Archives du mot-clé Seine-Saint-Denis

[Saint-Denis, 93] Attaque du centre de recrutement de l’armée

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, nous avons fracassé les vitres du centre de recrutement* de l’armée, rue Gabriel Péri.

Tous les pouvoirs sont assassins. Nous ne ferons pas leurs guerres, nous ne les laisserons pas en paix.

Guerre sociale pour la liberté !

des déserteurs belliqueux

* Le plus important d’Ile-de-France en terme de recrues.

Publié sur indymedia nantes,

[Les Lilas, 93] Attaque d’un poste de police municipale – Nuit du 29 au 30 janvier 2014

[Les Lilas (93)] des rhinocéros attaquent un comico

Dans la nuit du 29 au 30 janvier, après nous être échappés du zoo et en réponse à l’insupportable présence quotidienne de la volaille en uniforme, nous avons foncé toutes cornes devant contre les fenêtres et la porte vitrée d’un poulailler municipal rue George Pompidou derrière la mairie des Lilas.

Au préalable, à l’aide d’un simple prospectus imbibé d’eau, nous avions obstrué la caméra de l’interphone.

C’est tellement facile d’attaquer !

Attaquons les gardiens du zoo humain !

Le gang des rhinos véners

Indymedia nantes, 31 janvier 2014

Le comico d’Aubervilliers visé par des cocktails molotov – 30 octobre 2013

Aubervilliers : le commissariat visé par des cocktails Molotov

Mercredi soir, vers 21 h 30, deux engins incendiaires ont été lancés contre les grilles du parking du commissariat d’Aubervilliers. Les bouteilles contenaient bien de l’essence et les mèches étaient en flammes, mais les cocktails Molotov n’ont pas explosé. Ils n’ont donc causé aucun dégât. Alertés par le bruit, les policiers sont immédiatement sortis du bâtiment. Ils ont aperçu un homme cagoulé et ganté qui prenait la fuite.

Leur presse de l’ordre – LeParisien.fr (N.P), 31/10/2013 à 17h06

[Villemomble, 93/Flics porcs assassins] Eborgnée par un tir de flashball – Soirée du 25 juin 2013

Villemomble : une femme perd un oeil après le tir de flash-ball d’un policier

fpaUne mère de famille a été grièvement blessée à l’oeil mardi soir, après une opération de police qui a dégénéré à Villemomble (Seine-Saint-Denis), dans la cité de la Sablière.

Vers 20 heures, une patrouille de police a été alertée par la conduite acrobatique et dangereuses de pilotes de deux roues.

Tous circulaient sans casque et dans un secteur très fréquenté. A l’arrivée de la police, ils sont parvenus à s’enfuir, sauf l’un d’eux qui a chuté au sol, facilitant son interpellation, rue Decauville.

Mais cette arrestation a été perturbée par l’interposition de jeunes qui ont encerclé les fonctionnaires. Profitant de la diversion, le motard accidenté a réussi à s’échapper. La police est parvenue malgré tout à arrêter l’un des assaillants. C’est alors que le frère de ce dernier est intervenu à son tour. Une confusion qui a fait monter la fièvre dans la cité. Une cinquantaine de personnes se sont massées autour des policiers qui ont fait usage de leur flash ball et de gaz lacrymogène. L’un des projectiles a atteint une femme au visage. Il s’agirait de la mère des deux frères interpellés. Transportée à l’hôpital parisien des Quinze-Vingts, elle a perdu son oeil.

Les forces de l’ordre débordées

Débordées, les forces de l’ordre ont appellé des renforts. Vingt-cinq équipages (une soixantaine de policiers) ont convergé vers la rue Decauville, où la tension est encore montée. Des jets de pierre ont accueilli les renforts. Trois policiers ont été légèrement blessés et un véhicule endommagé.

Dans le quartier de la Sablière, le calme n’est pas revenu tout de suite. Deux véhicules seront incendiés dans la soirée. La tension ne retombera qu’à 1 heure du matin.

