Archives du mot-clé squats & occupations

[Zürich] Résistance solidaire à l’expulsion du squat ‘Autonomer Beauty Salon’ et de l’aire Labiztke – 5 et 7 août 2014

Zürich : la police a commencé à évacuer le squatt

L’évacuation de l’aire Labitzke, à Zurich-Altstetten, occupée par des squatteurs, a débuté jeudi matin. La police municipale s’est rendue sur les lieux avec d’importants effectifs.

Quelques occupants se sont retranchés sur une tour. Pour le moment, la situation est calme. Selon des messages publiés sur Twitter, la police a emmené un des squatteurs. Elle a également demandé à ceux qui sont réfugiés sur la tour de descendre, mais sans succès pour l’instant.

L’évacuation de l’aire Labitzke, qui est occupée par les squatteurs depuis des années, est attendue depuis plusieurs jours. Cette zone est depuis longtemps un sujet de controverse. A part les squatteurs, d’autres locataires logent dans les bâtiments. L’entreprise immobilière Mobimo veut raser l’ancienne fabrique de peinture pour y construire 200 appartements.

Mardi matin, les squatteurs avaient érigé des barricades dans une rue de Zurich. Ils voulaient ainsi se défendre contre leur évacuation probable. La police était intervenue pour dégager la rue et avait procédé à 16 arrestations.

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Leur presse – 20minutes.ch, 07/09/2014 à 09h53

Policiers à l’assaut de squatters «en béton»

Les agents ont dû employer les grands moyens contre des manifestants, mardi.

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 Les occupants de l’aire Labitzke à Zurich-Altstetten ont donné du fil à retordre aux forces de l’ordre. S’ils n’ont pas eu à utiliser des lacrymogènes ou autres canons à eau, ils sont intervenus armés de tronçonneuses à meules et de mèches à béton pour déloger les squatters. Ceux-ci avaient érigé des barricades au petit matin dans la Hohlstrasse. Ils entendaient ainsi se défendre contre leur évacuation, prévue prochainement pour faire place à un gros projet immobilier.

Des protestataires s’étaient enchaînés et bloquaient la circulation. Un autre avait les bras pris dans des containers emplis de béton. Une manière de faire répandue en Allemagne et en Angleterre, mais peu connue en Suisse: la police lausannoise dit ainsi ne jamais y avoir été confrontée. Au terme d’une opération qui aura duré presque six heures, les manifestants ont été «libérés» dans de grandes gerbes d’étincelles. Au total, 16 personnes ont été arrêtées.

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Le grand projet immobilier prévu sur l'aire Labitzke

Le grand projet immobilier prévu sur l’aire Labitzke

Leur presse – 20minutes.ch, 05/08/2014 à 21h34

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Un suivi ici de l’expulsion en cette matinée du 7 août 2014

Vers 8h, l’artillerie policière se déploient dans le quartier Altstetten de Zürich pour expulser les occupant-es d’un bâtiment voués à la destruction au profit d’un projet de gentrification. Les flics, en nombre sur la Ohlstrasse avec canons à eau, encerclent l’aire et commencent à repousser les solidaires.

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A 8h30, l’expulsion commence. Il est de plus en plus en plus difficile d’entrer dans le secteur car les robo-cops bloquent les rues. Deux personnes sont montées sur une tour en bois dans le jardin de Labizke. Il y a eu une arrestation.

9h06: les pompiers arrivent avec une grue sous protection de la police pour déloger la deuxième personne qui est sur la tour en bois. C’est la deuxième arrestation de la journée.

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La banderole suspendue dit "la ville et mobimo, bas les pattes de l'aire de Labitzke"

La banderole suspendue sur le bâtiment squatté dit « la ville et Mobimo, Bas les pattes de l’aire de Labitzke – La ville nous appartient à tous »

Vers 09h20, les flics pénètrent à l’intérieur de l’ABS où se trouvent encore de nombreuses personnes.

Vers 10h50, plusieurs personnes ont été été arrêtées dans la Ohlstrasse alors qu’elles étaient en dehors du périmètre démarqué par les flics pour l’expulsion. Peu de temps avant, les flics ont arrêté une personne qui étaient sur le toit de Labitzke, tandis que deux autres personnes à l’intérieur sont arrêtées suite à l’incursion des flics.

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Vers 11h20, les flics délogent les dernières personnes

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A 11h42, plusieurs personnes rapportent de nombreux contrôles d’identité dans les rues alentours.

Mise-à-jour 08/08/2014 à 17h30

Ce vendredi 8 août 2014 à 10h30, 9 personnes sont toujours en détention dans plusieurs commissariats. Nous exigeons leur libération immédiate ! 

Une manif est prévue samedi 9 août 2014 à partir de 21h30 sur la Limmatplatz de Zürich.

Le n° de téléphone Antirep est 076 649 51 62

Communiqué du 4 août 2014

C’est la fin? Ou plus tard? Ou ça continue encore? 

Nous sommes en colère et un peu triste. Après trois ans de résistance continue contre la ville, la police et Mobimo, ces derniers veulent raser l’aire de Labitzke, l’une des occupations les plus importantes de la ville de Zurich. Par la suite, un objet de prestige de Mobimo doit être réalisé, une immense construction sans âme avec des tours allant jusqu’à 67 mètres de hauteur, ce qui constitue un autre élément essentiel dans un développement de la ville jusqu’à une jungle de béton totale. Mais nous n’allons pas nous faire expulser sans résistance !

Nous comprenons aussi les plans de démolition de Mobimo dans un contexte plus général du développement urbain, ce qui signifie le déplacement de vastes couches de la population. Déplacement des personnes loin de leurs logements, loin de leurs places, bref: de leurs maisons et de leurs lieux de rencontres. Que disparaissent de plus en plus de logements abordables et d’espace culturel ainsi que des espaces auto-organisés au profit de bâtiments à but lucratif et des appartements de luxe coûteux, ce n’est pas nouveau.

Avec l’aire de Labitzke et le  Autonomer Beauty Salon, la ville et Mobimo veulent maintenant détruire un espace, qui est beaucoup plus que juste un centre sous-culturel. Bien plus qu’une simple alternative culturelle idéalisée de l’offre existante. Nous portons aussi dans ces projets et des espaces des idées qui sont issues de notre mécontentement avec les conditions actuelles. Nous voulons une vie au-delà de la logique de profit et de dépendances et recherchons le soutien mutuel et solidaire basé sur la vie commune, dans laquelle la compétition, le pouvoir et les hiérarchies sont remis en question.

Par ces projets, il ne s’agit pas seulement de créer une offre de consommation et culturelle sans règle et autant avantageuse que possible.  Il s’agit, dans cet espace libre en dehors d’un statut d’objet de spéculation, de se battre pour obtenir un peu d’espace de vie dans une alternative temporaire. Que ce soit dans l’art et la manière de cuisiner, de nettoyer et d’habiter. Comme organiser des concerts et transmettre des connaissances, comme résoudre des conflits et planifier des projets. C’est un terrain d’expérimentation, un endroit pour expérimenter et apprendre. Et par-dessus tout, c’est un endroit où les gens peuvent se rencontrer, qui veulent se connaître, et qui n’acceptent pas les conditions existantes sans combattre.

C’est pourquoi nous réalisons notre résistance dans les rues ici et aujourd’hui dans les rues, de manière diverse et résolue en protestant contre les intentions de la ville et de Mobimo. Nous faisons cela de différentes façons, chacun/e comme il/elle veut. Nous ne laisserons pas divisés cette lutte par le petit jeu des médias autour de la question de la violence dans cette lutte. Nous voulons redéfinir quand on parle de la violence qui règne: Mobimo, qui est un acteur de plusieurs milliards d’euros dans le secteur de l’immobilier, bosse dans les appartements de luxe, font avancer l’expulsion et la marginalisation et voit purement des chiffres à la place des gens. La ville, qui conduit une politique hostile et nous frappant d’incapacité, veut nous pousser dans une vie comme des rouages ​​dans tout. La police, qui pointent sur nous leur pistolet derrière leur armure et nous tombe dessus avec des matraques. Et cette violence doit être surmontée !

Nous réalisons notre combat ensemble et nous n’aimons pas nous laisser diviser entre squatteur/euses violent/es et pacifique/s. Cette séparation n’existe pas pour nous. Nous avons décidé de résister passivement sur ​​l’aire de Labitzke. L’unique violence est celle de la police et de l’État. Nous sommes, en aucune façon, préoccupés à nous distancer de n’importe quelle forme d’action mais exigeons simplement, que nous voulons vraiment créer de la place, aussi en séparation spatiale, à toute action de résistance.

Encore une fois, nous sommes en colère ! Nous sommes en colère que de nouveau on nous cible avec des flashballs et qu’on nous tire dessus, que les gens s’arrogent le droit de nous dire comment nous devons vivre. Par conséquent nous contrecarrons maintenant leurs plans, avec des actions de solidarité dans d’autres villes et sur le lieu des événements. Avec des actions décentralisées à Zürich et une opposition bruyante, colorée et déterminée sur le terrain.

Bas les pattes de l’aire de Labitzke !

