Archives du mot-clé urbanisme & gentrification

[Besançon] Retour sur la surveillance et ses multiples collabos

La presse locale évoque ce mardi 28/10 que la prolifération des caméras* en ville continue en ce moment et continuera dans les années à venir. Sans surprise, on est bien loin des 24 caméras annoncées en 2012. Tout ce flicage n’aura pas échappé à ceux qui lèvent la tête lorsqu’ils marchent dans la rue ou dans les parcs. Rien que durant l’été, les yeux de l’Etat (qui tournent à 360°) ont poussé en ville: une sur un poteau du parc granvelle, une autre au-dessus de la librairie catholique ‘Siloe’ et l’église st-maurice au bout de la grande rue, et deux autres surveillant la mairie et le secteur. Tout ceci vient s’ajouter aux nombreuses caméras placées dans les transports, les bâtiment publics et privées, aux arrêts du tramway et tout le long du trajet.

LA MISE EN PLACE de caméras de vidéosurveillance se poursuit à Besançon. Hier, la circulation a été coupée Grande Rue sur une partie entre la rue Moncey et la rue de la Préfecture. Les travaux de raccordement des caméras au réseau de fibre optique** nécessitent la réalisation d’une tranchée en travers de la rue. D’où l’obligation de couper la circulation.

Avec ce chantier, le nombre de caméras passe à 71 à Besançon, dont 16 rattachées à des monuments, bâtiments ou sur les différentes bornes de la ville. « Tous les quartiers sont concernés », annonce Danièle Poissenot, adjointe à la tranquillité publique. Le choix des implantations se fait de façon équitable entre chaque secteur tout en prenant en compte les spécificités.

La politique d’implantation se poursuivra dans les années à venir. «On pourrait facilement doubler le nombre de caméras. La demande des habitants est importante, ce qui n’était pas gagné au départ. Maintenant, il faut reconnaître l’utilité d’un tel dispositif. Ces dernières semaines, les caméras de vidéosurveillance ont permis de résoudre des affaires à Besançon.»

Reste que cela a un coût. Pour 2015, 500.000 € avaient été programmés. « Mais nous en avons reporté la moitié sur l’exercice 2016. Il n’y aura pas d’incidences cependant sur le programme d’installation prévu, des commandes ayant déjà été passées. »

Affaire à suivre. En attendant, les travaux Grande Rue se poursuivent aujourd’hui. Mais cette fois, sans gêne pour la circulation. Seul un léger empiétement perdurera.

L’estrepugnant, 28/10/2014, 05h29

NdCNE:

*suretL’entreprise qui a fournit les caméras à la mairie de Besançon se nomme Sur&tis (suretis.com): créée en octobre 2001 par le flic Eric Chalumeau (commissaire divisionnaire honoraire de la police nationale et auparavant directeur des études et l’ingénierie de l’institut des hautes études de sécurité intérieure – IHESI devenu INHESI, président actuel); Nicolas Gleizal en est le directeur général. Outre leur sale travail dans la surveillance de l’espace public, elle vient en aide aux bailleurs sociaux pour fliquer les habitant-e-s. On peut aller leur rendre visite à deux adresses distinctes ou repérer leurs véhicules par leur logo:

  • Sur&tis
    50, avenue du président Wilson
    Bâtiment 141,
    BP 10 153
    93 214 Saint-Denis La Plaine Cedex
    Tél : 01-84-17-38-60
    Fax : 01-84-17-68-03
  • Sur&tis
    Bureau Sud
    17, boulevard Champfleury
    84 000 Avignon
    Tél : 04-84-51-01-49

**Des entreprises sont connues comme responsables du flicage par fibre optique. On peut citer Orange ou encore SPIE.

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Les poteaux des caméras qui ont été abattus dans le quartier des 408 ont récemment été renforcés par la municipalité:

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Sûrs que la créativité des habitants sauront mettre ces caméras hors d’état de nuire à leur liberté.

besancon.sous-surveillance.net répertorie les caméras sur la carte de besançon. Le site est collaboratif et peut permettre d’esquiver/de démonter les yeux de l’Etat lors de vos déplacements. Quoi qu’il en soit, sortons couverts…

La gentrification par l’art

capte1L’avant-garde artistique est celle qui débroussaille les forets de la guerre immobilière pour les pouvoirs publics et les promoteurs. Tel est le processus de gentrification par l’art : comment faire d’un quartier populaire un quartier branché ?

