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[Durham, USA] En solidarité avec les rebelles du Missouri – 17 octobre 2014

shaw-broken-windowDans la matinée du 17 octobre, l’Arsenal de la Garde nationale à Durham a été la cible d’actes de vandalisme visant à perturber les opérations du week-end de l’établissement.

Nous avons englué cinq serrures différentes pour empêcher l’entrée ou la sortie des véhicules du terrain clôturé, avons enchaîné les portes d’entrée fermées, et laissé un message sur le mur de pierre en face du bâtiment, disant « désobéissons aux ordres. Solidarité avec les rebelles du Missouri. Fuck the police.« 

Ce geste simple a été fait en solidarité avec tous ceux qui luttent contre le harcèlement de la police et l’occupation de leurs quartiers, et en particulier avec les insurgés de Saint-Louis et Ferguson, dont la rébellion historique a abouti à une occupation de la Garde nationale de leur ville. Ils nous rappellent que lorsque la police assassine les pauvres et les gens de couleur, la réaction appropriée est de se révolter.

Nous sommes conscients que notre acte ne va probablement pas causer une perturbation majeure à cet établissement. Ce n’est pas un substitut à d’autres types d’antagonisme et de lutte combative. Néanmoins, nous voyons cela comme un geste en cette période où un tel établissement fournit des véhicules essentiels et des armes afin d’écraser les soulèvements populaires. Si l’avenir semble être la guerre civile, expérimentons le terrain maintenant que plus tard.

Pour ceux qui s’entraînent dans cette établissement, nous vous encourageons à réfléchir dès maintenant à ce que cela signifierait d’ouvrir le feu sur vos propres voisins et membres de la communauté. Certains des soldats les plus courageux de l’histoire ont été ceux qui ont désobéi aux ordres et ont refusé d’écraser un soulèvement populaire. Comment allez-vous vous remémorer cela le moment venu? De quel côté serez-vous? Si c’était ton fils ou ta fille assassiné.e par les flics, de quel côté alors ?

Dans le mépris et la fureur,

Quelques anarchistes de bull city*

Traduit d’anarchistnews, 10/18/2014 à 08:37

* »Bull City » est le surnom donné à la ville de Durham, situé en Caroline du nord

[Tract] Aliam vitam, alio mores* : du 13 au 26 octobre, grande opération policière contre les sans-papiers

arton3926-7e23bPour les deux semaines du 13 au 26 octobre, l’Union Européenne a lancé une opération policière de grande envergure appelée « Mos maiorum« ** visant à lutter contre l’immigration clandestine, mobilisant 18 000 policiers et se traduisant par des contrôles d’identité accrus dirigés vers les personnes sans papiers. Le but est de réaliser une collecte massive d’informations pour mieux connaître la façon dont les sans-papiers sont arrivés là afin de mieux leur barrer la route à l’avenir en ciblant mieux les points de passages à surveiller et en démantelant les réseaux de passeurs. Pour amasser ces informations, la consigne est d’arrêter le plus possible de sans-papiers et de les interroger (âge, sexe, nationalité, date et lieu d’entrée dans l’UE, trajet et moyen de transport, prix payé, destination, éventuels faux papiers, démarches de droit d’asile…).

Tout cela n’est pas une nouveauté, car même si elles risquent d’être plus nombreuses durant cette période, les rafles et les expulsions font rage dans toute l’Europe contre ceux dont les puissants ne veulent pas ou plus. En parallèle à l’effacement relatif des frontières entre les pays de l’UE, les frontières extérieures de l’Europe se ferment de plus en plus violemment à tous ceux qui espèrent trouver ici une vie plus facile et moins dangereuse qu’ailleurs, rejoindre des proches ou fuir une situation jugée invivable.

Mais dans tous les pays (« développés » ou non ), c’est le même système de domination qui pourrit les rapports et les conditions de vie : le capitalisme et l’exploitation économique assignent chacun à un niveau de l’échelle sociale, et plus tu es pauvre, plus ils veillent à ce que tu restes à ta place, à trimer et te laisser humilier, par le patron, le contrôleur, le client, le flic, le juge, le prof…

Les politiques migratoires, en en laissant entrer certains et pas d’autres selon des critères de rentabilité économique, tentent de maîtriser les flux migratoires mais surtout de faire peur à tous par les contrôles, les expulsions ou les séjours en Centres de Rétention pour que la part de sans-papiers tolérés en Europe se tiennent à carreaux, et acculés dans la clandestinité acceptent n’importe quel travail sous-payé sans pouvoir se plaindre de quoi que ce soit. Les frontières et les absurdes identités préfabriquées qui vont avec, les nationalités, sont pour les puissants un outil pour se partager le bétail humain à gouverner, trier les indésirables, diviser les exploités et leur faire accepter des conditions de misère.

Avec cette nouvelle opération, qui a visiblement un but médiatique (faire voir aux bons citoyens que la police travaille et que les États protègent la civilisation des barbares…), la politique européenne anti-immigration va peut-être se renforcer encore, mais pas changer de fond.

Qu’est ce qui peut faire changer la donne ? Nous, les exploités, avec ou sans papiers. Parce que la chasse aux immigrés clandestins est une partie de la guerre que le pouvoir mène tous les jours contre tous les pauvres, les indésirables. Une guerre à laquelle trop souvent on ne riposte pas.

Mais on pourrait s’opposer aux rafles de sans-papiers dans la rue, ou décider de s’en prendre aux institutions, aux entreprises, aux personnes qui rendent possibles l’enfermement et les expulsions. La liste est longue : balances (RATP, banques, bureaux publics), transports utilisés pour les expulsions (SNCF, Air France), constructeurs de centres de rétention (Bouygues, Vinci, Eiffage), associations qui y travaillent et donc les cautionnent (Croix Rouge, Ordre de Malte, Cimade, France Terre d’Asile)…

Pourquoi ne pas partir à l’attaque de tous ceux qui, politiciens, patrons, flics, exploiteurs de toute sorte, font de nos vies un perpétuel esclavage, qu’on ait ou pas leurs papiers ?

À bas toutes les frontières et les nations ! Contre les politiciens, flics et collabos qui les font exister, passons à l’attaque !

* Aliam vitam, alio mores : « Autre vie, autres mœurs »
** Mos maiorum : « Mœurs de nos anciens »

[Tract trouvé dans les rues de Paris, octobre 2014.]

2-30Publié sur non-fides, 16 octobre 2014

[Allemagne] Brèves du désordre depuis les rues de Berlin

[La plupart de ces sabotages et attaques n’ont pas été revendiqués et proviennent des médias dominants; ces multiples attaques s’inscrivent dans une lutte contre la gentrification menée dans plusieurs quartiers berlinois et qui a déjà été évoquée sur le blog ici et ]

Dans la soirée du mardi 30 septembre 2014, un groupe d’une vingtaine de personnes cagoulées a fait irruption dans les rues du quartier Mitte à Berlin, en attaquant les nouveaux immeubles d’habitation de luxe d’Engeldamm avec des pavés et de la peinture verte. Des poubelles et barrières de chantier servant de barricades ont été enflammées au milieu de la rue. Durant cette courte émeute, un magasin de meubles – déjà attaqué en juillet 2014 – a aussi perdu ses vitres. Le groupe a pu s’échapper sans entrave dans l’obscurité berlinoise. Les dégâts matériels sont importants (comme le montrent les photos):

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Cette attaque collective contre les biens de la gentrification est loin d’être une première dans ce secteur. Des attaques similaires contre ces nouvéaux logements se sont déroulées à Engeldamm ces derniers temps:

- 6 juillet 2014: attaque du magasin de meubles et des nouvelles constructions à Engeldamm ; incendie de poubelles et caillassage d’une patrouille de police à leur arrivée sur les lieux. Tous les assaillants ont pu s’enfuir dans la foulée.

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- début avril 2014: irruption d’un groupe masqué à l’intersection Engeldamm/Leuschnerdamm/Michaelkirchplatz et attaque à coups de barres et de peinture (pots et sprays utilisés) des bâtiments (nouveaux logements de luxe mais également des locaux d’HLBS (bureaux d’expertises comptables dans le secteur immobilier), barricades en feu à travers les rues.

- décembre 2013:  plus de 20 personnes masquées attaquent à l’aide de pavés et de peinture les façades des constructions, laissant des tags sur les façades.

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Reformulé de la presse allemande

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La nuit du 1er au 2 octobre 2014, les quartiers de Kreuzberg, Friedrichshain, Treptow, Mitte et Neukölln ont été illuminés par des feux de véhicules, d’entreprises pour la plupart, ce que la presse a tenté de dissimuler dans son ensemble (mis à part le morgenpost.de qui mentionne le nom des entreprises).

Pas moins de 7 véhicules utilitaires ont été incendiés malgré la rapide intervention des pompiers, en plus de quatre autres véhicules par propagation des flammes.

ABIX-Brandanschlaege-5-Peu avant minuit, un véhicule de la société de sécurité BOSCH est incendié Alte Jakobstraße à Kreuzberg. Un peu plus tard, c’est un camion d’une entreprise de construction qui est incendié  à 200 mètres de l’Alexandrinenstraße. Ce camion appartient à la société DTB, et ce sabotage a été revendiqué, dont voici l’intégralité:

Dans la nuit de mercredi à jeudi 2/10, un camion de l’entreprise DTB a été incendié.

Pourquoi DTB ?