Ce mercredi, l’inspection générale des services (IGS), la police des polices, a été chargée de faire la lumière sur cette nuit de violences. Elle a commencé par entendre les deux frères, dont la garde à vue a été prolongée. Elle devrait poursuivre ses investigations en auditionnant les policiers et les témoins impliqués dans l’émeute. Parmi, eux un conseiller municipal, incommodé par les gaz lacrymogènes.

Patrice Calmejane, député maire UMP de Villemomble, s’est ému de ce lourd bilan : «Il est possible que l’ampleur de l’attroupement ait surpris les forces de police. Leur intervention a peut-être été disproportionnée», concède-t-il. Pour ramener la sérénité, les autorités ont jugé plus prudent de ne pas positionner des forces de police dans le quartier cette nuit.

Villemomble : pris pour un policier, un enseignant se fait agresser

Un enseignant a déposé plainte ce mercredi, après avoir été agressé dans la cité des Marnaudes, à Villemomble. Ce professeur surveillait des épreuves du Brevet des collèges, dans un établissement du secteur. A la pause déjeuner, il est sorti et c’est à son retour au collège qu’il a croisé plusieurs jeunes qui pensaient manifestement qu’il était policier, d’après ce qu’ils lui ont dit. Lui s’en est défendu, assurant être enseignant. Il n’a pas pour autant évité les coups. Il s’est fait dérober de l’argent. Il a pu prévenir les secours.

Cette agression intervient dans le quartier où l’opération de police avait dégénéré la veille.

Leur presse bleue-marine – LeParisien.fr (Nathalie Revenu & Carole Sterlé), 27/06/2013 à 06h22

[Seine-Saint-Denis] Ni justice ni paix

Ni justice ni paix !

 Une semaine après l’assassinat d’un camarade à Paris par des fascistes, une semaine après la très démocratique rafle policière de Barbès…

…le distributeur de billets d’une banque a cramé à Montreuil (93), la vitre de la section PS du Pré-St Gervais (93) a été transpercée sous les coups, le QG du Front de Gauche situé aux Lilas (93) a été entièrement recouvert de tags. Sur les deux locaux et les murs du quartier, on pouvait notamment lire : « Charognards », « ni 6e République, ni fascisme : révolution ! ».

(to be continued…)

Ni démocratie, ni fascisme !

A bas l’Etat et le capital !

Sourcenantes.indymedia.org, 15 juin 2013 à 20h

[Saint-Denis] Manifestation contre le Forum Européen pour la Sécurité Urbaine : le 12 décembre 2012 à 19h00

mercredi 12 décembre 2012 à 19h Manifestation contre le Forum Européen pour la Sécurité Urbaine

Elu.e.s et expert.e.s du monde entier se réunissent pour partager les expériences et les innovations en matière de sécurité et de contrôle des populations sur les territoires. Manifestons pour s’opposer à l’idéologie sécuritaire, la stigmatisation et la destruction des quartiers, les crimes et les violences policières.

RV mercredi 12 décembre à 19h, devant la basilique de Saint-Denis (métro 13, Basilique de Saint-Denis).

« Du 12 au 14 décembre prochain se tiendra à Saint-Denis le Forum Européen sur la Sécurité Urbaine. Ce think tank d’institutions et de collectivités européennes sévit depuis 20 ans et regroupe élu.e.s et expert.e.s du monde entier pour partager les expériences et les innovations en matière de sécurité et de contrôle des populations sur les territoires, uniformisant ainsi les pratiques policières à l’échelle internationale.

Voici le lien pour vous faire une idée de leur pouvoir de nuisance : http://efus.eu/fr/

Cette année, ce sont les villes d’Aubervilliers et de Saint-Denis qui invitent ! Nous ne souhaitons pas leur laisser l’espace et la parole libres sans réagir. Nous appelons donc à une grande manifestation le mercredi 12 décembre, pour s’opposer à l’idéologie sécuritaire, la stigmatisation et la destruction des quartiers, les crimes et les violences policières. Point de rassemblement à 19h, devant la basilique de Saint-Denis (métro 13, Basilique de Saint-Denis). Toute joyeuseté sonore bienvenue! ».