Traduit approximativement de l’allemand du site de l’autonomer beauty salon

[Vienne, Autriche] Expulsion de la Pizzeria Anarchia

Eviction of squatters from Pizzeria Anarchia in ViennaLe squat viennois Pizzeria Anarchia a été expulsé aujourd’hui, lundi 28 juillet 2014. Il était occupé depuis novembre 2011.

Au moins trente véhicules, des canons à eau, un hélico et environ 1 700 flics ont été mobilisés pour expulser une cinquantaine de squatters…

Un tank et une tronçonneuse ont notamment été utilisés pour défoncer les barricades du rez-de-chaussée, tandis que des squatters ont balancé par les fenêtres des litres et des litres de peinture sur les flics anti-émeute et autres forces de répression. Des barricades avaient été placées dans la rue pour retarder l’intervention policière. À l’intérieur, une partie des squatters se sont réfugié-e-s au dernier étage et/ou sur le toit. Au final, cette expulsion aura pris la journée aux flics, puisqu’ils sont arrivés le matin et ont fini leur sale job vers 20h30. Dix-neuf personnes ont été arrêtées, a priori toutes à l’intérieur du squat.

Un flic aurait été blessé lors d’un lancer de téléviseur par la fenêtre du squat. Cette bonne nouvelle pourrait être utilisée contre les personnes arrêtées… Affaire à suivre.

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Repris de squat.net, 28 juillet 2014

Un appel solidaire des squatters-ses a circulé début 2014 suite à la menace d’expulsion du lieu 

Des attaques contre les agents de la gentrification ont également été menées parallèlement, comme celle-ci par exemple

[Calais] Appel à soutien et défense du squat de l’Impasse des Salines

Venez à Calais maintenant : expulsions imminentes du nouveau squat et de la jungle !

Ce jeudi 24 juillet, le tribunal a rendu son verdict à propos du nouveau squat Impasse des Salines : les habitant.e.s de la maison ont 10 jours pour quitter la maison avant l’expulsion...Les autorités et la police ont 10 jours pour trouver une stratégie pour expulser ce squat et nous avons 10 jours pour organiser la défense de cet endroit et répondre à cette attaque !

Les habitant.e.s de cette maison ont, pour le moment, décidé d’y rester même lorsque la police viendra les expulser. Ils ont décidé de résister et nous demande de les aider dans cet optique. Il y a maintenant plus de 100 personnes qui dorment dans cet espace et plus de 300 qui viennent chaque jour pour une tasse de thé, un repas collectif, des cours de français, des jeux de carte, et pour avoir accès à des conditions d’hygiènes basiques (toilettes, douches, et eau).

La jungle à proximité de l’usine Tioxide où les différentes communautés ont reconstruit des campements après les précédentes expulsions, est aussi menacée d’une expulsion imminente. Plus de 300 personnes essaient d’y vivre et subissent un harcèlement policier quotidien (coups et blessures, gaz, contrôles d’identité).

Nous sommes actuellement très peu nombreux sur le terrain en ce moment, quelques un.e.s d’entre nous vont partir dans les prochains jours et nous avons beaucoup de travail…Tout ce qui avait été reconstruit après les dernières expulsions est menacé à nouveau !

Un nouvel espace plein de potentiel existe maintenant et c’est le moment de se battre pour qu’il vive ! Nous avons besoin de tous les coups de main et de toutes les énergies disponibles pour organiser sa défense !

La répression de ces trois derniers mois a déjà causé trop de dégâts, arrêtons-les !

L’appel en anglais ici

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Bienvenue au squat Impasse des Salines

Besoin de films pour les projections
Besoin d’activités, musiques, danses, chants
Besoin d’ateliers sur les droits en Angleterre, Allemagne et ailleurs
Besoin de cuisiniers
Besoins d’idées

Besoin de monde !!!!

Donc bienvenue au squat impasse des Salines, c’est tranquille au moins jusqu’au 6 août et sans doute plus.

Venez avec nous construire le rapport de force et obtenir pour nos amis un lieu de vie hors d’atteinte des harcèlements et violences policières.

Venez construire ce lieu avec nous !

C’est maintenant que nous avons besoin de vous ici.

En anglais ici

[Berlin] « La Longue Nuit de la Rigaerstrasse » (week-end des 14 et 15 juin 2014)

La nuit a été enflammée; éclairée avec nos désirs collectifs pour la liberté, contre la société carcérale et le monde d’autorité.

Rigaer94La Longue nuit de la Rigaerstrasse a été une célébration vibrante de notre force en tant qu’anti-autoritaires, individus auto-organisées, de collectifs et de projets ainsi que d’une démonstration de notre résistance à la logique de l’autorité.

Entre le 14 et le 15 juin, la longue nuit de la Rigaerstrasse a animé les rues de Friedrichshain à Berlin, dans les environs de la Rigaerstrasse. Pendant la journée, il y a eu divers ateliers et activités organisés par des projets anti-autoritaires locaux, incluant: Rigaer 94, Liebig 34, Fischladen, Rigaer 78, Schreiner et Convoy, et dans la soirée des concerts et spectacles D.I.Y (Do It Yourself) ont eu lieu. La Rigaerstrasse s’est remplie de gens qui parlaient, dansaient, et s’amusaient et il y avait un bonne ambiance dans la rue. Notre fête a atteint son apogée uniquement dans la soirée, puisque dans une autre partie de la ville (à Kreuzberg), un ancien foyer d’étudiants a été squatté par des réfugiés et d’autres personnes*, une autre raison de se réjouir.

Puis vers 22h30 un certain nombre de camions de flics se sont invités à notre fête. Alors que l’ambiance était bonne jusqu’à présent, et comme ils ont garé leurs camionnettes dans notre rue, ils étaient un spectacle affreux, investissant notre espace. Leur présence indésirable et répressive n’était pas acceptable pour nous. À peu près au même moment, des nouvelles nous sont parvenues que le bâtiment nouvellement squatté à Kreuzberg avait été expulsé, avec un réfugié frappé par les flics – une réalité quotidienne commune pour de nombreux migrants sans-papiers.

Les flics qui ont envahi notre quartier sont ainsi devenus des cibles d’ajustement pour le feu qui a alors rempli l’air, comme des barricades ont été érigées et incendiées entre Rigaer 94 et Liebig 34. D’une certaine manière les pavés se sont levés de leur lieu de repos habituel de nos rues, et se sont retrouvés à dégringoler sur les têtes de ces fonctionnaires répressifs de l’Etat**. Pendant ces moments d’attaques joyeuses, les flics n’ont pas réussi à rétablir immédiatement le contrôle de la situation et plus tard, en vengeance contre cette transgression, ont violemment attaqué les gens.

Ils ont frappé violemment les personnes (y compris à l’aide de tactiques de point de pression), ont arrêté 3 personnes*** et érigé des phares de détresse en masse dans la rue. Tout au long de la nuit des petits affrontements avec les flics ont continué le long de la Rigaerstrasse devant quelques-uns des projets. La nuit a été longue, et avec le feu dans nos ventres et la rébellion dans nos cœurs, nous avons combattu la police avec la même joie que lorsque nous avons dansé.

Pour un monde libre et en solidarité avec tous ceux qui résistent à l’étreinte mortelle de l’autorité.

RigaerStrasse

Traduit de l’anglais de linksunten

Notes de traduction:

* Il s’agit d’un autre squat que celui de la rue Ohlauer, cette ancienne école à Kreuzberg occupée depuis plusieurs années par des réfugiés en lutte et des solidaires. Voir toutes les infos sur les dernières semaines de lutte ici et

** La presse allemande fait état de 26 flics blessés pour le week-end.

*** Dans un autre compte-rendu, des anarcha-féministes du Liebig 34 parlent de 14 compagnon-nes arrêté-es, en incluant les affrontements sporadiques de la soirée de dimanche 15 juin. Le texte en allemand ici

[Italie] Attaques en solidarité avec les anarchistes arrêté-es le 3 juin dernier

Attaque incendiaire en solidarité avec les compagnon-es arrêté-es le 3 juin dernier à Turin

A Rome, une agence commerciale de l’entreprise de construction Progedil a été incendiée. L’attaque incendiaire a été réalisée en solidarité avec les compagnon-es perquisitionné-es et arrêté-es le 3 juin dernier à Turin. Un message a été inscrit sur la façade disant « Liberté pour Fabio, Michele, Andrea, Paolo, Toshi, Chiara, Claudio, Niccolò, Beppe, Francesco, Daniele, Marianna e Nicolò ».

Traduit de informa-azione, 2 juillet 2014

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[Bologne] L’agence bancaire CarisBo attaquée en réponse à la répression du 3 juin dernier

Dans la nuit du 18 Juin 2014 à Bologne, les vitres de la banque Carisbo Via Fioravanti à Bologne ont été brisées en solidarité avec les compagnon-es de Bologne et de Turin arrêté-es lors des récentes rafles infâmes.
Carisbo, banque affiliée à Intesa San Paolo, est impliquée dans la construction de projets de grande envergure et de restructuration dans plusieurs territoires.

Tous libres !
La lutte ne s’arrête pas!

Traduit de l’italien de informa-azione, mardi 1er juillet à 17h54

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ré-examen

Le tribunal de ré-examen (équivalent aux demandes de remise en liberté en France, ndt) a en bonne partie confirmé les mesures carcérales décidées par le juge le 3 juin dernier.