1. Commencer par établir de grands projets municipaux, souvent culturels, comme un centre artistique.

2. Favoriser l’installation de commerces tertiaires adéquats, économiquement et culturellement sélectifs : boites de nuit branchées, ateliers créatifs, cafés et restaurants de cuisine créative, boutiques d’art ou de haute couture, salles de concerts, cinémas de gauche, magasins bio et détaillants de commerce équitable.

3. En même temps, commencer de grands chantiers publics : nouvelles places de crèche, universités, espaces associatifs citoyens, commissariats, espaces verts écologiques mais chics, systèmes de vélos en libre-service payant, construction de nouveaux axes de transports en commun.

4. Peut alors commencer la phase de nettoyage humain : augmentation des loyers de tout les habitats proches des chantiers cités plus haut, accélération des expulsions locatives sous divers prétextes tels que l’insalubrité, suppression du racolage par le harcèlement des putes pour permettre l’installation de bars à escort-girls, accélération aussi des expulsions de squats, adaptation du mobilier urbain pour repousser toute tentative d’oisiveté un peu plus loin, plus de surveillance technologique ou citoyenne et renforcement des effectifs de police urbaine de proximité.

5. Moins de pauvres et restructuration des quartiers : l’avant garde artistique peut alors servir d’appât. Favorisés, ils peuvent alors se regrouper dans un nouvel espace communautaire en traînant derrière eux la cohorte des admirateurs et de ceux qui doivent être là ou il faut être. L’admiration qu’ils suscitent parmi les masses grégaires de classe moyenne rend opérante la phase de substitution.

6. Phase de substitution des populations : le rêve se réalise. Les pauvres, harcelés, finissent par lever l’ancre et sont repoussés encore un peu plus aux confins des métropoles. De nouvelles populations s’installent alors, artistiques ou à la remorque des artistes. Plus enclines à « participer à la vie du quartier », c’est à dire à voter, à trier ses déchets et à prévenir la police de toute malversation. Là se trouve le jackpot urbaniste. Ces populations plus solvables et intégrées vont alors mieux consommer, et plus. Elles ne seront pas sujettes au chômage de masse et offriront une coopération sans faille aux différentes tentacules de la machine. Bien plus dociles, leur mécontentement n’ira jamais plus loin que l’insurrection pétitionnaire ou la cyber-manif. La ville se prémunit alors des émeutes urbaines, des guet-apens sur flics et pompiers ou de tout autre acte de dé-pacification sociale.

7. la dernière phase est la plus délicate, car cohabitent alors des populations socialement mixtes. Cette cohabitation difficile permet alors le renforcement de l’occupation policière afin de donner confiance aux porte-feuilles des nouvelles populations.

Quand le pinceau devient le prolongement de la matraque, flics et artistes sont deux moyens complémentaires de la chasse aux pauvres, les deux faces d’une même pièce.

