Archives du mot-clé sans-papiers

[Allemagne] Attaque du bureau du procureur – Hambourg, 24 octobre 2013

Dans la nuit du 24 octobre 2013, le bureau du procureur d’Hambourg a été attaqué avec des pierres et de la peinture.

Fugitifs, demandeurs d’asile, insatisfaits, opprimés…. nous causons des ennuis à l’autorité !

Des lois, des papiers de contrôle et d’exploitation, aux frontières des meurtres quotidiens !

Des uniformes dans les rues, pour protéger leur ordre.

Nous devons nous lever aujourd’hui, et non demain !

Source – Traduit avec contrainfo, 27 octobre 2013

[Québec] Récit de la manif en solidarité avec les sans-papiers au centre de rétention de Laval (nord de Montréal) – 11 août 2013

Poing_prisonLe 11 août 2013, environ 100 migrants et leurs soutiens sont descendus dans la rue en direction du centre de rétention pour migrants de Laval juste à l’extérieur de Montréal, pour dénoncer la pratique du gouvernement canadien d’enfermer et d’expulser les personnes sans statut. La manifestation a été organisée en collaboration avec la Journée de la justice pour les prisonniers, qui a lieu chaque année le 10 août pour commémorer les vies de ceux qui luttent et meurent derrière les barreaux, et de réaffirmer l’engagement des personnes pour la suppression des prisons. Des gens sont venus en bus, d’autres à vélo, et quand ils sont arrivés, ils étaient déterminés à faire suffisamment de bruit pour que les migrants à l’intérieur du centre de rétention puissent entendre leur message.

Sur une journée donnée, de 400 à 500 migrants sont enfermés derrière les murs des centres de rétention à travers le pays. La dernière décennie a vu une augmentation significative du nombre de migrants détenus, avec 82.000 détentions sur 2004-2011 et un nombre supplémentaire de 13.000 détenus depuis 2011. Suite à la mise en œuvre des politiques de détention obligatoire par le projet de loi C-31, tous ce.lles.ux qui entrent par de soi-disant «moyens irrégulier» peuvent faire face à un an de détention.

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Photo de leur presse – journalmetro.com, 11/08/2013 à 21h49

Des silhouettes représentant des proches qui ont été raflés et des banderoles lumineuses ont été accrochés à la clôture. Des messages de solidarité en arabe, hongrois, espagnol, ourdou, anglais et français ont été lus à haute voix, tandis que des restes de vêtements ont été suspendus le long du mur, symbolisant la violence subie aux postes-frontières du monde entier.

Pendant le pique-nique, quelqu’un de l’intérieur a informé les organisateurs que, en raison de la manifestation, les heures de visite avait été annulées pour toute la journée, les prisonniers étant punis par l’annulation du temps de prière, tout en étant interdit de fumer et confinés dans leurs chambres.

Exaspéré par ces nouvelles, les gens se sont précipités vers la clôture extérieure du centre de rétention et ont commencé à taper sur ces portes en métal. Peu après, la porte a été démolie et un groupe de manifestants a violé le périmètre et a réussi à exprimer leur rage directement à l’extérieur des bâtiments où les migrants sont en cage.

En fin de compte, aucune arrestation n’a été faite. Alors que l’acte d’abattre le mur était symbolique, c’était encore un pas en avant pour la destruction de tous les murs de prison et les frontières qui séparent les personnes à travers le monde.

Voir la vidéo de la manif

Traduit de l’anglais de MediaCoop (en collaboration avec Contrainfo)

[Australie] Révolte au centre de rétention pour migrants sur l’île de Nauru – 19 juillet 2013

Dans la soirée de vendredi 19 juillet 2013, une révolte a éclaté à la prison pour migrants sur l’île de Nauru en Australie. Plusieurs bâtiments de la prison ont été incendiés et près de la moitié des demandeurs d’asile de la prison (où sont enfermés environ 500 migrants) se sont échappés du centre.  Leur presse affirme que 95% des bâtiments de la prison sont partis en fumée, dont le toit qui s’est effondré.

