Archives du mot-clé Sabotons leurs projets d’urbanisation capitaliste

[Lyon/Grenoble/Chambéry] Consulats d’Italie attaqués en solidarité avec les compagnon-es No TAV en procès – 22 mai 2014

Le consulat d’Italie visé par les anti Lyon-Turin

La façade a été taguée et de l’huile et du goudron ont été renversés sur le bâtiment du 6e arrondissement de Lyon, 5 rue du Commandant Faurax.

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L’inscription « No TAV Liberi » est encore visible ce jeudi midi alors que les dégradations ont été commises la nuit dernière. Cette action a probablement un lien avec le procès d’opposants au projet de TGV entre Lyon et Turin qui se déroule en ce moment en Italie. Les consulats italiens de Grenoble et de Chambéry ont également été la cible des « No TAV ».

A Lyon, une enquête a été ouverte, et les images des caméra de videosurveillance devraient être exploitées pour tenter de retrouver les auteurs de ce tag.

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Leur presse – Lyonmag.fr, 22/05/2014 à 13h33

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Grenoble : les « No Tav » taguent le consulat d’Italie

La façade du consulat d’Italie à Grenoble, situé 15 cours Jean-Jaurès, a été taguée et aspergée de peinture dans la nuit de mercredi à jeudi. Les inscriptions apposées sur la porte demandent la libération de plusieurs activistes du mouvement dit des « No Tav », ces opposants à la construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Ces quatre personnes sont actuellement détenues en Italie pour avoir participé, il y a un an, à l’attaque d’un chantier de la ligne TGV et doivent être jugées aujourd’hui.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 09h43

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CHAMBERY Des tags signés No Tav sur l’ancien consulat italien

C’est dans ce bâtiment que les Italiens de Savoie voteront pour les Européennes.

Un acte de vandalisme symbolique sans doute, perpétré la veille de l’ouverture du scrutin européen pour les Italiens de l’étranger. Des tags et déversements de peinture ou de goudron portant la signature “No Tav “-mouvement des opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin- tapissent depuis hier les façades de l’ancien consulat d’Italie de Chambéry. Là où les Italiens de Savoie sont invités à voter vendredi et samedi pour leurs candidats italiens.

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Leur presse – ledaubé.com, le 22/05/2014 à 21h18

[Sao Paulo, Brésil] Grèves sauvages dans les transports, bus incendiés et pillages de supermarchés (19 et 20 mai 2014)

Mardi 20 mai, des chauffeurs de bus du réseau de transport en commun de la ville (SP Trans) de Sao Paulo se sont mis en grève sauvage. Cette grève spontanée rompt avec les nombreuses journées de grève planifiées et organisées par les centrales syndicales dans les transports qui ont lieu ces derniers temps dans les grandes villes brésiliennes (qui pour la plupart accueilleront la coupe du monde en juin). Le principal syndicat des travailleurs du transport de la ville s’est clairement démarqué et a condamné ce mouvement spontané de la part d’une minorité, car échappant à tout contrôle des bureaucrates syndicaux. Par conséquence, la circulation dans la ville et sa périphérie en a été fortement pertubée.

Un bus en flammes dans la soirée du 20 mai 2014 avenue Belmira  Marin

Parallèlement à cela, au moins cinq bus ont été incendiés, dont trois ont été entièrement détruits, dans la soirée à Grajaù au sud de Sao Paulo. Ces destructions incendiaires viennent s’ajouter à celles de la veille en début de soirée (19/05/2014) au sud de la ville à Jardim São Luís. D’après les transports en commun de la ville, il y aurait eu 71 bus détruits par le feu depuis le début de l’année 2014 rien qu’à Sao Paulo. Depuis, une vaste campagne du réseau des transports a été lancée afin d’inciter la population à balancer les enragés aux flics.

Les appels à manifester sont quasi-quotidiens et divers, venant de la part des enseignants, du Mouvement des Travailleurs Sans-Toit, du Mouvement Un Pas Libre et des chauffeurs de transports qui revendiquent à peu près tous une augmentation de salaires…: ce mardi une manif - qui d’après les flics serait à l’initiative des chômeurs - a tourné aux pillages de supermarchés  sur l’Avenue Dona Belmira Marin d’après g1globo et des barricades de poubelles bloquaient les rues du quartier. D’après les flics, un manifestant a été arrêté en possession d’essence.