Beppe, Daniele, Francesco, Marianna et Nicolò sortent de prison, mais pour être en résidence surveillée.

Pour ceux qui étaient déjà en résidence surveillée, la mesure est confirmée.

Andrea, Fabio, Michele, Paolo, Toshi, Chiara, Claudio et Niccolò restent en prison.

Pour leur écrire :

  • Andrea Ventrella* C.C. Via Port’aurea, 57 – 48121 Ravenna;
  • Paolo Milan e Toshiyuki Hosokawa C.C. Località Les Iles, 14 – 11020 Brissogne (Aosta);
  • Michele Garau C.C. Strada Quarto Inferiore, 266 – 14030, località Quarto d’Asti, Asti;
  • Fabio Milan C.C. Via del Rollone, 19 – 13100 Vercelli;
  • Niccolò Blasi C.C. San Michele strada Casale, 50/A – 15121 Alessandria;
  • Zenobi Chiara e Alberto Claudio C.C. Via Maria Adelaide Aglietta, 35 – 10151, Torino;
*Depuis le 3 juillet 2014, Andrea n’est plus incarcéré à la prison de Ravenne et a été transféré à la prison d’Asti.
Pour lui écrire:
Andrea Ventrella C.C. Strada Quarto Inferiore, 266 – 14030, località Quarto d’Asti, Asti
Traductions de macerie (ici et )
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Jeudi 3 juillet à Bologne, une manifestation s’est tenue contre les expulsions de logements, la restructuration urbaine et la gentrification. La police a été déployée en masse dans la zone du rassemblement. Les autorités ont semble-t-elles gardées quelques traces des nuits agitées de ces derniers temps contre les locaux du parti au pouvoir (PD) et  plusieurs établissements bancaires**… Le matin même, une dizaine de domiciles de compagnon-es ont été perquisitionnés entre Bologne et Forli. Un texte de réflexion sur cette dernière opération policière contre les compagnon-es est consultable en italien ici.
"pas d'expulsion pas de flics pas de gentrification"

« pas d’expulsion pas de flics pas de gentrification – La bolognina est populaire – Occupe résiste lutte (A) »

**En plus d’une longue série de sabotages de guichets automatiques de banques en réponse aux vagues répressives contre les compagnon-es (No TAV incarcéré-es depuis décembre 2013 et les arrestations du 3 juin dernier concernant la lutte contre les sfratti)…
Dans la nuit du 31 juin au 1er juillet 2014, les locaux des fascistes de la CasaPound, situés via Malvolta, ont été attaqués à l’engin explosif. Après avoir démarqué la zone de l’attaque afin de ne blesser personne, les compagnons ont déposé un petit engin explosif composé d’un tube métallique rempli de poudre à canon devant l’entrée, endommageant sérieusement la porte et la façade vitrée.

[Berlin] Suivi de la lutte des réfugiés qui occupent l’école rue Ohlauer / Actions de solidarité (24 juin – 5 juillet 2014)

Depuis mardi 24 juin 2014 midi à Berlin, plus de 900 unités de police, armées de fusils mitrailleurs, se sont positionnées autour du quartier de Kreuzberg dans l’optique d’expulser les réfugiés sans-papiers qui ont réquisitionné l’école Gerhart Hauptmann, sur la Ohlauerstrasse. Si la majorité des occupant-es a accepté une proposition de relogement de la part du sénat (et en l’occurrence du sénateur écolo Panhoff ), près de 40 squatteurs déterminé-es sont monté-es sur les toits de l’école afin de ne pas rentrer dans la négociation avec le pouvoir. Le quartier de Kreuzberg est occupé par les forces de l’ordre, tandis que des agents de police venant de plusieurs régions d’Allemagne encerclent le squat avec l’aide de vigiles de boîte de sécurité privée. Un appel à la solidarité avec les réfugiés expulsés de l’école a été publié en anglais ici et en français sur contrainfo.

En réponse à la répression, des actions et manifs sont depuis organisés avec les réfugiés de l’école:

  • Le soir même, à Friedrichshain et Kreuzberg, des bennes à ordures sont incendiées, tandis qu’un immeuble récemment construit a eu une de ses vitres double-vitrage par le lancé d’un pavé: des poukaves qui traînaient dans le secteur ont immédiatement fait appel aux flics. Mais les vandales ont réussi à prendre la fuite avant leur arrivée.
  • Dans la nuit du 24 au 25 juin, un immeuble de luxe récemment construit rue Samplon s’est fait fracasser ses vitres du rez-de-chaussée.
  • Toujours durant la même nuit à Prenzlauerberg, les bureaux du parti des verts de la Raumerstraße se mangent des tags en solidarité avec les réfugiés sur sa façade. Les flics ont ouvert une enquête.
  • Dans la journée du 25 juin, les bureaux du maire Herrmann (verts) de Kreuzberg ont été occupés par des personnes solidaires.
  • Plus tard vers 22h30, une manifestation de solidarité s’est tenue dans Kreuzberg: outre des slogans et banderoles contre les frontières (« no border no nation stop deportation »), des barricades sont érigées à travers les rues et des vitres d’immeubles du processus de gentrification sont défoncées.
"le problème se nomme racisme"

« le problème se nomme racisme » (d’autres photos ici)

  • Le 26 juin 2014 dans le quartier de Neuköln, une manifestation sauvage part de la Reuterplatz vers 22h00. 60 personnes y prennent part: des barricades fleurissent dans les rues, tandis qu’un immeuble du quartier d’affaires perd quelques vitres et des manifestant-es s’affrontent avec les keufs.
  • Dans la nuit du 27 juin 2014, une attaque incendiaire vise le tribunal de Tempelhof-Kreuzberg en solidarité avec les occupant-es de l’école. Le communiqué dit entre autre « Des balles pour la maire Hermann, le sénateur Henkel, le conseiller municipal Panhoff – Liberté pour tous les prisonniers – Droit de rester pour tous !

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  • Tôt dans la nuit du 28 juin à Berlin, un véhicule de l’entreprise de sécurité Dussmann est incendié. L’attaque est réalisée en solidarité avec les réfugiés, contre les « mercenaires de l’agence Frontex » (la revendication de l’attaque est lisible en allemand ici)

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Samedi 28 juin 2014, 5000 personnes ont manifesté à Berlin contre l’expulsion de l’école occupée et en solidarité avec les sans-papiers qui restent à l’intérieur du bâtiment. Le cortège, parti de Herrmannplatz, est passé par Oranienplatz jusqu’à l’école de la rue Ohlauer. Les flics étaient toujours en masse dans la ville, avec des unités de flics venant de toute l’Allemagne (de Bavière,  Thuringe, Rhénanie du Nord-Westphalie et du Brandebourg).

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"Solidarité avec les réfugiés"

« Solidarité avec les réfugiés »

2806-03 Voir d’autres photos de cette manif

  • Dans la nuit du 28 au 29 juin à Cologne, les locaux du parti des verts, situés en plein centre-ville Ebertplatz 23, s’est fait refaire sa façade à la peinture en réponse à l’expulsion des occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann et à l’état de siège policier du quartier de Kreuzberg.
  • Dans la nuit du 29 au 30 juin 2014, des tags ont recouvert le bureau fédéral des verts dans le centre-ville de Bonn. On pouvait lire « les verts envoient les réfugiés à la mort », « solidarité avec les occupant-es de l’école à Berlin »…

Bonn

[Mardi 01/07/2014]

La confusion règne au sein du pouvoir local ces dernières heures: lundi 30 juin, le chef de la police berlinoise Klaus Kandt a lancé un ultimatum à la maire de Kreuzberg Monika Herrmann (verts) pour savoir si les flics expulsaient ou se retiraient avant midi mardi 1er juillet 2014 du quartier. Les embrouilles internes chez les verts sont multiples, mais aussi entre le sénateur à l’intérieur Henkel (CDU) et les verts. Le conseiller municipal Panhoff a clairement fait la demande d’expulser les occupant-es, ce qui a ramené d’office les flics en masse dans Kreuzberg – ce qui ne signifie pas qu’ils ont arrêté le siège de l’école – et laisser planer la menace d’expulsion. Les démocrates (parti de gauche « die Linke », parti pirate et une partie des verts et des jeunes SPD), voulant acheter la paix sociale, ont lancé une pétition (« Tenir sa parole ») pour résoudre le conflit sans la police, mais par le biais de négociations avec des psychologues et des forces civiles. Toujours est-il que le pouvoir ne souhaite pas immédiatement l’expulsion vue la mobilisation massive de ces derniers jours.

0107-1Du côté de la rue, on maintient la pression avec détermination: lycéen-nes et étudiant-es ont manifesté ce mardi 1er juillet pour le droit de rester des réfugiés. Durant une bonne partie de l’après-midi, il y a eu des affrontement sporadiques avec la police, accompagnés de slogans anti-police, avant que la manif se termine rue de Vienne à proximité de l’école G-H dans l’après-midi. Des sit-in pour empêcher une possible expulsion se sont également tenus à proximité de l’école.