La rage des migrants s’est étendue sur l’île de Nauru et le feu a été bouté entre autre aux biens publics.

Suite à un appel des autorités de l’île à aider les forces répressives, des citoyens-flics ont prêté main forte aux flics et à la société privée de sécurité ‘Wilson’ pour réprimer les migrants.

Toujours selon les médias, 15 matons ont été blessés et 60 migrants arrêtés.

Fin septembre/début octobre 2012, des migrants s’étaient révoltés et des citoyens s’étaient prononcés pour la (ré)ouverture des deux camps pour sans-papiers de Manus et Nauru.

Cette révolte intervient alors que plusieurs migrants ont été récemment emprisonnés suite à la révolte incendiaire du centre de Villawood (banlieue de Sidney) en 2011.

Traduit librement de la presse australienne, 20/07/2013

Feux à tous les centres de rétention et à toutes les frontières !

[Maroc] Des sans-papiers occupent une route et s’affrontent avec la police – Nador, 3 juillet 2013

Affrontements entre policiers et migrants: 
Des blessés et des interpellations près de Melilla

Des incidents ont éclaté, mercredi, à l’aube, entre des migrants clandestins et des forces de l’ordre marocaines dans la région de Nador, près de l’enclave espagnole de Melilla, où des tentatives de franchissement de la frontière sont fréquentes, a affirmé une ONG locale, selon l’AFP.

Une opération policière menée en tout début de matinée dans un bois proche de cette ville du nord du Maroc a donné lieu à des heurts et “une quinzaine de migrants au moins” ont été blessés, a déclaré à l’AFP Stéphane Julinet, un responsable du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem). Deux d’entre eux étaient toujours hospitalisés dans l’après-midi, a-t-il ajouté.

Quelque 200 migrants clandestins ont tenté d’occuper une route à proximité de la forêt, ce qui a entraîné une intervention des forces de l’ordre, ont pour leur part fait valoir les autorités locales.

Elles ont réfuté l’existence de victimes, mais confirmé qu’il avait été procédé à des interpellations.

Les migrants sans papiers interpellés par les autorités marocaines sont généralement refoulés vers la frontière algérienne, fermée depuis 1994 mais par où s’effectue l’essentiel des entrées clandestines dans le royaume selon Rabat.

La région de Nador est frontalière de Melilla, que des groupes de migrants tentent régulièrement de rejoindre. Fin juin, environ 300 personnes ont lancé un “assaut massif” contre la frontière grillagée, et une centaine sont parvenus à entrer en Espagne.

Les enclaves de Melilla et Ceuta sont les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec le continent africain.

Leur presse grillagée – AuFaitMaroc.com, 03/07/2013 à 17h30

[Italie] Révolte et évasion au centre de rétention de Caltanissetta (Sicile) – 13 juin 2013

Pendant que certains retenus ont escaladé le grillage d’enceinte de près de dix mètres de haut, d’autres ont jeté des pierres et un mélange d’eau et de cire contre les matons.

Cinq retenus ont réussi à passer de l’autre côté, mais quatre ont été rattrapés. Deux d’entre eux, Algériens de 22 et 30 ans, sont désormais incarcérés pour « rébellion avec violence », après s’être défendus à coups de pieds et de poings quand ils ont été bloqués dans leur évasion. Les deux autres retenus ont « seulement » été inculpés.

Quatre matons ont aussi été blessés, dont un atteint aux yeux par le mélange de bougie durcie : deux du Reparto mobile [CRS] de Catania, un carabinier du Bataillon de Palerme, et un flic-adjoint.

Traduit de l’italien de la presse locale reproduite sur macerie  (13/06/2013) par Brèves du désordre

[Seine-Saint-Denis] Ni justice ni paix

Ni justice ni paix !

