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[Besançon] Retour sur la surveillance et ses multiples collabos

La presse locale évoque ce mardi 28/10 que la prolifération des caméras* en ville continue en ce moment et continuera dans les années à venir. Sans surprise, on est bien loin des 24 caméras annoncées en 2012. Tout ce flicage n’aura pas échappé à ceux qui lèvent la tête lorsqu’ils marchent dans la rue ou dans les parcs. Rien que durant l’été, les yeux de l’Etat (qui tournent à 360°) ont poussé en ville: une sur un poteau du parc granvelle, une autre au-dessus de la librairie catholique ‘Siloe’ et l’église st-maurice au bout de la grande rue, et deux autres surveillant la mairie et le secteur. Tout ceci vient s’ajouter aux nombreuses caméras placées dans les transports, les bâtiment publics et privées, aux arrêts du tramway et tout le long du trajet.

LA MISE EN PLACE de caméras de vidéosurveillance se poursuit à Besançon. Hier, la circulation a été coupée Grande Rue sur une partie entre la rue Moncey et la rue de la Préfecture. Les travaux de raccordement des caméras au réseau de fibre optique** nécessitent la réalisation d’une tranchée en travers de la rue. D’où l’obligation de couper la circulation.

Avec ce chantier, le nombre de caméras passe à 71 à Besançon, dont 16 rattachées à des monuments, bâtiments ou sur les différentes bornes de la ville. « Tous les quartiers sont concernés », annonce Danièle Poissenot, adjointe à la tranquillité publique. Le choix des implantations se fait de façon équitable entre chaque secteur tout en prenant en compte les spécificités.

La politique d’implantation se poursuivra dans les années à venir. «On pourrait facilement doubler le nombre de caméras. La demande des habitants est importante, ce qui n’était pas gagné au départ. Maintenant, il faut reconnaître l’utilité d’un tel dispositif. Ces dernières semaines, les caméras de vidéosurveillance ont permis de résoudre des affaires à Besançon.»

Reste que cela a un coût. Pour 2015, 500.000 € avaient été programmés. « Mais nous en avons reporté la moitié sur l’exercice 2016. Il n’y aura pas d’incidences cependant sur le programme d’installation prévu, des commandes ayant déjà été passées. »

Affaire à suivre. En attendant, les travaux Grande Rue se poursuivent aujourd’hui. Mais cette fois, sans gêne pour la circulation. Seul un léger empiétement perdurera.

L’estrepugnant, 28/10/2014, 05h29

NdCNE:

*suretL’entreprise qui a fournit les caméras à la mairie de Besançon se nomme Sur&tis (suretis.com): créée en octobre 2001 par le flic Eric Chalumeau (commissaire divisionnaire honoraire de la police nationale et auparavant directeur des études et l’ingénierie de l’institut des hautes études de sécurité intérieure – IHESI devenu INHESI, président actuel); Nicolas Gleizal en est le directeur général. Outre leur sale travail dans la surveillance de l’espace public, elle vient en aide aux bailleurs sociaux pour fliquer les habitant-e-s. On peut aller leur rendre visite à deux adresses distinctes ou repérer leurs véhicules par leur logo:

  • Sur&tis
    50, avenue du président Wilson
    Bâtiment 141,
    BP 10 153
    93 214 Saint-Denis La Plaine Cedex
    Tél : 01-84-17-38-60
    Fax : 01-84-17-68-03
  • Sur&tis
    Bureau Sud
    17, boulevard Champfleury
    84 000 Avignon
    Tél : 04-84-51-01-49

**Des entreprises sont connues comme responsables du flicage par fibre optique. On peut citer Orange ou encore SPIE.

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Les poteaux des caméras qui ont été abattus dans le quartier des 408 ont récemment été renforcés par la municipalité:

poteau

Sûrs que la créativité des habitants sauront mettre ces caméras hors d’état de nuire à leur liberté.

besancon.sous-surveillance.net répertorie les caméras sur la carte de besançon. Le site est collaboratif et peut permettre d’esquiver/de démonter les yeux de l’Etat lors de vos déplacements. Quoi qu’il en soit, sortons couverts…

[Hambourg, Allemagne] Contre la ville d’autorité ! Contre la domestication de nos vies !

