Archives du mot-clé Santiago

[Santiago, Chili] Réflexions et critique pratique à propos de l’attentat dans le métro le 8 septembre 2014

Chili : Réflexions sur l’attaque à la bombe dans le métro du 8 septembre 2014 à Santiago

Nous sommes l’attaque, nous sommes le feu contre l’État

1912211_1553037561599988_717791959381965933_o

Ndt. L’attaque a été revendiquée le 18 septembre par la Conspiration des Cellules de Feu, trois compagnons ont eu droit à des arrestations médiatiques avec charges accablantes :
- Natalie Casanova Muñoz (26 ans)
- Juan Flores Riquelme (22 ans)
- Guillermo Durán Méndez (25 ans)
Tous trois ont nié leur implication et gardé une position digne.

Nous venons de partout…
Nous venons de l’attaque de commissariats, de casernes de police et de prisons, de centres de divertissement des puissants, d’églises et institutions de l’État-capital. Nous avons fabriqué des engins explosifs, nous connaissons leur usages et leurs conséquences au moment d’agir, nous venons des logiques et pratiques de la conspiration depuis des années.
Nous nous organisons informellement, sans dirigeants et en revendiquant l’autonomie, en forgeant des réseaux clandestins qui ne pourront être détectés par la répression. Nous continuons, parce que nous n’avons jamais arrêté…

Par rapport à l’engin qui a explosé récemment au Subcentro et qui a causé des blessures à plusieurs passant-e-s, sans être juges, nous élevons et défendons notre position.

Lors des actions que nous avons perpétrées, dans les complicités que nous avons matérialisées, lors des attaques que d’autres compagnon-ne-s que nous ne connaissons pas personnellement mais avec qui nous partageons anonymement le chemin de l’action directe ont menées, l’ennemi a toujours été clairement identifié.

L’ennemi est celui qui détient le pouvoir ou s’arme pour le défendre, devenant une cible et un objectif des attaques, mais pas celui qui cautionne ou cède passivement face à la domination.

Nous ne faisons pas partie des citoyen-ne-s puisque ceux-ci se laissent soumettre et perpétuent l’ordre, mais cela ne veut pas dire que nous mettons sur un pied d’égalité le rôle des citoyen-ne-s et celui des puissants, celui de l’esclave et celui du maître. Les citoyen-ne-s en général ne sont pas, de même que n’importe quel passant, l’objectif de nos actions.

Nous comprenons l’attaque et l’autodéfense comme un acte qui affronte et cherche à frapper toute la machinerie qui tente de de nous soumettre, ainsi qu’un acte qui nous protège et nous préserve face à l’avancée des forces répressives, indépendamment de l’uniforme qu’elles visent.

Quiconque décide d’assumer la violence pour défendre le territoire des puissants se situe sur le champ de bataille et doit en assumer le coût, mais cela, comme le font bien remarquer d’autres compagnon-ne-s par ici, n’est pas un combat ni un coup donné de manière aveugle sans rester clair sur qui l’on frappe.

On ne peut pas laisser au hasard la possibilité que ce soit un puissant ou un civil quelconque qui passe, les coups de l’action de transgression sont précis et savent viser l’objectif tant dans l’infrastructure du pouvoir et de la répression que dans les sujets qui le détiennent.

C’est l’État et ses politiques de Terreur qui considèrent les vies comme de simples numéros dans les statistiques de leurs parts de pouvoir, c’est pour cela qu’il avance en dévorant et en écrasant de manière impassible, nous nous éloignons de lui par nos projections et nos idées mais surtout par nos pratiques, qui nous différencient indéniablement. Face à cela il ne doit y avoir aucune place pour le doute.

Nous aspirons et agissons pour la destruction et le combat contre l’ennemi, nous nous armons de moyens pour y parvenir, nous utilisons et revendiquons l’utilisation de la violence pour faire face à l’autorité, mais nos coups ne cherchent pas à nuire à n’importe qui passant dans la rue. Cela supposerait que toute personne, par le fait de passer là, serait complice et collaboratrice du pouvoir, absolument sans aucun fondement permettant de soutenir cela. Ce ne sont pas nos façons de faire, ni le bout ni l’horizon du chemin d’action directe que nous suivons depuis des années.

De la même manière que nous ne laissons pas notre sécurité au hasard –en apprenant les techniques d’avancée de l’ennemi– nous ne laissons pas non plus au hasard la sécurité de ceux qui peuvent traîner dans les environs des cibles de nos attaques. Ainsi, nous ne faisons pas confiance et ne déléguons pas au bon travail de l’ennemi de s’occuper des civils, tant dans l’évacuation que dans le bouclage de la zone. Nous ne sommes pas indifférents à la douleur ou au mal reçu par de simples passant-e-s.

Ce ne sont pas les citoyen-ne-s qui doivent craindre nos actions, ils devraient avoir peur de la misère de vie que l’État impose à travers chacun des engrenages qui forment sa machinerie de destruction, de la gâchette facile de la police, des asphyxies économiques qui mènent au suicide ou de la progression du contrôle social. Ici ceux qui doivent craindre nos actes, dans chaque aspect de leur vie et de leur sécurité, ce sont les représentants de la domination… Nous nous rapprochons.

Nous n’écrivons pas pour nous dissocier de l’utilisation de la violence, mais pour revendiquer l’utilisation que nous en faisons, mettant au clair nos idées de la lutte insurrectionnelle qui n’envisagent pas l’attaque de civils.

L’appel est à l’action, dans la complicité des affinités, faisant proliférer les groupes d’attaque, agissant pour la libération, mais en restant clairs sur nos objectifs à diffuser et l’ennemi à attaquer. Nos pratiques font partie du message. Nos coups doivent être adroits, sans peur, mais sans imprécisions.

Le terroriste c’est l’Etat.

Nous saluons les dernières attaques d’église et de casernes de police.

Contre toute forme de pouvoir, pour l’Anarchie et la Libération Totale… Continuons à grandir…

Noyaux d’Attaque pour la Libération

Traduit de l’espagnol par non fides de Contrainformate. 22 septembre 2014

********************************************************************

Pour une critique pratique

Au sujet de l’action réalisée devant l’université Uahc à Santiago le 23 septembre.