Plutôt dans la journée, des sans-abris ont envahi le siège social de l’entreprise Viver Incorporadora, propriétaire d’un terrain côté est de la ville qui est actuellement occupé par des sans-abris.

bus crâmés dans la soirée de mardi

bus crâmés dans la soirée de mardi avenue Belmira Marin

Mis-à-jour 21/05/2014 à 19h00:

Le mouvement de grève spontanée continue ce mercredi 21 mai à Sao Paulo contre les mauvaises conditions de travail et les faibles salaires alors que lundi les syndicats ont accepté à l’unanimité la proposition de hausse de salaires de 10%, ce qui est rejeté par une large partie des travailleurs. Plusieurs travailleurs expriment leurs volonté de poursuivre la grève jusqu’au déroulement de la coupe du monde.

BelemPar ailleurs à Belem dans le nord du pays ce mardi 20 mai, des centaines de manifestant-es contre la coupe du monde ont envahi l’espace São José Liberto, où était exposé le trophée du mondial. Plusieurs personnes cagoulées ont alors attaqué le bâtiment à coups de pierres et de morceaux de bois. Les organisateurs de la cérémonie ont été contraints d’annuler l’événement  après avoir retiré la coupe par sécurité.

A suivre…

Reformulé de la presse brésilienne, 20-21/05/2014

[Nantes] Nouvelle incarcération suite à la manif du 22 février contre l’aéroport – 14 mai 2014

Nantes. Un participant à la manifestation anti-NDDL du 22 février écroué

Un homme de 29 ans devait être jugé ce vendredi après-midi en comparution immédiate à Nantes. Ce Parisien est soupçonné d’avoir participé aux dégradations de l’agence de voyage Fram et de locaux appartenant à Nantes métropole lors de la manifestation anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22 février à Nantes. Il est aussi suspecté d’avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre lors de ces débordements.

Il réfute les faits.

Son procès a finalement été renvoyé au mois de juin, le tribunal ayant ordonné un complément d’information : un expert sera désigné pour étudier les photos de la manifestation sur lesquelles repose le dossier.

En attendant l’audience, le prévenu, interpellé mercredi à Paris et déjà condamné à six reprises, a été placé en détention provisoire.

Leur presse – presseocean.fr, 16/05/2014

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à Nantes le 1er avril dernier, plusieurs manifestants du 22 février ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison, dont une personne à un an ferme. Ce samedi 17 mai, plus de 1500 personnes ont manifesté contre la répression à Nantes, recouvrant entre autre de peinture le local Vinci et d’un tag le local PS.

[Brésil] A l’attaque contre la coupe du monde et son monde – 15 mai 2014

Jeudi 15 mai des manifestations contre la coupe du monde étaient organisées partout au Brésil, notamment à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Recife.

A Rio, plus de 1300 personnes sont descendues dans les rues, avec un gros cortège de cagoulées. L’avenida Presidente Varga, une des plus grosses artères de circulation reliant le nord de la ville au centre, a été bloqué pendant près de trois heures. Etudiants, profs et personnel de l’éducation ont rejoint la manif du soir, alors que les chauffeurs de bus, qui étaient en grève depuis deux jours, ont pu montrer leur véritable visage de jaunes en reprenant à la fois le travail et en se démarquant publiquement de l’appel à la manif contre le mondial par crainte d’être associés aux blacks blocs, ce qui nuirait à l’image de la lutte (sic!).

Alors que la plupart des manifestants commençaient à se disperser vers 19h, un groupe d’une cinquantaine de personnes cagoulées a décidé de partir en manif sauvage en direction de l’hôtel de ville, protégé par des dizaines de flics antiémeute. Quelques affrontements ont eu lieu avec les flics, qui ont bombardé le groupe de gaz lacrymogènes; il y a eu aussi une tentative de destruction de mobilier urbain et de panneaux de signalisation. Au final, une personne a été arrêtée pour avoir été en possession d’un masque et d’un lance-pierre. La manif s’est dispersée sans autre interpellation sur les coups de 20h30.

A Recife, la manif contre la coupe du monde a été plus agitée: dans la zone sud de la ville, à Boa Viagem, des manifestant-es ont tenté de piller un supermarché Carrefour vers 19h00. Les flics en civil ont alors encerclé le magasin et tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestant-es.