Solidarité avec les squatteur-euse-s de la Breite Strasse ! Solidarité avec les cinq accusés ! Liberté pour Jakob ! Liberté pour tous !

Qu’on ne s’y trompe pas, la ville n’est pas un espace neutre qui appartient à tous. La ville est un modèle miniature de ce monde dans lequel l’oppression et l’exploitation déterminent les rapports ainsi que nos vies quotidiennes. Elle est un espace de la domination et nous ne voulons ni le posséder ni améliorer sa fonction avec une autre politique et des réformes. Si nous voulons combattre pour une vie autodéterminée en liberté, nous devons détruire la ville qui nous détient en cage, afin de créer l’espace pour d’autres choses.

Le 27 août 2014, cinq personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir participé à un squat de la Breite Strasse à Hambourg – et d’avoir jeté des objets sur ​​les flics qui avançaient. Un des cinq est toujours en détention avec l’accusation de tentative d’homicide. Solidarité avec les accusés et l’occupation, car c’est un signe de résistance contre la ville de l’autorité et de leurs chiens de garde en uniforme contre les loyers inabordables et la politique.

Une attaque contre un système qui contraint les gens à vendre leurs vies au travail, juste pour avoir un toit sur la tête ! Rebellons-nous !

BreiteStrTraduit de l’allemand de linksunten indymedia, 7 octobre 2014

[Belfort] Les chantiers de l’urbanisme continuent de flamber (nuit du 23 au 24 septembre 2014)

Belfort : 27 engins de chantier brûlés en 2 ans

C’est un phénomène qui inquiète les services de gendarmeries et les entreprises du BTP. En deux ans, se sont 27 engins de chantiers qui ont été incendiés volontairement.

Voici l'un des engins de chantier incendié cette nuit dans le quartier de la Pépinière à Belfort.

Voici l’un des engins de chantier incendié cette nuit dans le quartier de la Pépinière à Belfort.

La nuit dernière encore deux machines ont brûlé. Acte de vengeance d’un ancien ouvrier du BTP licencié ? Vandalisme ? Depuis 2 ans, les engins du BTP sont la cible d’incendies volontaires. La nuit dernière encore deux machine du BTP ont été incendiées. Sur le site de la SNCF, les ouvriers sont stupéfaits. Leur charriot élévateur a été entièrement détruit par les flammes. Le chef de chantier en a les larmes aux yeux. 100 m plus loin, un autre engin a lui aussi été incendié, dans le quartier de la Pépinière. Il est aujourd’hui totalement inutilisable. A chaque fois, ce sont près de 100 000 euros qui partent en fumée. Les professionnels se disent à bout et réfléchissent à deux fois avant d’accepter un chantier dans le secteur. Au total, ce sont donc 27 engins de chantier qui ont été incendiés dans l’agglomération sur 2 ans. Une enquête a été ouverte.

La presse régionale – france 3 franche-comté, 24/09/2014 à 18h08

Précédents articles sur le sujet ici et

[Besançon] Affiche contre la rénovation urbaine à l’occasion de l’inauguration du tramway

Merde au tramway

A propos de l’inauguration festive des 30 et 31 août à grands coups de propagande publicitaire / médiatique, et d’évènements culturels subventionnés par la mairie socialiste.

Parce qu’on est jamais mieux fliqués que par ses déplacements avec leur carte à puce électronique nominative.

Parce que, quand on n’a pas de thunes pour se déplacer, on vit avec l’angoisse permanente de faire face aux contrôles des chiens de Ginko et de leurs chauffeurs zélés…

Parce que c’est une aubaine pour les entreprises du BTP – dont Eurovia, filiale de Vinci – les promoteurs immobiliers (SMCI* – 12, rue Gambetta à Besançon) et proprios, qui tirent de juteux profits en construisant des lofts haut-standing, en augmentant les loyers, en embourgeoisant les quartiers jusque-là encore populaires.