Les bureaux politiques des verts (conseil municipal et mairie) ont été occupés par des solidaires. 20 personnes ont investi le conseil municipal dans l’après-midi: il y a eu trois arrestations et un-e occupant-e s’est fait casser le nez par les flics. Les autres ont été pris dans une nasse policière.

Des appels à accentuer les actions de solidarité circulent en ce moment contre la menace d’une nouvelle expulsion. Les réfugiés qui sont présents dans le bâtiment rapportent qu’ils sont privés de vivres par les barrages des flics. Les réfugiés de l’école menacent de se suicider en cas d’expulsion.

[Mise-à-jour 03/07/2014]

Suite aux déclarations du conseiller municipal des verts Panhoff qui exigeait l’expulsion immédiate des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer, des manifs et occupations se sont tenues aux quatre coins du pays. Un petit récapitulatif:

  • Le 1er juillet 2014 à Francfort, plus de 300 personnes ont manifesté vers 21h en solidarité avec les occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann. Parties de la Merianplatz, des flyers sur la situation dans le quartier de Kreuzberg ont été distribués aux passant-es. 
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« Solidarité est notre arme – Feu et flamme à la répression »

  • A Hambourg mardi 1er juillet, 200 personnes se sont rassemblées malgré une forte présence policière. La manif, qui n’a pas été déposée, a été déterminée et sauvage: en plus des slogans multiples contre la police et les expulseurs (verts, spd…), des pétards et des pierres ont été lancés sur les flics, et un bleu qui s’est mangé une pierre a du être hospitalisé. Les flics ont rapidement dispersé la marche à Schanzenviertel, et des panneaux de signalisation ont été arrachés et utilisé pour bloquer les rues du quartier, notamment sur la Schanzenstrasse. Des barricades ont été érigées à travers le quartier de Sankt-Pauli. Au total, 19 manifestant-es ont été interpellé-es. Samedi 5 juillet est prévu une grande manifestation en solidarité avec les réfugiés du groupe « Lampedusa à Hambourg » afin d’exiger immédiatement le droit de rester pour tous les réfugiés ainsi qu’une autorisation de travail.
  • Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2014,  dans le quartier de Kreuzberg (Berlin), il y a eu quelques gestes incendiaires : à l’angle de la Cuvrystraße  et de la Görlitzer Straße, des barricades ont été érigées puis incendiées, et un véhicule auto-service a été en proie aux flammes. Les pompiers sont rapidement intervenus mais les émeutiers ont réussi à disparaitre dans l’obscurité.

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  • A Lübeck dans la nuit du 1er au 2 juillet, des tags ont recouvert le bureau des verts avec les inscriptions « Refugees Welcome – Fight Racism ». Le communiqué dit à la fin « Pour le droit de rester ! Contre les expulsions ! Contre les zones de danger et les zones restreintes ! Contre la police paramilitaire ! »

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  • A Münich mercredi 2 juillet, un groupe d’une soixantaine de personnes solidaires a occupé le bureau du parti des verts. Des banderoles ont été accrochées au bâtiment en solidarité avec les réfugiés.

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Mise-à-jour, 5 juillet 2014

Quelques impressions de compagnons actifs dans les rues de Kreuzberg ce mardi 1er juillet 2014. A lire sur contrainfo

  • On apprend tardivement que dans la nuit du 26 au 27 juin, le parti des verts a reçu une visite à son QG d’ un groupe solidaire avec les réfugiés du quartier de Kreuzberg à Berlin. Ces dernier ont pris le temps de toquer aux vitres du local à coups de pavés et de prendre la fuite.
  • Le 3 juillet, les verts du quartier Haslach à Fribourg ont reçu la visite d’une poignée de solidaires.

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  • Toujours ce jeudi 3 juillet, 150 personnes ont manifesté à travers les rues de la ville de Darmstadt (Berlin) en solidarité avec les réfugiés de l’école. Le compt-rendu de la mobilisation se termine par « droit de rester pour tou-te-s – Personne est illégal – la solidarité doit être pratiquée … »: il est lisible en intégralité en allemand ici.
  • Près de 50 personnes se sont rassemblées à proximité d’une église à Berne (Suisse) ce jeudi 3 juillet et ont déambulé dans les rues en solidarité avec les migrants de la rue Ohlauer à Kreuzberg (Berlin), mais également pour les sans-papiers de Calais (arrêté-es mercredi 2 juillet et enfermés dans plusieurs centres de rétention sur l’ensemble du territoire)

Bern

Jeudi 3 juillet, on apprend via les médias du pouvoir que la police s’est en partie retirée du quartier de Kreuzberg, même si 200 flics continuent à surveiller le quartier. Les barrages de flics sont moins nombreux aux alentour de l’école occupée. Par ailleurs, les autorités ont passé le relais à une entreprise de sécurité privée pour s’assurer qu’aucun autre réfugié viennent rejoindre celles et ceux présent-es dans l’école Gerhart Hauptmann. Les dix jours de siège policier auraient coûté plus de 5 millions d’euros à l’Etat.

BerlinDemo05072014Un appel à une grande manif pour le droit de séjour des réfugiés et contre une éventuelle nouvelle expulsion des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer a été lancé ce samedi 5 juillet sur la Hermannplatz à Neukoln. En ce début d’après-midi, plusieurs milliers de personnes (entre 2200 et 2300 selon les médias, 5000 selon les organisateurs) ont répondu présent. 850 flics antiémeute ont été mobilisés pour l’occasion. Au départ de la manif, des pétards et des feux d’artifice ont été allumés par un groupe de personnes solidaires depuis le toit d’un immeuble tout en tenant une banderole, tandis que résonnait depuis les rues le slogan « Feu et flammes aux expulsions ».

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Berlin05072014-3Le cortège a fait une courte halte sur la OranienPlatz, lieu où s’étaient installés avec leurs tentes il y a quelques temps plusieurs réfugiés de Berlin en lutte. Certain-es ont tenté de grimper aux arbres et se sont heurté-es à la police, qui a cependant interpellé plusieurs manifestant-es malgré la résistance déterminée d’une partie du cortège (on ignore le nombre d’arrestations). Par la suite les flics ont encerclé les arbres de la place… La manif, qui a diminué quasiment de moitié en nombre, s’est ensuite dirigée vers l’école occupée, où les unités de police ont quadrillé le secteur et remis pour l’après-midi des barrières tout autour du squat. La manif s’est dispersée vers 19h. Il a été rapporté sur linksunten que les porcs en uniforme ont procédé à des contrôles et arrestations après la dispersion.

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« Combattons l’Europe forteresse – Droit de rester pour tous »

Mis-à-jour 07/07/2014:

Jeudi 3 juillet à Brême, près de 80 personnes se sont réunies en début de soirée au Ziegenmarkt pour exprimer leur solidarité avec les réfugiés et les occupant-es de l’école de Kreuzberg (Berlin). La manif a été de courte durée mais bruyante, avec pas mal de slogans comme « no border no nation stop deportation !, Personne n’est illégal, Droit de rester n’importe où! ». Des tracts détaillant la situation là-bas ont été distribués. Après la dispersion à Domshof, les keufs ont contrôlé plusieurs participant-es à la manif sans qu’il n’y ait d’arrestation.

Potsdam1Le lendemain (4 juillet) à Potsdam, une quarantaine de personnes solidaires s’est retrouvée dans le centre-ville. Deux manifestant-es sont monté-es sur les piliers de la porte de Brandebourg afin d’étendre une banderole qui disait « Pas de mur pour l’Europe – Droit de rester pour tou-te-s », tandis que d’autres ont informé les passant-es de la motivation de l’action, à savoir montrer la solidarité avec les réfugiés qui occupent l’école Gerhart-Hauptmann dans le quartier de Kreuzberg. Bien que la menace d’expulsion qui pesait sur les squatteurs de la rue Ohlauer ait été retirée suite aux nombreuses manifs et actions de solidarité de partout, les principales revendications des réfugiés – à savoir le droit de séjour en général, la permission de travailler, l’abolition du système de bon et de l’obligation de devoir résider et de dormir dans les lager (camps pour réfugiés en Allemagne)) – n’ont pas été abordées par le pouvoir vert (Toutes ces revendications ont émergé lors d’une marche revendicative des réfugiés Würzburg à Berlin initiée en 2012). Les flics se sont ramenés peu de temps après le début de l’action suite à l’appel d’une citoyenne qui braillait sur les solidaires…

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Sources: indymedia linksunten et plusieurs articles de leur presse

[Saint-Denis, 93] Soirée de solidarité avec l’Attiéké samedi 28 juin 2014

Ce samedi 28 juin à partir de 20h, soirée de solidarité avec le centre social auto-organisé l’Attiéké à St-Denis. Pour commencer à récolter des fonds pour les frais judiciaires qui ne vont pas manquer de tomber.

Deux jours plus tard, lundi 30 juin (suite à l’audience du 16 au tribunal d’instance de St-Denis) nous aurons une réponse du greffe décisive pour la suite du lieu et de la lutte. Ni la mairie, ni la préfecture, ni les flics, ni les patrons du BTP, ni les promoteurs immobiliers, ni les dealers de sommeil n’auront la tristesse dans nos yeux. Ce seront donc tours de magie, slam vénère, Attiéké all star’s band (chââbi t’as vu), scène ouverte. Bouffe à prix libre, etc.