Réseau RESISTONS ENSEMBLE

Reçu par mail, 30 novembre 2012

[NDdL/Les Lilas, 93] Le local du PS attaqué en solidarité avec la ZAD

Les vitres du local PS explosées

Les Lilas (93), nuit du 18 au 19 novembre 2012, les vitres du local PS ont toutes été explosées. Deux tags sont apparus : « Nique tous les pouvoirs » « Z ».

Le SIT aura beau nous courir après, nous marcherons tranquillement.

Revenge for the ZAD, attaquons là où ils ne nous attendent pas.
Détruisons tout ce qui nous détruit !

Avec un Z comme…

Source: Indymedia Nantes, 26 novembre 2012

Nouvelles anti-flics

Gennevilliers : des policiers caillassés pendant une intervention

Une quarantaine de personnes ont jeté dimanche soir des pierres sur des agents de la brigade anti-criminalité (Bac) qui venaient d’appréhender dans le quartier du Luth à Gennevilliers (Haut-de-Seine) des jeunes de 16 et 17 ans, inconnus des services de police. Cinq policiers ont été légèrement blessés lors de l’interpellation.

Ils voulaient se débarrasser des caméras de surveillance

Des policiers ont d’abord été pris à partie lors de l’interpellation de deux mineurs qui sciaient deux mas supportant des caméras de vidéo-protection.

Des renfort de police sont intervenus et des forces de l’ordre ont dû effectuer des tirs de flash-ball, selon une source policière.

Il n’a pas été nécessaire de conduire les fonctionnaires de police blessés dans un hôpital, a-t-on précisé de même source. La situation est redevenue calme vers 21 heures.

Leur presse – Le Parisien.fr (AFP), 01/10/2012 à 12h34

Romans-s/-Isère: un policier pris à partie alors qu’il rentrait chez lui

Il est des missions qui sont parfois lourdes à porter. Un policier en a fait la douloureuse expérience jeudi soir. Il est aux environs de 19 heures lorsque ce policier, qui évolue dans les rangs du GID (Groupement d’intervention départemental) au commissariat de Valence, rentre en civil à son domicile de Romans-sur-Isère.

C’est là qu’il est immédiatement reconnu par deux individus, dont la route a croisé par le passé celle du fonctionnaire de police. Ils n’hésitent pas alors à s’en prendre violemment à lui, rapidement rejoints par deux comparses.

Insulté, menacé

Le policier n’a pas pris de coups, mais ces individus l’ont empêché de passer et de rejoindre son domicile. Il s’est copieusement fait insulter, cracher dessus, avant d’éviter de justesse d’être atteint par le jet d’un sac. Les quatre hommes ont ensuite multiplié envers lui des pressions. Allant jusqu’à menacer de s’en prendre à sa famille…

Ces quatre individus ont été placés en garde à vue. Un avait été interpellé le soir même, et les trois autres le vendredi matin. Trois sont des Romanais, le quatrième habite Chatuzange-le-Goubet.

Ils ont été tous formellement identifiés par le policier. Psychologiquement affecté, il a bénéficié d’une ITT de huit jours. Pour l’heure, un de ses agresseurs a été présenté hier au juge des libertés et de la détention au tribunal de Valence.

Ce dernier a décidé son mandat de dépôt avant une probable présentation en comparution immédiate lundi. Pour répondre des faits de violence et d’outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, en l’espèce un fonctionnaire de police.

Deux agressions en deux semaines

Affaire qui renvoie à l’agression dont avait été victime le 16 septembre dernier un autre policier romanais et qui lui avait valu 10 jours d’ITT. La justice avait alors condamné son agresseur à une peine de prison de six mois ferme.

Leur presse – Le Daubé.com (Clarisse ABATTU), 30/09/2012 à 06:01

Contrôle mouvementé à Saint-Denis : un policier hospitalisé

Des policiers ont été caillassés mardi soir alors qu’ils contrôlaient des jeunes dans une voiture. Trois personnes ont été arrêtées.