Parce que la rénovation urbaine qui l’accompagne amplifie le contrôle et la surveillance de nos vies, et nous dégage toujours plus loin, avec son lot de caméras**, de spots d’éclairages publics, de mobilier anti-squat, d’espaces aseptisés par ses assoces culturelles d’artistes subventionnées telles que « Bien Urbain ».***

Parce qu’il n’y a rien à attendre de ce tram-tram qui, comme tout transport en commun, a pour finalité de transporter la chair à patrons de son domicile à son lieu d’exploitation, quand ce n’est pas pour les conduire vers un des nombreux temples de la consommation.

Parce que la seule alternative possible réside dans notre capacité à s’attaquer au pouvoir et à ses multiples projets !

*Fait partie du groupe « FJ-Investissement » (25, rue Proudhon) qui comprend également le website « macommune.info » , situé juste en face des bureaux de SMCI

**voir où se trouvent les yeux de l’Etat sur la carte »besancon.sous-surveillance.net« 

*** leur boulot consiste à transformer la ville en musée à ciel ouvert. On peut aller leur rendre visite au 11, rue Battant.

tram

Affiche collée dans les rues de Besançon et à proximité des stations du tramway – Reçue par mail

[Publication] Hors service n°45 – juillet 2014

hs45

Voir tous les articles du dernier numéro sur le site

[Berlin] Sabotage solidaire avec la révolte au Brésil (2 juin 2014)

Feu pour Bosch

Engin incendiaire pour Système de Sécurité Bosch rue Storkower (à côté d’un poste de police) en solidarité avec la révolte contre la coupe du monde.

1059299695Le Système de Sécurité Bosch établit des plans de sécurité pour les gares et les aéroports, les banques et les autorités administratives. La sécurité des personnes qui font de nos vies un enfer à l’intérieur de leurs bureaux, de la sécurité pour les banques qui provoquent la souffrance à travers le monde (comme «Santander» et «Deutsche Bank»), la sécurité de la circulation des capitaux, de sorte qu’aucun saboteur ira tenter de perturber même brièvement cette normalité mortelle.

Bosch a été responsable de la rénovation du métro de São Paulo (Brésil). Là-bas comme ici, la violence est censée être en constante augmentation, ce qui explique pourquoi la «sécurité» a dû être restaurée. La solution est assez simple. Près de 200 caméras de surveillance ont été déployées à travers la ligne de métro. Celles-ci sont maintenant surveillées en permanence dans un centre de contrôle. Une fois de plus un système de métro est « sûr », et tout le monde est satisfait; le ministère de la justice, les flics, les médias, l’entreprise Bosch et ses larbins.

Les questions quant à savoir si pourquoi la violence ne cesse d’augmenter, si les caméras dissuadent ou ne font que retarder l’acte, et qui peut en fin de compte se permettre de prendre le métro là-bas - c’est-à-dire, pour qui la sécurité a été construite - sont seulement susceptibles d’être mentionnées tout en les mettant de nouveau de côté.

«Secoué et entraîné par la dynamique de la crise, l’État ne peut fournir une quelconque intégration aux couches inférieures; au contraire, il leur impose diverses formes de répression et de surveillance« , ont dit « die Flinken » (« les agiles« ) qui ont attaqué un Canon Service Point à Reinickendorf, à Berlin dans la nuit du 21 Mars, 2014) à propos des caméras. Ce qu’il se passe en ce moment avant la Coupe du Monde au Brésil le démontre clairement. Nous nous solidarisons ici catégoriquement avec tou-te-s ce-lles-ux qui n’ont aucun intérêt pour une Coupe du monde mais qui, depuis toujours ou tout récemment, en ont un dans la révolte !

