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[Durham, USA] En solidarité avec les rebelles du Missouri – 17 octobre 2014

shaw-broken-windowDans la matinée du 17 octobre, l’Arsenal de la Garde nationale à Durham a été la cible d’actes de vandalisme visant à perturber les opérations du week-end de l’établissement.

Nous avons englué cinq serrures différentes pour empêcher l’entrée ou la sortie des véhicules du terrain clôturé, avons enchaîné les portes d’entrée fermées, et laissé un message sur le mur de pierre en face du bâtiment, disant « désobéissons aux ordres. Solidarité avec les rebelles du Missouri. Fuck the police.« 

Ce geste simple a été fait en solidarité avec tous ceux qui luttent contre le harcèlement de la police et l’occupation de leurs quartiers, et en particulier avec les insurgés de Saint-Louis et Ferguson, dont la rébellion historique a abouti à une occupation de la Garde nationale de leur ville. Ils nous rappellent que lorsque la police assassine les pauvres et les gens de couleur, la réaction appropriée est de se révolter.

Nous sommes conscients que notre acte ne va probablement pas causer une perturbation majeure à cet établissement. Ce n’est pas un substitut à d’autres types d’antagonisme et de lutte combative. Néanmoins, nous voyons cela comme un geste en cette période où un tel établissement fournit des véhicules essentiels et des armes afin d’écraser les soulèvements populaires. Si l’avenir semble être la guerre civile, expérimentons le terrain maintenant que plus tard.

Pour ceux qui s’entraînent dans cette établissement, nous vous encourageons à réfléchir dès maintenant à ce que cela signifierait d’ouvrir le feu sur vos propres voisins et membres de la communauté. Certains des soldats les plus courageux de l’histoire ont été ceux qui ont désobéi aux ordres et ont refusé d’écraser un soulèvement populaire. Comment allez-vous vous remémorer cela le moment venu? De quel côté serez-vous? Si c’était ton fils ou ta fille assassiné.e par les flics, de quel côté alors ?

Dans le mépris et la fureur,

Quelques anarchistes de bull city*

Traduit d’anarchistnews, 10/18/2014 à 08:37

* »Bull City » est le surnom donné à la ville de Durham, situé en Caroline du nord

[USA] Bulletin anticarcéral du Missouri sur la révolte à Ferguson / Septembre-Octobre 2014)

Le bulletin d’info de la prison du Missouri est distribué à près de 150 de personnes dans les prisons à travers les États-Unis, mais en se concentrant sur ​​ceux qui sont incarcérés dans le Missouri et l’Illinois. Ce numéro se concentre spécifiquement sur les récents soulèvements de Ferguson, (Missouri) et contient des comptes-rendus personnels originaux des émeutes, d’analyse et un calendrier des soulèvements comme ils se sont déroulés.

Les cinq numéros précédents sont disponibles ici.

Ci-dessous deux textes traduits de l’anglais du numéro 6 de septembre-octobre 2014:

Hello

Comme la chaleur de l’été s’intensifie ici à Saint-Louis, nous nous réadaptons lentement à la vie après la houle de nuits incontrôlables passées dans les rues de Ferguson à exprimer notre rage et notre mécontentement avec d’innombrables autres personnes. Beaucoup d’entre vous ont probablement entendu parler à la radio ou à la TV ou lu dans un journal que le 9 août, un jeune de dix-huit ans du nom de Mike Brown a été abattu par la police à Ferguson dans le Missouri.

Nous sommes habitué-e-s des tirs de la police, mais dans ce cas, des personnes ont mobilisé leur rage dans les rues et pendant dix nuits consécutives, les gens se sont battus et ont tenu l’espace que la police n’a pas pu contenir.

Ils ne nous l’ont pas donné. Nous l’avons pris. Minute après minute, nous avons réalisé notre pouvoir et les possibilités semblaient infinies. C’était comme si le temps cessait d’exister et que rien d’autre ne comptait car cette perturbation du commerce et du contrôle de la police a brisé la normalité de la vie quotidienne.

Nous avons passé des jours et des nuits à Ferguson, et nous voulons vous raconter nos histoires de ce que nous avons vécu.

Comme c’est souvent le cas, les médias rapportent les voix et points-de-vue des politiciens et de la police. Nous espérons vous donner un aperçu de ce que c’était vraiment à travers les rues dans l’espace autonome que nous avons tous créés ensemble. La plupart d’entre nous n’ont jamais expérimenté quelque chose comme les deux semaines passées. Ces nuits de révolte ont créé des possibilités que nous avons espéré mais nous avons à peine pensé être tangible. Nos esprits filent sur ​​ce qui est possible. Les rues semblent s’être apparemment calmées pour le moment, mais le refus de la violence et du contrôle de police continueront. Un soulèvement contre la police à travers le monde est palpable et s’est réalisé ici dans notre ville. Nous pouvons encore le goûter dans nos bouches et le sentir dans nos os.

Quand vous sortez et passez devant des visages familiers et à la fois inconnus, il n’est pas rare d’entendre quelqu’un vous dire, « Mains en l’air«  et instantanément vous répondez: « Ne tirez pas ». Un lien social s’est fait, une compréhension immédiate d’une volonté commune pour un monde complètement différent. Bien que ces événements peuvent sembler lointain, d’autres à travers le monde, qui ont ressenti la même chose, ont répondu par la solidarité (des marches, des actions et des attaques) sur vos propres sols sont un moyen d’exprimer du soutien à ceux qui résistent à d’autres endroits et de répandre la résistance au-delà des limites de lieu. La police ne ruine pas seulement nos vies à Ferguson et à Saint-Louis, mais partout.

La race a été un facteur majeur dans les événements des dernières semaines à Ferguson. Une ville à majorité noire avec des forces de police à majorité blanche, un autre jeune homme noir assassiné par un policier blanc, des générations de suprématie blanche et de violence raciale venant d’une tête.

Les rues de Ferguson hurlaient de tensions raciales, et ceux d’entre nous qui sont blancs ont souvent eu à justifier notre haine de la police aux rebelles noirs qui n’avaient jamais entendu parler d’une telle chose sortant d’une bouche blanche. Heureusement, face à une ligne de flics anti-émeute et au coude à coude avec les personnes noires et brunes et refusant de reculer, nos actions ont remplacé le besoin des mots. « Nous saignons tous le même sang » est une tentative de répondre à certaines de ces tensions raciales et un appel à l’unité raciale contre la police et les prisons.

Il y a eu plusieurs mois depuis le dernier numéro de ce bulletin. Nous avons apprécié correspondre avec vous et faire sortir du matériel de lecture. Que ces histoires inspirent  connexion et collaboration entre vous contre l’ennemi et pas l’un contre l’autre.

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Nous saignons tous le même sang

« Il n’est pas question de noir et blanc, il s’agit du peuple contre le gouvernement. Si je te coupe, ça ressemble au même que moi. Nous saignons tous le même sang « .

Un rebelle anonyme de W.Florissant à Ferguson (Missouri)

En 1968, quand Martin Luther King a été assassiné, une vague de protestations et de révoltes, connues sous le nom du « soulèvement de la Sainte Semaine« , a balayé le pays. De grandes émeutes ont éclaté à Washington DC, Baltimore, et plus localement à Kansas City, Louisville et Chicago. Cette effusion de rage a finalement été maîtrisée par la police locale, la promesse de réformes législatives et surtout, la mobilisation de la garde nationale et de l’armée. Le déploiement de l’armée américaine et des marines sur le sol américain a été particulièrement significatif dans la capitale nationale où des émeutes ont progressé à deux blocs de la Maison Blanche.

Les centres urbains n’ont pas été les seuls lieux de cette puissante révolte. À Saint-Louis, des détenus de la prison de la ville ont riposté contre un système raciste meurtrier et de pauvreté brutale en essayant de détruire la prison dans laquelle ils ont été encagés et y ont mis le feu.

En 1971, le prisonnier rebelle George Jackson a été abattu alors qu’il tentait de s’échapper de la prison de San Quentin en Californie. En réponse, 1000 prisonniers de l’autre côté du pays à Attica de New York ont pris le contrôle de la prison et ont retenu en otage 42 gardiens afin d’obtenir l’amnistie et les réformes nécessaires au système carcéral. Agissant en solidarité, des rebelles à l’extérieur ont organisé des manifestations en faveur de la rébellion à Attica afin de mettre la pression sur les autorités et empêcher le massacre des prisonniers révoltés. Malheureusement cet effort n’était pas suffisant pour empêcher les autorités d’écraser les prisonniers par la force brute.

Quelles sont les leçons que nous pouvons tirer de cette histoire?
Quelles sont les limites des émeutes dans les rues et lutter au sein des murs de prison? Comment pouvons-nous répandre des révoltes à travers ces murs tout en étant capables de vivre et de combattre un autre jour? Quelles sont les différences en agissant dans les rues et à l’intérieur de la prison et comment ces différences affectent sur ce que nous pouvons faire?

Cette société des extrêmes (pauvreté et richesse, accès et exclusion, la concentration du pouvoir dans les mains d’une élite) est maintenue en permanence par la force. La police, le système pénitentiaire, les tribunaux et le racisme qui est une partie importante d’entre eux, servent à maintenir le déséquilibre entre ceux qui ont et ceux qui n’ont rien. En opposant les pauvres les uns aux autres, blancs contre noirs, latinos, asiatiques et autochtones, le racisme sert à nous maintenir divisés, à se battre entre nous au lieu de chercher une cause commune contre la classe dirigeante, les politiciens et leurs serviteurs.