Après l’expulsion de Cuvry-brache* à Berlin-Kreuzberg, DTB a accepté de soutenir le travail dégueulasse du Sénat et de la mairie. Le jour même après l’expulsion, DTB a commencé à raser près de l’ensemble de la zone. Il aurait également pu refuser cela et ne serait pas devenu un instrument de gentrification.

DTB est entre autre responsable de la construction de travaux publics et de routes, de câbles et de tuyauteries. Ainsi, ils disposent du matériel nécessaire pour aménager en un rien de temps le quartier. D’autant plus que leurs partenaires et amis appartiennent à des entreprises comme Vattenfall et Telekom.

L’expulsion de CuvryBrache* est juste une autre étape vers la restructuration urbaine, ainsi que le déplacement des personnes qui ne correspondent pas à l’image d’un Berlin réévalué, convenable.

Berlin a besoin et veut cette image renouvelée, pour pouvoir se distinguer à l’échelle internationale et gagner des projets comme Olympia**.

Tout cela se fait au détriment des personnes qui vivent (encore) ici et seront bientôt plus en mesure de se le permettre.

D.T.B. GmbH Tief- und Straßenbau

Wackenbergstraße 84 – 88
13156 Berlin

Avec joie, les visites nocturnes seront chez Sitzfeldt, Bosch, Telekom, DB et beaucoup d’autres !

Contre la domination – pour l’anarchie !

Des groupes autonomes

Notes des traducteurs:

*brache signifie friche. Situé à Kreuzberg sur lequel des personnes – sans-abris, familles roms, zonards.. – se sont installées pour y vivre mais aussi pour protester contre la gentrification en cours…. car le propriétaire souhaite y construire des logements neufs/maisons et un centre commercial. Les occupants ont récemment été expulsés.

**Pour obtenir les jeux olympiques et toute la merde qui va avec…

camion de chantier

le camion de chantier en question

A Friedrichshain, un van VW d’une entreprise (non mentionné) est incendié.

A Treptow, les pompiers arrivent trop tard pour éteindre les flammes d’un véhicule de Telekom, qui est entièrement calciné.

A Kreuzberg, deux véhicules de l’ambassade de Turquie sont incendiés Heinrich-Heine-Straße vers 3h00 du matin. Ces sabotages incendiaires sont revendiqués dans un communiqué.

Enfin vers 5h00 du matin à Neukoln, ce sont deux véhicules électrique d’une entreprise automobile « libre-service » sont incendiés.

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Les services de police ciblent leur enquête vers les autonomes d’extrême-gauche et anarchistes.

Parrallèlement à tous ces incendies et destructions, le SPD, par la voix du politicien Tom Schreiber, a immédiatement appelé à des mesures plus sévères envers les « extrémistes de gauches et anarchistes violents ». (Chiche !) Quant au sujet du sabotage contre la S-Bahn à Berlin fin août dernier, ce bouffon social-démocrate avait déclaré que « le milieu autonome veut terroriser et tyranniser le centre-ville ».

[Ferguson, USA] Coups de feu sur deux flics samedi soir (27/09/2014) après un début de semaine émeutier

Dimanche 28 septembre 2014 :

Les flics se sont lancés dans une chasse à l’homme afin de retrouver les deux tireurs de la nuit passée. En vain pour le moment. Dans la soirée, 150 personnes se sont rassemblées devant le siège central de la police de Ferguson pour exiger une condamnation du flic qui a tué Mike Brown (Ce qui pour nous correspond à demander à l’ennemi de rendre justice, quand l’Etat enferme, élimine et massacre quotidiennement celles et ceux qui sont nuisibles à son équilibre économique et s’attaquent à l’ordre social, NdCNE). Les flics ont rapidement réprimé la foule, qui ne s’est pas laissée faire en ripostant par des jets de bouteilles. 7 manifestants ont été arrêtés.

samedi 27 septembre 2014 :

On apprend par la presse américaine que deux flics (un en service et l’autre en civil) ont été atteints par des tirs d’armes à feu à Ferguson et St-Louis. Tout ceci est une réponse à l’oppression de la police: entre harcèlements, tabassages et tirs souvent mortels, incarcérations au quotidien… et récemment l’assassinat du jeune Mike Brown début août à Ferguson.

Le porte-parole de la police du comté de Saint-Louis, Brian Schellman, dont dépend Ferguson, a confirmé que le premier agent avait été touché par balle, à un bras, samedi lors d’une patrouille. Voyant un homme fuir alors qu’il lui demandait ce qu’il faisait là, le policier s’est lancé à sa poursuite et «l’homme a tiré des coups de feu» sur lui, a expliqué le porte-parole. Le policier a tiré à son tour et on ignore si le suspect, qui demeurait introuvable, a été atteint.

Plus tard dans la nuit, un autre policier a été la cible de tirs provenant d’un nombre inconnu d’assaillants à Saint Louis alors qu’il conduisait sur une autoroute et n’était pas de service. L’agent a été légèrement blessé par des éclats de verre de son véhicule touché par balle, mais n’a pas répliqué, selon la police. «On ne sait pas pour l’instant si l’agent était personnellement visé ou s’il a été la cible d’un acte aveugle de violence», a dit Brian Schellman.

Par ailleurs, la population de cette ville pauvre continue de descendre dans les rues contre la police, à crier leur rage devant les commissariats et postes de police ou encore à bloquer sporadiquement les axes routiers de la périphérie de St-Louis.

Des manifestant-es devant un poste de police de Ferguson dans la soirée de vendredi 26 septembre 2014

Des manifestant-es devant un poste de police de Ferguson dans la soirée de vendredi 26 septembre 2014

Une manifestante arrêtée (parmi les 12 arrestations pour "refus de dispersion") lors d'un blocage d'autoroute à l'Interstate 70 en périphérie de St-Louis (Mo) mercredi 10 septembre 2014.

Une manifestante arrêtée (parmi les 12 arrestations pour « refus de dispersion ») lors d’un blocage d’autoroute à l’Interstate 70 en périphérie de St-Louis (Mo) mercredi 10 septembre 2014.

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Etats-Unis : regain de tension à Ferguson, des coups de feu tirés

Un rassemblement spontané a été réprimé par la police à Saint Louis (Etats-Unis), dans la nuit de mardi à mercredi, après l’incendie d’un mémorial dressé en mémoire de Michael Brown, un jeune Noir dont l’homicide par un policier le 9 août a généré plusieurs semaines de tensions.

Tôt dans la soirée, mardi, la vitrine d’un magasin de beauté a été détruite et environ 100.000 dollars (78.000 euros) de marchandise volés, selon la télévision locale Kmov. Non loin de là, 200 manifestants se sont réunis et au moins trois personnes ont été arrêtées, rapporte le «St. Louis Post Dispatch». Sur Twitter, plusieurs témoignages font état de jets de bouteilles et de pierres sur les policiers. Dans la soirée, un incendie s’est déclaré dans un autre magasin.

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Mardi matin, un mémorial érigé en la mémoire de Michael Brown avait pris feu. La rumeur a alors rapidement couru que l’incendie avait été déclenché, la police se bornant pour sa part à dire que la cause du sinistre était inconnu. Rejetant l’hypothèse qu’une bougie ait pu provoquer le feu, des dizaines d’habitants de Ferguson ont exprimé leur colère dans la rue tout au long de la journée.

En proie à des violences depuis le 9 août, le quartier de Saint Louis connaissait une accalmie depuis plusieurs jours.

Leur presse – leparisien (G.L), 24/09/2014 à 10h53

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Selon la presse américaine, plusieurs commerces ont été pillés et un détruit par le feu. Outre des caillassages, les flics ont été une nouvelle fois visés par des coups de feu, malheureusement sans en atteindre (par contre, 4 policiers ont été touchés par des pierres). Un citoyen français résident à St-Louis a rapporté avoir entendu une partie de la foule, stationnée en face du magasin de beauté « Beauty Town » sur l’avenue West florissant, crier « Brûlons-le ». Et le patron du commerce en question de pleurnicher dans la presse qu’il s’agit de la troisième attaque depuis les émeutes début août et qu’il venait de remplacer les fenêtres il y a tout juste une semaine (l’histoire médiatique ne s’est évidemment pas étalée sur ses attaques répétées: à savoir si c’est une poukave du quartier… ou bien tout simplement une saloperie de patron à traiter telle quelle).

Il y a eu 5 arrestations à l’issue de cette nuit de révolte. 

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[Brésil] Nouvelles de la guerre sociale des rues de Sao Paulo (16 – 19 septembre 2014)

São Paulo (Brésil) : Affrontements suite à une expulsion dans le centre-ville.

OcupaSJ3.Le 16 septembre dernier, le centre de São Paulo, plus grande ville du Brésil, a été le théâtre d’affrontements entre squatters et policiers, suite à une opération d’expulsion. Dans la matinée, la Police Militaire est intervenue pour expulser 200 familles qui occupaient depuis 6 mois un immeuble de 20 étages, située sur la célèbre avenue São João.