Nous aimerions saluer les divers compagnon-es de Berlin et de Leipzig qui ont fait vivre l’enfer aux entreprises de sécurité récemment. Nous tenons également à saluer nos compagnon-es inconnu-es de Neukölln (Berlin) qui ont tenté de faire exploser la voiture de flic dans la rue Rollberg. Pour les flics de la rue Storkower: Nous vous voyons. Apparemment, vous ne nous voyez pas

Nous avons encore beaucoup à faire

Gruppo Informale

Traduit de l’allemand par nos soins

[Tract/Bruxelles] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors – Juin 2014

[Tract] Avis aux prisonniers du dedans et du dehors

avis-087bfCes paroles s’adressent à toi, toi qui es incarcéré dans les taules de l’Etat comme à toi qui es toujours plus enfermé dans cette ville de Bruxelles en train d’être transformée en prison à ciel ouvert.

Regarde autour de toi, mais regarde avec tes yeux, pas ceux des politiciens, des flics ou des chefs.

Pendant des années, de nombreuses mutineries ont secoué l’enfer carcéral. Depuis ces endroits où l’Etat met à l’écart ceux qui dérangent, ceux qui ne marchent pas au pas, ceux qui sont déclarés « indésirables » dans cette société de pouvoir et de fric, des cris de révolte et de vie ont surgi. Pour crier haut et fort que les barreaux tuent, que les cellules détruisent l’être humain, qu’une société qui enferme pour se protéger est elle-même une grande prison. L’Etat répond aujourd’hui à ces cris par plus de répression, par des cellules d’isolement, par des régimes stricts, par la construction de nouvelles prisons pour étouffer ces élans généreux de révolte et de solidarité.

Dehors, il y a aussi eu des révoltes qui ont secoué le joug de la normalité, des actions multiples et diffuses contre tout ce qui exploite et enferme. Pour affirmer que cette société nous dégoûte, que nous ne voulons pas d’une existence d’esclave abruti qu’elle nous offre et nous impose, que nous ne resterons pas les bras croisés quand la police assassine et torture, quand l’économie capitaliste pousse nos proches au bord du gouffre, de la dépression et du suicide, quand la machine sociale lave nos cerveaux pour devenir de braves citoyens obéissants et éteints. Chaque sabotage, chaque émeute, chaque attaque sont autant de cris de vie contre un monde qui nous veut tous morts ou esclaves de l’autorité. Et aujourd’hui, l’Etat transforme les quartiers populaires en zones taillées pour la classe moyenne et les bourges à coups de projets de lofts, de centres commerciaux et de boutiques de luxe ; il construit et aménage pour plaire aux eurocrates, entrepreneurs et représentants internationaux ; il entend couvrir la ville entière d’un filet resserré de vidéosurveillance pendant que les transports en commun ressemblent toujours plus à des check points en zones de guerre ; il serre les vis à tous les niveaux pour compliquer la survie et investit massivement dans la police et la sécurité. L’Etat construit des dizaines de nouvelles prisons aux quatre coins de la Belgique, il veut d’ailleurs construire une maxi-prison à Bruxelles. Mais son projet plus ambitieux encore est de transformer tous les possibles foyers de résistance en autant de couloirs du grand camp de concentration à ciel ouvert qu’est en train de devenir Bruxelles, et par extension toute la société.

Regarde maintenant à l’intérieur de toi-même. Ce que l’Etat veut étouffer, se trouve , à l’intérieur de toi. C’est ta capacité à réfléchir par toi-même, à penser et rêver de nouveaux mondes qui ne sont pas des prisons de fric et de pouvoir. C’est ta capacité à agir, à ne pas rester sur la défensive et te lamenter, mais à attaquer. Autant de soulèvements dans le monde entier, de la Tunisie en passant par l’Egypte, la Syrie, la Turquie, la Bosnie jusqu’au Brésil, ont déblayé l’obstacle probablement le plus important : l’erreur de croire que nous ne pouvons rien faire.