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Extrait de Non Fides N°IV, p.46, juillet 2009 et publié dans la brochure « Gentrification, urbanisme et mixité sociale »

 

[Allemagne] Brèves du désordre depuis les rues de Berlin

[La plupart de ces sabotages et attaques n’ont pas été revendiqués et proviennent des médias dominants; ces multiples attaques s’inscrivent dans une lutte contre la gentrification menée dans plusieurs quartiers berlinois et qui a déjà été évoquée sur le blog ici et ]

Dans la soirée du mardi 30 septembre 2014, un groupe d’une vingtaine de personnes cagoulées a fait irruption dans les rues du quartier Mitte à Berlin, en attaquant les nouveaux immeubles d’habitation de luxe d’Engeldamm avec des pavés et de la peinture verte. Des poubelles et barrières de chantier servant de barricades ont été enflammées au milieu de la rue. Durant cette courte émeute, un magasin de meubles – déjà attaqué en juillet 2014 – a aussi perdu ses vitres. Le groupe a pu s’échapper sans entrave dans l’obscurité berlinoise. Les dégâts matériels sont importants (comme le montrent les photos):

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Cette attaque collective contre les biens de la gentrification est loin d’être une première dans ce secteur. Des attaques similaires contre ces nouvéaux logements se sont déroulées à Engeldamm ces derniers temps:

- 6 juillet 2014: attaque du magasin de meubles et des nouvelles constructions à Engeldamm ; incendie de poubelles et caillassage d’une patrouille de police à leur arrivée sur les lieux. Tous les assaillants ont pu s’enfuir dans la foulée.

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- début avril 2014: irruption d’un groupe masqué à l’intersection Engeldamm/Leuschnerdamm/Michaelkirchplatz et attaque à coups de barres et de peinture (pots et sprays utilisés) des bâtiments (nouveaux logements de luxe mais également des locaux d’HLBS (bureaux d’expertises comptables dans le secteur immobilier), barricades en feu à travers les rues.

- décembre 2013:  plus de 20 personnes masquées attaquent à l’aide de pavés et de peinture les façades des constructions, laissant des tags sur les façades.

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Reformulé de la presse allemande

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La nuit du 1er au 2 octobre 2014, les quartiers de Kreuzberg, Friedrichshain, Treptow, Mitte et Neukölln ont été illuminés par des feux de véhicules, d’entreprises pour la plupart, ce que la presse a tenté de dissimuler dans son ensemble (mis à part le morgenpost.de qui mentionne le nom des entreprises).

Pas moins de 7 véhicules utilitaires ont été incendiés malgré la rapide intervention des pompiers, en plus de quatre autres véhicules par propagation des flammes.

ABIX-Brandanschlaege-5-Peu avant minuit, un véhicule de la société de sécurité BOSCH est incendié Alte Jakobstraße à Kreuzberg. Un peu plus tard, c’est un camion d’une entreprise de construction qui est incendié  à 200 mètres de l’Alexandrinenstraße. Ce camion appartient à la société DTB, et ce sabotage a été revendiqué, dont voici l’intégralité:

Dans la nuit de mercredi à jeudi 2/10, un camion de l’entreprise DTB a été incendié.

Pourquoi DTB ?

Après l’expulsion de Cuvry-brache* à Berlin-Kreuzberg, DTB a accepté de soutenir le travail dégueulasse du Sénat et de la mairie. Le jour même après l’expulsion, DTB a commencé à raser près de l’ensemble de la zone. Il aurait également pu refuser cela et ne serait pas devenu un instrument de gentrification.

DTB est entre autre responsable de la construction de travaux publics et de routes, de câbles et de tuyauteries. Ainsi, ils disposent du matériel nécessaire pour aménager en un rien de temps le quartier. D’autant plus que leurs partenaires et amis appartiennent à des entreprises comme Vattenfall et Telekom.

L’expulsion de CuvryBrache* est juste une autre étape vers la restructuration urbaine, ainsi que le déplacement des personnes qui ne correspondent pas à l’image d’un Berlin réévalué, convenable.

Berlin a besoin et veut cette image renouvelée, pour pouvoir se distinguer à l’échelle internationale et gagner des projets comme Olympia**.

Tout cela se fait au détriment des personnes qui vivent (encore) ici et seront bientôt plus en mesure de se le permettre.

D.T.B. GmbH Tief- und Straßenbau

Wackenbergstraße 84 – 88
13156 Berlin

Avec joie, les visites nocturnes seront chez Sitzfeldt, Bosch, Telekom, DB et beaucoup d’autres !