Tandis qu’ils tentaient de pénétrer dans le bâtiment, les policiers ont été la cible de pierres, noix de coco, meubles et électroménager jetés depuis le haut de l’immeuble. Les occupants ont également monté et incendié des barricades pour empêcher la progression de la police. La Police Militaire est finalement parvenue à pénétrer dans l’immeuble et à en expulser les occupants. Un véhicule blindé de la Troupe de Choc a été utilisé pour forcer la porte d’entrée. S’en sont suivi des affrontements dans les environs de l’immeuble expulsé. Un bus et une cabine de contrôleurs ont été brûlés, plusieurs magasins – dont deux appartenant à des entreprises téléphoniques – ont été endommagés ou pillés, des barricades ont été montées au travers des avenues environnantes. Le climat d’émeute a duré jusque dans la nuit. Plusieurs squatters et policiers ont été blessés. Une femme enceinte, qui occupait le bâtiment, a dû être emmenée en urgence à l’hôpital.

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Cette opération d’expulsion prend place dans un contexte général d’intensification de la répression policière envers les lieux squattés et la population pauvre de façon générale. Le 18 septembre, des affrontements ont eu lieu dans le centre ville lors d’une opération policière visant à réprimer l’économie “informelle”. Tandis que des vendeurs ambulants tentaient d’empêcher l’arrestation de l’un d’entre eux par la police, Carlos Augusto Muniz Braga*, 30 ans, vendeur à la sauvette, a été tué d’une balle dans la tête par un policier. La scène de l’assassinat a été filmée par une caméra et a été amplement diffusée dans les journaux du pays. S’en sont suivi des affrontements entre policiers et vendeurs ambulants. Des poubelles ont été utilisées comme barricades tandis que les policiers étaient la cible de jets de pierre auxquels ils ont répondu par des gaz lacrymos et des tirs de flashball.

Le lendemain, le 19 septembre, une opération similaire menée par la police à Rio de Janeiro s’est également terminée par des affrontements. À cette occasion, deux vendeurs ambulants ont été blessés par balle par la Garde Municipale. Un bus et une camionnette de la Garde Municipale ont été caillassés, et plusieurs Gardes municipaux blessés.

Ce même jour, le 19 septembre, en réponse à l’expulsion de l’immeuble de l’avenue São João et aux récentes opérations d’expulsion, un immeuble a été occupé par le mouvement Terra Livre dans le centre de São Paulo. Le soir-même, 200 personnes ont à leur tour occupé un vaste terrain à M’boi Mirim, dans la banlieue sud de la ville. L’occupation a été baptisée « Terra Prometida » (« Terre Promise »).

Traduit et reformulé des médias dominants par squat.net

Note du CNE:

*Carlos Augusto Muniz était un vendeur ambulant dans les rues de São Paulo et a été assassiné par la Police Militaire le 18 septembre 2014 après s’être révolté lors de son arrestation (en essayant entre autre de choper la lacrymo des mains de l’un des flics) alors qu’ils faisaient leur «nettoyage social» routinier pour dégager des rues les travailleurs clandestins

Nous n’avons aucune information autre que les médias de masse (une vidéo de l’assassinat ici: http:// noticias.r7.com/jornal-da-record/exclusivo-video-mostra-momento-em-que-pm-mata-camelo-com-tiro-na-cabeca-em-sp-19092014). Cependant, il semble nécessaire d’informer et sympathisons avec la révolte qui a émergé des rues de São Paulo.

Aucun décès aux mains de flics ne doit être oublié

De Cumplicidade

[Publication] L’enfer est pavé de bonnes intentions : Croisades humanitaires à l’aune du 3è millénaire

Dans ce monde qui marche sur la tête, on voudrait nous faire croire que de bonnes âmes humanitaires se dévoueraient à corps perdu pour soulager la misère des plus démunis. Si l’on daignait leur donner quelque obole, on pourrait dormir sur nos deux oreilles, car ces professionnels de la bonne action s’impliqueraient à notre place. Quelques euros, et le citoyen satisfait de lui-même pourrait s’en retourner à ses petites affaires. Recyclant le coup de la quête de la fin de la messe qui nourrit avant toute chose la bonne conscience du fidèle, les organisations non gouvernementales savent y faire. Leur marketing de l’empathie s’appuie sur une rhétorique de l’urgence qui ne laisse pas l’espace de s’interroger sur ce qui a du sens, sur ce qui ne va pas, sur les façons de s’y affronter. Tellement charitables et tellement bien organisées, il ne faudrait pas s’en faire, elles gèrent.

CharterHumaniseeCRElles gèrent justement. Mais quoi au juste? La misère, bien sûr! Celle des autres, de ceux qui restent surtout perçus dans le registre de l’altérité, alors qu’ils se prennent de plein fouet le même monde. L’humanitaire se voudrait technique en répondant à de supposés « besoins », tout en maintenant ses « ayant droits » dans le rôle de victimes passives. Disons-le sans détour: l’humanitaire n’est pas là pour supprimer la misère à laquelle il entend s’attaquer. Pire, il en vit et la perpétue. Dans ce monde qui ne repose pas que sur le bâton mais aussi sur une adhésion volontaire ou un consentement passif, l’humanitaire sert ni plus ni moins de caution pour faire accepter l’inacceptable. Alors pourquoi certains camarades ont-ils toujours autant d’hésitation à leur exprimer quelque antagonisme?  Pourquoi encore y faire référence comme un recours possible dans certaines de nos publications? On connaît leur rôle et leur fonctionnement autoritaire, mais… il y a aussi untel dedans qui n’est pas « si pire que cela » et qui peut même parfois donner des coups de main. Les critiques s’effacent devant une personne et quelques services. S’il est vrai qu’il peut y avoir des individus sincères au sein des organisations humanitaires, il est tout aussi vrai qu’ils ne restent souvent pas longtemps dans ces entreprises qui exploitent sans vergogne la volonté de leurs employés. Ils les quittent souvent pour de vraies raisons, celles qui sont trop rarement affrontées. Alors peut-être pourrait-il y avoir un début de remise en question de ce qu’est l’humanitaire dans ce monde, à partir de son évolution, son fonctionnement, sa place grandissante, de façon un peu plus générale. Peut-être y a-t-il urgence en la matière, une autre urgence que la leur, l’urgence de la réflexion, l’urgence d’affûter les armes de la critique quand la domination se complexifie. Parce que l’humanitaire s’est considérablement développé depuis une vingtaine d’années, il ne peut plus être perçu de la même façon. Le cache-sexe de départ a pris une place et une ampleur qu’on ne peut pas occulter. Plus encore, on a comme l’intuition que cette instrument de la domination fait système.

Derrière le vernis humanitaire

Le masque de la neutralité

On le sait depuis le XIXe siècle et le traitement des indigents, toute politique d’assistance est en même temps un instrument de contrôle. L’histoire de ce vaste ensemble que l’on désigne par le terme d’humanitaire n’a rien de neutre. Les premières organisations caritatives sont d’origine confessionnelle, avec tout ce qui va avec d’hypocrisie et de bonne conscience, de puritanisme et d’hygiénisme, de morale et d’ordre.

Si les organisations non gouvernementales se sont graduellement imposés sur la scène internationale, c’est qu’elles ont su jouer sur un soi-disant principe de neutralité qui les plaçait au-dessus des Etats, tout en leur vouant en réalité la plus fidèle allégeance.

save-the-children1Ce sont d’abord la Croix-Rouge (1863) puis d’autres associations caritatives (comme Save the children dès 1919) fondées par des membres de la haute-bourgeoisie en accord avec les grandes puissances, qui vont s’affirmer en intervenant pendant et après la Première guerre mondiale. Dès l’origine, ces organisations « non » gouvernementales tissent des liens avec des empereurs, des tsars, des présidents, des ministres et la Société des Nations pour que les Etats partagent le domaine du traitement des blessés. Pendant ce qui a été l’un des plus grands carnages mondiaux, ces caritatifs si attentionnés vont ainsi permettre vont ainsi permettre aux bouchers de se vanter d’accomplir un « progrès » social à travers un traitement « humain » de leurs victimes.

Suite à la seconde guerre mondiale, la Croix-Rouge parvient même à obtenir des « mandats humanitaires », bénéficiant ainsi de droits et de prérogatives accordés par les Etats sur les blessés, les prisonniers de guerre et une partie des populations civiles (soins et aide alimentaire). La soi-disant indépendance et neutralité de la Croix-Rouge soulèvent alors quelques commentaires irrespectueux. Tandis que les ONG se tournent au cours des années 60 vers le « Tiers Monde » et le « développement », une nouvelle génération d’organisations va justifier son apparition sur le fond de ces critiques, personnifiée en France par Médecins sans frontières, Médecins du Monde, Aide Médicale Internationale, Action contre la faim ou Handicap International.

Ces dernières, en apparence plus distantes à l’égard de l’ONU et des politiques publiques, sont en réalité loin d’être des organisations « non » gouvernementales. Les hommes circulent. Comment comprendre autrement le parcours de Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, membre de presque tous les gouvernements socialistes de 1988 à 2001, puis administrateur du Kosovo au titre de représentant de la communauté internationale des Etats, encore ministre des affaires étrangères et européennes des deux gouvernements Fillon, et parallèlement rémunéré pour ses activités de conseil aux entreprises (son rapport contribuera à blanchir Total en Birmanie sur le travail forcé) et aux gouvernements étrangers (Congo ou Gabon)? Les passerelles ne se limitent pourtant pas seulement à l’homme aux sacs de riz [1], et ont aussi leur importance dans les missions accordées à ces institutions humanitaires [2].