Débarrassons-nous alors de la résignation qui nous étouffe, interrompons la routine quotidienne du travail, du contrôle, des obligations imposées par le système et saisissons le temps et l’espace pour imaginer notre évasion.

Les battements de ton cœur s’accélèrent. Le sang pompe intrépidement dans tes veines. Tes yeux discernent clairement les contours de l’ennemi, ce monstre qui se compose de prisons, de flics, de capitalistes, de chantiers, de banques, d’institutions. Tes mains te démangent et saisissent la pierre, la bouteille remplie d’essence, la gâchette de l’arme, la main de ton complice. C’est l’adrénaline de l’évasion, le rêve de la liberté.

Pour la coordination des luttes à l’intérieur et à l’extérieur des murs.
La seule évasion possible, c’est la révolte !
VIVE L’INSURRECTION

Entre-temps du côté des révoltés…

Mi-juin 2014. A la prison de Bruges, une attaque ciblée rappelle à deux matons que leurs uniformes attireront toujours la rage de ceux qui ne sont pas prêts à subir les humiliations et la privation de liberté. Avec des armes improvisées, des pierres dans des chaussettes, des prisonniers les envoient à l’hôpital. A Merksplas, dans le camp de déportation, deux détenus se font la belle en maîtrisant une gardienne pour lui prendre les clés.

Début juin 2014. Le chantier de la nouvelle prison psychiatrique à Anvers est attaqué. Pendant la nuit, trois grues mobiles et un lourd générateur électrique sont incendiées. Ce chantier est d’ailleurs effectué par la même entreprise de construction, Denys, qui compte construire la maxi-prison à Bruxelles. Les bureaux des architectes à Ixelles qui dessinent la maxi-prison, la boîte Buro II & Archi+I, avaient d’ailleurs déjà été souillés avec des excréments.

Fin mai 2014. La veille des élections, à Wavre et à Veltem-Beisem près de Louvain, deux pylônes de transmission de radio, de télévision, de téléphonie et d’internet mobile sont sabotés. En plein cirque électoral, où les citoyens s’apprêtent à choisir leurs maîtres, ces sabotages provoquent un black-out important des communications.

Fin mai 2014. Un petit camion utilisé par le député de la N-VA Ben Weyts pour sa campagne électorale est incendié pendant la nuit. Le camion et tout le matériel de propagande est détruit, il était garé à la sortie du Ring de Bruxelles, à hauteur de Beersel.

[Plus de nouvelles sur www.lacavale.be]

Tract distribué à Bruxelles, juin 2014

[Bruxelles/Tract] Ne restons pas les bras croisés

Ce tract a été distribué en marge d’une mobilisation à Bruxelles contre le renforcement du contrôle sur les chômeurs. Comme cette mobilisation rassemblait toute la faune et la flore de la récupération politique et syndicale, absorbant toute expression autonome possible de rage et de rejet, on a choisi de s’écarter de cette mise-en-scène ennuyante et d’aller distribuer le tract ailleurs dans la ville.

Serrage de vis général, répression, nouvelles prisons, chantiers partout…
NE RESTONS PAS LES BRAS CROISÉS

Nos vies s’écoulent dans des camps. Camps de travail. Camps d’éducation. Camps de consommation. Camps de loisirs. Camps d’enfermement. Dans tous ces camps, une même logique est à l’œuvre : nous faire obéir et contribuer au progrès de la société actuelle. Faire tourner la machine sociale. Peu importe où elle va. Peu importe qu’elle détruit tant de vies. Peu importe qu’elle nous transforme tous en prisonniers de l’existant. L’important, c’est d’y être, d’y participer, de ne pas la remettre en question, voir même de l’acclamer. La tête basse, le cerveau annihilé, le cœur pétrifié et en avant.