Cette distinction entre les races privilégiées et ciblées se réalise par les différences en matière de maintien de l’ordre dans les quartiers pauvres vus qui sont principalement noirs et latinos et le maintien de l’ordre dans les quartiers riches vus qui sont à prédominance blanche. Elle peut également être perçue dans les différences des peines de prison pour des crimes semblables donnés à des gens qui tombent de chaque côté de la blancheur. Dans les rues, le racisme répressif est effectué par le profilage racial, le harcèlement de la police et l’utilisation de la force létale. Dans les prisons, le racisme se présente sous la forme de blancs ruraux étant embauchés pour garder une population carcérale majoritairement urbaine, principalement minoritaire. On peut également voir cela à travers le gang et les divisions raciales entre prisonniers, qui sont favorisées et encouragées par les administrations pénitentiaires afin de garder les prisonniers divisés.

En 1992, les gangs de Los Angeles avaient négocié une trêve dans les semaines avant que le verdict Rodney King eut été annoncé. Ce gang et l’unité raciale a aidé à contribuer à la plus grande révolte aux États-Unis depuis 1971. Et en dépit de quelques cas regrettables et largement rapportés de violence de noir sur blanc, la  rébellion Rodney King contenait une quantité remarquable d’unité et de coopération inter-raciale. Certains coréens ont été la cible de pillages, précisément parce qu’ils géraient en tant qu’individus des entreprises d’exploitation et de parasites dans les quartiers pauvres noirs. D’autres coréens ont choisi de se tenir debout avec les rebelles contre la violence de la police. Lorsque nous nous rebellons contre le système de la police a imposé la pauvreté et d’unir à travers les lignes raciales ou ethniques, nous luttons contre la stratégie répressive du racisme. Dans le même temps, l’unité à travers les divisions artificielles est une condition nécessaire pour une révolte qui ne puisse pas être facilement contenue. Lorsque nous nous rebellons, nous redessinons les lignes qui ont été écrites sur nos corps et dans nos vies. Nous décidons nous-mêmes de quel côté nous nous situons.

Dans les moments où se dressent les races privilégiées avec des races ciblées contre un ennemi commun, le sens et l’importance des différences raciales commencent à s’estomper. Cela peut être confirmé par des expériences dans les rues de Ferguson (Missouri) un nombre relativement faible de personnes blanches ont résisté avec les noirs contre la terreur de la violence policière et de l’occupation du quartier par la police militarisée. Ce que cela signifie d’être blanc et noir dans la vie de tous les jours (sécurité relative et risque relatif) commence à être moins significatif quand tout le monde est gazé de lacrymo et se fait shooter avec des balles en caoutchouc, lorsque les rebelles blancs viennent en aide aux rebelles noirs blessés, quand les gens partagent l’expérience et des tactiques, se faisant mutuellement confiance malgré une différence de couleur qui n’est que superficielle.

Ce processus de surmonter simultanément le racisme interne et institutionnelle est interrompu par ceux qui tentent d’utiliser les tensions raciales à leurs propres fins. De la police et des médias aux dirigeants autoproclamés de la «communauté» qui tentent de surfer sur cette vague de troubles à l’intérieur d’un bureau politique, ceux qui bénéficient du maintien des divisions raciales ont brossé un tableau de l’extérieur et des agitateurs qui sert seulement à nous diviser. Dans un retournement ironique du récit racial normale, les politiciens actuels et futurs ont choisi les rebelles blancs comme boucs émissaires, les accusant de violence, de pillage et de destruction qui leur est hors de contrôle et non favorable à leurs agendas politiques. Cette opération répressive fournit une cible facile pour la police depuis que les blancs dans les rues de Ferguson sont une minorité visible, tandis que dans le même temps, il supprime le pouvoir des mains de rebelles noirs qui, en réalité, ont initié chaque escalade dans la rébellion jusqu’à présent.

Dans le but de brouiller des lignes pour devenir plus complet, afin de réellement supprimer le racisme, d’abolir la pauvreté et disperser le pouvoir, nous avons besoin de créer une situation à partir de laquelle il n’y a pas de retour, une révolte qui est si répandue et approfondie qu’elle ne peut pas être contenue et pacifiée. Une façon d’aller en ce sens consiste à nous voir nous-mêmes et nos vies dans les luttes initiées par d’autres qui peuvent apparaître différentes à première vue. Quand certaines personnes là-bas commencent à bouger, d’autres ici peuvent se déplacer avec eux, distrayant et divisant l’attention des autorités et de tous ceux qui souhaitent conserver leurs positions de pouvoir et de privilège. D’un côté des murs à l’autre, ensemble, nous avons le pouvoir de tous les abattre.

newsletter-6-image1issus de antistatestl.noblogs.org, 5 septembre 2014

[Ferguson, USA] Guerre à l’Etat policier et actions de solidarité avec les émeutiers (14 au 18 août 2014)

  • 19 août 2014:

Dans un premier temps, les flics via les médias avaient annoncé 31 arrestations la veille. Mais nbcnews a annoncé plus tard dans la journée que 78 personnes avaient été arrêtées au petit matin pour refus de dispersion principalement.

Dans l’après-midi, on apprend qu’à Saint-Louis dans le secteur de Sixth Ward (à quelques kilomètre de Ferguson) un jeune noir de 23 ans a été exécuté par les flics suite à une tentative de braquage au couteau dans une épicerie: comme à chaque fois, les porcs ont dégainé leurs armes sur une personne qui voulait bouffer et boire (accusé d’avoir volé des gâteaux et des boissons énergisantes). Un rassemblement s’est immédiatement formé sur le lieu du meurtre (une vidéo est visible ici). 150 personnes se sont de nouveau retrouvées en scandant le slogan « mains en l’air, ne tirez pas » en début de soirée au milieu d’escadrons de police déployés en masse.

Concernant la situation à Ferguson, la foule s’est rassemblée plus tôt et a été moins nombreuse mais la police faisait toujours tourner un hélico au-dessus de la ville. Même si ça n’a pas été une soirée cocktails ni de tirs d’armes à feu, la fin de manif n’a pas été si apaisée que ce que les croyants voulaient montrer en terminant la déambulation à genoux et par une prière vers minuit. Suite à la dispersion annoncée par les organisateurs et d’un homme de loi (l’avocat Jerryl T. Christmas), d’autres manifestant-es n’ont pas obéit à leurs ordres: des flics ont été attaqués avec des bouteilles et des sachets d’urine par « quelques agitateurs criminels » (selon les termes du chef de police highway patrol Ron Johnson), qui ont répliqué par des lacrymo. Johnson a d’ailleurs ajouté que vers 20h30, un automobiliste est passé devant le poste de commandement de police en menaçant les keufs avec des armes de poing, avant d’être arrêté.

Malgré cette soirée plutôt pacifiée, il y a eu un grand nombre d’arrestations (47 personnes entre les mains de l’Etat). On se souvient que la nuit du 14 au 15 août avait été calme avant que la rage émeutière ne s’exprime de nouveau dans les rues de Ferguson.

D’autres mises à jour à venir…

Rappel: les premières émeutes nocturnes suite au meurtre  policier

  • 18 août 2014:

La garde nationale remplace le couvre-feu.

départ de feu devant un restaurant

départ de feu devant un restaurant

Les flics ont beau faire des appels aux manifestants pacifistes afin qu’ils déambulent la journée (ce qui signifierait faciliter la répression de l’Etat), tenter de marginaliser les révoltés du reste des cortèges, bénéficier de ces officines citoyennes et garantes de la paix sociale… le feu de la rébellion s’attise à Ferguson. Cette nuit du 18 août, la paix violente a été rompue par des pluies de cocktails molotov et de projectiles improvisés en direction des agents de la répression. Après avoir donné l’ordre de dispersion sur les coups de 23h, les flics ont bombardé la foule de lacrymo et de grenades assourdissantes à proximité d’un magasin QuickTrip pillé et incendié. Un groupe de citoyens a tenté de s’interposer entre les émeutiers et les rangées de casqués surarmés. Durant cette nuit-là, deux bâtiments ont flambé, dont celui d’une entreprise (inconnue car les médias us suivent les directives de la police locale, qui a demandé à la presse de ne plus relayer les attaques de ces dernières nuits; le montant des dégâts s’avère élevé mais dissimulé depuis le début de ces émeutes, en comptant les destructions de mobilier urbain, les pillages et incendies de magasins, de restaurants…). La justice américaine compte dès ce mercredi 20 août convoquer des manifestants à témoigner (et donc chercher d’éventuelles balances) devant le grand jury. A 2h du matin ce mardi, 31 personnes ont été arrêtées, deux personnes gravement blessés par balles.