Apparemment construite à côté des politiques publiques, l’intervention humanitaire se révèle ainsi, bien plus structurellement qu’on ne le pense généralement, très proche des intérêts des Etats. Ce n’est pas une logique qui aurait été dévoyée de son sens premier: ces organisations, certes avec des enrobages différents, occupent des espaces que les Etats ont bien voulu leur laisser, et sont donc à considérer ni plus ni moins comme des « para-institutionnels ». Prestataires de service pour le pouvoir, quand elles ne couvrent pas par leur silence les atrocités commises, elles ne peuvent se permettre qu’une opposition de façade, du genre de celle qui surtout ne gêne pas. Elles ne se trouvent jamais du côté de la contestation de l’ordre existant, sinon pour la pacifier.

Une fiction totalitaire

A la botte des puissants, ces organisations « non » gouvernementales propagent également une certaine vision du monde et des rapports sociaux, une manière de voir et de faire où l’individu est complètement dépossédé de sa capacité d’agir, de réfléchir, d’expérimenter.

Dans cette fiction de l’humanitaire, le monde n’est pas questionnable, il n’y a qu’à en gérer les victimes. La dissension n’existe pas. La possibilité d’émancipation par rapport à ce tout n’est pas envisagée, ni envisageable. L’humanitaire repose sur une certaine conception de l’individu, ou plutôt du non-individu, au sens où il n’est ni un être pensant, ni un être agissant. Avec la souffrance comme seul attribut, tous ceux qui se retrouvent pris dans un dispositif humanitaire sont interchangeables et sont ensuite redécoupés en catégories de « vulnérables » que le monde humanitaire désigne comme ses « ayant droits« .

Un ensemble d’organisations, de réseaux, d’agents et de moyens financiers répartis dans différents pays parcourent le monde en tant qu’hérauts d’une « cause supérieure » comme soi-disant seule raison d’être. Cependant, ce message n’est pas celui de la liberté, son contraire n’est pas la domination, mais le malheur de « victimes », dont quelques-unes pourraient temporairement se faire imposer un kit de « droits » sous couvert d’un universalisme qui est en réalité à géométrie variable: les « victimes humanitaires » peuvent être forcées de rester ou de partir du jour au lendemain et voir leur statut se modifier, perdant ou obtenant le droit de rester, selon le trop compréhensible bon vouloir des organisations internationales et/ou des gouvernements.

C’est par exemple l’obligation faite en juin 2003 aux Libériens et Sierra-Léonais de Conakry de s’inscrire auprès du HCR s’ils veulent avoir un statut officiel (qu’ils ont demandé par des manifestations dans la capitale guinéenne) pour que la traque de la police marque une pause puis, quelques jours plus tard, l’annonce du gouvernement guinéen immédiatement relayé par le HCR selon laquelle les réfugiés doivent aller dans les camps de la région forestière, à 600 km de là, faute de quoi ils seront considérés comme illégaux et « pris de force » A l’obligation d’aller en camp pour certains, peut suivre celle d’en partir pour d’autres, comme ces Sierra-Léonais installés depuis des années dans les mêmes camps guinéens, et rapatriés non volontaires au même moment vers leurs régions d’origine dévastées par des années de conflits et encore fréquentées par des miliciens, deux ans après la fin officielle de la guerre.

Dans toutes les étapes de ces parcours, les réfugiés et déplacés découvrent, côte à côte, les personnels et les véhicules des agences onusiennes, des casques bleus et des organisations non gouvernementales humanitaires. Instruments de contrôle autant que de pacification, leur présence sert également à décourager toute révolte et fixer pour mieux les contenir, les mouvements incontrôlés de populations potentiellement dangereuse pour la stabilité des Etats et l’exploitation des richesses locales.

Un marché en plein boom

Si le maquillage humanitaire dont se couvre la domination ne fait peut-être plus mystère, depuis une vingtaine d’années ce secteur a connu un tel développement que la critique ne peut pas en rester là.

Depuis les années 90, le marché de l’aide d’urgence a littéralement explosé dans un contexte de « crises » surmédiatisées. Sur place, les intervenants sont de plus en plus nombreux à se disputer une part du gâteau. Au Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et aux quelques institutions humanitaires traditionnellement présentes dans les situations de conflits sont, en effet, venus s’ajouter le ban et l’arrière-ban des ONG, mais surtout certains programmes des Nations-Unis [3]. Le système onusien et ses satellites peuvent être considérés comme une puissance humanitaire mondiale: au cours de la dernière décennie, des milliers de personnes ont été déployées sur plus de 60 « théatres d’intervention« , des milliers de tonnes de nourriture distribuées, des milliers de camps de personnes réfugiées ou déplacées construits, puis gérés. Tour à tour, Diyarbakir, Phnom Penh, Mogadiscio, Lokichokio, Sarajevo, Goma, Pristina, Dili, Banda Aceh sont devenus temporairement d’immenses humanitaire land saisis par la fièvre de l’aide: flambée des prix, augmentation des loyers, embouteillages de luxueux véhicules tout terrain frappés au logo de leurs organisations. La multiplication des programmes humanitaires engouffre ainsi chaotiquement des montagnes de fric affectées à l’urgence puis à la reconstruction, jusqu’à ce qu’un nouveau drame chasse la nomenklatura internationale de l’aide vers un nouvel épicentre.

Ces organisations n’ont définitivement plus rien à voir avec l’image d’Epinal que l’on peut avoir d’une association caritative. Elles sont devenues au fil des ans de véritables entreprises prestataires de service qui gèrent des sommes considérables, répondent à des appels d’offres, sont en concurrence les unes avec les autres, appliquent des principes managériaux. Elles ont ainsi recruté des spécialistes de la communication,  du marketing, des ressources humaines, du droit international, de la gestion et des finances internationales, des spécialistes du lobbying européen, etc. Reproduisant le processus de la rentabilité, leur mode de fonctionnement est ni plus ni moins celui d’une multinationale [4].

Humanitaire et militaire

Ambiguïté pour les unes ou hypocrisie constitutive pour les autres, ces entreprises para-institutionnelles accompagnent également un autre changement de taille. C’est à partir du début des années 90 que les interventions militaires commencent à se grimer sous le vocable humanitaire. Après le déploiement de force des Etats-Unis en Somalie en 1992, c’est peut-être plus encore le génocide perpétré au Rwanda en 1994 qui va instaurer l’idée de « guerre humanitaire ».  Quand l’extermination programmée des Tutsis est pudiquement désignée par les Nations Unis comme une « crise humanitaire », Médecins sans frontières dont une partie du personnel local a été massacrée, réclame une intervention militaire des grandes puissances. La question n’est plus d’appliquer un pansement sur les atroces conséquences de tout conflit, mais de défendre le fait que ces guerres doivent être menées pour des « raisons humanitaires« . Opérant un renversement du discours, ce serait désormais le refus même de faire la guerre qui deviendrait « criminel« . Et en réclamant des « couloirs » ou des « sanctuaires humanitaires« , ces organisations souhaitent en plus s’inscrire dans son sillage !

La temporalité et la forme de l’intervention humanitaire tendent dès lors à se calquer sur celles de l’action militaire, comme on l’a encore vu en ex-Yougoslavie puis au Kosovo. Dès lors, il n’est pas étonnant que beaucoup de celles et ceux qui reçoivent l’aide ne fassent guère la différence entre les militaires faisant de l’humanitaire et les humanitaires arrivés avec les militaires. En Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003, les distributions aériennes de vivres et de médicaments ont accompagnées les larguages de bombes. De plus, l’évaluation du nombre de survivants et d’orphelins potentiels à nourrir, la localisation cartographiée des futurs camps pour un nombre programmé de déplacés, l’installation des tentes et la livraison de milliers de couvertures, sont désormais intégrés dès le départ et anticipés dans les QG des états-majors. L’humanitaire ne pose qu’une mince couche de vernis sur le kaki qu’il accompagne.

L’humanitaire comme mode de gestion des indésirables

 A côté des opérations militaro-humanitaires de « maintien de la paix » lancées à grands renforts de caméras, un autre versant de l’action des ONG attire beaucoup moins l’attention, bien qu’il soit considérable. Dans les années 1990 et 2000, tous les Etats ont durci leur législation n’accordant plus qu’à la marge le statut de réfugié. On a alors vu fleurir d’autres catégories: déplacés internes, asile territorial, asile humanitaire, etc… Catégories qui ont été suivies de la création d’une multiplicité dé camps aux formes et aux règles de vies pas très différentes. La stratégie vise à fixer les migrants à proximité de leur lieu de départ et, quand ce n’est pas possible, à privilégier des pays « tampons« , notamment en Afrique du nord, pour cantonner et filtrer « les étrangers ». Les camps, qu’ils aient des murs ou des barbelés, ne sont que le dispositif contemporain dans leur multiples facettes [5] du tri et de l’enfermement des migrants. Depuis les années 90, ces derniers sont de plus en plus perçus comme des indésirables, et sont devenus une variable à contrôler dans le cadre de la maîtrise des flux migratoires ». Et à cette gestion, les entreprises humanitaires collaborent activement: en plus de participer aux dispositifs contemporains d’acceptation de la domination à travers l’idéologie qu’elles distillent, elles prennent également en charge une partie du tri et du confinement de maintes populations.