Contre la domination – pour l’anarchie !

Des groupes autonomes

Notes des traducteurs:

*brache signifie friche. Situé à Kreuzberg sur lequel des personnes – sans-abris, familles roms, zonards.. – se sont installées pour y vivre mais aussi pour protester contre la gentrification en cours…. car le propriétaire souhaite y construire des logements neufs/maisons et un centre commercial. Les occupants ont récemment été expulsés.

**Pour obtenir les jeux olympiques et toute la merde qui va avec…

camion de chantier

le camion de chantier en question

A Friedrichshain, un van VW d’une entreprise (non mentionné) est incendié.

A Treptow, les pompiers arrivent trop tard pour éteindre les flammes d’un véhicule de Telekom, qui est entièrement calciné.

A Kreuzberg, deux véhicules de l’ambassade de Turquie sont incendiés Heinrich-Heine-Straße vers 3h00 du matin. Ces sabotages incendiaires sont revendiqués dans un communiqué.

Enfin vers 5h00 du matin à Neukoln, ce sont deux véhicules électrique d’une entreprise automobile « libre-service » sont incendiés.

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Les services de police ciblent leur enquête vers les autonomes d’extrême-gauche et anarchistes.

Parrallèlement à tous ces incendies et destructions, le SPD, par la voix du politicien Tom Schreiber, a immédiatement appelé à des mesures plus sévères envers les « extrémistes de gauches et anarchistes violents ». (Chiche !) Quant au sujet du sabotage contre la S-Bahn à Berlin fin août dernier, ce bouffon social-démocrate avait déclaré que « le milieu autonome veut terroriser et tyranniser le centre-ville ».

[Belfort] Les chantiers de l’urbanisme continuent de flamber (nuit du 23 au 24 septembre 2014)

Belfort : 27 engins de chantier brûlés en 2 ans

C’est un phénomène qui inquiète les services de gendarmeries et les entreprises du BTP. En deux ans, se sont 27 engins de chantiers qui ont été incendiés volontairement.

Voici l'un des engins de chantier incendié cette nuit dans le quartier de la Pépinière à Belfort.

Voici l’un des engins de chantier incendié cette nuit dans le quartier de la Pépinière à Belfort.

La nuit dernière encore deux machines ont brûlé. Acte de vengeance d’un ancien ouvrier du BTP licencié ? Vandalisme ? Depuis 2 ans, les engins du BTP sont la cible d’incendies volontaires. La nuit dernière encore deux machine du BTP ont été incendiées. Sur le site de la SNCF, les ouvriers sont stupéfaits. Leur charriot élévateur a été entièrement détruit par les flammes. Le chef de chantier en a les larmes aux yeux. 100 m plus loin, un autre engin a lui aussi été incendié, dans le quartier de la Pépinière. Il est aujourd’hui totalement inutilisable. A chaque fois, ce sont près de 100 000 euros qui partent en fumée. Les professionnels se disent à bout et réfléchissent à deux fois avant d’accepter un chantier dans le secteur. Au total, ce sont donc 27 engins de chantier qui ont été incendiés dans l’agglomération sur 2 ans. Une enquête a été ouverte.

La presse régionale – france 3 franche-comté, 24/09/2014 à 18h08

Précédents articles sur le sujet ici et

Face à J-C Decaux et ses sbires… la meilleure solidarité, c’est l’attaque !

antipubAu sujet des vagues répressives suite aux destructions de panneaux publicitaires ‘JC Decaux’ à Besançon.

Le 18 novembre 2013, deux personnes sont inculpées dans le cadre des destructions de publicités qui ont eu lieu à Besançon entre 2011 et 2013.

Après 24 heures de garde-à-vue et perquisitions à leurs domiciles, ils ont été mis en examen avec contrôle judiciaire (interdictions de quitter le territoire national et de rentrer en contact, obligation de se rendre une fois par mois au commissariat central de Besançon).