10669356_1553037541599990_5037546939307564451_o

Dans un climat d’hostilité croissante, de persécution et de terreur médiatique, nous continuons de revendiquer la violence contre l’État et le capital !

Suite à l’explosion d’une bombe dans un couloir du centre commercial de la station du métro Escuela Militar les rêves de la presse et de l’État se sont concrétisés. Dorénavant ils vont pouvoir ouvertement dire que les attaques explosives ont aussi comme cible des gens lambdas et dans cette logique aiguiser encore leur pratique de répression contre les groupes et individus insurgés. La situation a été propice pour que les vautours dressent depuis leurs médias un climat d’insécurité et de terreur médiatique, la presse n’a pas traîné pour pointer du doigts la violence des groupes subversifs. Au sein des milieux anarchistes et anticapitalistes en général beaucoup de choses se sont dites au sujet des caractéristiques de l’explosion qui ne correspondaient pas à ce que font ceux qui attaquent les structures du pouvoir et que l’attaque pouvait être associée à certains secteurs de la police, des groupes d’extrême droite ou de certains soi-disant révolutionnaires qui n’auraient pas des objectifs très clairs. Aujourd’hui il y a trois personnes accusées d’être responsables qui sont détenues et un communiqué qui circule sur internet dont nous ne connaissons pas l’origine et qui revendique l’attaque.

Nous n’allons pas parler des accusés dans ce texte parce que tout d’abord nous ne voulons pas jouer aux juges, et ensuite parce que nous connaissons que trop bien les ruses de l’État et de la presse bourgeoise lorsqu’il s’agit de faire preuve d’efficacité et de contrôle dans la persécution d’un ennemi interne tout en profitant de ces situations pour justifier leur répression.

Sur les responsables et la motivation de l’attaque ça n’est toujours pas très clair pour nous, mais face au climat d’insécurité et de terreur que le pouvoir et ses médias veulent mettre en place notre réponse reste la même : nous continuons de nous diriger violemment contre le pouvoir pour l’intensification du conflit en sachant clairement qui est l’ennemi. Oui, en sachant clairement qui est l’ennemi, parce que nos ennemis sont ceux qui sont au pouvoir et leurs sbires armés prêts à assurer l’ordre, et nos attaque se dirigent contre eux. C’est pour ça que nous ne pouvons pas nous associer avec des attaques aveugles et irresponsables qui blessent des gens lambdas. Si nous comprenons bien le rôle que joue la passivité des citoyens dans la soumission et le maintient du pouvoir, nous ne pouvons mettre sur le même plan la responsabilité de l’esclave aliéné avec celle du puissant qui est le véritable responsable de l’exploitation et de l’aliénation qui en découle, sans laquelle cet ordre ne pourrait exister ni une minute de plus. Nous ne pouvons pas considérer valide une attaque contre l’autorité qui blesse des gens lambdas, et nous ne sommes pas indifférents à la souffrance, encore moins lorsqu’elle est utilisée pour favoriser le scénario d’une chasse aux sorcières de la part de l’État avec l’appui d’une partie croissante de citoyens qui croient maintenant être des cibles potentielles d’attaques.

chili2-2-a6595Mais face à ce climat d’insécurité médiatisée pour les citoyens et d’hostilité répressive pour nous, nous faisons le choix de ne pas baisser la tête et nous ne nous démarquons pas de l’usage de la violence contre l’État, le capital et ses sbires. C’est même qu’on a revendiqué cette violence, une fois de plus, en sortant dans la rue et en dressant des barricades, distribuant des tracts et lisant à voix haute un communiqué qui explique à ceux qui nous observent la raison de notre action, pour ensuite affronter les flics (qui sont arrivés en tirant des balles en plomb et de loin parce qu’ils avaient la trouille avec les molotovs qu’ils ont reçu). Que ça soit clair pour le pouvoir que malgré la situation défavorable qu’ils peuvent créer nous n’abandonnerons pas l’usage de la violence contre l’autorité, contre l’État, contre le capital, et c’est probable que le combat de rue contre ses sbires n’est qu’un petit geste (et même répétitif), mais c’est pas pour autant qu’on abandonnera nos méthodes tandis que nous nous aventurons dans la découverte d’autres méthodes qui nous rapprochent toujours plus de l’ennemi. Ça n’est que question de réflexion, patience et pratique pour que l’on arrive à être face à face.

Nous lançons un appel à la réflexion et à la pratique.
Ne reculons pas face à un climat d’hostilité !

chili4-ed47f

tract

tract

tract

tract

Traduit de contrainformate par camotazo, 27 septembre 2014

[Santiago, Chili] Le comissariat de Lo Prado à l’explosif – 11 juillet 2014

LoPradoComicoA l’aube du 11 juillet 2014, des inconnu-es ont installé un engin explosif devant un des nombreux repaires policiers qui se trouvent en ville.

Cette fois, c’est le commissariat 44 de Lo Prado, avenue San Pablo (à l’ouest de Santiago) qui a fait l’objet d’un attentat: la porte en métal de ce lieu de torture a été dégradée par l’explosion, tout comme plusieurs vitres et une partie du mur à proximité.

Des escadrons de police du LABOCAR et du GOPE se sont précipités sur les lieux afin de trouver des indices et une quelconque revendication de l’action (en vain).

Outre l’objectif des artificiers qui visaient la face la plus visible de l’autorité, l’explosion a aussi fait quelques dégâts sur une école située juste à côté.

Feu et explosions contre toute autorité !

Reformulé de leur presse via instincto salvaje

[Santiago, Chili] Attentat dans l’enceinte de la gendarmerie – 5 juin 2014

Tôt dans la matinée du 5 juin 2014 à Santiago, un engin explosif a été déposé à proximité d’un poste de gendarmerie, situé au carrefour de la rue Tocornal et de la rue Matta. Les fenêtres et la porte blindée du centre de réinsertion des prisonniers, qui se trouve en face de l’école de gendarmerie, ont été soufflées par l’explosion.