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  • 17 août  2014:

fergus17bDans la soirée, les manifestant-es n’ont pas attendu le couvre-feu de minuit pour s’affronter aux forces policières. Des pierres, bouteilles et cocktails molotov ont été balancés sur les flics, rompant la paix voulue et imposée par une partie du cortège qui défilent les mains en l’air en criant « ne tirez pas » devant les troupes d’uniformes surarmées. Les flics disent avoir été visés par des armes à feu. Du mobilier urbain a été détruit, des barricades montées à travers les rues, tandis que des employés et clients d’un macdonalds ont du se réfugier dans une salle du restaurant suite à des attaques destructrices venant de l’extérieur. Un peu plutôt dans la soirée, les barrages de flics ont également été canardés de divers projectiles alors qu’environ 400 personnes ont tenté « d’attaquer » le poste de commandement de police. Suite à cette nouvelle nuit enragée, les autorités du missouri ont annoncé ce lundi 18/08 faire appel à la garde nationale pour tenter de mater la révolte. Au moins 4 personnes ont été arrêtées, plusieurs blessées suite aux affrontements.

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  • 16 Août 2014:

Des groupes de citoyens du quartier se sont activés pour nettoyer toutes traces de révolte et de pillages de la veille, aidant à nettoyer les commerces de ceux qui les volent au quotidien. Le gouverneur de Missouri Nixon a décrété d’urgence un couvre-feu de minuit à cinq heures du matin à Ferguson par crainte de pillages et d’affrontements. Plus de 200 personnes ont bravé l’interdiction de manifester. De nombreux flics étaient stationnés devant les commerces et entreprises de la ville (en plus de milices de commerçants armées), ce qui a dissuadé la foule d’avoir recours au libre-service. Mais la conflictualité s’est exprimée de façon déterminée par des jets de pierres et de bouteilles sur les forces de l’ordre immédiatement après la dispersion policière. En plus des flics, les insurgés ont du faire face aux associations diverses de la pacification sociale (religieux et fascistes de tous bords, dont le nouveau parti des blacks panthers* et leur ancien chef, Malik Shabazz, aux côtés de Nation of Islam) appelant à la dispersion et de maintenir l’ordre aux côtés de la police.

La soirée s’est terminée par 7 arrestations, une personne gravement blessée par balles et transportée à l’hôpital, et une patrouille de police prise pour cible par des tirs.

Les citoyens à l'oeuvre du nettoyage

Les citoyens à l’oeuvre du nettoyage

une milice du capital parmi d'autres

une milice du capital parmi d’autres

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Agenouilles-toi devant le pouvoir

Agenouilles-toi devant le pouvoir

le flic meurtrier s'appelle darren wilson

le flic meurtrier s’appelle darren wilson

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  • 15 août 2014:

Après l’ambiance plus pacifiée de la veille et la nomination d’un flic noir par les autorités du Missouri censé ramener la paix dans le secteur, la manif de vendredi soir (15/08/2014) a donné un tout autre visage. Des attaques contre des entreprises et des commerces ont ponctué la nuit, avec des vitrines en morceaux, de magasins dépouillés et saccagés. Des petits groupes ont pillé plusieurs magasins (au moins trois selon la presse), non sans l’intervention citoyenniste d’une partie des manifestant-es, qui se sont placé-e-s en défenseur du capital en formant une chaîne autour d’un magasin pour empêcher l’expropriation collective (un des premiers pillé a d’ailleurs été celui qui a immédiatement appelé la police pour Mike Brown, suspecté d’avoir volé une boîte de cigares estimée à près de 48 dollars: les médias ont fait tourner les images de vidéosurveillance en boucle sur toutes les chaînes de télé. Des affrontements avec les flics ont suivi les pillages avec des pierres, bouteilles et cocktails molotov.

Masked individuals carry items out of a liquor store, during on-going demonstrations to protest against the shooting of Michael Brown, in Ferguson FergusonWE7 FergusonWE24 FergusonWE3 FergusonWE8

Repris de la presse US, 16/17/18 août 2014

Note:

*Ce nouveau parti qui se veut héritier du parti des Black Panthers, n’est qu’une récupération fasciste de ce qu’était anciennement ce parti (qui certes se réclamait d’un communisme autoritaire, mais qui n’a jamais perdu de vue la lutte des classes). Antisémite, raciste, homophobe, ce « nouveau pati des blacks panthers » a été fondé en 1989 à Dallas. Proche de « Nation of Islam » et de Louis Farrakhan (un fasciste afro-caribéen en lien étroit avec le KKK), c’est un modèle pour les Kemi Seba et autres racistes en France. Les membres fondateurs des Blacks Panthers, Newton et Bobby Seale, ont toujours critiqué cette récupération raciste. Bref, que les fascistes soit les chiens de garde de l’oppression et de la domination, comme l’est la police, n’est pas un fait nouveau.

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Des actions de solidarité avec la révolte de Ferguson se sont tenues un peu partout aux Etats-Unis.

Bloomington: véhicules de police et de sécurité privée attaqués

La nuit dernière (20 au 21 août 2014, NdT), nous avons attaqué des voitures de police et des véhicules de sécurité privée. Six véhicules du poste du shérif adjoint ont eu leurs pneus crevés, leur aspect extérieur peint à la bombe de peinture, et leurs fenêtres couvertes de solution de gravure sur verre. Trois véhicules de police stationnés au poste de police de Bloomington et quatre véhicules de sécurité privée dispersés ont eu leurs pneus crevés.

Il ne fait aucun doute: la police est l’ennemi absolu. Partout, leur rôle est de défendre l’ordre social basé sur la misère et l’exploitation. Comme ceux qui sont exploités, et que ceux qui refusent d’accepter cette misère, nous n’avons qu’une seule option: attaquer la police en tout temps et de toutes les manières possibles. Il est facile. Aucune grande compétence technique ou méthode complexe ne sont nécessaires. Il suffit d’un peu de courage et de volonté de vivre.

Comme nous sommes assis et regardons la rébellion à Ferguson, il est facile de devenir pacifié par le spectacle médiatique. La distance - géographique et culturelle - peut nous amener à nous retirer à travers des rituels fatigués ou d’inactivité. La nuit dernière, nous avons choisi de rompre la paix sociale, comme un geste de solidarité envers les combattants de Ferguson, et comme une tentative de récupérer nos propres vies de l’Etat et de ses chiens.

Solidarité avec la révolte de Ferguson !
Force totale contre les flics !

Traduit d’anarchistnews, 21/08/2014

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Action de solidarité à Tucson:

Des anarchistes ont suspendu deux banderoles sur un viaduc à Tucson, disant « de Tucson dans le Missouri: nique la police » et une autre en espagnol qui veut dire « Oui, nous pouvons vivre sans police ». Ils envoient leur solidarité avec les émeutiers de Ferguson.
Ils finissent le communiqué par « Ni prisons, ni frontières ni flics – Oui aux émeutes »

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Le communiqué en entier ici

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[Chapel Hill, USA] Les assassins en uniforme perdent trois véhicules en solidarité – 14 août 2014

Dans les premières heures du 14 août, trois véhicules de police de type ‘Cruizer’ ont été défoncés au commissariat central de police à Chapel Hill, en Caroline du nord. Un message a aussi été peint sur une des voitures, disant « Pour Luke ».

Ceci a été fait comme petit geste de solidarité avec Luke O’Donovan* d’Atlanta (Géorgie), qui a été condamné à deux ans de prison pour s’être défendu face à cinq agresseurs homophobes. Nous espérons que ceci lui apporte un sourire au visage.

Nous avons aussi effectué cet acte en solidarité avec les émeutiers et les pillards de Ferguson qui, face à la brutalité continue de la police raciste, ont inspiré le monde avec leur résistance courageuse contre les forces étatiques, le capital et la suprématie blanche.

A la fois en petits groupes et en quartiers entiers, c’est possible de résister.

Quelques anarchistes.

Traduit de l’anglais de anarchistnews

*Tôt le 1er janvier 2013, Luke a été agressé par un groupe d’individus par rapport à ses orientations sexuelles. Lors de cette agression homophobe, il a riposté à coups de couteaux et blessé 5 d’entre eux. Récemment condamné à 2 ans de prison ferme et 8 ans de mise à l’épreuve, il sera d’abord incarcéré à la prison du comté de Fulton à Atlanta, puis dans d’autres prisons de Géorgie. Toutes les infos du comité de soutien à Luke sont à voir ici

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Affiche vue dans les rues d’Athènes, plus précisément dans le quartier d’Exarchia:

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[Besançon] Riposte à une interpellation et sabotage d’une caméra de surveillance dans le quartier des 408

Dans la nuit de samedi à dimanche 15 juin, Une caméra de surveillance a été mise hors-service dans le quartier de la Grette aux 408. Le mât de la caméra a été scié à 90% à la disqueuse et les câbles ont été sectionnés. Cependant, les flics ont réussi à identifié une personne proche du lieu et l’ont placé en GAV avec comparution immédiate ce lundi 16 juin. Il a été condamné à 7 mois de prison dont 4 avec sursis et mise à l’épreuve avec mandat de dépôt. De plus, la ville de Besançon lui réclame une somme à hauteur de 4.645€ pour s’être révolté contre la surveillance. À sa sortie de prison, il devra aussi justifier d’un travail ou d’une formation et aura interdiction de se présenter à moins d’un kilomètre de l’avenue Brûlard

Cette même caméra avait permis aux porcs d’identifier six personnes suspectées d’avoir pris à partie une patrouille de police dimanche 8 juin 2014 alors qu’elle tentait d’interpeller un habitant du quartier pour une affaire de violence aux abords d’un stade. La voiture des flics est repartie avec de gros impacts sur le pare-brise et une portière vandalisée, tandis qu’un bleu aurait reçu des coups. Les flics sont revenus en masse dans le quartier jeudi 12 juin pour interpeller 4 hommes et deux femmes, accusé-es de ne pas être resté-es sages devant la police et ses méthodes connues des habitant-es des 408. Il-elle-s devaient être présenté-es devant un juge en comparution immédiate vendredi 13 juin 2014 pour « incitation à la rébellion », « rébellion » et « violence contre agent détenteur de la force publique » mais depuis nous n’avons aucune nouvelle de cette vengeance d’Etat.