Au 31 bld Marcel Sembat à St-Denis bien sûr, métro Porte de Paris ou gare de St-Denis (train H et RER).

ATTIEKE, NOUS PAS BOUGER

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ProgAtt2Reçu par mail, 26/06/2014

[Nantes/NDdL] Appels en solidarité avec les inculpé-es de la manif du 22 février anti-aéroport (Rassemblement vendredi 27 juin devant le palais de justice)

Répression du mouvement de lutte
contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Quelques éléments sur les procédures judiciaires en cours

la-zad-est-partoutDepuis le 22 février 2014, au moins 22 personnes ont été arrêtées, accusées d’avoir participé à la manifestation anti-aéroport, pro-zad, organisée à Nantes ce jour-là. Certaines l’ont été le jour même, d’autres un mois après, et les suivantes au compte-goutte, chez elles, dans la rue, sur leurs lieux de travail. Plusieurs ont été incarcérées, notamment en détention provisoire.

Tous ces inculpés ont été déférés devant le juge en Comparution Immédiate, procédure d’urgence, la plus répressive. Comme s’il fallait évacuer par le biais de l’urgence et d’arrestations individuelles la publicité sur ces enquêtes inabouties. Comme si on cherchait à éviter de se trouver en prise avec un mouvement massif, qui a réuni jusqu’à 50 000 personnes dans les rues de Nantes. Sans parler des dizaines de collectifs qui s’organisent dans et autour de la zad depuis plusieurs années.

Les dossiers utilisés pour ces jugements font apparaître clairement l’intervention des services de renseignement dans l’identification et le profilage des personnes arrêtées. En fait ils reposent essentiellement sur des photographies obscures, floues, de personnes masquées. Ici, contrairement aux enquêtes ordinaires, il semble que les photographies viennent appuyer a posteriori le profilage réalisé par la DGSI (ex-DCRI).

Lors d’un récent procès, la position du parquet fut la suivante : dans les dossiers portant sur la manifestation, il n’y aura pas d’autres preuves que ces photographies litigieuses, pas d’autres éléments d’enquête que ceux, implicites, du renseignement. La juge a donc été sommée de faire un choix partisan : se soumettre au dictat du ministère de l’intérieur pour tous les dossiers, sans jamais prendre en compte les arguments de la défense. Elle est ainsi placée devant un chantage évacuant sa capacité d’appréciation objective.

D’autre part, les dossiers d’enquête mettent en lumière les pratiques de fichage systématique dont font objet les opposants au projet d’aéroport notamment par la cellule nantaise de la DGSI. Ils démontrent l’étroite collaboration entre la police politique et la police judiciaire, ce qui permet aux pouvoirs publics de voiler au regard de la défense et des citoyens les éléments de l’enquête nécessaires à l’élaboration de la défense de tout justiciable, présumé innocent. Ces pratiques de fichage systématique entrainent ainsi une criminalisation de fait de tous les militants anti-aéroport, susceptibles d’être arrêtés et incarcérés sans autres éléments, que ceux de la DGSI, contre lesquels ils seront sans défense. Elles viennent nourrir les questionnements plus larges ouverts aujourd’hui, sur la généralisation de la surveillance et les difficultés d’accès au dossier d’inculpation.

Il va de soi que ce mouvement est accompagné d’une croissance exponentielle du fichage des militants et sympathisants. Ce phénomène s’illustre notamment par leur capture vidéo ou photo en toute occasion, comme par exemple lors de l’expulsion de la “maison de la zad” le 20 juin dernier.

Et pour la première fois, il s’agit d’un fichage à usage directement répressif : il n’est plus seulement une menace distante dans le temps. Il pourrait s’agir d’une accélération de la transformation des services de renseignement, d’une instance de dialogue social en une instance répressive, telle qu’on a pu l’observer depuis la création de la DCRI.

Pour autant nous n’ignorons pas que le type d’opération menée ces derniers mois contre le mouvement de la zad cherche à provoquer parmi toutes ses composantes la crainte et la dissociation en discriminant coupables et innocents, militants légitimes et illégitimes. Ceci quand bien même les porte-paroles de tous les collectifs, formels et informels, ont réaffirmé au lendemain de la manifestation la solidarité qui a fait jusqu’à présent le succès et le caractère unique de cette lutte.

Nous appelons toute personne ou collectif, à se renseigner, enquêter, diffuser les informations afin que ces méthodes puissent être contrôlées et contestées, car nous sommes tous concernés.

À vous de jouer.

[email protected]

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ZAD – La solidarité : une « association de malfaiteurs »
Compte-rendu depuis la journée de procès du 19 juin

Suite à la manifestation du 22 février à Nantes contre les menaces d’expulsion de la zad et de démarrage des travaux de l’aéroport, nous faisons face à une campagne continue d’arrestations. Fait nouveau dans ce pays, ces arrestations se font en majorité a posteriori, sur des bases d’images vidéos, d’appels à délations et de croisements avec des fichiers politiques.

La manifestation du 22 février avait regroupé plus de 50 000 personnes et 500 tracteurs. Son parcours avait été prohibé, au dernier moment, par le Préfet. Mais des milliers de personnes ont décidé de braver la zone rouge et se sont, de fait, mises ainsi dans l’illégalité. Le jour même la répression policière, à coup de gaz, grenades et flashballs, a été particulièrement féroce. 3 personnes y ont perdu l’usage d’un œil. Dans les semaines qui ont suivi la manifestation, une campagne politico-médiatique de diabolisation s’était mise en œuvre, sans succès, pour diviser et fragiliser le mouvement. Au final le gouvernement n’a eu d’autre choix que de mettre le projet d’aéroport en stand-by pour une durée indéterminée et peut-être à jamais.

Mais 4 mois après, l’État continue à se venger de cet affront, sur le plan judiciaire : en isolant des personnes et groupes qu’il incarcère pour distiller la peur au plus grand nombre. Une vingtaine de personnes arrêtées dans les semaines et mois qui ont suivi la manif’ sont déjà passées en jugement. Une d’entre elles a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir fabriqué et utilisé des fumigènes. Le 17 mai, une manifestation de soutien aux inculpé-e-s et blessé-e-s regroupait plus de 1500 manifestants à Nantes.

Depuis, la machine continue de s’accélérer. Le 19 juin, quatre personnes ont été condamnées pour participation à un attroupement armé, jet de canette ou encore simple possession d’un marteau pendant la manifestation. Trois personnes vont comparaître dans les semaines à venir pour des faits liés au 22 février.

Dans chacun de ces procès, les dossiers ne comportent que de simples photographies floues qui montrent des personnes masquées que l’on a bien du mal à reconnaître. Et les inculpé-e-s se voient condamner sur la base de leurs aveux, obtenus sous la pression de la garde-à-vue. L’un des accusé-e-s, contestant les faits qui lui sont reprochés, vient d’être condamné à 9 mois de sursis et 4500 euros d’amende sur la base de simples photos litigieuses. La juge a appliqué à la lettre les réquisitions de la procureur, qui avait reconnu à demi-mot que le dossier était vide, mais avait placé la décision sur un plan politique : en l’absence de preuves plus probantes, la juge devait prendre parti malgré tout entre le ministère public et la défense. Ajoutant que concernant le 22 février, il n’y aurait jamais de preuves plus solides et qu’il faut donc les accepter comme telles si l’on veut pouvoir trouver des coupables.

Une telle affirmation confirme que le rôle de tous ces procès n’est pas de punir des faits commis, que le parquet aurait besoin de démontrer, mais bien d’exercer sur la zad une pression assumée comme telle. Après le succès du 22 février, l’impossibilité d’expulser la ferme nouvellement occupée à Saint-Jean du tertre et d’empêcher l’acheminement et la construction d’un nouveau hangar au rosier, l’État se venge comme il peut face à un mouvement qui ne cesse de monter en puissance. Pour paralyser la contestation, il vise tout d’abord à faire accepter la mis en place de nouveaux dispositifs répressifs. Ceux-ci nous concernent tous et toutes car ils menacent les possibilités de lutte en général, en allant même jusqu’à s’attaquer aux manifestations de soutiens et d’amitié aux inculpés. En effet, quatre personnes se voient accusées, sous prétexte de la présence dans leur voiture d’affiches d’appel au rassemblement du 19 et du 27 juin ainsi que d’une boîte à outils, d’« association de malfaiteur », en l’occurrence « entente établie en vue de commettre un rassemblement armé devant le tribunal de Nantes ».

Nous ne nous laisserons pas gagner par la peur. Le 19 juin, deux cents personnes se sont rassemblées malgré tout devant le tribunal de Nantes. Le soir même, une maison de la zad s’est ouverte dans Nantes.

Plus que jamais, une solidarité massive doit se construire à l’échelle du mouvement contre l’aéroport et bien au-delà. Le prochain moment pour l’exprimer sera le 27 juin, de nouveau devant le tribunal de Nantes et partout ailleurs où des rassemblements et actions pourront s’organiser.

Des manifestant-e-s du 22 février, des occupant-e-s de la zad, des collectifs et personnes en lutte.