A Sao Paulo, comme dans les autres villes, la journée a commencé par la mobilisation des sans-abris, syndicalistes, étudiants et enseignants, qui ont bloqué plusieurs flux routiers reliant la périphérie au centre. Vers 17h, près de 1200 personnes selon les flics de la PM commencent à se rassembler sur la Praça do ciclista. Dans le même temps, 20 personnes sont arrêtées en préventive pour port de marteaux et de cocktails molotov. Parmi elles, 13 personnes sont relâchées et les 7 autres sont retenus au commissariat du 78è district. La manif se dirige vers le stade Pacaembu à l’ouest de la ville et, au niveau de la rua da consolaçao, des pierres pleuvent sur la tête des flics, qui répliquent par des tirs de lacrymo et des coups de matraques. Des poubelles sont renversées et incendiées, un bus des transports de la ville est vidé de ses usagers sans être incendié à temps. Toujours sur cette même rue, un concessionnaire Hyundai (sponsor de la coupe du monde) est attaqué et perd ses vitres, des manifestants réussissent à s’introduire à l’intérieur et détruisent les véhicules à coups de bâtons et de graffitis. Sur l’avenue Paulista, un stand de la police militaire est retourné et recouvert de goudron, une agence de la banque Itau – également sponsor de la coupe du monde – est attaquée, ainsi que des bars et des boutiques. Dans les rues Bela Cintra et Augusta, la circulation est coupée par des barricades.

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Voir une vidéo des affrontements à Sao Paulo ici

Traduit et reformulé depuis leur presse (15 et 16/05/2014)

[Publication] Brésil – Nuits blanches et ciels étoilés

La Coupe du Monde au Brésil et les soubresauts internationaux de l’insurrection

La Coupe du Monde n’est pas une question de foot. Si un pays est candidat pour l’organisation de cet événement, c’est parce que le foot remplit aujourd’hui la même fonction que le spectacle des gladiateurs dans la Rome antique, mais également parce que c’est une occasion inespérée pour l’Etat organisateur de faire avancer à pas de géant son développement économique et son rayonnement politique. La Coupe a un coût monstrueux, néanmoins le retour sur investissement promet presque à coup sûr d’être juteux. Le Brésil, considéré comme une des grandes puissances économiques mondiales, compte bien gravir encore des échelons en organisant la Coupe et les Jeux Olympiques.

[…]

Lire le bulletin 4 pages

Lire le bulletin 4 pages

Transmis par mail, 15 mai 2014

[Nantes] Appel à manif et actions décentralisées contre la répression de la lutte anti-aéroport samedi 17 mai

Voir l'appel

Voir l’appel

L’appel en anglais

[Berlin, Allemagne] L’ambassade du Brésil attaquée – 12 mai 2014

La presse berlinoise rapporte qu’au petit matin du lundi 12 mai 2014, un groupe d’une dizaine de personnes cagoulées vêtues de noir a fait irruption sur la Wallstrasse. Des dizaines de pierres ont été jetés sur l’ambassade du Brésil (80 pierres au total selon le BZ Berlin), et au moins 30 vitres du bâtiment ont été défoncées. Le groupe a réussi à prendre la fuite avant l’arrivée de la police. Les dégâts sont considérables.

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Il y a peu, un appel à la contre-attaque et au sabotage a été lancé en réponse à la répression au Brésil pour y assurer la tenue du mondial de foot (le consulter ici en plusieurs langues).

[Affiche/Besançon] Contre la rénovation urbaine et ce qui va avec

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Contre la rénovation urbaine et ce qui va avec

La ville de Besançon est en voie d’aseptisation et d’embourgeoisement, où les pauvres se font dégager pas seulement par les bleus et autres CRS, mais par les urbanistes, promoteurs, architectes et commerçants qui viennent mettre en application leurs projets qui n’ont pour but que de laisser place à l’argent et à ceux qui en ont.

La rénovation urbaine passe avant tout par la construction du tramway prévu pour 2014, qui a été menée durant ces dernières années par l’entreprise Eurovia, filiale de Vinci: on peut y voir une modification de l’espace urbain avec une architecture qui ne laisse aucune place aux rencontres, à l’occupation de la voie publique, avec une surveillance et un contrôle qui s’accentuent par la multiplication des caméras, par les nombreux spots d’éclairage tout le long du trajet du tramway ayant pour but de diminuer les zones franches… La mise en place des puces électroniques pour chaque carte d’abonnement au réseau de transport en commun ‘Ginko’ fait aussi partie du contrôle sur nos vies et en l’occurrence sur nos déplacements.