Texte reformulé depuis plusieurs articles de la presse locale

[Nantes] Nouvelle incarcération suite à la manif du 22 février contre l’aéroport – 14 mai 2014

Nantes. Un participant à la manifestation anti-NDDL du 22 février écroué

Un homme de 29 ans devait être jugé ce vendredi après-midi en comparution immédiate à Nantes. Ce Parisien est soupçonné d’avoir participé aux dégradations de l’agence de voyage Fram et de locaux appartenant à Nantes métropole lors de la manifestation anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22 février à Nantes. Il est aussi suspecté d’avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre lors de ces débordements.

Il réfute les faits.

Son procès a finalement été renvoyé au mois de juin, le tribunal ayant ordonné un complément d’information : un expert sera désigné pour étudier les photos de la manifestation sur lesquelles repose le dossier.

En attendant l’audience, le prévenu, interpellé mercredi à Paris et déjà condamné à six reprises, a été placé en détention provisoire.

Leur presse – presseocean.fr, 16/05/2014

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à Nantes le 1er avril dernier, plusieurs manifestants du 22 février ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison, dont une personne à un an ferme. Ce samedi 17 mai, plus de 1500 personnes ont manifesté contre la répression à Nantes, recouvrant entre autre de peinture le local Vinci et d’un tag le local PS.

[Lyon] « Mais que fait la police ? » Elle nous pourrit la vie, comme d’habitude

« Mais que fait la police ? » Elle nous pourrit la vie, comme d’habitude

concertLyonSoutien15102011Vendredi 25 avril, on pensait faire un concert bien cool avec des groupes italiens en soutien à des gens en prison pour s’être révolté en Italie : Concert en soutien aux révoltéEs du 15 octobre 2011 à Rome Mais le pouvoir socialiste en a décidé autrement.

Devant le squat étaient postés 4 four­gons de CRS, 2 patrouilles et une voi­ture bana­li­sée de keufs pour contrô­ler et fouiller les gens qui s’appro­chaient. Ils ont bloqué les portes d’entrée avec des pou­bel­les, pen­dant un long moment plus per­sonne ne pou­vait entrer ou sortir du lieu.

Quelques per­son­nes ont tant bien que mal pu ren­trer par les fenê­tres ou par la porte d’entrée mais le dis­po­si­tif poli­cier a fait son effet. Vers 23H30, 3 grou­pes ont rem­ballé leurs matos, les flics ont dû croire que leur mis­sion était réus­sie et ter­mi­née. Ils ont décampé mais on a quand même réussi à faire jouer un groupe (Attrito qui vient de Trento) devant un public clair­semé mais ravi d’écouter de la zik quand même.

Finalement, même si une partie de la soirée a pu se faire, même s’il y avait une très bonne ambiance, même si ça nous a bien fait marrer de faire tour­noyer la piñata à tête de Valls au-dessus des keufs, on l’a bien mau­vaise de voir que très peu de thunes pourra être envoyé en sou­tien aux com­pa­gnonn­nes/ons en prison en Italie. On est aussi dég pour les grou­pes ita­liens (Leisfa et Cocks) qui ont fait des cen­tai­nes de bornes pour ne pas jouer et ne pas être défrayés, on est dég pour les gens qui se sont fait emmer­der par les flics devant le squat et on est dég pour les habi­tants du squat de leur avoir apporté autant de keufs devant chez eux.

On se console quand même en se disant qu’il est bon de se faire détes­ter par ses enne­mis et qu’il y aura d’autres occaz d’appor­ter notre sou­tien.

Repris de rebellyon, 30 avril 2014

[Lyon] Soirée de soutien aux inculpé.e.s du 15 octobre 2011 à Rome – Vendredi 25 avril 2014

Vendredi 25 avril : concert en soutien aux révoltées/s du 15 octobre 2011 à Rome

concertLyonSoutien15102011

Avec Leisfa (DIY punk, Gênes), Attrito (Punk HXC, Trento), Cocks (punk rock, Gênes), Défaite (Punk, Lyon) + guest

Il y aura aussi un infokioske, de la bouffe vegan, des projections, etc. Entrée prix libre. 20H-02H dans un squat de Lyon, pour avoir l’adresse, envoie un mail à : [email protected]

[email protected]_______________

Sur la répression en Italie

Le 15 octobre 2011 à Rome, des centaines de milliers de personnes laissent éclater leur rage dans les rues de la ville. Assez vite, des banques sont attaquées, une annexe du Ministère de la Défense brûle, des dizaines de bagnoles de bourge et un car de Carabinieri (équivalent des gendarmes mobiles) n’en font pas moins, et pendant plusieurs heures, c’est tout le quartier de la Piazza San Giovani qui est le théâtre de durs affrontements entre flics et manifestantes/s. Les keufs italiens débordés n’ont fait que peu d’arrestation le jour là. C’est 6 mois plus tard que l’État frappe durement en arrêtant 18 personnes au petit matin. Certaines/s ont déjà pris 6 ans de taule pour quelques bris de vitres et quelques cailloux balancés, d’autres attendent encore un jugement. Comme leurs prédecesseures/s des émeutes de Gênes en 2001, elles/ils risquent entre 3 et 15 ans de prison.

Soyons activement solidaires et complices envers les révoltées/s du 15 octobre 2011; envers les 4 No Tav accusées/s de sabotage et incarcérées/s depuis décembre 2013; envers Gianluca et Adriano, anarchistes vegan accusés de sabotages et d’attaques incendiaires contre des banques, des multinationales et des entreprises qui exploitent les animaux; mais aussi envers toutes les autres personnes en prison.

Libere/i tutte/i !

Transmis par mail, 21/04/2014

[Rome, Italie] Résistance émeutière face à l’expulsion d’un squat et solidarité active avec les 6 arrêtés des émeutes du 12 avril

L’expulsion de 350 familles tourne à l’émeute à Rome

Des échauffourées se sont produites à Rome mercredi devant un immeuble abandonné transformé en squat, quand la police est intervenue pour en expulser quelque 350 familles pauvres qui y habitaient.

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Ces familles composées d’Italiens et d’immigrants occupaient le bâtiment abandonné, propriété d’une compagnie publique d’assurances, en raison du manque chronique d’offres de logements bon marché dans la capitale.

Entre 100 et 150 policiers sont intervenus à la mi-journée avec des matraques contre 200 protestataires qui manifestaient devant l’immeuble délabré, tentant d’empêcher les forces de l’ordre d’y pénétrer. Des squatteurs sur le toit tapaient sur des pots en métal, pour marquer leur solidarité avec les manifestants qui se trouvaient dehors.

sgombero-montagnola2Plusieurs personnes ont été blessées, dont un homme qui saignait de la tête et une femme qui avait une jambe cassée, a constaté un photographe de l’AFP.

sgombero-montagnola1

rome1604-2Tout le quartier au sud de Rome, près de la grande avenue Cristoforo Colombo, avait été bouclé par la police. « L’évacuation va continuer, et nous arrêterons tous ceux qui s’y opposent », a déclaré un porte-parole de la police romaine.

Fin mars, le gouvernement italien a lancé un vaste plan d’aides au logement pour les plus pauvres prévoyant 200 millions d’euros pour 2014 et 2015. Jugé insuffisant, il a été au coeur d’une manifestation samedi à Rome, qui a dégénéré en scènes de guérilla urbaine*.

Les militants préfèreraient que Matteo Renzi s’attaque aux logements vides pour les allouer aux familles dans le besoin. Selon une enquête du magazine Panorama parue le mois dernier, 50.000 appartements seraient sans locataire dans la seule ville de Rome.

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Leur presse – Belga via 7sur7.be, 16/04/2014 à 15h48

Note du blog:

*media_l_6656344Samedi 12 avril, des émeutes ont réveillé la manifestation rassemblant des travailleurs de partout, des chômeurs et précaires, des militant-es No TAV, des étudiant-es, des squatters … Un manifestant a perdu une main en voulant balancer un pétard sur les flics. A plusieurs moments du parcours, des cordons de flics anti-émeute ont été attaqués avec des pierres et des pétards par des manifestant-es cagoulé-es. Il y a eu des dizaines d’autres blessé-es et six personnes arrêtées. Plus de 2000 flics quadrillaient la ville.  Ce mercredi 16 avril, des solidaires se sont pointés devant la prison de Regina Coeli pour exiger la libération des six personnes arrêtées suite à la manif de samedi dernier.

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Repris de leur presse

[Nantes/NDdL] Vague d’arrestations et peines de prison ferme suite à la manif du 22 février dernier

Notre-Dame-des-Landes : jusqu’à un an de prison ferme pour des activistes

En février, une manifestation à Nantes contre le projet d’aéroport avait dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.

