant le départ, pour parler aux passagers du vol afin qu’ils parlent au commandant pour empêcher cette expulsion.

Vol prévu pour deux d’entre eux à 11heures, présence à l’aéroport 9 heures
(11h Paris Charles de Gaulle – 18h25 Doha, vol QROO4 vers Doha puis Khartoum)

Et pour le troisième présence à l’aéroport 20h 30 Vol QR0038 départ à 22h30 vers Doha

APPEL à inonder la boite fax et mail de la compagnie qui collabore à ces expulsions et à saboter les infrastructures existantes / attaquables (page web, agences, bureaux, boîtes aux lettres …)

Agence de Paris

Qatar Airways

24/26 Place de la Madeleine (Entrée au 7 Rue Vignon)

+33 1 70 95 05 80

Appel à harceler le ministre de l’intérieur Cazeneuve et ses copains

P.-S.

Ministère de l’Intérieur :
Cabinet du ministre,
Téléphone : 01 49 27 49 27 (standard, demander le Cabinet), Fax : 01 40 07 13 90 (Directeur de Cabinet)
E-mail : bernard.cazeneuve@interieur.gouv.fr
Secrétaire général : Michel LALANDE michel.lalande@interieur.gouv.fr
Directeur de cabinet : Thierry MORVAN : eric.morvan@interieur.gouv.fr et Pierre-Antoine MOLINA : pierre-antoine.molina@interieur.gouv.fr
Chef de cabinet : Gabriel KUNDE : gabriel.kunde@interieur.gouv.fr et sec.chefcab@interieur.gouv.fr
Conseiller Immigration : Raphael SODINI : raphael.sodini@interieur.gouv.fr
Directrice de l’accueil, de l’accompagnement des étrangers et de la nationalité à la direction générale des étrangers en France : Muriel NGUYEN : muriel.nguyen@interieur.gouv.fr
Directeur général des étrangers en France : Benoit BROCART benoit.brocart@interieur.gouv.fr
Directeur général de la sécurité intérieur (DGSI) : Patrick CALVAR patrick.calvar@interieur.gouv.fr

repris de paris-luttes, 31/08/2014