Un policier a été blessé lors d’une interpellation mouvementée mardi soir à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où des policiers « ont été caillassés » par des jeunes gens, a-t-on appris de source policière mercredi.

Vers 18h00, des policiers ont contrôlé des jeunes gens dans une voiture où ils ont notamment aperçu des couteaux. Selon la source, le conducteur de ce véhicule « s’est rebellé » et une vingtaine de jeunes gens ont alors lancé des projectiles et « caillassé » la police qui a fait appel à des renforts. Le conducteur de la voiture a porté un violent coup de poing à l’un des policiers qui l’arrêtait, a aussi dit la police, et celui-ci a été hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, « s’est inquiété et a suivi l’état de santé » du policier blessé, a déclaré Franck Carabin, porte-parole de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). Trois personnes, dont l’homme ayant porté le coup de poing, ont été interpellées et placées en garde à vue, a précisé M. Carabin.

Leur presse – lci.tf1.fr, 26/09/2012 à 12h36

[Neuilly-sur-Marne] Une patrouille de police attaquée par une trentaine de jeunes – Nuit du 17 au 18 août 2012

SEINE-SAINT-DENIS : DES POLICIERS AGRESSÉS À NEUILLY-SUR-MARNE

Quelques jours après les émeutes à Amiens, c’est au tour de Neuilly-sur-Marne d’être le théâtre d’agressions de policiers.

Dans la nuit du 17 au 18 août des policiers en mission de sécurisation ont été pris à partie par une trentaine de jeunes à Neuilly-sur-Marne en Seine-Saint-Denis. Deux policiers ont été légèrement blessés et cinq individus arrêtés.

Ces évènements se sont produit quelques jours après les émeutes à Amiens et démontrent encore le malaise bel et bien présent dans les quartiers populaires. Déterminé à instaurer un climat sécuritaire en France, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls va mettre en place à la rentrée des zones de sécurité prioritaires pour « mettre le paquet là où il faut et pour ce qu’il faut ».

Leur presse – Paris Dépêches.fr (Julie Catroux), 20/08/2012

[SEINE SAINT-DENIS] La police utilise un wagon de la RATP pour expulser des roms … Si si, la RATP collabore !!

Malaise à la RATP après une expulsion de Roms

Des Roms sont évacués par des CRS, le 6 juillet 2010 au campement du Hanul, à Saint-Denis.

C’est une évacuation d’un camp de Roms qui nourrit la polémique. Vers 6 h 30, ce mercredi 31 août, des CRS débarquent dans le campement de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), près de l’hôpital Delafontaine, où sont installés 150 Bulgares et Roumains. Munis de gaz lacrymogènes, selon les associations, les forces de l’ordre détruisent les baraques et font sortir les familles. Motif : le tribunal de grande instance de Bobigny a délivré, le 18 juillet, une ordonnance d’expulsion de ce terrain, qui appartient à l’Etat. De telles évacuations ont lieu plusieurs fois par semaine dans le département, depuis la circulaire du 5 août 2010 du ministère de l’intérieur sur l’évacuation des campements illicites.

Mais la situation devient plus exceptionnelle lorsque les CRS forcent une centaine de Roms à se rendre à la station Cosmonautes toute proche, sur la ligne 1 du tramway. Par groupes de cinq ou dix, la police les fait entrer dans les rames, avec des bagages, des vélos et des caddies, aux côtés d’autres usagers. Direction la gare RER de Noisy-le-Sec, toujours en Seine-Saint-Denis.

« SITUATION D’URGENCE »

Vers 8 h 30, des cadres de la ligne du tramway, alertés de la situation par des machinistes, se rendent sur place. « L’encadrement local a constaté que l’évacuation des Roms semblait se dérouler avec difficulté et gêner les voyageurs dans les rames », assure la RATP. Le personnel de la régie des transports parisiens et les forces de l’ordre décident alors, d’un commun accord, d’affréter une rame spécialement pour les familles, en dehors du service commercial, depuis le centre de dépôt de Pavillons-sous-Bois.