Quatre hommes ont été condamnés mardi à Nantes en comparution immédiate à des peines allant de quatre mois de prison avec sursis à un an ferme, pour des dégradations et des violences commises lors de la manifestation nantaise du 22 février contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’un des prévenus a écopé d’un an de prison ferme avec mandat de dépôt pour des jets de projectiles sur des policiers, sans ITT (interruption temporaire de travail), et «fabrication d’engin explosif artisanal», en l’occurrence des canettes fumigènes. Des faits pour lesquels le parquet avait notamment requis six mois de prison et un mandat de dépôt, en raison du casier judiciaire du prévenu.

Deux autres jeunes hommes, âgés de 20 à 30 ans, ont été condamnés sans mandat de dépôt, par le tribunal correctionnel de Nantes, à des peines de quatre mois de prison ferme pour le premier et de deux mois de prison ferme avec révocation d’un sursis de deux mois, pour le second. Ils étaient poursuivis, l’un pour dégradations et vols en récidive commis dans les locaux de la TAN, les transports en commun de Nantes, et l’autre pour des jets de pierres sur des policiers. Le quatrième prévenu, âgé de 53 ans, poursuivi pour violences sur des policiers sans ITT, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Au total, sept personnes interpellées lundi à Nantes ont été convoquées devant la justice.

Deux mineurs seront déférés devant le juge des enfants pour des faits de violences sur les forces de l’ordre – des jets de bouteille et de pavés – et dégradations d’un local Vinci, le groupe concessionnaire du futur aéroport. Le dernier individu se verra délivrer une convocation par un officier de police judiciaire aux fins de comparaître ultérieurement devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences par jets de pétards contre les forces de l’ordre.

La manifestation anti-aéroport avait rassemblé, le 22 février à Nantes, un nombre record de participants (20 000 à 60 000 personnes selon les sources) et avait dégénéré. Une dizaine de policiers et gendarmes avaient été blessés et hospitalisés, selon la préfecture, et 14 personnes avaient été interpellées. Cinq jeunes gens, interpellés lors de la manifestation, ont par ailleurs été condamnés fin février à des peines allant de travaux d’intérêt général à de la prison ferme mais sans mandat de dépôt.

AFP via liberation.fr, 02/04/2014

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Arrestations suite à la manif du 22 fév. contre l’aéroport #NDDL : procès du 1er avril

[…] Dès le début d’après-midi, la salle de comparution immédiate du Tribunal de Grande Instance de Nantes est bondée. 

Des journaliste sont venus se régaler de la répression qu’ils ont complaisamment attisée contre les manifestant-e-s.

La Justice, à grand renfort de couverture médiatique, a décidé de s’acharner contre les manifestants perquisitionnés et arrêtés à Nantes au lendemain du triomphe du premier flic de France.

Les dossiers sont vides. La procureure à bien du mal à camoufler l’absence d’enquête sérieuse menées par les 30 flics spéciaux dépêchés à Nantes suite à la manifestation. La volonté de faire des exemples est évidente. Les prévenus passent en comparution immédiate, sans avoir pu préparer leur défense.

Après une parodie de procès dont les étapes sont écrites à l’avance, les peines s’abattent froidement sur les prévenus comme sur le public. Insupportables.

Une figure associative nantaise de 53 ans écope de 4 mois de prison avec sursis. Gratuitement. P. n’a pourtant aucun antécédent, à part celui de lutter pour le droit des sans abris. La peine est purement arbitraire : le prévenu est soupçonné d’avoir renvoyé vers les flics un seul des milliers de palets de lacrymogènes propulsés sur la foule à coups de lance-grenades. Puni pour avoir, à son échelle dérisoire, renvoyé la violence à l’envoyeur.

Deux jeunes manifestants, J. et G., soupçonnés d’avoir également résisté à la violence policière et pour l’un d’avoir récupéré un T-Shirt dans le local de la TAN écopent tous deux de prison ferme : 4 et 5 mois de taule. Des peines d’abattage. Il n’y a pas de mandat de dépôt pour eux.

Le coup de marteau le plus violent concerne le dernier prévenu, E., 23 ans. Militant déjà ciblé de nombreuses fois par le passé par les policiers, il est accusé d’avoir fabriqué un fumigène. Alors que la procureur requiert la lourde peine de 6 mois de taule, le Juge aux ordres décide carrément de multiplier par deux ces réquisitions déjà iniques. Il prononce 1 an de prison ferme pour E. Avec mandat de dépôt.

Perquisitionné hier matin, il part à la prison de Nantes ce soir. Les flics, évidemment présents en nombre, arborent un sourire satisfait.

La foule se met à crier de colère, à insulter les juges, la Justice. La salle est évacuée par des policiers nerveux alors que la copine et le bébé de E. sont empêché de lui glisser un dernier mot, une dernière caresse, avant qu’il soit transféré.

Une centaine de personnes défile ce soir en cortège jusqu’au centre ville en criant sa rage contre la Justice.

nantesAntirep

Pas de Justice, pas de paix !

Solidarité avec les inculpés !

Repris d’indymedia Nantes, 2 avril 2014

NdCNE:

Dans la matinée de lundi 31 mars 2014, la police a annoncé via leurs organes de communication de la presse qu’une vague d’interpellations avaient eu lieu à Nantes en lien avec la manif émeutière du 22 février: 8 à 10 personnes ont été arrêtées, deux ont été disculpées.

[Balkans] Entretiens avec une anarchiste de Bosnie sur la rébellion de février

Ces deux textes sont des entretiens avec une anarchiste vivant en Bosnie, qui sont arrivés dans la boîte mail du blog. Malgré des passages redondants, ils donnent un aperçu de ce qu’il s’est passé là-bas et des pratiques anarchistes en Bosnie & Herzégovine:

Interview avec l’anarchiste bosnienne Lo, 19.02.14

tuzla0502eDurant les jours qui suivirent le 7 février (jour des manifestations massives en Bosnie). Les rues étaient vides et la police enquêtait, prenant notamment les enregistrements des médias qui avaient couvert les manifestations pour tenter de ficher les manifestants. Pendant la nuit, ils chassaient les manifestants à coup de gaz. Les médias prétendent qu’ils se sont limités à l’utilisation de gaz mais ce n’est pas vrai. Ils ont aussi fait usage de grenade qu’ils lançaient sur les gens. J’ai vu des gens en réel état de choc mais qui ne pleuraient pas, comme c’est le cas avec les gaz lacrymogènes. De plus, il règnait comme un parfum acide. Une vraie crasse ! Tout le centre de Sarajevo était contaminé. Nous avons fui. Deux heures après la dispersion de la manifestation, un ami m’a appelé pour me dire que la police spéciale anti-terroriste avait fait irruption chez lui. Il a été arrêté. Ils ont saisi son ordianteur, son téléphone, des documents. Encore un de nos camarades arrêtés. En tout, 33 personnes ont été arrêtées aux cours des manifestations. Neuf d’entre elles sont mineurs. J’ai vu moi même comment ils ont arrêté un adolescent de seize ans. J’ai essayé de l’aider mais six policiers m’ont menacé avec leur armes. Neuf d’entre nous se sont alors rendu au commissariat pour tenter de faire libérer ceux qui ont été arrêtés.

Dis-moi, la population de Bosnie-Herzégovine serait-elle prête à prendre les armes ?

Il y a beaucoup d’armes ici depuis le temps de la guerre, les armes sont restées dans le pays mais les gens n’en font plus usage. Cela n’arriverait qu’au cas où l’armée ou la police ferait usage d’armes contre la population.

Y a-t-il beaucoup d’anarchistes en B-H ?

Pas trop. Le mouvement anarchiste est très jeune en Bosnie. Il y a trois ans, à mes débuts en tant qu’activiste, il n’y avait pas d’anarchistes à Sarajevo. Dans toute la Bosnie, on ne comptait que peu d’activistes et séparés les uns des autres par de grandes distances. On a commencé à diffuser nos idées dans la rue et sur internet, rencontré de nouvelles personnes intéressées par les idées anarchistes. Ce qui ressort du mouvement aujourd’hui, c’est l’absence d’organisation. Nous avons la platforme « slobodari » et des anarchistes individuels reliés autour d’une idée commune. A présent, nous nous concentrons sur l’idée d’une organisation, nous verrons ce qui resortira de ça… Mais je dois dire que les anarchistes sont très actifs dans le mouvement contestataire en B-H. A part cela, on pense à un Balkanese Anarchist Black Cross. Et enfin, nous avons l’action Food Not Bomb, qui continue tous les samedis, également pendant la période des manifestations.

Pour le moment en B-H sont organisées des assemblées regroupant les habitants, les travailleurs, des étudiants, … ayant chacun différentes exigences et critiquant tous les partis politiques. C’est une réelle forme de démocratie directe. Approuvez-vous cela ? Y participez vous ? Approuvez-vous l’idée de démocratie directe comme alternative au système politique actuel ?