La gentrification est bien sûr aussi le fait des commerçants, toujours prêts à faire dégager « zonards », SDF ou autres indésirables qui s’attarderaient sur la voie publique: nombre d’entre eux foutent des produits nocifs sur leur marche et terrasse  et appellent les flics. 

En matière de logements, les promoteurs immobiliers se partagent la part du gâteau. L’entreprise Eiffage, qui est aussi connue pour construire des taules, spécule entre autre
sur la construction du centre commercial et de ces lofts luxueux de la place Pasteur. En effet y est prévu ce gigantesque parking souterrain pour riches et consommateurs qui débouchera sur la rue claude pouillet. Autant dire que cette rue occupée jusqu’à présent par les fêtard-e-s devra faire place nette aux habitant-es friqué-es et à leurs véhicules. On peut également parler de la construction des logements de la rue Proudhon (côté rue Bersot), qui sont construits par l’entreprise immobilière SMCI à des prix exhorbitants au mètre carré, soit plus de 3000 euros.

Dans le quartier Battant, les promoteurs profitent de l’arrivée du tramway pour augmenter les loyers. Par ailleurs, un supermarché pour riches ‘Casino Shop’ est actuellement en construction au 6, rue de la Madeleine…

La ville reste avant tout un instrument des puissants pour canaliser les révoltes contre ce monde. Cependant on peut tous agir directe-ment contre cette ville carcérale que le pouvoir tente de nous imposer: par des tags, par le sabotage et la destruction des multiples tentacules de la domination capitaliste et étatique qui s’offrent à nous.
Ne pas se résigner, ne pas fuir ce carcan dans lequel nous sommes embourbés mais attaquer ces projets en mettant en avant que c’est le fruit pourri du même processus: celui d’une gigantesque ville-prison en construction.

Tant qu’ils spéculeront sur nos vi(ll)es,
Qu’ils se méfient de nos mauvaises intentions

Collée un peu partout dans Besançon

[Nantes] Récits d’une manif contre Vinci et son monde – 22 février 2014

22 février – Contre-feu face à la dévastation médiatique. Récit et analyse collective de la manifestation anti-aéroport

Nous sommes des voix anonymes de cette manifestation. Nous n’accepterons pas que les mots pré-mâchés des médias nous volent la mémoire de cette journée. Nous ne succomberons pas aux pressions et aux mensonges de politiciens qui veulent juste nous diviser et rêvent de nous voir disparaître. A nous d’écrire notre histoire. Voici une collecte de récits et ressentis de cette journée. On vous appelle à les diffuser et à faire de même.

La manifestation commence pour certain dès 7h du matin par des convois de tracteurs qui arrivent par les voies rapides ou les départementales. Le cortège parti de Vannes compte 150 tracteurs, celui de Rennes pas moins de 80. Ceux qui sont partis de là-bas invitent ceux qui les croisent en sens inverse sur la 4 voies à écouter radio bouchon, une radio pirate qui diffuse des émissions sur l’histoire des luttes paysannes. Tous les paysans ont mis la plaque d’immatriculation de Jean-marc Ayrault sur leur véhicule. Depuis la ZAD, pas mal de gens sont partis avec les tracteurs. Dans les villages, au passage des convois, de nombreux riverains sont sur le pas de leur porte et applaudissent.

Au final, 5 convois se rejoignent sur le périph’ nantais et viennent se positionner directement square Davier, au point d’arrivée de la manifestation. On dénombre 520 tracteurs, l’équivalent d’un cortège de 3,5km, on va dire 4 avec les remorques. On peut lire sur pas mal d’entre eux « tracteurs vigilants« , le signe qu’ils sont prêt à venir sur la ZAD ou à entrer en action à coté de chez eux en cas de besoin, pour empêcher des travaux, défendre les champs et les maisons. Une trentaine de tracteurs rejoint le Pont Morand point de départ de la manifestation. Là-bas, dès 12h des cantines collectives accueillent les comités locaux arrivés de partout dans une soixantaine de bus. Pas mal de monde est logé chez des Nantais-e-s ou dans les villages alentours. Dès la veille, le local de Vinci était déjà recouvert d’une inscription et on voyait des personnes arpenter les rues de la ville avec des sac à dos et panneaux pour la manifestation.