Ces deux inculpations font suite à l’arrestation d’une personne pour la destruction de deux « sucettes » dans la soirée du 21 juin 2013. Les flics ont pu compter sur l’appel au 17 d’un citoyen du haut de son immeuble. Durant ses 48 heures de GAV et outre le fait qu’il s’est lui-même balancé en avouant 50 destructions, il a fini par cracher deux blazes devant les flics. La poukave Nouma Friaisse a mâché le travail de la police. Il s’agit de prévenir celles et ceux qui seraient amené-e-s à le rencontrer, sachant qu’il a fait plusieurs passages sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, notamment lors des assauts de la police en avril 2012. Cette collaboration avec la police ne lui a évidemment pas permis d’esquiver la machine judiciaire, écopant la même mise en examen que les autres.

Parmi les trois inculpés, seul B. est resté silencieux face à la police. L’enquête, initiée par la juge d’instruction Meyer, est en cours et à l’heure actuelle, aucun dossier n’a été envoyé à son avocat. Ne rien avouer et garder le silence face à l’ennemi restent la meilleure arme pour tou-te-s celles et ceux qui seraient entre ses griffes.

Ces dernières années, les médias locaux puis nationaux, en bons chiens de garde de l’Etat et du capitalisme, ont relayé ces sabotages de manière éparse en les marginalisant, psychiatrisant les « casseurs » (qui seraient des « malades mégalo-maniaques qui en voudraient personnellement à Jean-Claude Decaux » pour l’est républicain) et en minimisant les dégâts – qui depuis 2008 s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros (et qui continuent de grimper depuis ces trois inculpations, notamment lors de la nuit de GAV du 18 au 19/11/2013): l’entreprise n’a jamais communiqué à ce sujet, bien qu’en interne elle ait tenté de parer à ces attaques en changeant l’infrastructure des panneaux (passant du verre au plexiglas), et également en exploitant ses agents en pleine nuit, puis en mettant la pression sur les forces de l’ordre, comme en atteste les demandes de renseignements de la police auprès des personnes interpellées pour possession de stup’ ou bien les veillées de la BAC à proximité des panneaux publicitaires sur les grands carrefours de la ville…

Les forces répressives à propos de ces multiples attaques ne sont évidemment pas restées passives ces dernières années à Besançon: Le 11 octobre 2011, des compagnons anarchistes sont perquisitionnés à leur domiciles: certes sans suites judiciaires mais avec la volonté affichée d’accentuer surveillance et harcèlement sur celles et ceux qui combattent ce monde d’argent et d’autorité.

La publicité est un des nombreux instruments de la domination pour maintenir l’oppression du fric sur nos vies et tenir la population en laisse par la consommation de masse à l’instar du travail. Elle est la vitrine du capital dans l’espace urbain et les transports.

antipub2Les attaques contre la pub sont anonymes et diffuses selon les possibilités du moment: lors de manifs émeutières, comme le 22 février 2014 à Nantes, à Paris suite à la mort de Clément Méric, en Turquie lors de l’insurrection partie de la place Taksim d’Istanbul à l’été 2013, et partout à travers le monde lorsque des révoltes urbaines éclatent contre le pouvoir et ses serviteurs. Parfois, les organes de communication du pouvoir relaient ces attaques nocturnes quand ça commence à faire de gros dégâts pour la société, comme par exemple il y a quelques temps à La Rochelle, Niort, Angers ou encore à Liège (en Belgique) … Ces coups portés aux portes-feuilles des riches peuvent être réalisés de diverses façons: par la destruction de la vitre des panneaux et de leurs mécanismes internes (lumières et systèmes de rotation) ou encore par le feu quand il s’agit de façades en plexiglas. Fin mars 2005, on se souvient de l’attaque aux molotovs et au jerricane d’essence qui avait visé l’entreprise Decaux.