Cet attentat arrive au moment on se remémore les cinq ans de la mort du compagnon Mauricio Morales, qui est décédé accidentellement le 22 mai 2009 en transportant un engin explosif vers cette même école de gendarmerie.

L’attentat n’a pas été revendiqué.

Via contrainformate

[Le premier mai à travers le monde] Journée de sabotage et d’actions directes contre ce monde de merde

MayDaySeattleCet après-midi du jour du 1er mai à Seattle, une banderole « Raise the minimum rage (A) » a été suspendue dans la quartier très fréquenté du Capitol Hill. Des tracts détaillant l’histoire et la signification du 1er mai ainsi qu’une brève analyse de la gentrification ont été distribués et jetés. Le slogan de la banderole est en référence au débat sur le potentiel réhaussement du salaire minimum à 15 dollars par heure. Un fumigène orange a aussi été allumé. Ci-dessous le texte du tract:

« Le 1er mai 1886, 40.000 travailleurs à Chicago – et un demi-million à travers les Etats-Unis font grève pour une journée de travail de 8h. La police de Chicago a frappé et tué quatres grévistes. En réponse,  un rassemblement a lieu le 4 mai à Haymarket Square. Lorsque la police a attaqué la foule, une bombe est lancée sur eux. La police a alors tiré au hasard sur la foule. Au moins quatre manifestant-es et huit policiers sont mort-es.

Huit anarchistes ont été arrêtés et reconnus coupables de l’attentat. Cinq d’entre eux ont été exécutés alors que les trois autres ont été envoyés en prison. Louis Lingg, un des cinq compagnons assassinés, a choisi de se donner la mort dans la nuit du 10 novembre.

Dans les mots du martyr de Haymarket George Engel, « Mon plus grand souhait est que les ouvriers puissent reconnaître qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis ».

Le 1er mai vit à travers ses luttes rebelles et continue de se développer cent ans plus tard. À Seattle, la lutte contre le capitalisme est aussi la lutte contre la gentrification. La gentrification est un processus social et économique qui transforme les quartiers populaires surtout noirs en zones blanches riches. Elle est rendue possible par les développeurs, les investisseurs, les propriétaires d’entreprises, les yuppies et les politiciens. L’objectif final se traduira par l’effacement de la mémoire collective, de la communauté, de la culture, l’autonomie et la capacité de vivre dans les limites même de la ville de Seattle. Unissons-nous pour lutter contre le capitalisme sous toutes ses formes ».

MayDaySeattle2Traduit de PSA, 1er mai 2014

_____________________________________________________________________________________________

A Barcelone, le cortège anticapitaliste du 1er mai est rapidement passé des mots aux actes et le centre-ville des riches a été quelque peu déformé par plus d’une centaine de manifestant-es cagoulé-es: plusieurs banques ont été attaquées, dont de nombreux distributeurs ont été mis hors-service soit par des coups sur les vitres, soit par le feu. Des commerces ont aussi été attaqués, des bennes à ordures incendiées. De luxueux établissements (commerces, hôtel) se sont fait redécorer et défoncer leurs façades:

VARIOS DETENIDOS TRAS MANIFESTACIÓN ALTERNATIVA EN BARCELONA 1ermai_Barce2 1ermai_Barce3 1ermai_Barce4 1ermai_Barce5 1ermai_Barce6 1ermai_Barce8 1ermai_Barce9 1ermai_Barce10

Durant ces attaques, un journaleux s’est fait péter son objectif par un manifestant:

1ermai_Barce7 1ermai_Barce11

Solidarité avec les quatre manifestant-es qui ont été arrêté-es.

Par ailleurs, durant cette journée, un magasin de fringues ‘Mango’ a été attaqué à la peinture rouge en réponse à sa complicité pour la mort des 1138 ouvriers du textile au Bangladesh.

Barcelone1ermai

Reformulé de leur presse, 1er mai 2014

_____________________________________________________________________________________________

À Santiago ce premier mai a été animé …

Il y avait deux parcours de manif : le parcours officiel organisé par le syndicat de la CUT et sa clique de “flics rouges”, qui passait devant le Palacio de la Moneda et un autre parcours qui avait comme destination finale la Plaza Brasil et qui était organisé par des mécontents de gauche, tout aussi avariés que la CUT, notamment des orgas mapuches, et aussi un groupe de personnes réclamant la libération de prisonniers politiques, notamment celle d’Abimael Guzman (un péruvien fils de riche qui deviendra prof de philo avant de se convertir au maoïsme et  fonder le sentier lumineux, qui provoquera un conflit armée particulièrement sanglant au Pérou dans les années 80 et début 90. Depuis 1992 ils croupit en taule. Et malheureusement au Chili il y a des benêts de gauche voire même des anars qui soutiennent le Sentier Lumineux, entre autres on peu citer une brochure sur les prisonnières du Sentier Lumineux qui a circulé parmi les anars).

Le parcours de la CUT était encadré par 350 “flics rouges”de la CUT qui se chargeaient de la sécurité de la manif, en addition aux flics officiels. Et comme des encapuchadxs ont essayé de mettre un peu d’ambiance, la “jota” (JJCC-Jeunesses Communistes) et le s.o. de la CUT ont attaqué les encapuchadxs à l’aide de bâtons … résultat : 13 des guignols de la CUT ou de la jota ont été blessés, certains par des molotovs … est-ce que ça les rendra moins cons et autoritaires ? Certainement pas, mais au moins ça fait plaisir de savoir que les molotovs touchent les bonnes cibles. Neuf flics ont également été blessés et 4 motos de flics cramées. Et il y a malheureusement eu 43 arrestations.

À noter que la CUT et le PC sont de vieux habitués de la répression. En 2013 pour le premier mai ces misérables individus s’en étaient donner à cœur joie pour tabasser des encapuchadxs isolés.

Du côté du parcours des mécontents ça a beaucoup bougé sur la place Brasil, avec des affrontements dans les rues avoisinantes et une grosse répression. Des agents de la PDI (Police d’enquête) étaient postés à des fenêtres et balcons de leur bâtiment qui s’était fait attaquer, situé sur la place, et tiraient avec des balles en caoutchouc sur tout ce qui bougeait. On peut en avoir un aperçu ici.