Vers 12h30 un groupe débarque en radeau fait main, le long de l’Erdre, avec une banderole « résistance et sabordage« . Tout au long de leur dérive, ils disposent au milieu de l’eau des drapeaux anti-aéroport sur flotteur. Pendant ce temps, quelqu’un fabrique une cabane dans un arbre à 30 mètres de la Préfecture, rappelant celles qui ont marqué la résistance dans la forêt de Rohanne en novembre 2012, sur la ZAD. Depuis la veille, la préfecture met en place des grilles anti-émeutes partout autour du centre-ville, qu’elle a choisit, au dernier moment, de rendre inaccessible aux anti-aéroports. Une prise de parole initiale annonce que même si le Préfet a l’air d’avoir peur de nous, « ça ne va pas nous empêcher de manifester ». Des nantais nous témoignent qu’il leur est interdit de rentrer chez eux. Il y a des contrôles un peu partout. Au coin d’une rue, une personne se fait piquer la binette avec laquelle elle est venue défiler.

A 13h15, au début, on a un peu peur : on a l’impression de ne pas être aussi nombreux que prévu. Et puis assez vite, ça converge de partout. Il y a un afflux massif. La manif se révèle immense, avec pas mal de gens qui n’étaient sûrement jamais venus montrer, dans la rue, leur refus de l’aéroport. Jusqu’à 14h30, la queue de manif n’a pas fini de partir de Pont Morand et la tête de manif est déjà au niveau des machines de l’île. Il y a alors plus de 3km5 de manifestation continue sur des artèree forts larges. Pendant ce temps des tracteurs remontent par l’autre coté de la zone rouge. Nous sommes des dizaines de milliers. C’est la plus grosse mobilisation anti-aéroport à ce jour et personne à Nantes ne peut ignorer sa présence dans la ville.

Depuis le début du cortège ont voit arriver des chars : une salamandre jaune et noire de 15m se dandine tranquillement. Un tracto-triton géant ronronne. De très nombreux masques d’animaux marquent le refus de la destruction des espèces et des mesures dites de compensation. On se délecte des centaines de panneaux faits main avec des slogans aussi drôles qu’imaginatifs. Sur un mode plus mégalo, une banderole géante est déployée depuis le haut des immeubles, d’un coté à l’autre de l’avenue de Strasbourg en soutien à ceux qui se battent contre la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de susa.

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« Liberté pour toutes – Chiara, Mattia, Claudio, Niccolo…. No TAV – Résistances et sabotage »

Le 22 février est aussi une journée internationale de soutien aux personnes accusées là-bas de terrorisme et qui risquent jusqu’à 20 ans de prison pour s’être attaqués à un chantier. Au-delà de l’aéroport, la manifestation se connecte très visiblement avec un tas d’autres luttes contre l’aménagement marchand, sécuritaire et gestionnaire du territoire. Tout au long du défilé, pas mal de personnes s’emploient à donner une autre couleur à la ville et à en marquer certains points particuliers. Du marqueur à l’extincteur en passant par les oeufs de peinture, collages d’affiches et sprays. On découvre d’ingénieux mécanismes pour reproduire à l’infini un pochoir « la police tape la police tape la police tape la police tape la police tape la police…« . La mairie, un tribunal, un commissariat, des caméras de vidéosurveillance, les grilles anti-émeute et les flics derrières sont redécorés.

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la mairie de Nantes

la mairie de Nantes

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Expressions murales sur le comico

Expressions murales sur le comico

Sur un mur repeint, il ne reste bientôt plus que la trace de leurs silhouettes en gris sur fond de blanc dégoulinant. Sans surprise, le commerce Vinci immobilier, situé en début de manifestation, focalise les énergies débordantes et ne survit pas au passage d’autant de personnes qui tiennent à marquer leur animosité vis à vis du projet d’aéroport. Au fil du défilé, l’enseigne s’est fait peindre, puis ouvrir, puis repeindre, puis casser, puis rerepeinte.

L'intérieur du local Vinci

L’intérieur du local Vinci

Les maquettes et mobiliers ont été déménagés. Il servira même à la fin de la journée de décor pour photos souvenirs de manifestants en famille avec panneaux et calicots.