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2-466e4Reçu par mail, 24 janvier 2014

[Brésil] Génocide et spectacle

Génocide et Spectacle – Une réflexion anarchiste sur le contexte à Rio de Janeiro : l’opération Choc de l’Ordre, la Coupe du Monde de la FIFA et les Jeux Olympiques d’Été de 2016 au Brésil.

Rio de Janeiro, futur hôte de la Coupe du Monde de 2014 et des Jeux Olympiques de 2016, est une métropole emblématique construite autour d’un écosystème paradisiaque et admirable [1]. Ses quartiers et ses rues contiennent le contraste du royaume marchand : disséminés autour des différentes parties de la ville, la pauvreté criante, la profonde décadence, l’abandon administratif dans leurs états les plus crus… et à d’autres endroits, le luxe hygiénique sert de toile de fond à un scénario simulé et superficiel de consumérisme et de vie confortable, constamment sous l’œil des caméras et d’une forte présence policière. Cette terre de tant d’anecdotes qui font « l’histoire du Brésil » est l’endroit où se produisent des extrémismes à caractère urbain et qui ne peuvent qu’être vécus en ce lieu, du moins dans les proportions dans lesquelles ils se manifestent.

Selon l’Indice de Développement Humain (IDH) – une mesure internationale comparative pour classifier le « développement » économique d’un territoire – il existe dans la ville de Rio une coexistence d’IDH de certains des quartiers les plus riches du monde, équivalents à ceux qu’on peut trouver dans certains endroits d’Europe, alors que plusieurs favelas ont un IDH égalant ceux de certains des pays les plus pauvres du continent africain. À l’origine de tout cela, le fait que ce fut toujours une ville où richesse extrême cohabite avec extrême pauvreté et que ce fut l’un des ports majeurs pour les humains enlevés en Afrique puis revendus comme esclaves. Malgré tout, pendant 12 ans elle fut la capitale de l’empire portugais et après l’ »indépendance » elle fut la capitale du Brésil jusqu’au milieu du XXe siècle. Si autrefois les contrastes encerclaient les palaces de la noblesse et les quartiers noirs, aujourd’hui cette différence se perçoit entre les quartiers riches opulents – de vrais Beverly Hills – et les nombreuses favelas.

La question raciale est intrinsèquement reliée à l’histoire de Rio de Janeiro. Si aujourd’hui il existe une politique si violente assiégeant cette ville, c’est sûrement parce que d’elle descend directement du régime esclavagiste. Cela date de la création d’un pouvoir public autonome et de la propre constitution de l’État brésilien. Avec l’arrivée de la famille royale du Portugal en 1808, la police de Rio fut fondée pour édifier un nouvel ordre public qui cherchait à affronter dans les rues la population réduite en esclavage, terrorisant les noirs et les pauvres avec des châtiments corporels en public et des éliminations physiques. Dans le même temps, elle combattait la résistance qui était apparue de différentes manières, à la fois de nature politique et culturelle, organisée ou non : depuis les équipées rebelles et les formations consécutives des quilombos – communautés rebelles noires [2] – à la capoeira, une technique de combat développée dans les rues et un outil inséparable des rebelles noirs organisés qui ont combattu lors de révoltes organisées durant toute cette période. La favela est la fille et la nièce de cette résistance, berceau de ces magnifiques manifestations culturelles de descendance africaine et bastion de ceux qui n’ont jamais séparé le combat du sourire.

L’origine des favelas de Rio de Janeiro émane du milieu du XIXe siècle lorsqu’avec la fin de l’esclavage une partie des affranchis migrèrent vers la capitale fédérale, s’installant de façon informelle dans des lieux qui seront connus après sous le nom de Favelas. Le premier de ces endroits à être appelé favela fut Morro de Providência [Colline de la Providence], qui se trouve près de la zone portuaire dans le centre de Rio, occupé en 1897 par des soldats noirs de l’armée brésilienne qui revenaient de la Guerre des Canudos et qui avaient cessé de toucher leurs soldes ; sans moyens financiers, ils allèrent vivre sur la colline dans des baraques temporaires. Le terme favela vient du camp de Canudos qui se situait dans la province de Bahia et qui fut construit sur une colline où poussaient beaucoup de plantes d’une espèce populairement connue sous le nom de Favela ou Faveleiro. Cette plante fut aussi trouvée à Morro de Providência, ce qui lui valut le nom de Morro da Favela [Colline de Favela]. Avec le temps, le terme commença à être utilisé comme façon de désigner les lieux d’habitation populaire. La favela, d’un point de vue urbain, est la descendante des quartiers d’esclaves [senzalas], et apparaît comme l’un des représentants majeurs du ségrégationnisme aigu, de l’isolement, des déchets humains, dans un régime qui avait substitué le travail d’esclave à l’esclavage salarial, vu que les temps avaient changé et qu’il y avait un besoin de formes différentes d’exploitation.

D’autre part, la favela est la représentante de la résistance culturelle noire qui a continué à se développer dans des manifestations culturelles comme la samba, la capoeira et les religions d’origine africaine (comme la candomblé et l’umbanda), en plus d’être l’habitat naturel de l’authentique système D brésilien. Ainsi le policier de Rio est le « capitão-do-mato » moderne (ceux qui capturaient les esclaves et les ramenaient à leurs maîtres), qui a juste substitué le fusil au fouet. Si avant, le mépris de la vie se traduisait dans l’image de l’esclave noir, aujourd’hui il se reflète dans la figure de l’habitant de la favela.

La réalité d’aujourd’hui

Ce qui se vit actuellement c’est une guerre civile à un niveau de conflit urbain armé inconnu en Amérique latine, camouflée en « guerre contre le trafic de drogue ». Les favelas ont toujours été contrôlées par les trafiquants de drogue ou par les milices locales [3] et plus récemment par la police qui utilise un large arsenal pour défendre son territoire. Les balles sont aussi quotidiennes que le riz et les haricots (la base du régime brésilien).

Sans aucun doute l’économie de Rio tourne autour du tourisme et bien sûr la ville est l’une des destinations touristiques les plus prisées de la planète. La « merveilleuse ville » est pleine de richesses pour tous ceux qui ont les conditions économiques pour les consommer. Une spéculation foncière et un embellissement rendu nécessaire pour le maintien d’une atmosphère de ville confortable pour ces gens. Cette situation mène à une constante et chaque fois plus grave criminalisation de la pauvreté, qui apparaît sur différents fronts et zones dans le contexte actuel, déguisée en réformes urbaines et améliorations de la qualité de vie de la population. Mais en réalité ce sont les voies vers des projets économiques mégalomanes entrepris par une série de partenariats public-privé.

La réalité sociale de Rio de Janeiro rend chaque fois plus explicite la ligne étroite articulée autour de différentes stratégies de gestion étatique, se trouvant quelque part entre la dictature et la démocratie. Au final, torture, élimination physique et incarcération (qui ont gagné de la visibilité lors de la dictature militaire afin de toucher des secteurs de la classe moyenne) ont toujours été une réalité pour les noirs, les pauvres et les habitants des favelas. Dans une période démocratique si acclamée il y a des faits qui deviennent de plus en plus présents. Plusieurs tactiques bien distinctes ont été utilisées, découlant de la nouvelle politique administrative de l’État (dans les mains de Sérgio Cabral Filho depuis 2006) et de la préfecture de la ville (tenue par Eduardo Paes depuis 2009), des initiatives qui viennent de différents endroits :

1) La guerre informelle contre les vendeurs à la sauvette qui, face à cette réalité, choisissent l’un des plus importants moyens de survie pour ceux qui sont sans le sou.
2) La reprise du contrôle de zones précédemment contrôlées par le trafic de drogue.
3) Les programmes de développement urbain, comme la revitalisation des environs du port.
4) L’écrasante présence de drogue comme le crack, ou plus récemment l’oxi [Ndt : mélange de pâte de cocaïne, d’essence, de kérosène et de chaux vive, qui se fume comme le crack], qui renforce le contrôle sur la population.

En plus de tous ces éléments, l’extermination actuelle de civils par la police, morts justifiées comme des dommages collatéraux dans une supposée guerre contre le trafic de drogue et souvent passée sous le coup de la dénommée Autos de Resistência – lorsque les assassinats de la police sont considérés comme étant la faute des victimes [4] – pour camoufler des exécutions sommaires. Ce qui se passe dans la pratique est un génocide silencieux qui loin de viser les groupes qu’il a pour cible – dans ce cas-ci les barons de la drogue – affecte surtout toutes les couches populaires qui se trouvent dans la zone du conflit. Le nombre de morts dans les mains des forces de police de Rio de Janeiro est extrêmement élevé. Prenons les trois dernières années pour exemple : en 2008 il y a eu 611 morts, en 2009 ils étaient 495, en 2010, 545 – chiffre qui équivaut plus ou moins aux victimes des pluies qui ont touché la région montagneuse au-dessus de la ville de Rio de Janeiro, en janvier 2011, considéré comme le « plus gros désastre naturel » de l’histoire du Brésil.