À Chicago le premier mai était très différent. Il faut déjà savoir que le premier mai n’est pas férié en Amérique du Nord et n’est pas la fête des travailleurs.

Il y a cependant eu une petite manif dans le centre ville, partant du lieu d’origine des évènements de Haymarket. Cependant c’est avec regret qu’on peut constater que des organisation réformistes de défense de migrants se sont accaparées cette fête. L’ICIRR (la coalition de l’illinois pour les droits des immigrants et réfugiés, dont le directeur est membre du PRI, le parti de l’actuel président méxicain) dont les membres étaient vêtus de gilets jaunes avec le nom de leur asso, tenait le rôle de service d’ordre et donc aussi de balance lorsque des anars criaient un peu trop à leur goût. Grâce à ces collabos une personne a été arrêtée afin que “leur” manif, qui avait débuté par des discours réformistes et la Marseillaise comme musique (ça n’est pas une blague), puisse continuer son petit bonhomme de chemin au milieu de slogans pourris et réformards en espagnol et en anglais, le tout sous l’oeil de 3 hélicoptères et d’un nombre incalculable de flics à vélo, à pied et à voiture (les chevaux étaient sur place mais ne sont pas sortis de leurs camions).

Les discours faits à la fin de la manif ont été la cerise sur le gâteau. Que des intervenants apparentés à l’ICIRR ou à des églises, un pasteur a même fait son petit discours. Tous les discours allaient dans le même sens :
– Obama est un vilain menteur, depuis qu’il est président il y a eu 2 millions de personnes déportées alors qu’il avait promis d’être gentil avec les immigrés
– les immigrés méxicains qui sont des bons et vaillants travailleurs, de bons chrétiens et qui ne sont pas des criminels, méritent de rester sur le territoire étatsunien
– l’éternel appel à la Justice
– une emphase sur le sort des enfants immigrés (avec des personnes qui pleuraient presque en parlant au micro)

On peut rajouter que dans les discours y a eu pas mal d’autres trucs craignoss (“grâce à Obama les noirs ont plus de droits et nous les méxicains on a rien”), et que c’est quand même assez bizarre de revendiquer des droits pour les immigrés mais de ne parler que des méxicains, alors qu’il y a tout un tas d’autres personnes qui émigrent aux États-Unis (y avait plusieurs drapeaux méxicains dans la manif, et parfois des drapeaux étatsuniens couplés à des drapeaux méxicains).
C’est aussi curieux de ne pas parler des dernières grèves de la faim dans les centres de rétention à travers le pays, et de ne pas manifester devant le centre de rétention de Tricounty plutôt que de se promener dans le centre ville de Chicago.

Et c’est surtout très étrange que cette asso n’ait pas trouvé un autre jour parmi les 364 qu’il reste dans l’année pour déverser son discours réformard dans la rue. C’est d’autant plus navrant de voir que les anars les aient laissé s’accaparer et détourner une telle célébration.
Le premier mai est censé commémorer les évènements de Haymarket, qui ont eu lieu dans un contexte de lutte pour de meilleures conditions de travail (entre autres choses la journée de 8 heures), et qui ont valu la pendaison de 4 anarchistes. Dans de nombreux pays c’est la journée des travailleurs, ou des exploités, d’accord, mais de tous, peu importe leur couleur, leur religion, leur pays d’origine, ou n’importe quelle case à laquelle ils s’identifient.

Avec cet exemple on voit encore une fois que tout est prétexte à la classification et séparation des individus aux États-Unis. On voit aussi, avec l’exemple du premier mai à Santiago et celui de Chicago, que ça ne gêne pas les charognards anti-anarchistes de s’accaparer un évènement qui représente tout ce qu’ils détestent. Et il semble que même à Paris une clique d’autoritaires a voulu faire régner l’ordre et la tranquillité. On peut du coup se demander si tous ces énergumènes savent qu’à Haymarket le 4 mai 1886 une bombe a été balancée sur les flics qui réprimaient la foule de manifestants, provocant la mort de 7 policiers (certains tués après coup lorsque dans la panique ils ont commencé à tirer dans tous les sens, touchant leurs collègues au passage) …

Reformulé de leur presse par camotazo

_________________________________________________________________________________________________

A Turin en Italie, de nombreux manifestant-es No TAV étaient présents dans la manif: des affrontements sporadiques avec les flics ont eu lieu durant tout le long du parcours, notamment lorsque des dirigeants du Parti Démocrate se trouvaient à proximité du parcours, protégés par des cordons de flics antiémeute.  A travers la presse, sept flics disent avoir été blessés et quatre manifestants anarchistes ont été arrêtés.

1ermai_Turin

Deux crapules du PD (tout est dit dans leur regard)

Deux crapules du PD (tout est dit dans leur regard)

______________________________________________________________________________________

A Istanbul et à Ankara en Turquie, des manifestant-es se sont affronté-es avec les forces de l’ordre. 40.000 flics ont été déployés à proximité de la place Taksim d’Istanbul pour empêcher la tenue de la manifestation. Au moins 140 personnes ont été arrêtées.

____________________________________________________________________________________________

A Paris lors du passage du cortège anticapitaliste et anarchiste dans la matinée à Belleville, plusieurs banques se sont faits péter leurs vitrines, notamment celles du Crédit Lyonnais. La façade d’un supermarché Monoprix s’est littéralement écroulée sous l’assaut de compagnons-nes. Un flic connu de la DCRI s’est fait rosser par les manifestant-es, mais est parvenu à sauver sa face grâce à la collaboration du SO de la CNT. Une bureaucrate de la CNT a gueulé que la manif ne « pourra pas continuer dans ce climat de violence extrême » (sic!). Encore un peu et il appelait à balancer les compagnon-nes. Il y a eu aussi une tentative d’autoréduc’ du Franprix sur le chemin avant d’arriver à Belleville. 