Un peu plus loin, des personnes amorcent un fumigène sur la voie ferrée pour avertir les trains de ne pas passer sur les voies. Ils invitent ensuite ceux qui le souhaitent à lancer des chaussures sur les caténaires. Cette action surprise désigne le rôle de la sncf dans la construction ligne à grande vitesse Lyon-turin dans la val de susa. L’ambiance sonore évolue au fil de la manif. Un groupe tout de rose vêtu forme une grande baukada « rythm of resistance », réunissant des formations de divers endroit qui se cale sur des canevas communs. Un peu plus loin, des rappeurs de la ZAD et d’ailleurs se relaient sur un tracteur et mettent en mot cadencés une critique sociale et des rages partagées.

Autour d’un isoloir ambulant plein de déguisements, une sono marque des pauses sur le trajet et met en lien un certain nombre d’enseignes avec l’aéroport et son monde. Elles mettent en regard le tourisme, le renforcement des frontières et les expulsions, les rapports nord-sud et invitent à venir faire des pochoirs. Plus loin encore, une foreuse et une pelleteuse sont incendiées. Des manifestant-e-s désapprouvent, mais on entend aussi pas mal de « bien fait pour eux ! », surtout quand certains comprennent qu’il s’agit d’un chantier Vinci.

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Il y a tellement de monde et tout est tellement étalé qu’il est impossible de comprendre tout ce qui se passe.

Au niveau du croisement des trams, l’avant du cortège constate que le cour des 50 otages est bel et bien bloqué par des grilles anti-émeutes, ce qui, même selon les vieux militants nantais les plus aguerris, n’est jamais arrivé. Au lieu de s’arrêter comme prévu au square Daviais, la tête de cortège fait un pied de nez au préfet. 2 tracteurs contournent rapidement quelques véhicules de police et viennent se placer sur le pont Ododin. Quelques milliers de personnes entament alors un trajet annexe sur l’île Beaulieu, un point symbolique de la métropole et de la gentrification, avec ses pépinières d’entreprises high-tech, ses artistes dociles et ses grosses machines, son tribunal mégalo, le centre du FNAEG où sont collectés les fichiers ADN. Cela n’a pas l’air d’amuser tellement plus les autorités qu’on aille se balader là-bas et au bout d’un moment, alors que le cortège se distend un peu la police referme le pont et interdit le passage.

Pendant ce temps, cela s’agite du coté des grilles anti-émeutes à Commerce qui sont ressenties par beaucoup comme un affront. Même si le dispositif policier a l’air solide, on reste pour marquer sa colère vis à vis de l’interdiction de manifester, de l’entêtement du gouvernement et de ses menaces de revenir sur la zone pour tout détruire, ou pour leur montrer qu’on peut être fort face à eux. D’abord des personnes tapent à main nues sur les plaques de plexis et grillage en se moquant des bleus derrière. Puis, dans un geste de défi, des tracteurs vont se mettre face aux grilles. Ça s’emballe petit à petit, des projectiles partent. En face, ça répond vivement – avec des grenades assourdissantes, lacrymogène et tirs de flashballs à gogo. Le préfet a l’air de vouloir donner une petite démonstration expresse du bordel qu’il est venu mettre dans le bocage pendant plusieurs mois avec l’opération César. Ses canons à eau s’évertuent, en continu, à recréer une zone humide à l’intérieur même de la ville. En face, une partie des manifestants ne se laissent pas compenser, ni déplacer.

Pendant plus de 2h des gens attaquent les grilles, déterrent des pavés, lancent ce qui leur tombe sous la main. Un tracteur s’amuse un moment à bloquer le jet du canon à eau. Un peu plus tard, des grappins sont arrimés au grilles et des dizaines de personnes tirent. En contrepoint aux explosions des grenades jetées par la police, un feu d’artifice lancé par quelqu’un dans la foule, pour la beauté du geste, illumine le ciel.

Tout autour, des milliers de manifestants restent là plutôt tranquillement, sans forcément prendre part activement aux affrontements mais sans s’affoler pour autant. Régulièrement, des centaines de voix s’élèvent pour reprendre en choeur « Non à l’aéroport ! » et accompagnent ceux qui courent sur les grilles. Beaucoup discutent, commentent, boivent un coup, se retrouvent, rient ou s’enthousiasment malgré les yeux humides de lacrymogènes..