« La décision a été prise localement, dans une situation d’urgence, face à un quasi-blocage de la ligne à une heure de pointe. Or, notre rôle d’exploitant est d’acheminer les voyageurs jusqu’à leur destination en temps et en heure », explique encore la RATP, qui assure n’avoir répondu à aucune réquisition de la police.

VASTE ESCORTE POLICIÈRE

Le tramway finira par quitter la station Cosmonautes à 10 h 40. Pendant quarante minutes, jusqu’à 11 h 20, il circule sous haute surveillance policière : une dizaine de policiers et de CRS encadrent les Roms à l’intérieur des wagons, en plus de quatre employés de la RATP, tandis que neuf cars de CRS suivent le convoi sur l’ensemble du trajet. Enfin, à chaque arrêt, des policiers se tiennent sur les quais pour empêcher les Roms de sortir. Et ce, jusqu’à l’arrivée à Noisy-le-Sec, où les familles sont encore escortées jusque dans le RER E, en direction de Chelles ou de Tournan, selon un agent RATP.

Où ces familles sont-elles allées ? Ont-elles quitté le train en cours de route ? Sont-elles retournées à Saint-Denis ? C’est ce que cherche à savoir l’association Médecins du monde, qui se dit « inquiète » de l’état de santé de ces populations. « Des familles nous ont appelés pour avoir des nouvelles de leurs enfants mineurs dont ils avaient été séparés, avant l’entrée dans le tram, assure Livia Otal, coordinatrice du programme Roms au sein de l’ONG. Cette façon de perdre les gens dans la nature pour les décourager de revenir est choquante. »

« DÉRAPAGE DE LA RATP »

Au sein de la RATP aussi, l’événement émeut. « C’est clairement un dérapage, lâche Philippe Touzet, délégué central SUD-RATP. On est un service commercial, et non un service de transport pour les opérations de police. Sans compter que cela a rappelé à nombre d’agents les convois de déportation de juifs, depuis la gare de Bobigny, pendant la Seconde Guerre mondiale. »

Pour ce délégué syndical, cette « boulette interne » s’explique par le « manque de consignes claires » pour ce genre de situation : « Ce n’est pas aux agents de l’encadrement local de prendre de telles décisions. Nous avons interpellé la direction de la RATP et la préfecture afin que les transports franciliens ne soient plus utilisés pour ce genre d’opérations. »

Car si l’escorte policière de Roms pendant des transports semble être une première, leur rapatriement jusqu’à des gares n’est en revanche pas nouveau. Mardi déjà, des familles évacuées d’un camp situé à Bobigny avaient été emmenées par groupes de 20 ou 30 jusqu’à la station de tramway la plus proche. « Mais elles n’avaient pas été escortées pendant le trajet. Elles faisaient alors demi-tour au bout de deux arrêts », explique Philippe Touzet. En 2008 aussi, des Roms évacués d’un parking de Massy-Palaiseau (Essonne) avaient été conduits dans les RER C, à destination de Corbeil, avec interdiction de descendre avant le terminus.

OPÉRATION DE POLICE ILLÉGALE

Cette fois, les forces de l’ordre ont franchi un nouveau seuil dans l’illégalité. « Il n’y a aucun texte qui autorise à transporter des personnes contre leur gré et à les empêcher de sortir où elles le souhaitent », assure Grégoire Cousin, juriste au sein du Centre européen de défense des droits des Roms.

« La police, réquisitionnée par la préfecture, avait seulement pour ordre d’expulser des Roms d’un terrain. Elle n’avait pas d’ordonnance d’expulsion du territoire, qui aurait conduit à leur acheminement vers un centre de rétention, poursuit le juriste. Les CRS devaient donc se contenter de laisser ces personnes dans la rue, et en aucun cas les emmener dans des transports en commun et encore moins les escorter au cours de ces transports vers une destination qu’elles n’ont pas choisie. » Cette opération, qu’il qualifie « d’absurde », lui rappelle les brigades mobiles de Clemenceau qui avaient pour ordre, dans les années 1907-1914, d’amener les Tziganes à la limite du département.