Le compte-rendu complet sur paris-luttes.info

___________________________________________________________________________________________

à Berlin

à Berlin

[Santiago, Chili] Pour un 8 mars noir

Communiqué pour la journée des femmes

NdT : Cette année la manifestation pour la journée des femmes à Santiago a eu lieu le vendredi 7 mars. Il y a eu des arrestations à la fin de la manif au niveau du parc Almagro à la suite de quelques échanges “chaleureux” entre manifestant-e-s et flics. À ce moment là de la fête des cocktails ont été lancés sur les locaux de l’Université Central (ou bien sur les flics postés juste devant) et une salle a été endommagée par le feu.
La manifestation de la Journée des femmes est  en général la première grosse manif de l’année (les vacances d’été viennent de se terminer au Chili). En 2013 à cette même manifestation un flic gradé avait été la cible d’attaques, et des flics a moto avaient échappé de peu à la grillade. (voir vidéo)
Il ne faut pas oublier que l’avortement est pénalisé au Chili, ce qui veut dire que l’État met en taule des femmes pour avoir avorté, ce qui donne une autre dimension à cette journée et à la lutte des femmes en général dans cette région.

claudia-presente

Aujourd’hui nous voulons faire bien comprendre que nous ne faisons pas partie de la célébration que la démocratie a crée pour cacher les conflits sociaux qui nous affectent tous/toutes, une lutte annulée par la création de stéréotypes de féminité et de masculinité qui vendent une promesse vide d’indépendance et de liberté individuelle, qui victimise et criminalise et annule la diversité sexuelle.

Le pouvoir et ses laquais se chargent d’uniformiser les styles de vie au travers de lois, publicités et la morale, stigmatisant ceux qui ne sont pas dans les paramètres sociaux de “normalité”.

Le patriarcat a crée la figure de l’homme froid, supérieur, pilier économique, fort, protecteur …, ainsi que la figure de la femme soumise, tendre, dévouée …, nous transformant depuis petits en esclaves d’habitudes que nous n’avons jamais voulu prendre et qui nous empêchent de nous développer pleinement comme personnes.

Le machisme ne se terminera pas en offrant des fleurs un jour, ni avec les femmes changeant de classe en accédant au pouvoir, parce que la structure sociale continue de se reproduire de toute façon. La destruction du pouvoir, de toute autorité qui nous réprime dans n’importe quel milieu de vie et la compréhension de notre condition de classe sont des aspects fondamentaux pour affronter ensemble cette lutte, sans tomber dans le jeu des fausses libérations et stéréotypes que vend l’État et le Capital.

Pour un 8 Mars Noir.
Contre toute autorité. Autogestion et Guerre Sociale.

Colectivo Lucha Revolucionaria

camotazo-almagro 1798117_1444439055793173_2055671011_n 7-de-marzo-Santiago-2014

Traduit de controinformate par camotazo

[Santiago, Chili] Arrestation d’une compagnonne accusée d’avoir tiré sur un garde

Le 21 janvier au matin une silhouette vêtue de noir entre dans la succursale de la Banco Estado sur la Alameda au niveau de Las Rejas. Elle tire quatre coups sur le corps de Ronaldo Vargas Fuentes, garde para-policier qui a décidé de consacrer sa vie à la protection des richesses et accumulations des puissants. La compagnonne crie “Vengeance !”

À la suite des coups de feu la compagnonne laisse le revolver avec lequel elle est entrée, prend celui du garde et s’échappe du secteur en vélo.

De son côté le misérable garde a pu être soigné, se sauvant de l’attaque.

D’autre part, selon la presse et la police, la compagnonne Tamara Sol Farías Vergara a été arrêtée alors qu’elle se rendait à un commissariat pour laisser une preuve pour vol de vélo lorsque la police a décidé de fouiller le sac qu’elle portait. Elle a résisté et a essayé d’attraper le revolver et les policiers ont réussi à la maîtriser. Au commissariat elle a refusé de collaborer et de donner son identité.

Nous rappelons que le compagnon Sebastián Oversluij a été abattu cela fait déjà plus d’un mois par un misérable garde de la Banco Estado à Pudahuel à la suite d’un braquage raté.

La comparution de la compagnonne devant les tribunaux d’(in)justice était à 11h ce mercredi 22. Apparemment elle comparait pour les délits de “vol qualifié” (le revolver du garde) et “tentative d’homicide”. Toute notre tendresse anarchiste et solidaire pour elle, et pour sa famille*, qui s’est toujours caractérisée par une belle dignité rebelle : nous sommes avec elle, nous sommes avec vous !

Solidarité immédiate avec la compagnonne Sol !!

Nous ne laisserons pas de place au cirque médiatique, aux vautours charognards, aux campagnes de terreur des puissants ni aux fantaisies des procureurs : Solidarité, maintenant !

* elle est la nièce des frères Vergara, dont l’assassinat a donné naissance au jour du jeune combattant

Traduit de l’espagnol de Publicación Refractario par Camotazo

Mise à jour :

la compagnonne a été accusée de “vol qualifié, et placée en prison préventive. Avant et après sa comparution il y a eu quelques échanges entre les ami-e-s de la compagnonne et les flics devant le tribunal. Au moins une personne a été arrêtée après que les personnes venues en soutien pour la compagnonne aient attaqué la presse à la sortie du tribunal.

[Chili] Un compagnon emprisonné pour tentative d’homicide sur un carabinier – Santiago, 20 décembre 2013

Vendredi 20 décembre à 23h40, un groupe d’environ 20 personnes masquées a réalisé un cortège de rue depuis l’Université de Santiago (USACH), plus précisément au carrefour des rues Matuncana et Romero. Quand la police a commencé à se déplier, un groupe s’est dirigé vers l’entrée principale de l’université, au coin des rues Alameda et Matucana d’où, en plus de bloquer la rue principale, une série de cocktails molotov ont été lancés contre le sapin qui est placé tous les ans à la station Mall Paseo.

2012Santiago

L’action a été revendiquée comme une attaque contre la consommation massive déclenchée par les dites « fêtes de fin d’année ». De plus, des prisonnier-e-s politiques [1] et compagnon-ne-s tombé-e-s au combat, dont Sebastián Oversluij*, ont été mentionné-e-s.

C’est pendant cette agitation qu’une équipe des Forces Spéciales des Carabiniers s’est jetée sur les personnes masquées, arrivant à en arrêter neuf.