Un bureau de contrôleurs de la TAN (transport de l’agglomération nantaise) disposé entre deux voies de tram part en flamme, un peu plus loin, la vitrine d’un magasin « nouvelle frontières » tombe, et le commissariat à l’angle se fait repeindre, ouvrir et retourner.

les locaux des Trnsports de l'Agglomération Nantaise

les locaux des Transports de l’Agglomération Nantaise

le comico

le comico

Un appel est fait pour venir y faire la fête. Les tracteurs resté pas loin des grilles ne sont pas dans une situation évidente au beau milieu du chahut et se retirent petit à petit.

Depuis 15H30, à 300 mètres de là et malgré les détonations, des milliers d’autres personnes sont réunies plutôt tranquillement autour des prises de parole qui débutent. Pas mal de monde fait des allers et retours. Des paysans de COPAIN ont commencé à creuser une mare sur le square pour concurrencer la Préfecture. Plus loin en arrière, une partie de la manifestation stagner sans toujours trop comprendre ce qui se passe.

Vers 18h, tout le monde se regroupe le temps d’une petite boum sur le square Davier. Il y a de la joie ! On passe de Paint it black a du gros son techno et la foule danse tandis que les camions grillagés et canons à eau avancent petit à petit au rythme des charges de CRS, pour vider la place. Les tracteurs partent. Quelques milliers de personnes s’attardent et défient encore un peu la police qui mettra deux bonnes heures de plus à évacuer tout ce monde. Ils ne font pas de cadeaux et les blessés graves s’additionnent : mâchoire défoncée, nez retourné. L’un d’eux qui s’est pris une grenade en tir tendu, perdra son oeil le lendemain.

En échangeant avec les uns et les autres sur le chemin du retour, il est clair que toutes les initiatives prises lors de cette manifestation n’ont pas été consensuelles. Elles ont pu soulever des malaises et débats autant qu’un enthousiasme débordant. Pour autant, nous n’avons senti à aucun moment une foule paniquée et divisée, mais bel et bien un mouvement commun, composite et solidaire rappelant la façon dont des formes hétérogènes de résistances aux expulsions ont pu cohabiter pleinement pendant une journée décisive comme le 24 novembre 2012 dans la forêt de Rohanne. Le soir même, ce qui ressort, chez toutes celles et ceux qu’on croise, est la force donnée par l’élan de la journée.

Pour le pouvoir, une manifestation telle que celle-ci, dans toute sa diversité est absolument insupportable. Pas tant peut-être pour les quelques vitrines endommagées et machines de chantier ciblées, pour les agents de police contusionnés et barricades édifiées que pour la masse de personnes que ça n’avait pas l’air d’offusquer plus que ça sur le moment. Il est d’autant plus intolérable pour les autorités que les organisateurs de la manifestation refusent de tomber dans leur piège et constatent dans un communiqué commun le soir même :

« (…extrait) La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin. Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti- aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ? Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport ! »

Dès le lendemain, le rouleau compresseur politique, le préfet, Ayrault et Valls réunis tentent désespérément de diviser le mouvement, d’en isoler une fraction et de la stigmatiser. Il s’agit de désigner les occupant-e-s de la ZAD comme les gardiens d’un « camps d’entraînement la guérilla urbaine » ou comme « un mouvement armé » sur le thème du « kyste » maléfique à éradiquer… La recette est classique : incapables d’accepter l’idée qu’une colère vis à vis de la répression policière et des promoteurs de l’aéroport puisse se diffuser, ils désignent de fantasmatiques groupes de black blocs manipulateurs et étrangers, et envoient leurs experts vomir un montceau de caricatures grossières sur le sujet que Libération et d’autres reprennent sagement en les présentant comme des « enquêtes ». Ils ont beau chercher à se donner des leviers pour revenir expulser et pouvoir taper très fort sur certain-e-s pour tenter de faire peur à tous les autres, comme dans le val de susa, ils savent pourtant bien que sur le terrain et au-delà, la colère pourraient être plus forte et plus partagée encore si ils s’entêtaient à lancer une seconde opération « césar ».