 Une semaine après l’assassinat d’un camarade à Paris par des fascistes, une semaine après la très démocratique rafle policière de Barbès…

…le distributeur de billets d’une banque a cramé à Montreuil (93), la vitre de la section PS du Pré-St Gervais (93) a été transpercée sous les coups, le QG du Front de Gauche situé aux Lilas (93) a été entièrement recouvert de tags. Sur les deux locaux et les murs du quartier, on pouvait notamment lire : « Charognards », « ni 6e République, ni fascisme : révolution ! ».

(to be continued…)

Ni démocratie, ni fascisme !

A bas l’Etat et le capital !

Sourcenantes.indymedia.org, 15 juin 2013 à 20h

[Le PS expulse] OQTF pour une famille géorgienne en Haute-Saône

Haute Saône : Une famille géorgienne menacée d’expulsion

En Haute Saône, le Comité d’entraide aux réfugiés de Lure et environs dénonce la situation d’une famille géorgienne. Ella et Aziz, deux jeunes Géorgiens venant de passer leur CAP et en attente des résultats, sont menacés d’expulsion avec leurs parents début juillet.

« Cette famille a passé plus de temps en Russie qu’en Géorgie de façon à fuir les persécutions à l’encontre des Yésides ». Et de préciser « Ils  ont demandé asile à la France parce qu’un policier avait jeté son dévolu sur Ella, leur fille de 15 ans à l’époque des faits ».

Leur demande d’asile a été rejetée. Ils sont sur le coup d’une Obligation de quitter le territoire français, depuis plusieurs mois. La préfecture leur a simplement accordé le droit de terminer leur cursus scolaire.

Leur presse locale – PleinAir.net, 14/06/2013 à 16h58

[Martigues] La police municipale travaille au foyer Adoma – 13 juin 2013

Martigues : le clandestin se défenestre à l’arrivée des policiers

Un homme de 25 ans était toujours entre la vie et la mort ce jeudi après être tombé du sixième étage d’un immeuble à Martigues (Bouches-du-Rhône). Vers 6 heures du matin, mercredi, les policiers sont intervenus au foyer Adoma de la ville où le jeune homme s’est défenestré. Sur les lieux, les agents de la police municipale expliquent que ce garçon, qui squattait le foyer, avait eu un violent différend avec un résident habituel et qu’ils avaient été appelés sur place afin de faire cesser le trouble.

 A leur arrivée, l’homme aurait immédiatement pris la fuite, se jetant par la fenêtre bien que les forces de l’ordre aient tenté de le retenir par les mains.

En situation irrégulière sur le sol français, le blessé a été transporté au centre hospitalier avec un pronostic vital engagé. Le commissariat mène l’enquête.

Leur presse – LeParisien.fr (Julien Constant), 13/06/2013 màj à 17h40

[Paris] 6 juin 2013 : la police rafle à Barbès (chronologie & témoignage)

Paris, le 6 juin 2013 dans l’après-midi

14h : Plusieurs dizaines de cars de flics en tout genre prennent position tout autour de Barbès et de sa fameuse ZSP (zone de sécurité prioritaire). Ils ferment les rues avec les camions et raflent au faciès des vendeurs à la sauvette, sans papiers et pauvres en tout genre.

16h25 : Certaines rues sont débloquées pour laisser l’accès aux sorties d’école ce qui laisse croire que l’opé- ration est terminée. Mais plusieurs personnes sont prises au piège par des groupes de flics en civils réussissant à se fondre dans la population et à continuer les interpellations. Les personnes arrêtées sont ramenées menottées dans les bus d’embarquement stationnés sous le métro.

17h : Passage du Havre un rassemblement appelé par des proches et des camarades de Clément Méric est or- ganisé. Il regroupe plusieurs milliers de personnes venues se recueillir à l’endroit de son assassinat par des fascistes la veille au soir.