Le jour suivant, aux environs de 14h et dans une salle pleine de policiers (dont six en uniforme) et de journalistes, les neuf compagnon-ne-s (dont la plupart de 19 ans) ont été inculpé-e-s pour désordres graves. Ils ont été défendu-e-s par les membres de la Défense Populaire Washington Lizana et María Rivera. Tou-te-s ont été libéré-e-s avec l’obligation de pointer chez les flics tous les quinze jours, sauf le compagnon Felipe Adasme Troncoso, étudiant en chimie de 19 ans à l’USACH.

Felipe a été inculpé pour désordres graves, infraction à la Loi des Armes et Explosifs (pour le présumé port de douze cocktails molotov et d’un couteau) et pour tentative d’homicide sur un carabinier. Selon les déclarations des flics, Felipe, lors de son arrestation, aurait poignardé le misérable des Forces Spéciales qui tentait de le soumettre et en a retiré de légères blessures.

A cause de cela, Felipe a été placé en détention préventive pour la durée de l’investigation.

Solidarité avec les prisonnier-e-s de la lutte de rue
Liberté pour les prisonnier-e-s du 11 septembre à Villa Francia**
Les prisonnier-e-s dans la rue !

Traduit de contrainfo par non-fides.fr, 23 décembre 2013

NdNF: Nous récusons bien évidemment cette expression de « prisonnier politique », qui ne fait qu’exprimer un manque d’analyse des mécanismes sociaux de ceux qui l’emploient, notamment en créant des séparations que nous aurions préféré au pouvoir.

*Lire à ce sujet deux articles ici et

Par ailleurs, des actions solidaires se sont déroulées à Santiago, la veille de cette attaque de l’arbre de Noël.

**On peut aller consulter des infos à propos de ce coup répressif sur camotazo

[Chili] Un compagnon tué lors d’une expropriation de banque – Santiago, 11 décembre 2013

L’expropriation d’une banque finit avec un compagnon mort, deux compagnons arrêtés et un fugitif

Hier (11.12.13) aux alentours de 9h30, Sebastián Oversluij Seguel (26 ans) a été abattu par balles quand avec d’autres compagnons ils s’apprêtaient à braquer une succursale de la Banco Estado de l’Avenue la Estrella dans la commune de Pudahuel. Sebastian est mort sous les tirs du laquais qui protégeait l’enceinte de la banque, il a reçu au moins 6 balles.

Deux autres compagnons ont été arrêtés aux environs du lieu, les compagnons Alfonso Alvial (27 ans) et Hermes González (25 ans). Les compagnons arrêtés sont passés aujourd’hui par le Contrôle des arrestations [1] au centre d’injustice chilien à 16h le 12/12/13. Durant la nuit, plusieurs lieux ont été perquisitionnés, dont la maison où vivaient les parents du compa Sebastian.

En plus de ces faits, ils veulent relier les deux compagnons arrêtés à d’autres vols réalisés cette année dans le même lieu et à d’autres actions à caractère politique, car ils ont été arrêtés dans quelques activités de rue en soutien aux compas qui ont été ces derniers temps impliqués dans la procédure judiciaire connue sous le nom de « Caso bombas ».

Le soutien à nos compagnons est total, nous pouvons comprendre le terrible moment que vont passer les proches qui les entourent. Nous avons l’audace d’informer nos compagnons du monde sur cette nouvelle.

Que la solidarité et l’action antiautoritaire embrassent ces compagnons.
Nous sommes ensemble pour ça !

Compagnon Sebastián Oversluij Seguel présent !

Les compas Hermes et Alfonso dans la rue

[Traduit de l’espagnol de Vivalaanarquía par non-fides.fr]

Notes

[1] Au Chili, le Contrôle des arrestations est une audience par laquelle passent toutes les personnes arrêtées avant que se soient écoulées 24h, où un juge vérifie la légalité de l’arrestation, que les inculpés ont été informés de leurs droits et que ceux-ci sont respectés.

_________________________________________________________________________________________________________________

Décembre noir : un compagnon tué lors d’une expropriation à Santiago

1-Lorsque les jeunes prolétaires des poblaciones de la périphérie métropolitaine baissent la tête et se résignent à être de la main d’œuvre pas chère, ça n’attire pas l’attention du Pouvoir. On les contrôle avec la normativité du travail (lorsque le travail est plus ou moins formel), et/ou on les voit comme objet de certaines politiques sociales qui mélangent le contrôle avec l’aumône.

Lorsqu’ils s’adonnent à la délinquance économique sans valeur pour subsister, et deviennent pickpocket, ou micro-trafiquants ou n’importe laquelle de ces variétés de la dite “délinquance commune”, on répond par la police, le Code Pénal et la prison.

Lorsque des jeunes qui viennent de ces même secteurs, structurellement marginalisés par le capitalisme de notre temps, acquièrent une certaine conscience de classe, lorsqu’ils se rebellent contre l’exploitation avec des armes à la main, ils seront toujours taxés de “terroristes”. Eux ! Lorsqu’ils n’ont rien fait d’autre que réagir avec la plus grande dignité humaine possible face aux conditions historiquement accumulées de violence de classe administrée depuis en haut par les vrais terroristes.

Mais parmi toutes les images qui obsèdent les bourgeois et leur fidèles sujets, il y a la figure du jeune anarchiste et/ou subversif qui ose entrer les armes à la main dans le temple de l’argent, sur le territoire où l’humanité donne son tribut au Dieu Argent, pour exproprier les expropriateurs, fuyant ainsi de l’obligation du travail salarié. La meute de citoyens en devient aphone à force de crier : Délinquants ! Antisociaux ! Tuez-les tous ! Qu’ils pourrissent en prison !

Bien sûr, lorsque l’un des principaux délinquants antisociaux du pays, le président actuel, Piraña, volait des banques il avait la possibilité de par son appartenance sociale de les voler de l’intérieur (vous vous souvenez de la Banque de Talca ?*)

Lorsque ses délinquants à gages recrutés dans la police, l’armée et les entreprises privées de sécurité (grosse source de profit menée par plusieurs ex-agents de sécurité de l’État), tuent par balles de jeunes prolétaires il n’y a pour eux aucune violence, mais un acte de justice et du professionnalisme.