Le HCR et le contrôle des flux

La mission du Haut Commissariat des Nations-Unis pour les réfugiés (HCR) n’est qu’une vague intention humanitaire et morale, annexée aux politiques de contrôle des flux et de rejet des indésirables. Le HCR suit complètement les politiques de fermeture des frontières qu’ont mis en oeuvre tous les Etats depuis une vingtaine d’années. Plus encore, il externalise pour eux cette question. Il a ainsi mis en place des programmes de « retours volontaires » qui sont souvent de fait, des retours forcés, et s’est spécialisé dans le traitement des « déplacés internes », évitant ainsi qu’ils n’aillent dans les pays de ses financeurs. La gestion des camps est le second métier du HCR, qui sait les installer en urgence face à un afflux de réfugiés, mais aussi les gérer durablement en coordonnant les tâches des associations dépendantes de ses financements. Travaillant avec un budget d’1.8 milliards de dollars, il est ordonnateur des missions de plus de 500 ONG, ce qui permet certes aussi d’accorder l’asile à des exilés, mais loin et dans des endroits, camps d’internement ou zones géographiques de concentration, qu’ils ne pourront pas quitter aisément pour tenter de rejoindre l’Europe. En les maintenant sous dépendance et donc sous contrôle.

A bien des égards, cette logique va à l’encontre des tentatives d’auto-organisation que les exilés peuvent expérimenter dans leur propre parcours. Ce fut par exemple la triste expérience du campement auto-installé près du village de Buedu en Sierra Leone, à une quinzaine de kilomètres de la frontière libérienne. Un nombre important de réfugiés du Liberia sont arrivés en 2001 au moment de la reprise des combats dans leur région, après une relative accalmie de plusieurs années. Venant des villes et de villages situés juste de l’autre côté de la frontière, plus de 35000 libériens arrivèrent dans le seul district de Buedu. Alors qu’ils venaient de localités proches et appartenaient à des lignages alliés, les villageois n’ont rapidement plus été en mesure de pouvoir les accueillir et en particulier de pouvoir les nourrir. Les habitants ont alors demander à leurs « parents » de s’installer dans un espace vide à la sortie de Buedu. L’occupation est devenue un camp auto-installé en 2001. Il a regroupé jusqu’à 4000 personnes, avant que le HCR ne le vide et de force l’année suivante, au prétexte de sa proximité avec la frontière, mais en fait et surtout, afin de regrouper tous les réfugiés dans des camps du HCR situés au centre du pays.

Dans ces zones de confinement, ils se retrouvèrent complètement dépendants de la maigre ration distribuée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), des tentes et autres « services » standards généreusement prodigués, et auxquelles ils avaient eux-mêmes auparavant apportés des solutions.

C’est avant tout une histoire de gestion des flux migratoires qui guident ces choix, et l’intervention humanitaire fait plus que les accompagner, elle y participe directement. Au passage, les grands oubliés de ces politiques sont bien sûr ceux à qui elles sont destinées: à aucun moment, il n’est question qu’ils puissent se prendre en charge eux-mêmes. Ils sont une variable à contrôler, à fixer ou à déplacer au gré d’intérêts politiques, économiques et militaires des régions concernées (stabilité, possibilité d’y exploiter les richesses locales, accords géostratégiques…) et d’une gestion internationale des  migrations (volonté de fixer les candidats au voyage loin des portes de l’Europe).

Trier

Le déplacé, la femme réfugiée, l’enfant réfugié reçoivent un « kit de survie » pour autant qu’ils soient reconnus comme appartenant à ces catégories. Au sein des camps, la catégorie « réfugié », est elle-même découpées en catégories distinctes de « vulnérabilité » [6], comme par exemple l’enfant non accompagné, le survivant de violence, le parent seul ou la femme seule, qui finissent par produire une hiérarchie du malheur. Cette multiplication des catégories est bien pratique. Elle permet de créer des séparations là où pourraient se nouer des solidarités. Chacun se trouve assigné à une fausse réalité, parce que pour le moins trop partielle, pour surtout pour ne pas en sortir. Cette injonction à une place donnée n’est pas liée au parcours ou au vécu des individus, mais à leur gestion. En se systématisant, en s’imposant comme mode de gouvernement de « l’instabilité », l’humanitaire a engendré une bureaucratie de la souffrance, où l’urgence et l’arbitraire se conjuguent souvent: urgences de déplacements plus ou moins forcés; arbitraire d’un pouvoir sur des situations catégorisées comme dissemblables, acceptant ou refusant la présence, la reléguant dans des lieux plus ou moins carcéraux…

Quand les individus n’acceptent pas les catégories auxquelles ils sont relégués, ces humanoÏdes sont même prêts à donner carte blanche aux autorités locales pour les massacrer. C’est ainsi que la police égyptienne a assassiné plus de 150 soudanais qui occupaient un parc situé près de l’enceinte du HCR le 30 décembre 2005. Depuis plus de 3 mois, un millier d’habitants de différentes régions du Soudan refusaient à la fois de rester en Egypte où ils étaient en proie au racisme, et les rapatriements  « volontaires »  (novlangues pour forcés), prévus au premier semestre 2006 dans des régions encore partiellement en guerre. La semaine avant l’intervention de 6000 flics égyptiens, le HCR, estimant leur dossier « bouclé », avait demandé à plusieurs reprises au gouvernement égyptien « de prendre d’urgence toutes les mesures appropriées pour résoudre cette situation » qui n’était plus de son ressort, en débarrassant les abords de la noble institution de cette occupation trop voyante. Ce faisant, le HCR a été un complice actif du carnage de ceux qu’il a successivement considéré comme réfugiés, demandeurs d’asile, déboutés, et enfin problème d’ordre économique.

Confiner

De manière très palpable dans le cas des réfugiés et déplacés des pays du Sud, l’humanitaire est l’entité qui, partout où c’est nécessaire, construit, gère et contrôle des camps pour y garder des « populations » considérées simultanément ou alternativement comme vulnérables et indésirables, victimes et dangereuses. Un camp demande des aménagements d’espaces vierges, de voies d’accès et de circulation, des installations de tentes et de baraques, de la tuyauterie, des puits et des canalisations d’eau, des cliniques et des écoles de brousses, etc. A cela correspond une répartition des tâches et une coordination entre les employés (étrangers et locaux) des différentes ONG et agences onusiennes, qui sont autant de « branches » d’un humanitaire opérant à la manière d’un gouvernement. Alimentation, santé, voirie, abris, sécurité, environnement, jeunesse: à chacun son « porte-feuille ». C’est toute une bureaucratie qui se met en place et qui pérennise l’urgence pour un temps plus ou moins long. Les « ayants-droits » sont alors maintenus en vie à minima, c’est-à-dire selon des normes de simples survie (habitation précaire, ration alimentaire insuffisante [7], etc…) et sont aussi et surtout maintenus sous contrôle.

Mais il arrive qu’ils sortent du rôle de victimes passives qui leur est assigné. En juillet-août 2003, dans le camp de Tobanda en Sierra-Leone, des veuves demandent des bâches plastifiées afin de protéger leurs cases en terre battue des pluies diluviennes. En cette saison, les intérieurs sont rapidement mouillés: sol, nattes, matelas, vêtements. Un mois plus tôt, le toit en chaume puis les murs de terre d’une maison s’étaient effondrés alors qu’un enfant dormait à l’intérieur. D’autres abris subirent le même sort. Au même moment, le HCR distribuait des bâches plastifiées à des réfugiés nouvellement arrivés, en laissant les plus anciens, présents dans le camp depuis près de 3 ans, prendre l’eau. Devant l’absence de réponse des administrateurs du camp, une cinquantaine de femmes ont alors occupé avec leurs enfants la voie principale du camp en scandant « nous voulons des bâches !« , puis séquestré des volontaires européens d’une ONG pendant plusieurs heures en les maintenant sous la pluie, avant de bloquer un véhicule de la Croix-Rouge, « pour qu’ils voient ce que c’est que de rester sous la pluie« . Elles ont renvoyé eous ces membres d’ONG à un seul et même monde, celui des « U.N« . Face à la protestation des salariés expliquant que cette question-là n’était pas de leur ressort, les femmes n’eurent qu’une réponse: « nous vous prenons tous pour des travailleurs d’ONG, comme vous nous prenez tous pour des réfugiés« .

Les associations et les ONG, en répondant aux appels d’offres des gouvernements, de l’Union Européenne ou de l’ONU, en « prenant en charge » différents secteurs relatifs à la rétention et à la survie dans les camps, participent au dispositif de contrôle et de confinement des migrants. L’action humanitaire se trouve ainsi non pas « détournée » mais incluse dès l’origine dans les stratégies de contrôle des flux migratoires de toutes sortes. Ces politiques d’immigration ont fait de l’internement des réfugiés et des migrants une industrie florissante et envahissante, dont l’humanitaire fait partie. Dans cet espace où les frontières se renforcent autour des Etats nation comme autant de murs et se multiplient à l’intérieur des territoires, visibles et invisibles, beaucoup sont empêchés de les traverser, ce qui produit des formes de plus en plus variées de zones de contrôle, de tri, de confinement et d’enfermement.