Chacun-e sait que cette entreprise s’est enrichie grâce à la publicité en collaboration avec les mairies et l’Etat, lui fournissant des espaces et la gavant de subventions pour étaler ces panneaux petits ou grands partout en France (puis en échange s’engagent à fournir des abris-bus). Elle est implantée dans plus de 56 pays à travers le monde, dont la Belgique depuis 1967, le Portugal depuis 1972, l’Allemagne depuis 1978, le Royaume-Uni depuis 1982, la Suède depuis 1989, l’Espagne depuis 1990, la Russie depuis 1995, l’Australie depuis 1997, le Brésil depuis 1998, l’Italie depuis 1999 et récemment en Israel, au Chili, en Chine… (Toutes prises de contacts avec JC Decaux dans chaque pays où elle est implantée, c’est par là: hXXp://www.jcdecaux.com/fr/Le-groupe- JCDecaux/Implantations).

Seulement, cette pourriture Decaux ne limite pas ses activités à la pub mais à l’ensemble du mobilier urbain. Ainsi, l’entreprise de comm’ s’est lancée dans le vélo « libre-service » en créant la filiale Cyclocity, principalement implantée en France: la première ville a s’en être équipée a été celle de Lyon en 2005 (« Vélo’v »), Paris en juillet 2007 (« Vélib’ ») puis Toulouse (« Vélô Toulouse »), Nantes (« Bicloo »), Amiens (« Velam »), Rouen (« Cyclic »), Besançon et Mulhouse (« Vélocité »), Nancy (« Vélostan’lib »), Cergy-Pontoise (« Vélo2 »), Créteil (« Cristolib’ »), Marseille («Le Vélo»). Ces moyens de transport labellisés écolo branché, permettent aux bobos de se rendre à leur travail tout en étant fliquer lors de leur déplacement. Ces joujous du capitalisme vert correspondent parfaitement aux processus de gentrification que mènent l’Etat et les mairies – les emplacements pour implanter ces bornes cyclocity ne sont pas choisis au hasard: quartiers aisés, zones commerciales, quartier « culturel pour bobos-branchés » ou en cours d’embourgeoisement…

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore, l’entreprise Decaux – par le biais de sa filiale Cyclocity, dont le siège se situe 29, allée du Mens à Villeurbanne (69100) – fait également son beurre sur le dos des prisonniers, en les exploitant gratuitement dans ses ateliers de réparation. L’esclavagiste Decaux bénéficie de la collaboration de l’Etat pour avoir de la main-d’oeuvre venue tout droit des tribunaux, notamment pour celles et ceux condamné-e-s pour vols et/ou dégradations. Mais cette information sortie dans la presse mainstream n’est pas restée sans réponse: des centaines de vélib’ ont été sabotés à Paris en avril et mai 2014 (voir ici et )

Ces attaques sont simples, reproductibles, et peuvent être menées partout car cyclocity gère les parcs à vélos au niveau mondial: en Belgique (Bruxelles et Namur), en Espagne (Cordoue, Valence, Séville, Santander, Gijon), à Vienne (Autriche), au Luxembourg, à Brisbane (Australie), etc…

Decaux est loin d’être intouchable et les cibles ne manquent pas.

Frappons à tout moment et en tout lieu Decaux et les mairies qui l’engraissent !

A nous de ne pas rester les bras croisés car, face à la répression, la meilleure solidarité reste l’attaque !

Reçu par mail, 20 septembre 2014

En anglais et en italien

[Besançon] Affiche contre la rénovation urbaine à l’occasion de l’inauguration du tramway

Merde au tramway

A propos de l’inauguration festive des 30 et 31 août à grands coups de propagande publicitaire / médiatique, et d’évènements culturels subventionnés par la mairie socialiste.

Parce qu’on est jamais mieux fliqués que par ses déplacements avec leur carte à puce électronique nominative.