Oui, oui, bien sûr, nous participons à toutes les assemblées. Par exemple, aujourd’hui, il y a eu trois assemblées auxquelles nous avons participé. En réunion, les gens ont pris la décision que, quelles que soient les revendications, sans démocratie directe, nous ne ferons rien. Maintenant, l’idée c’est d’organiser des assemblées dans chaque quartier de Sarajevo auxquelles participerait une ou deux personnes de chaque quartier afin de pouvoir y formuler et diffuser les idées communes à leur quartier à toute la ville. Nous appelons ces assemblées populaires « capacité de production ». J’ai au début pensé que rien ne ressortirait de tout cela, que personne ne participerait, que les ONG présentes contrôleraient tout. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. 

Et comment imaginez-vous la société future, dans les cas où le mouvement en B-H parvient à faire aboutir les revendications du peuple? Comment voudriez-vous une société anarchiste ? Structurée ? Comment seraient alors organisées les usines et les quartiers de la ville ?

Je pense réellement que nous assistons déjà à une forme d’organisation anarchiste et nous nous efforçons de continuer dans ce sens. Les assemblées sont des choses indispensables, pas seulement parce que là-bas, chacun peu exprimer ses idées et ses exigences mais aussi parce que les gens y participant apprennent à s’écouter, à se conseiller mutuellement, à échanger les uns avec les autres, discutant avec des gens avec lesquels ils n’auraient jamais parlé dans une autre situation, et au cours de ces assemblées, on peut sentir une énergie positive, constructive. Les jeunes qu’on qualifiait de « problématiques » participent également aux assemblées et aux débats, formulent des exigences politiques. Ici, dans l’action sociale, on peut sentir un esprit anarchiste: les gens ne croient pas aux partis, s’auto-organisent et ce, sans avoir aucune idée d’anarchie. Il me semble qu’en B-H, beaucoup de personnes sont anarchistes dans l’âme. Quelque chose que mon esprit bosnien ne pourra jamais comprendre, c’est pourquoi les partis d’opposition sont représentés sur la place Maidan en Ukraine. Ici, cette situation est impossible. Les habitants de la région se méfient de tous ceux qui dirigent le pays.

Quelle est la raison de la mauvaise relation avec les partis politiques ?

Les gens sont mécontents du travail des partis politiques. Il est important de souligner que beaucoup de gens ici ont été tués parce qu’il y a vingt ans, les partis ont déclenché la guerre. Une guerre d’argent et d’intérêts politiques. C’est pour cela, qu’aujourd’hui, les gens ont compris que les partis ne travaillent jamais pour les intérêts du peuple mais seulement pour l’intérêt du parti, et, de temps en temps, une coopération entre différents partis est possible. Dans le même esprit, il y a un mécontentement à l’égard des ONG qui travaillent également dans leurs propres intérêts et sont d’ailleurs souvent financées par la CIA.

Est-il vrai que, durant les manifestations, beaucoup de travailleurs étaient présents pour protester contre la privatisation des usines, le chômage, etc… ?

Bien-sûr, les manifestations ont commencé grâce aux travailleurs. A Tuzla, les travailleurs sont descendus dans la rue tous les mercredis pendant trois-quatre mois. Ensuite, beaucoup d’autres les ont rejoints. Ils ont tenté de pénétrer un bâtiment gouvernemental, convaincus que le gouvernement ne répondrait pas à leurs exigences et ne prendrait aucune décision pour résoudre les problèmes actuels. Aujourd’hui, il y a des assemblées populaires à Sarajevo dans des Maisons des Jeunes, dans des salles de concerts. Au début, nous voulions organiser les assemblées dans les locaux de la radio étudiante mais l’espace était insuffisant pour y accueillir tout le monde. Nous avons alors forcé le gouvernement local à nous accorder le droit d’occuper n’importe quelle salle publique pour y organiser les assemblées. Et oui, les travailleurs participent aux assemblées, ils sont très nombreux. Nous n’avons pas d’élément bourgeois. Au début, quelques professeurs d’une jeunesse dorée se masturbaient sur notre révolution. Mais cela n’a pas duré. La fille d’un riche buisnessman de Sarajevo (Ejup Ganić) a d’ailleurs écrit à quel point elle n’approuvait pas notre « action violente » et ne voulait pas se sentir appliquée dans une révolution qui peut-être, un jour, brûlera ses biens (sa maison vaut deux millions de dollars).

Est-il possible qu’à l’avenir, les usines passent sous le contrôle de l’assemblée des travailleurs ? Est-ce une transaction vers l’autonomie des usines ?

Oui, c’est possible. Et nous comptons bien faire entendre la voix de cette exigence. Nous devons être vigilants pour le moment. Etape par étape, il faut montrer aux gens, à travers des exemples concrets que le système capitaliste ne fonctionne pas; montrer sans forcer, sans hystérie et alors, nous pourrons faire entendre des exigences que jamais les politiques ne pourront mettre en oeuvre ou même formuler. A côté de ça, on sent le risque de l’utilisation de la violence par le gouvernement. Ces derniers temps, les gens ont tristement découvert que nous vivons dans un état policier. Auparavant, il n’y avait pas ce genre de problème avec la police. Ils ne frappaient pas les gens ouvertement dans la rue mais maintenant, tous ont bien vu comment ils frappent et arrêtent les gens et ils commencent à comprendre à qui la police sert. C’est, par exemple, la même chose avec les médias. Les médias de B-H tentent de présenter les manifestants comme des hooligans, des casseurs, des bandits. Ils ont fait récemment un reportage sur nous où il était dit qu’un manifestant avait été arrêté avec 13 kg de speed sur lui bien que l’arrestation avait eu lieu dans une partie de la ville différente de celle où avaient eu lieu les manifestations. (Par la suite, ils furent bien obligés d’admettre que c’était faux, il ne s’agissait pas du tout d’un manifestant) Je voudrais aborder quelque chose: en Ukraine, sur la place Maidan, il y a beaucoup de groupes nationalistes puissants. Bien sûr, la grande majorité de la population ne fait aucunement partie de ces groupes nationalistes. Ce qui unit principalement les gens, c’est la lutte pour le pouvoir au peuple et contre l’état policier. Mais tous les nationalistes n’en sont pas moins forts.

Quelle est la relation avec le nationalisme dans le mouvement protestataire en B-H ?

Nous savons que le mouvement ukrainien est « plus à droite » que le nôtre. En B-H, nous avons réalisé que le nationalisme est un masque que le gouvernement ou les partis politiques utilisent afin de servir leur intérêt au détriment du peuple. Le peuple de Bosnie a bien vu comment les leaders nationalistes des différents groupes ethniques ont collaboré entre eux en même temps qu’ils se disputaient comme par formalité. Il est devenu clair ici que toute cette merde n’est d’aucune utilité pour les gens ordinaires. Les nationalistes, quand ils sont actifs, s’unissent simplement contre tous les autres.

Tu veux dire qu’il faut traverser l’horreur de la guerre de Bosnie, le nettoyage ethnique et 20 ans de nationalisme pour comprendre que le nationalisme n’est pas une solution ?

Eh bien, dans un sens, oui. Nous, les jeunes, nous sommes une génération habituée à la propagande nationaliste et cela a fini par nous faire antifascistes. Tu sais, on voit la génération de nos parents qui s’est battue pour « la liberté », pour « le pays » et, à la fin, ils ont été complètement rejetés par ce même état dont ils ont payé l’indépendance par leur sang. Il est important de dire qu’à l’heure actuelle, il y a un rejet du débat autour de la « capture » de la République Serbe (une des trois parties composantes de la B-H). Le président de la République Serbe joue sur cette carte, prétendant que nous sommes des nazis bosniens et que nous planifions d’anéantir les serbes. C’est un pur mensonge, les manifestants ont, à plusieurs reprises, affirmé qu’ils n’avaient aucunement de telles intentions dans les relations bosno-serbes. Les serbes doivent eux-mêmes décider de comment ils veulent vivre, ce n’est pas à nous de le faire. Bien-sûr, dans un même temps, nous ne sommes pas contre le fait d’aider les serbes si cela est nécessaire. Aujourd’hui la situation est ainsi en B-H: le pays est divisé en différentes parties: la Fédération Bosno-croate (musulmans et croates) et la République Serbe. Nous avons trois présidents. Il n’y a aucune décision politique dans la Fédération Bosno-croate qui ne puisse être prise sans l’accord du président de la République Serbe et vise-versa. Ce système politique ne marche pas bien et n’est que le résultat de la guerre et des accords de Dayton. Mais quoi qu’il en soit, il n’y a aucun de ces trois présidents qui travaille réellement dans l’intérêt du peuple. En réalité, il n’y a que deux possibilités: l’union de tous avec tous ou la séparation avec la République Serbe. Si les serbes veulent vivre dans leur propre Etat, c’est leur choix, nous, nous allons continuer notre révolution. Je ne suis pas une idiote, je n’ai pas l’intention de forcer les serbes à vivre dans une Bosnie unifiée comme a tenté de le faire la génération de nos parents. Pour que tout soit claire: Je crois que les bosniens ont le droit de se défendre en cas d’agression serbe mais la situation actuelle est différente. Il est important de dire qu’aujourd’hui, l’armée bosnienne n’est plus constituée d’hommes ayant pris les armes pour défendre leur famille comme ce fut le cas pendant la guerre. Aujourd’hui les soldats travaillent pour l’Etat.