Pour conclure

Ce qui s’est mis en place à travers cette histoire convergente de l’humanitaire et des camps, ce n’est pas seulement le traitement des réfugiés, c’est une modalité d’organisation sociale qui se déploie à l’échelle mondiale. La multiplication des camps, le développement des zones d’attentes aux frontières ou de zones d' »asile interne », mais également les opérations de « maintien de la paix », sont quelques-uns des aspects d’un processus plus ample qui donne à l’action humanitaire une place grandissante dans le monde en général. C’est toute une politique et une économie de la « catastrophe » et de l' »urgence » qui se développent et se structurent à l’échelle de la planète. Il est significatif de voir que ce soient des bataillons de la Garde Nationale de Floride, spécialisés dans les conséquences des catastrophes sur le sol américain, qui sont intervenus en Irak en 2003 deux mois après la fin des hostilités, pour tenter de rétablir l’ordre à Bagdad. Ce sont encore des bataillons de la même Garde Nationale pour réprimer les actes de pillages commis à la Nouvelle-Orléans en août-septembre 2005 après le passage de l’ouragan Katrina. Catastrophes dites « naturelles » comme « guerre préventive »; exil provisoire ou durable de millions de personnes fuyant la famine, la guerre, les paramilitaires ou encore une misère dans laquelle sont maintenues certaines régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et du Sud: dans tous les cas, des dispositifs techniques et organisationnels semblables sont mobilisés pour y répondre, faisant intervenir côte à côte des bataillons militaires et des organisations humanitaires. Les interventions des ONG jouent un rôle considérable dans un monde qui ne peut que produire des « catastrophes », des guerres et des « crises », en permettant que celles-ci restent sous contrôle et qu’elles ouvrent des perspectives de profits alléchants. Participant directement à la mise en camp d’une partie toujours plus importante de la population mondiale, ces entreprises humanitaires gèrent, trient, confinent ceux qui sont alternativement considérés comme indésirables qu’il faut enfermer ou expulser, et « surnuméraires », réduits pour une partie à la condition d’êtres passifs qu’il faut contenir. Si on veut saper et mettre à bas ce monde, il est grand temps de s’en prendre aussi à ces organisations non gouvernementales, tant elles sont devenues un des ressorts de la domination moderne, aussi bien en termes d’image et de pacification que de gestion et contrôle. Le meilleur flic ne porte pas forcément d’uniforme….

Notes:

[1] On pourrait citer également Xavier Emmanuelli, ancien vice-président de Médecins sans frontières, secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’Alain Juppé; Claude Maluhret, ancien président de Médecins Sans Frontières, puis secrétaire à l’action humanitaire de Jacques Chirac et maire de Vichy pour le parti Démocratie Libérale; Jacques Lebas, président d’honneur de Médecins du Monde, chargé de plusieurs missions sur l’exclusion par le gouvernement;  Gilles Brucker, également ancien président de MdM, nommé directeur de l’Institut national de veille sanitaire.

[2] C’est par exemple un ancien membre de MSF, passé par l’ENA et devenu responsable du bureau chargé des populations précaires au ministère de la santé qui réussit à convaincre deux de ses anciens collègues du monde associatif, le secrétaire d’Etat Xavier Emmanuelli et le ministre Bernard Kouchner, d’inscrire la lutte contre le saturnisme dans la loi de 1998 sur la prévention des exclusions.

[3] Le champ d’action de l’ONU n’ a cessé de s’étendre, notamment à travers ses six organismes, l’UNICEF (United Nations Children’s Fund, Fond des Nations Unies pour l’enfance), la FAO (Food & Agriculture Organization of the United Nations, Fonds des Nations unies pour l’agriculture & de l’alimentation), le PAM (Programme Alimentaire Mondial), le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), l’OMS (l’organisation mondiale de la santé), enfin le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).

[4] En 2007, une organisation comme Handicap International exploitait 214 salariés à son siège lyonnais, 200 expatriés sur le terrain, 2100 salariés nationaux et intervenait dans 59 pays. A la même période, MSF France utilisait les services de 4500 employés français ou étrangers sur 48 missions. Action contre la faim, présent dans 20 pays, exploitait 141 salariés au siège parisien, 233 expatriés sur le terrain et 2500 employés locaux. MdM  exploitait 150 salariés au siège, 126 expatriés et 1300 personnels locaux pour 90 missions dans 54 pays.

[5] Par exemple, les centres de transit, les camps de détention (Woomera), les centres de rétention, les camps de regroupement de déplacés (au Soudan, en Angola), les centres d’accueil d’urgence (Sangatte…), les zones d’attentes de personnes en instance d’expulsion dans les aéroports (les Zapi 2 et 3 de Roissy-Charles-de-Gaulle…), certaines zones portuaires, certains bateaux (le Tampa) …

 [6] Le HCR distingue pas moins de 15 catégories de « vulnérables ».

 [7] La ration du PAM de l’ONU s’élève à un maximum de 2000 kilocalories par jour, ce qui en fait une quantité de simple survie. Mais, outre que cette quantité est rarement atteinte, notamment dans les camps africains ces dernières années, sa composition produit elle-même ses propres carences. Le manque de vitamines contenues dans les fruits, légumes et produits laitiers absents de la ration sont à l’origine entres autres, du scorbut, de la pellagre, ou du béribéri, et sont d’autant plus graves que la présence dans les camps de réfugiés ou déplacés est plus longue. Il n’est pas rare que pour protester les migrants boycottent collectivement la distribution. D’autres s’arrangent pour se faire enregistrer plusieurs fois sous différentes identités et/ou revendre une partie des rations reçue pour pouvoir acheter sur les petits marchés des camps, des légumes, des fruits, du poisson ou de la viande.

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Textes inclus dans l’article :

Quand la croix rouge couvre les flics dans la zone d’attente à Roissy

Sans remonter à la seconde guerre mondiale où la visite de la croix-rouge du camp de Terezin en juin 1944 venait assurer au monde entier du bon traitement des populations juives déportées, ici et maintenant, le cinéma continue.

croix-rouge-pognon-expulsion-dd279La Croix-Rouge est ainsi présente à l’aéroport de Roissy dans la ZAPI 3 (Zone d’Attente pour Personnes en Instance), qui est ni plus ni moins une prison de 180 places où l’Etat enferme les étrangers à qui l’entrée sur le territoire français est refusée. Elle est officiellement chargée de donner un « kit d’hygiène », de fournir une carte téléphonique aux enfermés et de s’occuper de la représentation légale des mineurs non-accompagnés, mais surtout de faire passer la pilule aux refoulés et de couvrir les sales habitudes de la PAF (police de l’air et des frontières). L’arrivée de cet organisme en 2003 avait d’ailleurs été saluée par le lieutenant Taupin, responsable de la PAF de Roissy pour qui « c’est un plaisir de travailler avec des gens sérieux, qui n’ont pas une culture systématique de méfiance vis-à-vis de notre travail« . Injures racistes, mauvais traitements, tabassages sont le quotidien de la zone d’attente. Le manuel des policiers de la PAF est un poème sans fard de milles et une « techniques » pour « réussir » une expulsion, depuis « comment « tranquilliser » un étranger en situation irrégulière lors de son expulsion » en passant par « comment serrer son cou pour l’empêcher de crier », jusqu’à « comment détourner l’attention des autres passagers pour éviter qu’ils ne se rebellent« . Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur disposition: les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro et la « ceinture d’immobilisation », mais aussi différentes pratiques comme la « régulation phonique » qui consiste en un étranglement et dont l’objectif est de déstabiliser physiquement la personne, de « diminuer sa résistance » et de « diminuer ses capacités à crier ».

Les salariés de la Croix-Rouge y assistent sans qu’aucun mot ne perce à l’extérieur. L’information ne doit pas sortir. Neutralité oblige. Et quand face à ce lot quotidien d’horreurs, les employés de l’organisme humanitaire s’épanchent dans un cahier de liaison interne, une note de la direction répond: « Nous vous demandons, dans le respect de neutralité de la Croix-Rouge, de cesser tout commentaire sarcastique à l’encontre de la police aux frontières« . Le principe de neutralité affiché est un leurre qui sert alors à couvrir les méthodes employées lors des expulsions et à leur donner en plus une caution humanitaire. Aujourd’hui comme hier, ici comme en Irak, en Afghanistan ou en Afrique, rester neutre signifie passer sous silence les diverses méthodes coercitives que les pouvoirs utilisent banalement pour contraindre leurs sujets à marcher au pas.

 Lire aussi cette brochure sur la neutralité de la Croix-Rouge

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Un HCR structurellement à la botte des puissants

Le HCR, officine de l’ONU dépend surtout de dotations qui lui sont allouées annuellement par des gouvernements nationaux, dont il est ainsi politiquement dépendant, tant pour ses activités que pour sa propre pérennité, et pour celle de ceux qui travaillent en son sein. On ne s’étonnera guère que les pays allouant la moitié du budget du HCR, sur 10 Haut Commissaires nommé depuis 1950, huit soient européens. Et ce ne sont pas n’importe qui, puisqu’ils sont en général recrutés parmi les hauts dirigeants ou les chefs de gouvernement. L’actuel Haut Commissaire, Antonio Guterres fut un des principaux dirigeants du Parti socialiste et premier ministre entre 1995 et 2002. Son prédécesseur (de 2001 à 2005) Ruud Lubbers fut le chef de gouvernement hollandais qui effectua le plus long mandat (12 ans) aux Pays-Bas depuis 1945.