Avec de sinistres chansons qui glorifient la guerre et qui sont partie intégrante de sa formation, le BOPE (Bataillon d’Opérations Spéciales de Police) ne s’embarrasse d’aucun doute quand à ses missions d’après la chanson qu’ils chantent : « Homme en noir / Quelle est ta mission ? / C’est d’envahir la favela / De laisser des corps sur le sol », voire : « J’infiltrerai une favela / Avec un fusil dans ma main / Je combattrai l’ennemi / Provoquerai la destruction ». Le BOPE a été conçu et entraîné pour être une machine de guerre et exterminer les habitants des favelas. Le fait qu’ils aient un crâne comme logo n’est pas du pur symbolisme.

L’un des projets pilotes de l’actuel gouvernement au pouvoir, faisant partie de la logique de restructuration et d’embellissement de la ville, ce sont les machiavéliques UPP (Unités de Police Pacificatrice). Ce sont des unités de la police qui par des invasions permanentes reprennent le contrôle des communautés qui étaient précédemment sous la coupe des barons de la drogue.

Coïncidence ou non, toutes ces communautés sont des favelas qui se situent dans des zones à fort intérêt économique, telle la zone au sud et les terrains nobles de la zone nord, ainsi que des zones d’intérêt touristico-économique [5]. Les UPP apparaissent comme le point culminant de la « guerre » contre le trafic de drogue, et marquent un moment où l’État donne finalement une réponse plus efficace et énergique aux trafics. La présence permanente de la police dans la communauté signifie qu’elle peut agir en toute impunité (une sorte d’état d’exception non-déclaré), agissant sans scrupules grâce à l’inconstitutionnalité, envahissant sans cesse les maisons et terrorisant les habitants. L’ironie est que dans aucune des communautés où l’UPP agit en ce moment le trafic de drogue n’a disparu ; bien au contraire, le commerce se développe, même si les trafiquants fanfaronnent moins avec leurs armes et donnent des pots-de-vin à la police afin de poursuivre en toute tranquillité leur business.

Les UPP sont profondément en lien avec le processus de nettoyage socio-économique des quartiers qui se déroule dans plusieurs parties de Rio de Janeiro, agissant comme les précurseurs d’un processus innovant de gentrification [6] des aires des favelas. Comme champ de leur intervention, les branchements clandestins sur les réseaux électriques ou d’eaux ont été coupés, causant un accroissement drastique du coût de la vie quotidienne pour les plus pauvres et renforçant ainsi une sorte de processus d’expulsion graduel.

Dans le sud, des baraques sont vendues et louées à des prix incroyablement élevés et dans le même temps des assainissements sanitaires sont pour la première fois introduits. Mais pour qui exactement ces « améliorations » sont-elles faites ? Logiquement elles sont destinées aux nouveaux hôtels (et autres sortes de marchés privés) et aux nouveaux visiteurs de ces espaces : les touristes et les individus de la classe moyenne.

Ces opérations de meurtre de masse organisées par l’État et ses partenaires privés sont seulement rendues possibles par l’insertion dans les communautés du bras gauche de ces interventions : les ONG. Partie intégrante du processus pour limiter les dommages, les institutions non-gouvernementales sont chargées d’infiltrer les favelas sous l’apparence de projets de fond pour le développement social. La présence de ces organisations dans les communautés est, à son tour, marquée par l’ambiguïté. Alors que ces institutions « facilitent » le développement socioculturel au niveau local, derrière leurs implantation il y a, depuis le début, le caractère pacificateur et les profits générés grâce aux exonérations d’impôts et aux investissements transnationaux, qui sont souvent une source de revenus, en plus de leurs activités dans le recensement et le fichage des résidents, les incitant aussi à assumer le rôle d’indics dans la communauté. Il existe des cas similaires qui concernent les programmes plus récents du gouvernement fédéral, près des zones urbaines classées comme « à risque » (elles sont touchées par le programme pilote appelé Fica Vivo [Rester en Vie]).

C’est dans ce décor général de revanche et d’invasion ostensiblement militaire que le Choque de Ordem [Choc de l’Ordre] s’intègre. Un projet crée depuis début 2009 par le maire en poste Eduardo Paes, organisé par le Secrétariat à la Sécurité Publique, rassemblant différentes composantes comme la police municipale, la police civile et militaire, l’entreprise de collecte des déchets Comlurb et le Secrétariat au Logement, pour lancer des actions coordonnées en vue du « rétablissement de l’ordre dans la ville ». L’opération se concentre surtout sur la lutte contre les camelôs [vendeurs à la sauvette], sur l’expulsion par la force des sans-abris – que ce soit des accros au crack ou non – et sur les innombrables expulsions de maisons considérées comme illégales ou n’ayant pas les papiers en règle, comme c’est le cas des squats urbains, des favelas ou de parties de favelas qui sont déplacées car situées dans le chemin de ces réformes.

Le projet Porto Maravilha [Port Merveille]

L’un des projets actuels majeurs de ré-urbanisation de la ville de Rio de Janeiro est, bien entendu, la revitalisation de la zone portuaire, appelée Porto Maravilha et qui est l’initiative publique-privée la plus importante du Brésil. C’est une société formée par la municipalité, l’État, la région et des initiatives privées. Toute la région du port s’est privatisée, passant dans les mains de trois entreprises privées pour les quinze années à venir. Les mots du maire lui-même : « Quel est le rêve de chaque entreprise privée ? Faire de grands profits constants dans le temps et sans risque. La ville de Rio réalise le rêve de trois d’entre elles : OAS, Odebrecht et Carioca Engenharia, qui ensemble forment le consortium qui gère Porto Maravilha. L’ingénieux partenariat public-privé ne peut pas être vu d’une autre manière : un transfert d’argent public à trois grandes entreprises privées, sans avantages apparents pour l’État. »

Le projet couvre une superficie de 5 millions de mètres carrés, dont les limites sont les avenues Presidente Vargas, Rodrigues Alvers, Rio Branco et Francisco Bicalho. Il passe par quatre quartiers : Centro, Santo Cristo, Salud et Gamboa. Les investissements incluent la création et l’implantation de musées, la construction de luxueux mouillages pour les croisières touristiques, la construction d’immeubles d’habitation pour la classe moyenne, la construction de l’aquarium le plus grand d’Amérique Latine, en plus de nouveaux sièges de banques, qui incluent la Banco Central. La première phase de construction a débuté en 2009 et est toujours en cours, avec des mises en œuvre basiques comme l’installation de nouveaux réseaux hydrauliques et la ré-urbanisation de Morro da Conceição. La nouvelle phase de travaux a commencé en 2011 et inclut des réalisations plus importantes comme la démolition du viaduc du Perimetral, situé au-dessus de l’avenue Rodrigues Alves. L’objectif est de terminer tous les projets de ré-urbanisation pour 2015.

En toile de fond de ce projet une série d’opérations répressives et de violations de la dignité des personnes sont menées jour après jour. Durant de nombreuses années le quartier du port a été une des zones les plus négligées et méprisées de la ville de Rio de Janeiro, lieu de presque quatre siècles d’histoire d’effusion de sang et de résistance politique et culturelle, de nombreuses fois un refuge et une alternative pour ceux qui trouvent dans l’occupation d’immeubles vides une forme pratique pour accéder à un logement. On ne compte plus les expulsions qui ont concerné les squats, en plus de maisons à Providência qui ont été détruites pour construire un téléphérique.

La favela de Providência a depuis avril 2010 sa propre UPP qui garantit la « sécurité » pour le bon déroulement des projets. En plus de tout cela, de mystérieux incendies ont touché des squats, des communautés (comme celle de Rato Molhado dans le nord) et des commerces informels (comme celui qui fut probablement le plus important de ces incendies et qui a consumé le marché ouvert de Central do Brasil le 26 avril 2010). On remarquera que ce marché populaire était situé très près de la caserne de pompiers de Rio de Janeiro, et malgré ça, les secours ont mis plus d’une heure à arriver. Ce n’est pas un hasard si la mairie avait déjà des plans de « revitalisation » pour ce lieu.

Dans la pratique ce projet n’est rien de plus qu’un des pivots du processus de maquillage que la ville est en train de faire. C’est la préparation pour les grands événements à venir : le mondial de foot en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016. À l’instar de toutes les opérations hygiénistes, il s’agit de la prise, par la classe la plus riche, d’une zone antérieurement occupée par les classes plus pauvres.

Il n’est pas possible de savoir avec certitude sur quoi vont aboutir ces opérations si atroces et soudaines. Mais, de fait, on peut déjà faire des prévisions, suggérées par ce qui est évident pour n’importe quel œil observateur. Les questions les plus inquiètes restent noyées par les années « prometteuses » des mégas événements de 2014 et 2016, dans un scénario désastreux d’ignorance, de peur et d’égocentrisme touristique.

La confusion est apaisée par le fanatisme insensé d’un esprit sportif chaque fois plus publicitaire, piégé dans une vague de marketing belliqueux, qui déclare à l’ordre du jour l’extermination ouverte pour satisfaire les objectifs des marchés financiers incarnés par les travaux publics et la spéculation immobilière. Dans un futur pas si lointain, après l’hébétude des Jeux, nous ferons face à des questions auxquelles il n’y a eu que des mauvaises réponses délibérées, des choses accumulées laissées de côté par négligence, que seulement la guerre sociale déclarée peut combler [7].