18h : Toute la journée les politiciens de tout bord se sont succédés dans les médias. Certains se retrouvent au micro place Saint Michel, pour le rassemblement appelé par le parti de gauche rejoint par toute une clique politicienne allant des centristes à l’extrême gauche. Heureusement certains ne parviendront pas à intervenir, hués par une foule pas dupe. En effet, ceux là même qui planifient et organisent la chasse aux sans papiers veulent aussi récupérer la mort d’une personne qui de part ses engagements luttait contre le racisme. C’est le grand jeu de la ré- cupération politicienne où l’on nous explique que pour lutter contre le fascisme il faut constituer un front commun et défendre la démocratie. Fascisme et démocratie sont les deux faces d’une même pièce, deux modes de gestion de l’État qui font prospérer le capitalisme.

20h : Plusieurs centaines de personnes partent en manif sauvage et traversent la capitale criant « d’Istanbul à Paris, à bas l’État, les flics et les fachos » en direction du local de l’œuvre française, groupuscule fasciste. Le cortège laisse des traces de son passage : poubelles renversées, tags, autocollants, vitrines de banque martelées…

20h30 : Des personnes se retrouvent devant le commissariat de Clignancourt pour visibiliser le départ des personnes raflés vers le centre de rétention. Les coups de matraques et leur petit nombre ne les empêcheront pas d’exprimer leur solidarité.

Face aux rafles, aux violences d’État, aux violences fascistes, aux charognards et à la résignation exprimons notre colère dans la rue ! Faisons en sorte d’entraver concrètement le travail des flics, opposons-nous aux expulsions et ne laissons pas les fascistes et leurs idées envahir l’espace et pourrir nos vies. Organisons-nous pour s’attaquer à toutes les formes de dominations et tendre vers la liberté.

Contre les flics et les fascistes, mort à l’état et au capitalisme.

Télécharger le tract mis en page (PDF)

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Transmis par mail, 11 juin 2013

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Rafle à Barbès. “Ils nous ont demandé de nous mettre tout nu… On a refusé”

Un nouveau témoignage d’une personne sans papiers raflée jeudi 6 juin à Barbès. Pour celles et ceux qui sont loin et ne peuvent pas se mobiliser concrètement avec nous, sous le témoignage je vous mets l’appel à fax et mail pour protester contre cette rafle auprès de la préfecture de police de Paris. Je vous remets également  le lien sur la pétition qui il y a un an et demi avait été faite par le Resf Paris nord-ouest (comprenant le quartier Barbès) et qui appelait à se mobiliser contre les rafles et les contrôles au faciès. (F)

Témoignage n°2, lundi 10 juin 2013

achtung_rafles« Je descendais du métro Barbès avec mon cousin vers 15h30. La police m’a demandé un titre de transport, je le leur ai donné, et ensuite ils ont demandé les papiers. J’ai dit que je n’en avais pas. Ils m’ont mis les menottes et m’ont amené dans un car. Dans le commissariat [rue de Clignancourt] il devait y avoir 80 personnes arrêtées. On a passé 3 ou 4 heures dans une cellule à 20. Il y avait une personne très malade qui se plaignait auprès des policiers mais ils s’en fichaient. Et puis quelqu’un a demandé d’aller aux toilettes et les policiers ont dit non. Les gens n’étaient pas contents. Alors des flics sont entrés dans la cellule et ils ont frappé trois personnes avec les mains et les pieds. Dans la cellule, on avait ni ceinture ni lacets puis, trois ou quatre flics sont arrivés et ils nous ont demandé de nous mettre tout nu, d’enlever les vêtements, d’enlever les slips ! On ne voulait pas, on a refusé ! Alors le chef est intervenu et a dit à ses collègues de laisser tomber.