L’État est passé à un serrage de vis général, c’est indéniable. La multiplication des forces de police dans la rue, leur brutalité croissante et instiguée pas les autorités, l’implantation des caméras de surveillance, la militarisation des transports en commun, la sécurisation des temples du fric comme les banques et les supermarchés pour compliquer le vol, tout cela va main dans la main avec le renforcement du contrôle sur les chômeurs et sur les autres personnes touchant des allocations. La gestion de la paix sociale, cette paix chimérique entre exploités et exploiteurs, entre dominants et dominés, afin de garantir la bonne marche de l’économie et du pouvoir en place, semble prendre une tournure bien plus ouvertement répressive. Il ne sert pourtant à rien de se mobiliser pour défendre ce qui a existé un jour, pour défendre la façon ancienne de comment le pouvoir nous gère et exploite. Ce qu’il faut imaginer, ici et maintenant, c’est de comment, faire face à ce serrage de vis général, prendre l’initiative et de passer à l’offensive. Nous n’avons rien à défendre dans ce monde, tout ce qu’il pourrait nous offrir (carrière, consommation, « célébrité ») ne nous intéresse pas, tout ce qu’il nous impose (travail, obéissance, abrutissement) nous dégoûte. Comme disait une affiche apparue sur les murs de Bruxelles il y a quelques années : « Cette société tient tout le monde en laisse ; la seule différence, c’est la longueur. Nous ne sommes pas de ceux qui se battent pour un collier moins serré, un salaire plus élevé, une police moins brutale, des politiciens et des patrons plus soucieux et honnêtes. Nous voulons simplement ce que tout être tenu en laisse devrait avoir à cœur : nous voulons la couper, foutre le feu à la cage, écraser tous ceux qui nous tiennent ou voudraient nous tenir en laisse. »

En parallèle avec le serrage de vis général, à Bruxelles, on assiste à une véritable offensive des autorités pour changer la face de la ville. Bruxelles se veut la capitale de l’Union Européenne et une vraie métropole capitaliste, accueillante pour les riches, les entrepreneurs, les eurocrates et la classe moyenne avide de consommer à en mourir. Un des aspects de cette offensive, ce sont les nouveaux projets de réaménagement urbain et de construction, car tous les puissants chérissent l’idée totalitaire qu’en transformant l’environnement, on transforme l’homme. Pendant que l’assaut brutale de la zone du Canal à Molenbeek érige un mur de lofts, de hôtels de luxe et de bars huppés, pas moins de quatre nouveaux centres commerciaux sont prévus ou en construction sur le Heizel, à Anderlecht, à Schaerbeek et près de Machelen. En haut de la zone européenne, les édifices témoignant de l’arrogance du pouvoir obscurcissent le ciel, la transformation de la zone autour de la Gare du Midi en quartier d’affaires continue et l’État prévoit de construire la plus grande prison de l’histoire belge au nord de Bruxelles, à Haren.

Le pouvoir et le capitalisme ne sont pas des choses abstraites, ce ne sont pas des fantômes qui dirigent et déterminent nos vies sans qu’on puisse les toucher. Ils se concrétisent et se matérialisent devant nos yeux, dans tous ces chantiers, dans les contrôleurs de tout genre, dans les tours de bureaux, dans les portiques dans les métros. Nous ne luttons pas contre des fantômes, nos luttes ciblent directement les concrétisations du pouvoir. Nous ne voulons pas négocier notre servitude, nous essayons de nous donner les moyens pour les détruire. Pour cela, nous avons besoin d’idées et d’initiatives, de complicités et de rencontres avec d’autres révoltés, de pierres et de cocktails molotov, de lucidité et de passion.