Ainsi les choses sont plus que claires, et ceux qui proclament que nous nous trouvons au milieu d’une guerre sociale implacable et ouverte ne se trompent pas le moins du monde.

2- Les journalistes-policiers, dans une alliance si profonde qu’ils ont fait entre emol/La tercera/etc et l’ANI (Agence Nationale d’Intelligence) et la DIPOLCAR (Direction d’Intelligence de Carabiniers du Chili), sont dans une campagne ouverte pour confirmer toutes les thèses qui avaient été rejetées sur leur propre terrain (légal/judiciaire) à l’occasion du dit “Caso Bombas”.

À partir de maintenant, chaque fois que la répression tombera sur des compagnon-ne-s, on dira “qu’il y avait eu des recherches sur eux dans le cadre du Caso Bombas” (ce qui n’est pas très difficile étant donné la quantité et variété de personnes et milieux à avoir été sous le coup d’enquêtes dans le cadre de ces années d’activité du procureur et de la police) et/ou qu’ils “ont des liens avec des groupes anti-système” (comme s’il n’y avait pas de même des “liens” politiques et sociaux entre patrons, oppresseurs, journalistes et membres de la classe politique).

C’est une époque violente, qui ne se terminera pas en se prenant la main dans un rassemblement pacifique, mais en appliquant plus de violence et mieux axée contre l’ennemi là où ça fait le plus mal. Comme l’a dit quelqu’un il y a un demi-siècle : nous devons illuminer le secteur qui doit être détruit. Et cette destruction doit pointer précisément le cœur de l’exploitation et de la domination sous toutes ses formes.

3- Je ne te connaissais pas beaucoup, Sebastián. Mais suffisamment pour que ta mort laisse en moi une sensation amère et triste, qui m’amène à me souvenir des différents moments où j’ai pu te voir vivre et lutter : mégaphone à la bouche. Instruments dans les mains. Rythme et mots découlant pour renforcer notre position dans le conflit contre le Vieux Monde. Avec un cœur sensible et fort dont j’entends encore les battements à ce moment précis.

C’est un mercenaire qui t’a tué, un pion payé pour ça, qui à l’évidence est montré en héros par les journalistes/policiers qui s’appliquent à approfondir l’abrutissement massif sans lequel cette civilisation de merde ne fonctionnerait pas une minute de plus. Des déclassés comme celui-ci, qui tuent et meurent pour défendre le sale symbole que ce monde absurde nous oblige à avoir besoin y compris pour pouvoir nous déplacer dans la ville et respirer, l’argent. Ce ne sont que des morceaux de merde humaine flottant dans la mer de la domination étatique et capitaliste.

Ils seront balayés avec tout ce qu’ils défendent, et ce n’est qu’à ce moment là que l’on pourra dire : nous avons vengé notre frère, et tous nos prédécesseurs qui ont donné leur vie dans la lutte pour la libération totale !

* En 1982 Piñera a trempé dans une affaire de fraude de la Banque Talca

Traduit de l’espagnol d’hommodolars par camotazo

Compañero  Sebastián Oversluij ! Presente !

[Chili] Emeutes partout lors du 40ème anniversaire du coup d’Etat de Pinochet – 11 septembre 2013

Voici une reformulation rapide de ce qui a pu être raconté dans la presse chilienne à propos des manifestations de commémoration du coup d’Etat de Pinochet en 1973 dans de nombreuses villes chiliennes:

  • A Valparaiso et Vina del Mar:

Vers 22h, des encapuchados affrontent  la police devant l’université Playa Ancha, après avoir bloqué le trafic en montant des barricades. De grands axes routiers sont coupés dans la région de Paso Hondo et les rues du quartier de l’Université Technique Federico Santa María sont en proie aux flammes de plusieurs barricades.

Dans le secteur de la vallée de l’Aconcagua, le sous-préfet de police, Francisco Castro, s’est fait casser le nez alors qu’il participait à un contrôle en compagnie de képis de la municipalité de San Felipe. Deux barricades à San Felipe, neufs dans les Andes… Et six interpellations au total dans la région.

  • A Concepcion:

Vers 20h sur l’Avenida 21 de Mayo, plusieurs barricades bloquent la circulation. Trois heures plus tard, des combats de rues ont lieu à Cerro La Pólvora. Un groupe d’encapuchados s’attaquent à plusieurs banques (mais d’après la presse, la banque ‘Edwards’ a été la plus touchée).

foto_0000002120130911181831

Vers 01h30, un magasin de l‘avenida Manuel Rodriguez se fait piller (il s’agirait du magasin alimentaire ‘ Super Pollo‘). Peu avant 03h, un groupe de manifestants balance tout ce qu’ils ont à portée de main sur les keufs et journalistes. Il y aurait eu 15 arrestations dans la soirée, selon un chef de police.

  • A Valdivia:

La presse rapporte que les flics sont intervenus en catastrophe pour empêcher le pillage d’un supermarché ‘Unimarc‘ situé dans la rue René Schneider.

  • A Santiago:

Un chef de police, Rodolpho Pacheco, a été touché par un cocktail molotov à Cerro Navia: souffrant d’un « traumatisme crânien », il a dû être immédiatement transporté aux urgences par hélico.

Le keuf sur son lit d'hôpital

Le keuf sur son lit d’hôpital

Dans les rues Salomón Sack et Soberanía, un supermarché ‘Unimarc‘ a été pillé et incendié: l’intervention rapide des pelotons de flics et de pompiers a écourté l’expropriation incendiaire.

foto_0000004020130911181831

De nombreux quartiers de Santiago (Quilicura, La Platina, Conchalf, Renca et San Miguel) ont été plongés dans le noir total après des actes de sabotage: au total, plus de 104.000 personnes ont été privées d’électricité dans près de 18 communes selon Chilectra.

Sinon, trois bus de TranSantiago ont été crâmés entièrement dans divers secteurs de la ville, ainsi que sept minibus. L’incendie d’un bus situé dans le quartier de Lo Prado s’est propagé à un supermarché. Des barricades enflammées illuminaient les rues de nombreux quartiers.

a-uno-287840 14-14

Des banques ont été attaquées, dont la banque d’Etat de l’avenue San Pablo (Lo Prado):

AveSanPabloBarrioLoPrado

Au final, 32 personnes ont été arrêtées, 13 flics auraient eu de graves blessures (comprenant également plusieurs tirs d’armes à feu, dont des tirs de chevrotine).