L’idée de « traiter » les demandes d’asile au plus loin de l’Europe, dans la région d’origine des exilés, n’est pas nouvelle, mais elle va être conceptualisée par le HCR après l’arrivée du Haut commissaire Ruud Lubbers. En 2003, le HCR, certes toujours partagé en interne entre ceux qui sont plutôt « orientés vers la protection » des réfugiés et ceux qui sont plutôt « du côté des donateurs », publie sa proposition d’une triple approche:

- Approche régionale: « améliorer les possibilités de renvoyer dans la région d’origine ceux qui sont partis de façon extra-juridique, tout en concédant hypocritement vouloir « assurer leur protection« ;

- Approche nationale: « améliorer les systèmes nationaux d’asile, et renvoyer tous ceux qui sont déboutés dans leur pays d’origine ou dans le pays de premier accueil« ;

- Approche européenne: « améliorer la politique commune d’expulsion des migrants ayant déposé des demandes manifestement infondées » et « prétraiter les demandes d’asile dans les centres fermés« .

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Les réfugiés du HCR et tous les autres

Seule une minorité – entre 13 et 18 millions, selon les années – sont des réfugiés stricto sensu, c’est-à-dire vivant hors de leurs pays et reconnus comme tels institutionnellement, sur environ 50 millions de personnes qualifiées par le HCR de « victimes de déplacements forcés« . Ils sont massivement concentrés en Asie (plus de 6 millions) et en Afrique (7 à 8 millions), auxquels il faut ajouter les 3 millions de Palestiniens réfugiés depuis les années 1940 et 1960 dans divers pays du Proche-Orient. Par ailleurs, un peu plus de 3 millions de personnes sont considérées par le HCR comme des returnees, des personnes « en cours de rapatriement« . Enfin, plus nombreux que les réfugiés reconnus, de 25 à 30 millions, selon les estimations,  sont des « déplacés internes« .

Tous ces chiffres ne prennent pas en compte les exilés non déclarés et considérés comme « clandestins« . Ce sont les centaines de milliers d’Afghans qui ont fui leur pays. Ce sont les migrants somaliens, éthiopiens, rwandais installés dans les régions limitrophes qui ont préféré ne pas avoir de reconnaissance officielle et tenter leur chance dans l’économie informelle plutôt que d’être enfermés dans des camps. Ce sont les centaines de milliers d’Algériens, de Tunisiens, de Marocains, de Turcs, de Maliens, de Sénégalais qui vivent dans la débrouille de ce côté-ci de la Méditerranée.

In ‘Subversions’ #2 – avril 2013

[Santiago, Chili] Le comissariat de Lo Prado à l’explosif – 11 juillet 2014

LoPradoComicoA l’aube du 11 juillet 2014, des inconnu-es ont installé un engin explosif devant un des nombreux repaires policiers qui se trouvent en ville.

Cette fois, c’est le commissariat 44 de Lo Prado, avenue San Pablo (à l’ouest de Santiago) qui a fait l’objet d’un attentat: la porte en métal de ce lieu de torture a été dégradée par l’explosion, tout comme plusieurs vitres et une partie du mur à proximité.

Des escadrons de police du LABOCAR et du GOPE se sont précipités sur les lieux afin de trouver des indices et une quelconque revendication de l’action (en vain).

Outre l’objectif des artificiers qui visaient la face la plus visible de l’autorité, l’explosion a aussi fait quelques dégâts sur une école située juste à côté.

Feu et explosions contre toute autorité !

Reformulé de leur presse via instincto salvaje

[Brésil] Récits depuis les rues de plusieurs villes sur la révolte contre le mondial de foot et la répression qui en découle (12-23 juin 2014)

[Mise-à-jour 26/06/2014 à 15h22]

Plusieurs récits depuis les rues brésiliennes ont été publiés sur cumplicidade. Nous revenons sur les journées de révolte et la répression qui frappe depuis le début de cette coupe du monde.

  • Porto Alegre, 12 juin 2014:

1PA1206Une manifestation a rassemblé quelque 2000 personnes en se dirigeant à travers les rues du centre-ville: parmi eux, un groupe cagoulé a détruit plusieurs banques sur leur chemin (Banrisul, banque d’épargne fédérale, la banque Itau Brésil, etc…). Un resto Mac Donald a également été attaqué, perturbant ainsi le confort et la tranquillité des complices des meurtres quotidiens des êtres humains et non-humains. Les symboles de la Coupe (mobilier, signalétiques et publicités) ont été soit arrachés, soit détruits. Des poubelles ont également été brûlés et des graffitis ont fleuri un peu partout. En arrivant à Largo Zumbi de Palmares il y a eu des affrontements avec la BOE (Bataillon des opérations spéciales) protégeant l’office de tourisme. La foule s’est dirigée à Borges, prenant le chemin de la FIFA Fan Fest, mais a été dispersée avant qu’elle puisse y arriver. Un manifestant a perdu une dent dans la bataille. Mais les forces répressives ont rapidement dispersé le cortège. Après la dispersion, 15 personnes ont été arrêtées et six d’entre elles ont été emmenées à l’ACISP (Académie intégrée de la sécurité publique) au 555 de l’avenue Antonio de Carvalho. Cinq d’entre elles ont été libérées dans la même journée après le paiement d’une caution. Une personne est incarcérée en ce moment même à la prison centrale mais nous n’avons pas plus d’informations pour le moment.

  • Salvador, le 13 juin 2014:

Alors que le premier jour du mondial plusieurs rues ont été fermées et qu’un car officiel de la FIFA a été pris en chasse par des manifestant-es, cette deuxième mobilisation avait pour destination l’Arena Fonte Nova, où se tenait un événement FIFA, « la FIFA Fan Fest » (retransmission des matchs avec des concerts de « musique » avilissante. Bref, un temple de la consommation organisé par la fifa). Anarchistes et anti-autoritaires ont préféré se démarquer du rassemblement des partis et autres récupérateurs, plus préoccupés comme d’habitude à s’afficher avec leurs drapeaux… Le cortège anarchiste s’est décidé à se mettre en route, alors que les partis et syndicats continuaient à parler aux agents de la répression. A l’approche, les flics se sont fait plus pressants, et à quelques mètres des barrières, ont attaqué les quelques manifestant-es déterminé-es avec flashballs et gaz lacrymo. A ce moment, un concessionnaire Honda s’est fait péter ses vitres , et les bagnoles à l’intérieur ont été sauvagement endommagées. Les flics ont piégé les manifestant-es, les ont frappés à coups de matraques et coups de pieds puis arrêtés 23 personnes (14 adultes et 9 mineurs). Tou-te-s ont été trimballé-es dans la plus grande discrétion au 1er DP (comico) dans le quartier Barris, sauf les mineurs qui ont été ammenés à Brotas au DAI (Delegacia para Adolescente Infrator: pour les « jeunes délinquants »). Plusieurs compagnon-es de lutte étaient présent-es devant le DAI pour soutenir les mineurs arrêtés et les saluer à leurs sorties, tandis que des avocats populaires étaient là pour les conseiller. La dernière personne inculpée est sortie à 04h30 samedi matin.

L’Etat et les entreprises se donnent le maximum de moyens en matière de répression et d’intimidation afin de s’assurer que leur fête ne soit pas gâchée.

  • Belo Horizonte, 14 juin 2014:

Une manif s’est tenue contre la Coupe du Monde dans le centre-ville. La police a organisé une répression autour de la place, en contrôlant et recherchant toutes les personnes qui s’y approchaient. 15 personnes ont été arrêtées, dont Igor Aguiar Daniel Borges, qui est resté digne face à l’Etat et ses sbires (police, justice, médias). Il a eu une attitude digne et audacieuse dans laquelle nous nous sympathisons avec lui, parce que nous ne devons pas montrer notre peur contre les appareils répressifs. Maintenant, il est détenu en attendant la suite du cirque juridique démocratique.

  • Rio de Janeiro, le 15 juin 2014:

Rio1506Suite à la répression du 12 juin (ouverture de la coupe), une autre manif a eu lieu et a déambulé dans les rues de Tijuca, Vila Isabel, tout en attaquant les symboles du capital sur son passage. Malgré les attaques des forces de police, les gens continuent de descendre dans la rue, ne se laissant pas intimider par la démonstration de force étatique.

Une vidéo ici

  • Rio de Janeiro, le 20 juin 2014:

Trois rassemblements de résistance se sont tenus dans le centre-ville: le premier, le festival de juin « Fifa go home » organisé par le FIP (Front Populaire Indépendant. Le deuxième, une manif des enseignants en grève à Lapa et le troisème sous le slogan “Dictature Carioca”, pour se rappeler du soulèvement du 20 juin 2013, date à laquelle plus d’un million de personnes  ont pris les rues et ont fait face à une féroce répression policière. Sinon, un autre rassemblement s’est tenu également à Candelaria, en face de la municipalité, sous le slogan « 20j: le retour du géant » pour demander une amélioration des transports, de l’éducation et de la santé. Les trois manifs se sont tenues à proximité des Arches de Lapa autour de 19h, secteur du quartier Lapa qui est aujourd’hui un bastion des bobos et des touristes étrangers. Les flics étaient de sortie avec camions à eau, centaines de keufs des bataillons de choc et hélico (à ce sujet, l’Etat brésilien a créé durant l’année une brigade de keufs – appelée « Lapa presente »spécialement pour protéger la population aisée de Lapa). Immédiatement les flics ont tenté d’arrêter des manifestant-es, en bloquant une des rues du secteur (la rue Mem de Sá). Les gaz balancés ont pu encrasser les poumons des touristes qui buvaient en terrasse. Ces derniers ont hurlé sur les manifestant-e en anglais, ne comprenant rien à la situation, en atteste les mots qu’ils ont pu dire: « Quel est le problème?? » (sic!). Un manifestant-e lui a répondu que le problème, c’était la Coupe du Monde. Il a réagi par la peur: « Alors le problème, c’est moi? » pui au maniferstant-e de répondre: « Le problème ce n’est pas seulement vous, ce sont tous les gens et tout ce qui collabore avec la Coupe du Monde de la pauvreté, de la violence et de l’exploitation« . Bien que 7 personnes ont été arrêtées (rapporté par les médias bourgeois) pour port de cagoules, la manif a continué sous escorte policière pendant quelques heures. Au festival du FIP, le slogan « FIFA go Home » était visible depuis les murs blancs et tous propres du secteur (les services municipaux se sont activés pour rendre le quartier agréable pour les riches avant le début de cette coupe… tout ça faisait partie des règles fixées par la FIFA quant à l’organisation de cette fête de la domination). Ce festival a pu se tenir une bonne partie de la soirée avec le vol incessant des hélicos au-dessus de leurs têtes… (à noter que plusieurs festivals populaire contre la coupe du monde ont été interdits dans plusieurs villes, notamment à Salvador.