Pour l’instant, à ma connaissance, personne de Barbès n’a été expulsé. Mais il y a des gens qui ne sont pas bien, ils ne veulent pas manger et ils ne veulent pas rester enfermés. »

Karim, sans papiers arrêté lors de la rafle et enfermé au CRA de Vincennes

Source: Jura Libertaire, 11 juin 2013

[Paris] Récit et témoignage à propos de la rafle policière à Barbès – 6 juin 2013

Jeudi 6 juin dans l’après-midi, une rafle comme on n’en voyait plus depuis la guerre d’Algérie ou depuis les grandes vagues d’expulsions de squats au début des années 1980, a eu lieu à Barbès. Pendant presque deux heures tout un quartier a été bouclé, les gens ne pouvant plus ni entrer ni sortir, bloqués par des centaines de flics de toute sorte arrivés à bord de dizaines de véhicules, quadrillant la zone jusqu’à la Gare du Nord, La Chapelle, Château Rouge et Anvers. A l’intérieur du périmètre qui comprenait la rue de la Goutte d’Or, la rue des Islettes et une autre rue parallèle à la rue des Islettes, les flics se déploient. A l’extérieur du périmètre ils sont apparemment aussi extrêmement nombreux. Divers contrôles sont effectués : papiers et ventes à la sauvette, hygiène dans les établissements (d’après ce que disent certains commerçants mais ça je n’ai pas vu).

Des gens commencent à s’entasser aux différents check-points. Protestations molles, entre résignation et agacement. Très vite, à l’intérieur du quartier bouclé, beaucoup moins de « vrais gens » que d’habitude et une multitude de patrouilles de robocops qui interpellent au faciès. Comme souvent, délit d’extranéité et de classe sociale sont de mise, à savoir que les cibles principales du contrôle sont les Africains qui ressemblent à des mecs qui viennent d’arriver du bled.

A chaque fois qu’ils en capturent, les bleus appellent victorieusement leur central avec leur talkie pour annoncer combien ils en ont attrapé. Puis ils les ramènent vers des bus d’embarquement sur le boulevard Barbès. Apparemment tout un staff technique et bureaucratique était installé dans les cars.

A un moment, une vieille dame juive a attrapé un jeune sans papier qui était capturé et elle a dit que c’était son fils. Les flics voulaient quand même l’emmener car évidemment ils ne la croyaient pas mais elle criait et s’accrochait au jeune homme et ils ont finalement du le lâcher.

Quand les flics bouclent un quartier ils sont plus ou moins obligés de relâcher les barrages qui empêchent de sortir et entrer dans le quartier pour la sortie de l’école. Du coup ils ont ouvert les barrages à 16h25.

Mais attention, ouvrir les barrages et laisser les gens circuler dans le quartier ne signifie pas que les contrôles vont s’arrêter… Au contraire, et de fait plein de gens se sont fait attraper comme ça. Voyant que certains flics en uniforme partaient et que les camionnettes de CRS qui barraient les rues se poussaient, pas mal de personnes, sans doute réfugiées dans des halls, sont sorties de leur cachette… Mais c’était sans compter avec des groupes de civils qui par quatre ou cinq ou six sillonnaient le quartier, pour certains avec des camouflages assez réussis (le rasta, le gars qui ressemble à un sans papier, la fille déguisée en jeune de quartier), et contrôlaient et arrêtaient les gens. Les personnes arrêtées étaient alors conduites menottées dans des bus stationnés à ce moment-là sous le métro au carrefour Barbès. Le dernier bus rempli est parti vers 16h30.

Dans cette apathie déprimante où on a l’impression que les gens sont menés à l’abattoir dans la passivité la plus totale, si ce n’est quelques ronchonnements individuels (Mais on est prisonniers dans notre quartier) ou désabusés (Ah ici c’est comme ça ils cherchent les cigarettes, les sans papiers, pff). Ca finit toujours par entraîner des personnes qui n’osaient pas se lancer pour protester et par se transformer en petit rassemblement, ce qui permet de discuter de ce qui se passe. Ca met un rapport de solidarité minimal mais essentiel entre les gens arrêtés et les autres qui y ont échappé.

Plus tard, au rassemblement pour l’assassinat de Clément Méric nous avons appris qu’une partie des gens emmenés dans les bus avaient été conduits au commissariat de la rue de Clignancourt, ce qui a provoqué des cris de «Les fascistes assassinent à Saint Lazare ; le PS rafle à Barbès».