Face aux projets et mesures du pouvoir, il n’y a aucun espoir si nous croyons que d’autres lutteront à notre place, que des organisations politiques ou syndicales incarneront notre rejet, qu’il faut construire une respectabilité aux yeux des puissants afin de les persuader en notre faveur. Non, les choses ne marcheront pas comme ça, elles n’ont jamais marché comme ça. C’est vers des luttes autonomes et auto-organisées, offensives et directes, que notre attention devrait se tourner. Il y a des exemples récents qui sont assez éloquents. Pensons à la Turquie, où le conflit au début porté par quelques dizaines de personnes s’opposant au réaménagement de la place Taksim s’est transformé en soulèvement généralisé dans tout le pays. Pensons à Hambourg, où la résistance aux rafles de sans-papiers a mis la feu aux poudres dans un pays qui se vante de tenir sa population totalement sous contrôle. Et réfléchissons alors sur Bruxelles, avec ces quartiers encore quelque peu réfractaires à l’ordre capitaliste et étatique, avec les conditions de survie qui se durcissent pour tout le monde, avec son offensive brutale de la part du pouvoir pour réaliser sa métropole morbide de la marchandise et du contrôle. Chaque conflit en apparence circonscrit et limité peut demain incendier les rues. Mais alors, il faut que les conflits prennent une tournure offensive, même si on est peu nombreux, même si personne ne peut nous garantir quoi que ce soit. Le chantier d’un centre commercial peut être saboté. Les contrôleurs de l’ONEM peuvent être découragés à continuer leur boulot de Gestapo. Les câbles des caméras peuvent être coupés. La voiture d’un eurocrate ou d’un entrepreneur peut s’enflammer. Mais alors, il faut prendre les choses en main, il faut oser faire appel à ces capacités d’hommes et de femmes libres que l’autorité essaye de détruire : la créativité et l’imagination, le courage et la réflexion.

Certains conflits sont déjà en cours, comme la lutte contre la construction de la maxi-prison à Bruxelles. C’est une lutte qui ne cherche pas une représentation médiatique ou politique. Elle se répand, comme un courant souterrain, dans les quartiers, dans les têtes et les cœurs de ceux qui n’ont pas l’intention de se résigner face à l’avenir d’exploitation ou de prison que le pouvoir leur prépare. Elle tente de créer des fissures, d’ouvrir des brèches pour partir à l’offensive et attaquer tous les responsables de ce projet morbide, à l’image de ce qu’ils veulent faire de Bruxelles. La maxi-prison symbolise quelque part le rêve du pouvoir qui nous veut soit anesthésies, soit en prison. Empêcher directement, par la lutte et tous les pratiques de sabotage et d’action directe qui en font partie, la construction de cette maxi-prison, c’est ouvrir la possibilité pour que tout saute en l’air.

Contre tous les camps, que souffle le vent de la liberté.

Sabotons les projets du pouvoir, soyons incontrôlables.

Pour l’auto-organisation et l’attaque, ici et maintenant.

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LE TRAVAIL LIBÈRE-T-IL ?

Le travail est avant tout un compromis que nous acceptons pour pouvoir survivre financièrement. Parce que nous n’avons jamais choisi le fonctionnement de ce monde, et parce que nous avons été élevés avec le message qu’il nous fallait ou marcher ou crever.

Le travail nous vole notre temps et notre énergie ! Il essaye de déterminer une partie hallucinante de nos occupations et sollicite en permanence nos corps et nos esprits.
Le travail tend de plus en plus à se confondre avec notre identité. Lorsqu’on nous demande qui nous sommes, on veut en fait savoir ce qu’est notre boulot. Parce qu’en dehors du travail, il ne reste plus grand chose. Notre statut social est aussi jaugé à la hauteur de notre travail. La société nous fait bien sentir que nous ne valons rien tant que nous ne travaillons pas, et que nous ferions mieux de rentrer dans le rang au plus vite, comme tout le monde.

Le travail s’efforce continuellement à semer la confusion en nous faisant croire que les intérêts des patrons sont aussi nos propres intérêts ; que nous faisons partie prenante de l’entreprise, que nous devons nous réjouir quand les affaires vont bien (et que l’entreprise fait beaucoup de bénéfices), et que nous devons fournir des efforts supplémentaires quand ça va moins bien.

Le travail nous considérera pourtant toujours comme de la matière jetable. Lorsque les chiffres le demandent on nous jette à la poubelle et nous pouvons alors à nouveau mettre notre dignité de côté pour nous vendre à quelqu’un d’autre.