Il y aurait 68 personnes toujours détenues sur les 264 arrêtées dans l’ensemble du pays. Dans la nuit du 10 au 11 septembre, les flics ont procédé à près de 1.414 contrôles d’identité et 3.070 contrôles de véhicules.

7-59 1-234 a-uno-287820 resize (1) resize (4) 2-199 resize (5)

Ci-dessous la dépêche AFP (12/09/2013, 14h42):

Chili : 42 policiers blessés, 264 manifestants arrêtés après de violents heurts

Quarante-deux policiers ont été blessés et 264 personnes arrêtées lors des violentes manifestations qui ont marqué, dans la nuit de mercredi à jeudi à Santiago, la commémoration du coup d’Etat contre Salvador Allende il y a 40 ans, selon un bilan officiel.

Ce bilan, publié jeudi, ne précise pas le nombre de manifestants blessés durant ces heurts qui se sont produits dans la périphérie de la capitale chilienne.

Parmi les policiers blessés, six ont été grièvement atteints par balles ou par des jets d’acide, a dit le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Andrés Chadwick.

Le chef de la police de la région de Santiago, le général Rodolfo Pacheco, figure parmi les blessés et souffre d’un « traumatisme cérébral » après avoir été touché par un cocktail Molotov.

Le ministre a ajouté que 264 manifestants avaient été arrêtés.

Trois autobus et sept minibus ont d’autre part été incendiés en plus de cinq voitures particulières dans ces violences qui avaient commencé en début de journée mercredi.

Afin de limiter les débordements, récurrents à cette date anniversaire, les autorités avaient mis en place un plan spécial comprenant le déploiement de 8.000 policiers supplémentaires dans la capitale.

Des incidents se sont également produits dans les villes de Valparaíso (120 km à l’ouest de Santiago) et Concepción (500 km au sud).

Le pays commémorait mercredi le renversement, le 11 septembre 1973, du président socialiste Salvador Allende par le général Augusto Pinochet.

La dictature militaire (1973-1990) a fait 3.200 morts et disparus alors que 38.000 personnes ont été détenues et torturées.

[Chili] Journée de blocages routiers et de désordres incendiaires à Santiago – 11 juillet 2013

Chili: grève et manifestations à l’appel des syndicats et étudiants

Des milliers de manifestants ont défilé jeudi dans les rues de Santiago du Chili pour réclamer de meilleures conditions de travail, dans le cadre d’une mobilisation nationale à quatre mois de l’élection présidentielle.2975023_641d513fd74b35f6aaaad05636161df62d9b3c8c_640x280

Des barricades incendiées et des blocages de sites miniers ont marqué le début d’une journée de grève convoquée par le principal syndicat du pays, soutenu par de nombreux secteurs, comme les étudiants.

Les revendications portent notamment sur une réforme du code du travail, une amélioration du salaire minimum (à 490 dollars par mois contre 380 actuellement) et un remplacement du système des retraites privé par un système public cofinancé par les salariés et les employeurs.

A l’appel de la Centrale syndicale unitaire des travailleurs (CUT), soutenue par les étudiants, une dizaine de barrages ont été dressés jeudi matin sur divers accès à Santiago, provoquant des embouteillages à l’heure de pointe, selon la police.

« De l’avis du gouvernement, les raisons aujourd’hui pour faire grève dans le pays sont inexistantes », a déclaré pour sa part dans une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Andrés Chadwick.

Il a précisé qu’à la mi-journée 26 personnes avaient été interpellées pour des désordres.

Selon l’Association nationale des employés des impôts, 90% des fonctionnaires syndiqués dans cette branche ont observé le mouvement de grève.

Au petit jour, aux abords de la Gare centrale, un groupe s’en est pris à un autobus qui a été incendié après en avoir fait descendre les passagers. De nombreuses forces de l’ordre ont été déployées dans la capitale.

3439252_3_3b9d_des-heurts-ont-oppose-manifestants-et_e63983fc8c5e27a8bcb4ff0eefc23a63

Les accès aux principaux sites miniers de la compagnie publique Codelco, plus important producteur de cuivre au monde, ont également été bloqués, selon les syndicats des travailleurs du cuivre.

Sur son compte Twitter, l’entreprise a assuré que « malgré des problèmes d’accès, tous les sites travaillent normalement », à part un, où le premier quart a été retardé.

Cette nouvelle journée de manifestations intervient à quatre mois de l’élection présidentielle du 17 novembre, dans un climat de mobilisations récurrentes du secteur étudiant en faveur d’un système éducatif gratuit et de qualité en replacement de l’actuel, cher et inégalitaire, hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

L’appel à la grève nationale a été relayé également par les employés du fisc, de l’état civil, des crèches, des douanes ou encore de l’aviation civile.
L’aéroport de Santiago fonctionnait toutefois normalement jeudi matin, et les majorités des commerces de la capitale étaient ouverts.

Leur presse – LeParisien.fr (AFP), 11/07/2013 à 21h42

Selon la presse chilienne,

  • Entre 30.000 (selon la police) et 150.000 personnes  (syndicats) ont pris les rues à Santiago,
  • 37 personnes ont été arrêtées sur l’ensemble de cette journée,
  • 6 policiers ont été blessées dont un a une grave fracture au pied,
  • 12 foyers d’incendies ont été recensés par les autorités.

En début de matinée vers 7h00, des petits groupes d’encapuchados ont provoqué des perturbations dans plusieurs secteurs de la capitale, monté des barricades de pneus enflammés à travers les rues, ce qui a bloqué le trafic. Un bus a également été incendié.

Pris de latercera.com & noticias.terra.cl, 11/07/2013

Quelques photos de cette journée de lutte:

auno270277 auno270278 auno270295 auno270296 auno270298 auno270299 auno270304 auno270305 auno270307

Photos prises de noticias.terra.cl, 11/07/2013