« La préfecture voulait visiblement faire du chiffre : évacuer un terrain squatté et s’assurer que les Roms n’aillent pas s’installer dans une commune voisine en les éloignant géographiquement, décrypte Claudia Charles, juriste au Groupe d’information et de soutien des immigrés, le Gisti. Elle souhaite montrer qu’elle lutte contre une délinquance théorique des Roms, mais en réalité, elle ne fait que déplacer le problème. »

Presse bourgeoise – Le Monde (Audrey Garric), 01/09/2011

Des Roms évacués dans une rame de la RATP en banlieue

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PARIS (Reuters) – Des élus et syndicalistes se sont élevés jeudi contre l’évacuation d’un camp de Roms à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), avec le concours de la RATP, certains dressant un parallèle avec la déportation des juifs.

La Régie autonome des transports parisiens a en effet mis mercredi à la disposition des policiers une rame du tramway T1, qui relie Saint-Denis à Bobigny, pour évacuer une centaine de Roumains et Bulgares qui occupaient illicitement un terrain.

Le ministère de l’Intérieur a jugé pour sa part « odieux de comparer ce qui s’est passé à Saint-Denis avec les heures les plus sombres » de l’Histoire de France, a déclaré son porte-parole, Pierre-Henry Brandet.

Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France, avait auparavant dénoncé « l’inhumanité et la brutalité » de cette opération. Il a demandé au préfet du département, Christian Lambert, que toute la lumière soit faite et que les responsables soient sanctionnés.

Le syndicat Sud s’est indigné de l’utilisation d’une rame de la RATP. « Ce n’est pas à nous de transporter des convois de personnes qui ne sont pas forcément volontaires pour monter dans les tramways », a dit son délégué central, Philippe Touzet.

Il a souligné, sur France Info, que la gare de Bobigny, qui abrite aujourd’hui un mémorial, avait justement joué un rôle central durant la Seconde Guerre mondiale dans la déportation vers les camps de la mort de 22.000 Juifs du camp de Drancy.

« PACTE RÉPUBLICAIN »

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a dit sa « profonde révolte » et demandé au président de la RATP, Pierre Mongin, de condamner cette utilisation des moyens de la régie.

« Lorsqu’un service public de transports participe à une opération policière aussi abjecte, c’est tout le pacte républicain qui est bafoué et la honte qui nous submerge », écrit-elle dans un communiqué.

Pour le Parti socialiste, « la réquisition d’un tramway de la RATP par les forces de police pour évacuer un campement de Roms a réveillé de tristes souvenirs. »

Jean-Luc Benhamias, vice-président du MoDem, dénonce une « politique de stigmatisation qui conduit à des pratiques inacceptables ». « Plus d’un an après le discours de Grenoble, rien n’a changé: le gouvernement continue sa politique d’expulsion systématique des Roms, de manière volontairement provocatrice », dit-il dans un communiqué.

La RATP a invoqué une initiative locale « prise dans une situation d’urgence » à la suite de contacts entre la police et un dépôt de tram « afin de « minimiser le trouble et le retard pour les voyageurs ».

« Dans une situation de quasi-blocage, l’encadrement local de la ligne arrivé sur place a décidé avec la police d’utiliser un train qui se trouvait là », a dit un porte-parole.

Pierre Mongin a affirmé au micro de France Inter que l’entreprise n’avait aucune responsabilité dans cette affaire et s’est dit étonné que la police n’ait pas averti ses services.

« Je ne suis pas responsable de la gestion d’une opération de police (…) Nos textes ne prévoient pas une affectation de nos transports pour ce type d’opération », a-t-il dit.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, niant toute brutalité lors de l’opération, a affirmé que les forces de l’ordre n’avaient pas forcé les Roms à emprunter le tramway.

« Ceux-ci sont montés volontairement à bord de la rame mise à disposition par la RATP. A tout moment, ils ont été laissés libres de leurs mouvements », a-t-il dit à Reuters.

Presse bourgeoise – Le Point, 01/09/2011