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Récits depuis plusieurs articles de leur presse:

  • Lundi 23 juin 2014:

A Sao Paulo, depuis les émeutes du 19 juin dernier, le centre-ville a été placé sous occupation policière et militaire, histoire une fois de plus de faire régner la peur sur quiconque essaierait de manifester. Malgré cela, près de 300 manifestant-es ont quand même tenté de se rassembler et défiler à proximité d’une station de métro. La police, présente en masse, a rapidement chargé et des affrontements ont éclaté. Des flics ont tiré des coups de feu en l’air… un manifestant, Rafael Marques (déjà arrêté le 12 juin dernier) a été violemment interpellé par les flics en civil, puis embarqué jusqu’au siège de la police judiciaire d’Etat à Bélem dans la zone est. Un autre manifestant, Fabio Hideki Arano, a été transféré au centre de détention provisoire (CDP) à Pinheiros dans l’ouest de la ville: les deux manifestants sont accusés de faire partie des black blocs et inculpés pour « violence, conspiration et possession d’engins explosifs ».

Un concessionnaire de voitures de luxe désert dans une grande avenue de Sao Paulo lundi 23 juin 2014

La peur chez les riches en illustration (Sao Paulo lundi 23 juin 2014)

Le même jour, cette fois-ci à Rio, plusieurs centaines d’habitant-es des favelas (notamment de Chapeu Mangueira, située près de Copa Cabana), sont sorties dans les rues pour gueuler leur rage contre cette coupe de mort et de misère. Ils ont scandé des slogans contre les multiples meurtres de la police (et donc contre les flics de l’UPP, milice spéciale pour les habitant-es des favelas). On y voit les sales porcs de flics à l’oeuvre dans cette vidéo. Les médias rapportent une arrestation.

bus2506Mercredi 25 juin vers 9h30 du matin, la Police Militaire mène des opérations dans les favelas du secteur de Chapadão à la périphérie de Rio de Janeiro: les flics de l’UPA (Unité d’Urgence) investissent le quartier Costa Barros, ce qui se fait par une résistance armée d’une partie des habitant-es. Un enfant de 3 ans est tué par une balle policière alors qu’il se trouvait dans son lit. Deux autres habitant-es ont été sérieusement blessé-es par les tirs de ces assassins assermentés: l’un a été atteint à l’abdomen, l’autre à la cuisse. En réponse à tout ça, six autobus ont été crâmés, des routes et voies de métro ont été coupés par des barricades. Un peu plus tard, plus de 300 personnes se sont rassemblés, ont marché sur la route de Botafogo bloquant le trafic et tentant d’incendier un bus, ce qui a échoué par la rapide intervention de la PM.

D’autres informations sur ce qu’il s’est passé ailleurs au Brésil sur squat.net

Malgré la terreur que l’Etat fait régner dans les rues (plaçant les villes sous occupation des uniformes de l’armée et de la police, les arrestations de masse et la brutalité permanent des forces répressives), les révoltes n’ont vraiment pas l’air de s’essoufler…

De partout, de nombreuses formes de solidarité avec toutes ces agitations sont possibles. En atteste les multiples initiatives de ces derniers temps en Allemagne (entre autre à Hambourg et à Berlin -voir ici et , à Oakland, Besançon ou encore en Suisse allemande)

A nous d’exprimer notre solidarité avec les révolté-es,

Sinon, pour rappel: il existe un moyen de soutenir les révolté-es inculpé-es en coment auprès de la croix noire anarchiste de Rio de Janeiro.

Le site: cnario.noblogs.org

[De Pau à Nancy] Soirée déchaînée contre la police – 21/22 juin 2014

Place St-Epvre vers 2h du mat’ à Nancy, cinq flics municipaux ont la mauvaise idée de s’approcher d’un peu trop près des jeunes qui s’amusent sur une statue au milieu de milliers de personnes rassemblées. C’est alors que ces bleus aventuriers reçoivent une pluie de projectiles, obligés de s’enfuir par une petite ruelle. Un groupe d’environ 500 personnes continue à les pourchasser en leur balançant ce qui leur tombe sous la main. Le commissaire Kointz appelle alors du renfort pour expulser la place: pas moins d’un demi-escadron de GM et des flics de la PN. « Nous avons reçu une pluie d’objets et les manifestants ont même essayé de nous charger » s’indigne le chef des bleus -dans son rôle de victime habituelle- en pleine page du quotidien régional. Il fallait bien que ces porcs justifient l’utilisation massive de grenades lacrymogènes et tonfas.

Au final, « cinq personnes ont été interpellées. Deux ont été remis dehors une fois dégrisés. Deux ont été libérés mais ont été convoqués devant la Justice en septembre. Le cinquième était toujours en garde à vue dimanche soir. »

Reformulé de la presse locale, 23/06/2014

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A Pau, flics et CRS encerclent le quartier du Hédas aux alentours de 2h du matin afin d’expulser les personnes qui assistent aux concerts antifascistes organisés par Libertat, au pied de la Tour du bourreau. Coups de matraques, gaz lacrymo et flashballs sont utilisés rapidement par les bleus. La foule riposte immédiatement en faisant de la récup’ urbaine (palettes, cannettes, pavés…). Au final, deux flics -un de la PN, l’autre de la CRS- ont été envoyés à l’hosto, tandis qu’au moins une voiture sérigraphiée ‘police’ a été rendue inutilisable. Quatre personnes ont été interpellées. 

Pau2106

Reformulé de la presse, 22/06/2014

[Hambourg] Contre le spectacle de la domination ! Manif sauvage en solidarité avec la révolte au Brésil – 20 juin 2014

Hier soir, le 20 juin 2014, 30 à 40 personnes ont manifesté spontanément et à l’improviste dans le quartier Schanze afin d’exprimer leur haine contre la FIFA, les États et leurs larbins ainsi que leur solidarité avec les combattants au BrésilDurant la manif, des slogans ont été tagués comme « Fuck Fifa! », des tracts ont été distribués, des feux d’artifice ont été allumés et la boutique Adidas à Schulterblatt a été honorée avec des pierres et de la peinture. La foule s’est dispersée à nouveau juste avant qu’un policier ne se montre. Ce bref instant a de nouveau montré que nous pouvons prendre les rues, il suffit de le faire.

Voici le texte du tract distribué:

Contre le spectacle de la domination !

Fifa de merde, coupe du monde de merde ! Pour la révolte mondiale !

117152Chaos et désordres dans le pays d’accueil; Le stade d’inauguration n’est pas fini à temps en raison des grèves; Les flics sont remplacés par l’armée où ils font grève et soutiennent à d’autres endroits où la résistance est trop importante. La Fifa de toute façon, mais surtout la Coupe du Monde au Brésil en 2014, montrent une fois encore clairement comment les Etats et les entreprises internationales telles que la FIFA font cause commune pour le contrôle, l’image et le profit.

Pour la construction des stades et des boulevards qui les relient au profit des touristes, des quartiers entiers ont été expulsés. En conséquence de l’accueil de la Coupe du Monde cette année et des Jeux Olympiques dans deux ans, plus de 20.000 personnes perdront leurs maisons, l’augmentation des prix des tickets de transport, des billets, des locations et beaucoup d’autres augmentations énormes, tant elles sont déjà ainsi chassées de leurs lieux de résidence.

Les quartiers au coeur des villes hôtes sont des nuits de troupes de flics aggressifs qui occupent, arrêtent, frappent ou même tuent ce.lles.ux qui ne conviennent pas à l’image d’une ville propre et sécuritaire.

Tout cela est bien naturellement pas accepté.

Des manifestations, des grèves et des émeutes accompagnent la coupe du monde comme nulle part auparavant et les flics agissent avec matraques, gaz lacrymogènes et souvent même avec des armes à feu contre des personnes dans la rue.

Celles et ceux qui se révoltent ont bien compris qu’un tel projet sert et renforce un ordre dans lequel une minorité profite du malheur de beaucoup d’autres. En solidarité avec ces soulèvements courageux nous allons maintenant dans les rues pour montrer que nous nous reconnaissons dans la révolte contre ce projet de domination - qu’ils doivent toujours et partout s’attendre à une résistance !

Pour la révolte sociale !

Plus d’infos sur: http://wm2014.noblogs.org

Traduit de l’allemand de linksunten