Peut-on sentir un vent contestataire dans la partie serbe de la B-H ? Cela aurait-il alors un lien avec les manifestations à Tuzal, Sarajevo et Mostar. Et aussi, durant les manifestations, comment sont reliés les uns aux autres musulmans et croates ?

Sarajevo, Tuzal et Mostar font partie de la Fédération Bosno-croate. Dans la République serbe, il n’y a pas d’important mouvement contestataire. Quelques groupes ont tenté d’organiser des manifestations quand des nazis serbes manifestaient en scandant les noms de criminels de guerre serbes. Mais les nazis les ont dispersés en scandant des slogans type : »nous sommes serbes« , « nous ne voulons pas de la Bosnie ». Mostar est divisée en deux parties: la partie musulmane et la partie croate mais quand les manifestations ont commencé, les gens se sont unis. Musulmans et croates se sont unis. Ensemble, ils assistent aux assemblées, ils prennent les décisions ensemble. Je n’ai jamais pensé que cela se produirait un jour et maintenant, je suis fière de faire partie de tout ça.

Te sens-tu bosnienne toi même ? Et si oui, ça ne te dérange pas d’être également internationaliste ?

Je suis internationaliste, bien sûr, mais il y a une grande différence entre groupe ethnique et nation. La nation, c’est quelque chose qui a un lieu avec l’Etat. L’ethnie, c’est une culture locale, une façon de vivre. Pour tout ce qui concerne la culture, les relations humaines, l’art, tout ça est lié à l’ethnie, elle a une impacte sur le comportement des gens, c’est une façon de vivre. C’est quelque chose qui doit être respecté.

Peut-on sentir une propagation de l’esprit contestataire dans d’autres régions de l’Ex-Yougoslavie ?

Oui, c’est possible. Par exemple, au Monténégro, ils ont déjà commencé à manifester.

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Interview avec l’anarchiste bosnienne Lo, 25.03.14

Deux mois après le début du mouvement contestataire en Bosnie Herzégovine, que ressort-il du mouvement ? Organisez-vous toujours des assemblées populaires, avez-vous réussi à faire entendre vos exigences auprès du gouvernement ?

Il n’y a plus de manifestations pour le moment. Différents éléments en sont la cause : la forte répression policière d’une part, la propagande politique et médiatique d’autre part. Au début les assemblées, plenium, débordaient d’une énergie réellement positive. Mais les ONG ont fini par prendre contrôle du mouvement. Ils ont tenté d’imposer leur organisation et ont, par leur discours et leur actes divisés les personnes qui participaient aux plenium et aux assemblées. Il y eu des délations de la part de certains manifestants à l’encontre de d’autres manifestatnts qui avaient choisi l’action directe au cour des manifestations. Les pleniums sont aujourd’hui décrédibilisés. Le gouvernement n’est plus effrayé par la puissance des pleniums ou des manifestations maintenant que le mouvement s’est fait pacifié. Quand nous avons essayé de créer un mouvement commun afin de faire libérer les gens qui avaient été arrêtés au cours des manifestations, les représentants des ONG se sont mis à différencier les manifestants entre « bons » et « mauvais » manifestants. Quand notre compagnon Nihal a été arrêté, j’ai essayé d’aller solliciter le soutien des ONG mais ils m’ont répondu que Nihal devait payer pour avoir brûlé des choses. Nous pensions au début que 33 personnes avaient été arrêtées. Nous avons par la suite appris qu’ils étaient plus nombreux. La police prétend parfois avoir libéré des gens quand ce n’est pas vrai. Au commissariat, les gens ont été frappés, tazés et humiliés par la police. Aujourd’hui, les pleniums ne font plus sens. Les membres des ONG qui ont pris le contrôle du mouvement ont brisé la philosophie du mouvemet en invitant des personnalités politiques aux pleniums, notamment le représentant bosnien à la communauté internationale, Valentin Inzko ainsi que Nicholas Hill, un délégué du parlement italien, allez savoir pourquoi. La seule explication logique que je vois dans la monopolisation des plenium par les ONG est qu’ils comptent utiliser les pleniums pour monter leurs propres projets et ensuite demander un soutien financier à l’ambassade des Etats-Unis; car nous savons que les membres des ONG sont liés avec l’ambassade des Etats Unis à Sarajevo. Au premiers pleniums, on comptait entre 1000 et 2000 participants, aujourd’hui, c’est 100 à 200 personnes qui assistent aux pleniums. Beaucoup de personnes ont délaissé les pleniums car ils connaissent le mode de fonctionnement des ONG et s’en méfient.

Les pleniums réunissaient des personnes différentes, étudiants, travailleurs, vétérans de la guerre, comment tous ces gens réagissent-ils à la tournure qu’ont pris les manifestations ? Comment réagissent-ils à la présence des ONG ?

Quand les manifestations se sont faites plus violentes, beaucoup des personnes plus âgées, qui avaient connu la guerre, comprenaient que parfois, c’est l’unique chemin pour se faire entendre, pour changer les choses, et nous avons changé fait évoluer certaine chose avec ces manifestations et les pleniums. Par exemple, les politiciens, avant, après la fin de leur service, continuaient à toucher leur salaire pendant vingt mois. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il faut savoir que toutes les ONG présentes pendant les manifestations appartiennent toutes à un parti politique ou ont le soutien des USA. Les gens ne croient donc plus aux ONG et ont délaissé le mouvement quand ils ont pris trop d’influence. Et comme nous n’avons pas d’organisation derrière pour continuer à rassembler les gens. Le mouvement risque de s’éteidre simplement.

Tout le mouvement de B-H est donc parti d’un mouvement spontané. Sans l’influence d’une quelconque organisation ?

A Sarajevo, les gens voulaient au départ seulement montrer leur solidarité avec le mouvement de Tuzla. Les manifestants ont directement subi une forte répression de la part de la police. Des manifestants ont été jetés dans la rivière dépuis les ponts de la ville ! Ils menaçaient les gens de leur armes. Une vieille dame est décédée d’une crise cardiaque quand la police essayait de l’empêcher de protester. Nous avons pour le moment le projet d’ouvrir un lieu alternatif dans un immeuble abandonné de la ville afin que les gens puissent continuer à se retrouver, échanger leurs idées et poursuivre le mouvement dans son énergie de départ, sans l’influence des ONG. Les gens ici se méfient de la politique au point que si tu viens vers eux avec un discours politique, ils te demandent immédiatement de quel parti tu viens. Dans leur tête c’est, soit tu n’es pas politisé, soit tu travailles pour la politique. Nous voulons un endroit où les gens pourraient avoir des idées politiques tout en restant libres des partis ou des ONG. On entend souvent parler d’une «révolution bosnienne». Ce n’est pas vraiment un révolution, c’est une évolution. Les gens de B-H ne parlent jamais de lutte des classe, ici il y a la division ethnique ou nationale. Mais aujourd’hui, nous avons pu voir musulmans et croates manifester ensemble, sans différenciation. Les gens commencent à réaliser qu’ils sont pareils, avec les mêmes problèmes et que le problème n’est pas à chercher chez le voisin mais bien du côté des dirigeants. Le peuple a vécu dans sa chair que ni ONG, ni politiques ne lui viendraient en aide.

Peut-on sentir le même esprit contestataire dans la partie serbe de la B-H ?

Il n’y a pas de manifestations massives en République Serbe (partie serbe de la B-H). Quelques marches ont été organisées par les ONG pour montrer leur solidarité avec notre mouvement. Il y a deux semaines et avant-hier, des rassemblements de vétérans de la guerre ont eu lieu en République Serbe, en soutien au mouvement en Bosnie. C’est une réelle évolution car il y a une forte propagande politique pour diviser les différents groupes ethniques de la B-H. Mais les gens commencent à comprendre qu’avec notre sang, les politiques ont fait et font leur argent.

Les gens en B-H n’avaient donc aucune idée de ce qu’est l’anarchie.Y a-t-il plus d’anarchistes en B-H qu’avant le 7 avril ? Le mouvement a-t-il pris de l’importance ?

Les gens qui ont assisté aux manifestations, ont commencé à avoir une idée positive de l’Anarchie. Avant ces événements, les seules personnes s’affichant comme proche de l’anarchie étaient les membre des ONG et, de manière générale, ils n’étaient pas appréciés. Aujourd’hui les gens ont compris qu’il y a une réelle lute derrière. Le mouvement évolue sur un chemin postif, c’est certain. Les gens écoeurés de la politique commencent à s’intéresser à l’anarchie, toute génération confondue. Avant, à cause de la guerre, du nationalisme et toute cette merde, il n’y avait pas de place pour l’anarchisme.

Les pleniums ont-ils permis aux travailleurs, aux étudiants, aux retraités, aux habitants de faire entendre leur voix ? Vous avez formulé des exigences via la plateforme slobodari. Quand est-il de tout cela ?

Les pleniums n’ont pas pu atteindre leur but de ce point de vue. Les gens ont quitté les plenium car ils ne s’y reconnaissaient plus. Les travailleurs ont repris le travail, les manifestations n’ont plus lieu. Mais je suis certaine que bientôt les gens vont redescendre dans la rue. Justement parce nous n’avons pas terminé. Le mouvement spontané du peuple a été avorté par les ONG. Le problème de base est le manque d’organisation. Les gens ne savent simplement pas comment s’organiser pour être forts.