Parce que, quand on n’a pas de thunes pour se déplacer, on vit avec l’angoisse permanente de faire face aux contrôles des chiens de Ginko et de leurs chauffeurs zélés…

Parce que c’est une aubaine pour les entreprises du BTP – dont Eurovia, filiale de Vinci – les promoteurs immobiliers (SMCI* – 12, rue Gambetta à Besançon) et proprios, qui tirent de juteux profits en construisant des lofts haut-standing, en augmentant les loyers, en embourgeoisant les quartiers jusque-là encore populaires.

Parce que la rénovation urbaine qui l’accompagne amplifie le contrôle et la surveillance de nos vies, et nous dégage toujours plus loin, avec son lot de caméras**, de spots d’éclairages publics, de mobilier anti-squat, d’espaces aseptisés par ses assoces culturelles d’artistes subventionnées telles que « Bien Urbain ».***

Parce qu’il n’y a rien à attendre de ce tram-tram qui, comme tout transport en commun, a pour finalité de transporter la chair à patrons de son domicile à son lieu d’exploitation, quand ce n’est pas pour les conduire vers un des nombreux temples de la consommation.

Parce que la seule alternative possible réside dans notre capacité à s’attaquer au pouvoir et à ses multiples projets !

*Fait partie du groupe « FJ-Investissement » (25, rue Proudhon) qui comprend également le website « macommune.info » , situé juste en face des bureaux de SMCI

**voir où se trouvent les yeux de l’Etat sur la carte »besancon.sous-surveillance.net« 

*** leur boulot consiste à transformer la ville en musée à ciel ouvert. On peut aller leur rendre visite au 11, rue Battant.

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Affiche collée dans les rues de Besançon et à proximité des stations du tramway – Reçue par mail

[Zürich] Résistance solidaire à l’expulsion du squat ‘Autonomer Beauty Salon’ et de l’aire Labiztke – 5 et 7 août 2014

Zürich : la police a commencé à évacuer le squatt

L’évacuation de l’aire Labitzke, à Zurich-Altstetten, occupée par des squatteurs, a débuté jeudi matin. La police municipale s’est rendue sur les lieux avec d’importants effectifs.

Quelques occupants se sont retranchés sur une tour. Pour le moment, la situation est calme. Selon des messages publiés sur Twitter, la police a emmené un des squatteurs. Elle a également demandé à ceux qui sont réfugiés sur la tour de descendre, mais sans succès pour l’instant.

L’évacuation de l’aire Labitzke, qui est occupée par les squatteurs depuis des années, est attendue depuis plusieurs jours. Cette zone est depuis longtemps un sujet de controverse. A part les squatteurs, d’autres locataires logent dans les bâtiments. L’entreprise immobilière Mobimo veut raser l’ancienne fabrique de peinture pour y construire 200 appartements.

Mardi matin, les squatteurs avaient érigé des barricades dans une rue de Zurich. Ils voulaient ainsi se défendre contre leur évacuation probable. La police était intervenue pour dégager la rue et avait procédé à 16 arrestations.

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Leur presse – 20minutes.ch, 07/09/2014 à 09h53

Policiers à l’assaut de squatters «en béton»

Les agents ont dû employer les grands moyens contre des manifestants, mardi.

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 Les occupants de l’aire Labitzke à Zurich-Altstetten ont donné du fil à retordre aux forces de l’ordre. S’ils n’ont pas eu à utiliser des lacrymogènes ou autres canons à eau, ils sont intervenus armés de tronçonneuses à meules et de mèches à béton pour déloger les squatters. Ceux-ci avaient érigé des barricades au petit matin dans la Hohlstrasse. Ils entendaient ainsi se défendre contre leur évacuation, prévue prochainement pour faire place à un gros projet immobilier.

Des protestataires s’étaient enchaînés et bloquaient la circulation. Un autre avait les bras pris dans des containers emplis de béton. Une manière de faire répandue en Allemagne et en Angleterre, mais peu connue en Suisse: la police lausannoise dit ainsi ne jamais y avoir été confrontée. Au terme d’une opération qui aura duré presque six heures, les manifestants ont été «libérés» dans de grandes gerbes d’étincelles. Au total, 16 personnes ont été arrêtées.