Le travail est cette chose pour laquelle nous restons à transpirer dans les salles d’attente d’Actiris ou dans les salles d’auditions de l’ONEM. Comme une armée de réserve, nous devons toujours nous montrer prêts à aller au casse-pipe de l’offre et de la demande. Et si nous ne le faisons pas, la menace financière revient vers nous au galop.

Le travail est cette chose sur laquelle les travailleurs crachent quand ils sabotent les machines pour pouvoir rester un jour à la maison.

Le travail est ce que les chômeurs essayent d’éviter par tous les moyens imaginables, que ce soit à l’aide de fausses sollicitations ou d’ingénieux mensonges.
Le travail est cette chose que les braqueurs rejettent quand ils vont chercher l’argent là où il est. Chez les banquiers ou les bijoutiers, chez ceux qui s’enrichissent sur le dos des autres.

Le travail est ce à quoi ils essayent, encore et encore, de nous contraindre. En tant que soldats à la rescousse de la sainte économie et de son déclin. Une économie de produits et services qui ne nous intéresse peut-être pas, mais qui nous fait quand même un odieux chantage et qui essaye de nous faire plier tous autant que nous sommes.

Repris de lacavale.be

[Vienne, Autriche] Attaque du siège de l’ÖVP

Dans la nuit du 31 mars, plusieurs caméras ont été obstruées, entre autre au siège principal du ÖVP, et les murs du quartier ont été décorés de slogans. Le quartier St-Jean autour de la nouvelle gare centrale est un exemple de la réévaluation dans cette ville et avec cela l’augmentation des loyers et le déplacement. 

Même si ça a été une attention relativement petite de notre part, nous reviendrons !

Le ÖVP, parti conservateur et catholique (d’ailleurs le deuxième parti le plus puissant en Autriche), s’emploie à rendre les lois d’asile plus strictes, se prononce pour les droits des pères et la « sécurité » en général, et a eu il y a quelques semaines l’audace d’installer une caméra devant le siège du parti. Nous avons pris cette provocation comme l’opportunité de mettre la caméra hors-d’usage, ainsi que de souiller une énième fois leurs murs. En outre, le ÖVP est simplement un parti politique, ce qui en soi est déjà suffisant.

En ce sens:

Opposons-nous ensemble à la surveillance et à la gentrification !

Pour la révolte sociale ! (A)

ovp1Wien

« Combattons le sexisme », « Détruisons le patriarcat »…

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Traduit de linksunten, 1 april 2014 01.35 am

[Grigny, 91] Nique la rénovation urbaine à la Grande Borne

Rénovation urbaine de la Grande Borne à Grigny (Essonne) : Cinq pelleteuses ravagées par le feu

Le nouveau conseil condamne par une motion l’incendie à Grigny

Vendredi soir, vers 22 h 30, un incendie est survenu dans le quartier de la Grande Borne à Grigny. Les flammes ont touché une entreprise située place du Damier, juste à côté des ateliers municipaux. Cinq pelleteuses ont été ravagées, des engins qui devaient notamment servir à réhabiliter le quartier dans le cadre de la rénovation urbaine de la Grande Borne. Dès ce samedi matin, au cours du conseil municipal qui a mis en place le maire communiste Philippe Rio élu dès le premier tour avec 51,3 % des voix, les nouveaux élus ont pris une motion condamnant cet incendie.

«Nous exigeons que tous les moyens soient mis en œuvre pour retrouver les auteurs de ces faits, confie le maire. Et aussi pour que cela ne se reproduise pas.» La motion a été votée par 30 élus du nouveau conseil, dont trois élus de droite. «A noter que les deux élus du Parti de gauche et les conseillers de la liste ( PS, ndlr) Sidi Bendiab et Malek Boutih n’ont pas souhaité prendre part au vote», déplore Philippe Rio.

Leur presse – leparisien.fr (Cécile Chevallier), 29/03/2014 à 16h28 via Attaque