Jusque là et dès maintenant, nous assumons déjà une position : notre refus est inflexible, le futur est déjà maintenant.

Le squat Flor do Asfalto

« Les vauriens déambulent d’un port à l’autre. Face à la machinerie lourde, ils observent avec consternation les nombreuses faces d’un futur laissé pour plus tard. Des rumeurs d’effondrement, des jours de guerre… des minutes de passions arrachées des souterrains, des îles et des rues. Le quai est là, mais il y a aussi des ports hallucinés / Dans le chaos du port flotte, fait de tissu noir décoloré, un drapeau pirate, agité par la brise de la mer et la vitesse des machines… et nous savons que c’est par là-bas qu’errent ces renégats. De port en port, « ils crachent la fumée de cigarette  » : peut-être qu’il y a plus à tirer d’un crachat même que de n’importe quelle morale civilisée.  » (Collectif Casa Aberta – Les pirates malades ne disent rien…)

Issue de l’initiative de plusieurs personnes du milieu libertaire, la Flor do Asfalto a été occupée le 17 octobre 2006, sur l’avenue Rodrigues Alves, ayant comme objectif, en dehors d’être un lieu de vie collectif, de se convertir en un espace de création politique et contre-culturel. Depuis lors, diverses initiatives et projets ont commencé à germer dans ce lieu, comme la mise en place d’une bibliothèque, d’ateliers d’art et de sérigraphie, un herbier, parmi différentes pratiques visant un mode de vie plus respectueux et en plus grande harmonie avec la terre, comme l’entretien d’un jardin potager et d’un système agro-forestier. Durant ces 5 ans il y a eu beaucoup d’initiatives et d’activités développées à la Flor, depuis des ateliers et des discussions jusqu’à des fêtes et des concerts. La Flor assume publiquement sa posture de confrontation avec la réalité existante, ses relations de pouvoir et ses politiques oppressives, en mettant en avant la nécessité de la réappropriation de la vie pour ceux qui s’investissent en son sein et la guerre vécue à chaque moment de l’existence.

Les différentes ruptures et alternatives avec ce monde ne se font pas seulement comme alternatives en elles-même, mais comme confrontation, intervention dans la réalité et positionnement radical au milieu de l’œil du cyclone. Actuellement, le squat voit ses jours comptés car il se situe juste dans la zone qui comprend la nouvelle phase de travaux du projet Porto Maravilha. Ce sera l’une des prochaines cibles des attaques qui précèdent les travaux. En maintenant le refus ferme de l’existence de l’État et de ses appareils répressifs, comme la police, on n’envisage pas la possibilité de dialoguer ou de trouver un accord. Y compris en considérant, dans certaines occasions, une telle possibilité, il faut toujours garder en tête que le jeu des lois fait partie du jeu de l’ennemi.

Se bouger, ne pas rester dans l’inertie, ça a été la stratégie utilisée pour contrecarrer ce moment. C’est pour ça que depuis l’intérieur du squat des communiqués sont vociférés, expliquant les positions de ses occupants, visant la création de liens de solidarité qui crient et résonnent au-delà des lignes imaginaires de la ville de Rio de Janeiro, vu que ces liens, dans des moments comme celui-ci, sont sans hésitation le meilleur arsenal que peuvent trouver les opprimés rebelles.

Version originale publiée en portugais en septembre 2011, sur le blog diasemcompras.wordpress.com.

Ce texte a été traduit en français une première fois sur Contra Info en juillet 2012.

Lire la brochure page par page (format PDF)

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Brochure éditée par Camotazo

Repris de infokiosques.net

Notes

[1L’écosystème où se situe la ville de Rio de Janeiro est la Mata Atlântica (forêt tropicale de l’Atlantique), qui a été la seconde forêt tropicale la plus grande d’Amérique du Sud et qui comprenait toute la zone de la côte du Brésil jusqu’à l’Argentine et le Paraguay. Actuellement il ne reste que 10% de tout ça. Et même ainsi cela reste l’un des écosystèmes les plus diversifiés de la planète.

[2Les quilombos sont des zones autonomes qui existent dans beaucoup d’endroits du territoire brésilien, avec de grandes concentrations de descendants d’Africains faits esclaves pendant des siècles. Crées par les anciens esclaves fugitifs et rebelles, normalement dans des zones plus éloignées des villes mais aussi dans les périphéries urbaines, basées sur une économie de subsistance, mais maintenant aussi un conflit et des attaques constantes contre le régime esclavagiste. Le premier, et certainement le plus remarquable, a été celui de Palmares, situé dans la Serra da Barriga, Alagoas, et qui a duré plus de cent ans (entre les XVIe et XVIIe siècles). Il y a encore beaucoup de personnes qui possèdent la légitimité de l’héritage de ces terres, reconnues sur des papiers et légitimées à travers les luttes de ces gens. Certains des projets récents de ré-urbanisation se basent sur l’intolérance déclarée envers ces données et preuves historiques, et trahissent littéralement ces communautés quilombos, en les expulsant de leurs terres sans aucune considération envers ces écrits ni envers l’histoire de la résistance quilombo.

[3Les milices sont des groupes paramilitaires formés par des ex-policiers et pompiers, entre autres, qui ont pris le contrôle clandestin de plusieurs favelas.

[4Juridiquement ça serait la justification pour la police d’exercer des violences. L’exécution serait la conséquence de la résistance offensive du « criminel ».

[5Il y a des projets spécifiques pour le complexe d’Alemão, parmi d’autres quartiers, qui incluent l’installation de téléphériques dans les communautés, pour que les touristes aient une vue panoramique.

[6Gentrification ou embourgeoisement (de l’anglais gentry) : intervention urbaine qui fonctionne à travers la réoccupation de parties de la ville, sur la base des plans « d’embourgeoisement urbain », l’expulsion des plus pauvres pour que la classe moyenne repeuple le lieu. Un terme aussi très utilisé, spécialement par les mouvements de résistance contre ces opérations, est celui « d’hygiénisation/nettoyage », qui met en évidence l’aspect classiste de nettoyage social inclus dans ces mesures. Ces politiques urbaines sont accompagnées d’autres mesures sociales pour assurer leur efficacité, qui avec fréquence se convertissent en une guerre déclarée contre les pauvres qui habitent ces zones, un vrai massacre annoncé. Certains urbanistes ont utilisé le terme ambigu et dangereux de « régénération », parce que, au-delà de sa connotation de classe, dans certaines villes ces mesures ont un caractère évidemment raciste. Les programmes de gentrification sont la même chose que ce que les gouvernements et leurs partenaires privées appellent « revitalisation » et qui à Rio de Janeiro sont identifiés par le terrifiant processus de « choc de l’ordre ».

[7Il faut garder en tête que ce texte a été écrit en 2011, car bien évidemment depuis 2013 il y aurait beaucoup de choses à rajouter sur la tension sociale provoquée par les expulsions, la violence policière et les projets faramineux développés pour la coupe du monde et les Jeux Olympiques.

[Italie] Attaques solidaires et mise-à-jour sur la situation des prisonniers anarchistes (16-17 juin 2014)

Cremone – Attaques solidaires avec les compagnon-es de Turin, de Bologne et les prisonniers No TAV

Dans la nuit du 17 juin 2014 à Cremone, les bureaux de l’entreprise lombarde Aler de construction de logements résidentiels, situés Via Manini, ont reçu de la visite: porte et murs du bâtiment ont été souillés par des seaux de peinture rouge en solidarité avec les compagnon-es frappé-es par les récentes opérations répressives à Turin (perquisitions et expulsions contre celles et ceux qui luttent pour se loger). En plus des grosses traces de peinture, des tags disaient « Basta sfratti » [=Stop aux expulsions], « Solidarité avec ceux qui résistent », « Solidarité avec les compagnon-es de Turin et de Bologne »… Dans la même nuit, une agence bancaire Intesa San Paolo, banque réputée pour collaborer au projet de la LGV Lyon-Turin, a eu ses fenêtres recouvertes de peinture rouge et de slogans tagués en solidarité avec les prisonniers de la lutte No TAV. 

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Le 16 juin à Bologne, le siège du Parti Démocrate Via delle Grazie a été recouvert de peinture rouge. Un slogan précisait « Le PD protège les riches contre les pauvres ».

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Mardi 17 juin, Nicolò – compagnon de Turin arrêté et incarcéré à la prison de la Vallette suite à l’opération répressive du 3 juin dernier – a débuté une grève de la faim contre le régime d’isolement qu’il subit.

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Quant aux prisonniers No TAV depuis décembre dernier, les trois compagnon-e-s (Chiara, Claudio et Niccolo) font face à une autre enquête à leur encontre suite à l’opération répressive du 3 juin dernier. A cela s’ajoute de nouvelles restrictions concernant leurs détentions.

Chiara et Claudio ont été transféré-e-s temporairement à la prison de la Valette pour assister aux audiences du procès « Compressor ».

Pour écrire aux camarades:

Chiara Zenobi
Claudio Alberto
Maria Adelaide Aglietta via CC 35-10151 Torino, Italie

Mattia Zanotti
Niccolò Blasi
CR Via Casale San Michele, 50 à 15100 Alessandria, Italie