Un appel à se rendre au commissariat de la rue de Clignancourt pour 20h30 a donc circulé. La rue était bloquée à la circulation par plusieurs camionettes et un bus de la police qui sert à transporter les gens arrêtés dans les manifs. Les premières personnes arrivées ont constaté que dans ce bus posté juste devant le commissariat étaient parqués plusieurs sans-papiers. Quelques autres sortaient libres. Ils nous ont dit que dans le commissariat ils avaient été triés : certains comme eux pouvaient sortir et d’autres qui allaient être conduits au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes étaient montés dans le bus.

Cela faisait plusieurs heures que ces derniers étaient enfermés là sous une chaleur écrasante, sans pouvoir boire ; manger, aller aux toilettes. Sans attendre l’heure du rassemblement, des slogans ont commencé à fuser « Liberté », « Solidarité avec les sans-papiers » auxquels les dizaines de personnes emprisonnées dans le bus ont répondu chaleureusement en criant eux aussi et en tapant sur les vitres.

Très vite les flics ont violemment repoussé les quelques personnes présentes en bas de la rue à grand renfort de coups de tonfas, coups de pieds, insultes, … Très vite, alors qu’en bas de la rue quelques autres personnes commençaient à arriver, le bus a démarré, protégé par un grand renfort de flics dont certains étaient flashball à la main. Nous n’avons pu qu’unir nos slogans à ceux des gens qui étaient enfermés à l’intérieur.

Le lendemain nous avons su qu’une quarantaine de personnes étaient enfermées au centre de rétention de Vincennes. D’autres sont peut-être dans d’autres centres de rétention. Les gens arrêtés devraient passer devant un JLD mardi ou mercredi s’ils ne sont pas expulsés d’ici là.

Témoignage d’un sans-papiers arrêté lors de la rafle d’hier (6 juin) à Barbès.

«  Les flics nous ont traités comme des terroristes. Ils nous ont mis des menottes en plastique. Elles étaient très serrées, on a encore les marques. On va aller voir le médecin pour faire un certificat. Ils ont encerclé Barbès et ils contrôlaient « au visage », tous les Arabes, les noirs… Ils étaient très méchants et ne respectaient personne. Il sont arrivés vers 14 heures et gueulaient après tout le monde dans la rue. Il y a des gens ça fait 10 ans qu’ils sont ici et ils n’avaient jamais vu ça. 

Moi je sortais de chez le coiffeur et c’est un policier en civil qui m’a arrêté. C’était comme Guatanamo. Ça veut dire quoi ? Parce que on est arabe, on est des terroristes, ou quoi ? On a risqué notre vie sur un bateau, on est passé par Lampedusa et ici il n’y a pas de liberté.

On a cru qu’on était en Tunisie. On n’ a pas de problème avec les gens ici, on a un problème avec les flics.

Ensuite ils nous ont amenés au commissariat de Clignancourt, on était 40 dans une cellule et on ne pouvait pas respirer. Et si on protestait, les flics disaient : «Ferme ta gueule. Pourquoi vous êtes venu ici, Restez chez vous!». Il y avait aussi un vieux touriste marocain au commissariat, sa famille a apporté ses papiers et il a été libéré. Quel accueil touristique !

Devant le commissariat il y avait des dames qui n’étaient pas d’accord et qui criaient « Liberté ! » Et les flics les ont frappées. On a doit être 40-50 de Barbès au CRA‌. Même en Tunisie la prison c’est pas comme ça. Personne ne mange. On a décidé de faire la grève de la faim la semaine prochaine. La prison c’est mieux parce que là je ne sais ce qui va se passer demain. Il n’y a pas de solution. (…)

Centre de rétention de Vincennes, vendredi 7 juin 2013

Les sans papiers arrêtés hier devraient passer mercredi prochain (12 juin 2013) au JLD de Paris.

Soyons nombreux pour les soutenir !

Source: Mille Babords, 7 juin 2013