Quelle est la base du mécontentement en Bosnie ?

Il n’y a rien ici. Le salaire moyen est de 150 € par mois, le salaire minimum est de 20€ par mois. La pension minimum, 1€ par mois. Aucune aide n’est apportée aux étudiants. A la sortie de l’université, il y a beaucoup de discrimination entre les étudiants, beaucoup de diplômés finiront avec des boulots sans rapport avec leur études et beaucoup seront sans emplois. D’un autre côté, nos politiciens sont parmi les mieux payés d’Europe. La corruption est un réel problème. Et les politiciens, avec leur discours nationalistes, détournent l’attention du peuple. Aujourd’hui les gens, y compris ceux qui ont connu la guerre, ont compris beaucoup de choses et le nationalisme n’est plus populaire. Aujourd’hui, nous sommes ensemble, contre les politiques.

Comment vois-tu le futur de la B-H ?

La seul solution c’est changer notre système politique. Les gens sont écoeurés de ce système qui n’est que le résultat de la guerre et des accords de Dayton. Mais ce système plaît aux politiques, s’ils avaient voulu changer le système, ils l’auraient fait. Le système politique est fait pour diviser le peuple tout en l’exploitant et exploitant la haine entre les différents groupes ethniques. Et derrière ce masque, les politiciens s’entendent très bien. Par exemple, le fils du président de la République Serbe est marié à une musulmane. Notre président en était ravi. Et parallèlement à cela, le président de la République Serbe présente le mouvement en Bosnie comme un mouvement dangereux pour les serbes. Il a même prétendu que nous avions acheté des armes en vue d’attaquer les serbes. Ces gens font la fête ensemble et ensuite nous vendent un discours de haine. Quoi qu’il en soit, si les serbes de Bosnie veulent leur indépendance, ils ont le choix. Nous, nous allons tout faire pour que notre mouvement ne s’essouffle pas. A Tuzla, les travailleurs ont organisé les pleniums dans les usines. J’espère qu’ils parviendront à s’organiser en syndicats indépendants. Il y a des syndicats en B-H mais tous appartiennent à un parti politique. Il y aussi une loi en B-H selon laquelle, dans chaque contrat de travail signé par les travailleurs, il est mentionné l’interdiction d’entrer en grève. Ca peut vous conduire en prison. Par exemple, durant les manifestations, un policier a enlevé son casque alors que ses collègues attaquaient les manifestants ; il ne voulait pas nous frapper, il voulait nous parler. Je ne fais pas l’apologie de la police, ils restent ce qu’ils sont mais il faut quand même comprendre que la situation ici est différente de ce qu’elle peut être en Europe. Si le policier refuse de travailler et rejoint les manifestants, il risque 15 ans de prison. Certains policiers demandaient aux manifestants de rester pacifistes car sinon, ils n’auraient « pas le choix » de nous frapper. Ici, les policiers qui ont autour de 40 ans sont pour beaucoup d’entre eux des anciens membres de l’armée non-officiel de Bosnie qui, durant la guerre, était constituée d’hommes qui avaient pris les armes pour défendre leur famille. Aujourd’hui, ils se retrouvent de l’autre côté de la barrière. Nous en avons vu plus d’un pleurer. Mais cela ne les empêchait pas de nous frapper.

Avez-vous des camarades qui sont toujours en prison ?

Oui, nous avons 6 camarades qui ont été arrêtés suite aux manifestations. Aujourd’hui tous ont été libéré mis à part Nihal. Tous sont en attente de leur sentence, accusés de terrorisme. Nous ne savons pas pourquoi Nihal n’a pas pu être libéré. Je pense que c’est parce qu’il a reconnu avoir brûlé des archives gouvernementales. Accusé de terrorisme, il risque de 10 à 20 ans de prison. Nihal, comme beaucoup de bosniens, avait toutes les raisons d’être en colère. Pendant cinq mois il n’a pas touché son salaire. Ca arrive parfois ici, il y a beaucoup de personnes qui ne touchent pas l’argent pour lequel ils ont travaillé, les gens sont en colère. Pour Nihal, bien sûr, il a perdu son travail car il est en prison et il n’aura jamais ses cinq mois de salaires. Maintenant, nous avons trouvé un avocat qui s’occupe des six personnes accusées de terrorisme dont Nihal. Nous sommes en attente de la sentence. Le 7 avril, ça fera un mois que Nihal est en prison, ils seront obligés de le relâcher si les juges ne donnent pas la sentence. Pour le moment nous attendons.

Reçu par mail, mercredi 26 mars 2014

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Balkans: actions en solidarité avec la rébellion en Bosnie-Herzégovine

En février 2014, les anarchistes et antifascistes de Niš, Belgrade, Novi Sad, Skopje, Sombor, Zagreb, Ljubljana et Rijeka ont mené des actions en solidarité avec la rébellion récente en Bosnie-Herzégovine.

« Nous soutenons la révolte de la population en Bosnie-Herzégovine. Nous savons qu’un grand nombre de nos concitoyens pensent de la même façon. Les gens des deux côtés de la Drina ont faim, et nous espérons que les manifestations dans la région voisine vont secouer la Serbie endormie. Nous appelons les gens à ne pas se soumettre à des histoires d’aspirations nationalistes et de lasale propagande, et à s’unir contre l’ennemi commun: le capitalisme et l’État. Travailleurs, vous avez faim à cause d’eux. A cause des parasites, des sangsues et des voleurs, et pas à cause de quelqu’un de l’autre côté du fleuve dont tu ne connais même pas le nom et qui est dans ​​la même merde que toi« , a déclaré un antifasciste de Niš.

Source: blogtipomogo (i, ii)

photo A: "Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre les élites politiques (A)" Photo B: "Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre le FMI et la Banque Mondiale (A)"

Belgrade -
photo A: « Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre les élites politiques (A) »

Photo B: « Pour une libération anationale de la Bosnie-Herzégovine. Contre le FMI et la Banque Mondiale (A) »

 

Ljubljana - a) "burning, burning...» [référence à une chanson hip-hop populaire] b) "Comme en Bosnie, aussi à Ljublj(A)na - contre la dictature du capital"

Ljubljana -
a) « burning, burning…» [référence à une chanson hip-hop populaire]
b) « Comme en Bosnie, aussi à Ljublj(A)na – contre la dictature du capital »

Niš -  a) «Que la révolution éclate, des deux côtés du fleuve Drina - AFA Niš" b) «Soutien à la révolte populaire en Bosnie! - (A)FA Niš". c) "La classe ouvrière contre le capitalisme. Soutien à Tuzla - (A)ntifa Niš ". [AFA = Action Antifasciste]

Niš -
a) «Que la révolution éclate, des deux côtés du fleuve Drina – AFA Niš »
b) «Soutien à la révolte populaire en Bosnie! – (A)FA Niš ».
c) « La classe ouvrière contre le capitalisme. Soutien à Tuzla – (A)ntifa Niš « .
[AFA = Action Antifasciste]

Novi Sad -  a) «Soutien au peuple de B-H, l'AFA." b) «Soutien aux travailleurs de B-H, AFANS." c) "soulevez-vous les gens! Solidarité avec le peuple de B-H, AFANS ". [AFANS = action antifasciste de Novi Sad]

Novi Sad -
a) «Soutien au peuple de B-H, l’AFA. »
b) «Soutien aux travailleurs de B-H, AFANS. »
c) « soulevez-vous les gens! Solidarité avec le peuple de B-H, AFANS « .
[AFANS = action antifasciste de Novi Sad]

Rijeka - a) «Que la B & H soit un exemple pour nous! Rijeka en solidarité »  b) «politiciens et magnats, vous n'avez pas de raison de dormir tranquillement."  c) "Résistance - Rébellion transforme les esclaves en homme".

Rijeka -
a) «Que la B & H soit un exemple pour nous! Rijeka en solidarité »
b) «politiciens et magnats, vous n’avez pas de raison de dormir tranquillement. »
c) « Résistance – la rébellion transforme les esclaves en hommes ».

Skopje -  a) Sur la banderole:. "Solidarité"  b) «Solidarité avec le peuple de B & H. Mort au nationalisme. Un Balkan, une lutte."

Skopje -
a) Sur la banderole:. « Solidarité »
b) «Solidarité avec le peuple de B & H. Mort au nationalisme. Un Balkan, une lutte. »

Zagreb -  a) "Lutte des classes 2014»  b) "Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes" c) "La liberté n'est pas seulement le club de Tuzla."  [Liberté = Sloboda, à Tuzla, il y a un club de football qui s'appelle Sloboda]

Zagreb -
a) « Lutte des classes 2014»
b) « Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes »
c) « La liberté n’est pas seulement le club de Tuzla. »
[Liberté = Sloboda, à Tuzla, il y a un club de football qui s’appelle Sloboda]

En outre, suite à un appel via les réseaux sociaux, deux rassemblements de solidarité ont eu lieu à Belgrade et à Zagreb avec la participation de quelques centaines de personnes de milieux différents (anarchistes, antifascistes, gauchistes, étudiants, travailleurs…).

 Vidéo de Bosnie-Herzégovine, avec des scènes de rassemblement de solidarité à Belgrade, en Serbie ici

Plus d’informations sur les événements en Bosnie-Herzégovine: CrimethInc ii

via contrainfo