Sans peur du ridicule, toute la presse en choeur, nous parle de Nantes « dévasté ». On s’attend à un champs de ruines à perte d’horizon. En réalité les quelques transformations imposées au mobilier urbain n’ont pas eu l’air d’empêcher les nantais-e-s de se balader longtemps où que que ce soit. Si on doit vraiment parler de « dévastation » et de « violence », peut-être pourraient ils dire aussi quelques mots des maisons dévastées, des champs saccagés et des dizaines de personnes gravement blessées par plus de 1200 policiers sur la ZAD, pendant les 5 mois qu’ont duré l’occupation policière. Peut-être devrait-on rappeler que le Préfet vient de signer des arrêtés de démarrage des travaux et prétend aujourd’hui revenir vite et pour tout détruire définitivement. On nous demande aujourd’hui de rejeter toute idée de violence et de nous désolidariser de ceux qui brûlé leur machines, cassé leur vitrines, assailli leurs dispositifs. Mais personne ici n’oublie que si nous nous étions contenté de nous asseoir en travers de la route et de discuter quand ils ont débarqué le 16 octobre 2012, il n’y aurait aujourd’hui plus personne pour parler de la ZAD. Elle n’existerait sans doute déjà plus. Les journalistes, fascinés par les « affrontements » autant qu’il les rejettent, diffusent la peur, créent des catégories, cherchent à dérober nos souvenirs. Cela peut paraître impressionnant, mais c’est loin d’être la première fois dans l’histoire de ce mouvement, et cela ne l’a jamais empêché de rebondir et de se renforcer. La chape de plomb qu’ils essaient de faire retomber sur cette manifestation ne nous fera jamais oublier la vitalité de cette journée, le ravissement de se sentir aussi nombreux-ses, les sourires et la colère partagés. Quoi qu’ils en disent, cette manifestation était un moment rare et précieux, une étape majeure dans cette lutte.

L’aéroport ne se fera pas !

Transmis par mail, 27 février 2014

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Durant cette manif, on a pu voir une succession d’attaques directes contre Vinci et son monde. Ces innombrables actions directes ont pu être menées à bien, non sans l’intervention continue de ces paciflics toujours prêts à défendre les édifices de la domination et de l’oppression (On peut les entendre chouiner et tenter de s’interposer sur de nombreuses vidéos qui ont été publiées sur le net).

Outre le local Vinci et le commissariat de police, les locaux de la SNCF et les locaux du TAN ainsi que des stations de tram place du Commerce ont goûté un peu de notre rage à coups de marteaux et objets qui nous tombaient sous la main. Le mobilier a été sorti pour renforcer les barricades. De nombreux commerces ont brûlé (place du commerce), littéralement dévastés (les agences de voyage ‘Nouvelles Frontières » et « FRAM ») ou caillassé (la fnac). Les murs et mobilier étaient recouverts de tags aux alentours du parcours (et ce dès le début de la manif) contre Vinci, le TAV, les flics, la surveillance, la prison, ‘Nantes Nécropole’ et tous les projets urbains et développement aussi dévastateurs les uns que les autres. La destruction systématique des panneaux de publicité ont momentanément enrayer la lobotomie ambiante de la ville-prison. Le tribunal administratif a été recouvert de peinture et quelques pierres ont traversé ses vitres.

Une station de tram

Une station de tram

Le local SNCF

Le local SNCF

Le tribunal adminstratif

Le tribunal adminstratif

Les journaflics de BFM TV, ainsi que de franceTV et france info ont eu des coups de chaud après s’être fait prendre à partie par plusieurs manifestants.

france TV

france TV

Au final, il y aurait eu au moins un million d’euros de dégâts, sans compter les destructions et saccages des commerces et de banques.

Ce fut une journée où nos actes de révolte se sont mélangés et additionnés, avec le sentiment d’avoir vécu debout ne serait-ce qu’un après-midi.

Feu à Vinci et à son monde !

Transmis par mail, 28 février 2014

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voir d’autres récits sur le net:

[Brésil] Manif émeutière contre le mondial – Sao Paulo, 22 février 2014

Samedi 22 février 2014, près de 1000 manifestants ont pris les rues de Sao Paulo contre le mondial de foot 2014, en scandant « police terroriste » ou encore « il n’y aura pas de coupe du monde« . Au final il y a eu plus de 120 arrestations. En début de soirée, de nombreuses banques ont été attaquées, des poubelles incendiées et du mobilier urbain défoncé. D’après les flics, sept personnes ont été blessées.

saopaulo

D’après la presse