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Le grand projet immobilier prévu sur l'aire Labitzke

Le grand projet immobilier prévu sur l’aire Labitzke

Leur presse – 20minutes.ch, 05/08/2014 à 21h34

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Un suivi ici de l’expulsion en cette matinée du 7 août 2014

Vers 8h, l’artillerie policière se déploient dans le quartier Altstetten de Zürich pour expulser les occupant-es d’un bâtiment voués à la destruction au profit d’un projet de gentrification. Les flics, en nombre sur la Ohlstrasse avec canons à eau, encerclent l’aire et commencent à repousser les solidaires.

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A 8h30, l’expulsion commence. Il est de plus en plus en plus difficile d’entrer dans le secteur car les robo-cops bloquent les rues. Deux personnes sont montées sur une tour en bois dans le jardin de Labizke. Il y a eu une arrestation.

9h06: les pompiers arrivent avec une grue sous protection de la police pour déloger la deuxième personne qui est sur la tour en bois. C’est la deuxième arrestation de la journée.

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La banderole suspendue dit "la ville et mobimo, bas les pattes de l'aire de Labitzke"

La banderole suspendue sur le bâtiment squatté dit « la ville et Mobimo, Bas les pattes de l’aire de Labitzke – La ville nous appartient à tous »

Vers 09h20, les flics pénètrent à l’intérieur de l’ABS où se trouvent encore de nombreuses personnes.

Vers 10h50, plusieurs personnes ont été été arrêtées dans la Ohlstrasse alors qu’elles étaient en dehors du périmètre démarqué par les flics pour l’expulsion. Peu de temps avant, les flics ont arrêté une personne qui étaient sur le toit de Labitzke, tandis que deux autres personnes à l’intérieur sont arrêtées suite à l’incursion des flics.

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Vers 11h20, les flics délogent les dernières personnes

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A 11h42, plusieurs personnes rapportent de nombreux contrôles d’identité dans les rues alentours.

Mise-à-jour 08/08/2014 à 17h30

Ce vendredi 8 août 2014 à 10h30, 9 personnes sont toujours en détention dans plusieurs commissariats. Nous exigeons leur libération immédiate ! 

Une manif est prévue samedi 9 août 2014 à partir de 21h30 sur la Limmatplatz de Zürich.

Le n° de téléphone Antirep est 076 649 51 62

Communiqué du 4 août 2014

C’est la fin? Ou plus tard? Ou ça continue encore? 

Nous sommes en colère et un peu triste. Après trois ans de résistance continue contre la ville, la police et Mobimo, ces derniers veulent raser l’aire de Labitzke, l’une des occupations les plus importantes de la ville de Zurich. Par la suite, un objet de prestige de Mobimo doit être réalisé, une immense construction sans âme avec des tours allant jusqu’à 67 mètres de hauteur, ce qui constitue un autre élément essentiel dans un développement de la ville jusqu’à une jungle de béton totale. Mais nous n’allons pas nous faire expulser sans résistance !

Nous comprenons aussi les plans de démolition de Mobimo dans un contexte plus général du développement urbain, ce qui signifie le déplacement de vastes couches de la population. Déplacement des personnes loin de leurs logements, loin de leurs places, bref: de leurs maisons et de leurs lieux de rencontres. Que disparaissent de plus en plus de logements abordables et d’espace culturel ainsi que des espaces auto-organisés au profit de bâtiments à but lucratif et des appartements de luxe coûteux, ce n’est pas nouveau.

Avec l’aire de Labitzke et le  Autonomer Beauty Salon, la ville et Mobimo veulent maintenant détruire un espace, qui est beaucoup plus que juste un centre sous-culturel. Bien plus qu’une simple alternative culturelle idéalisée de l’offre existante. Nous portons aussi dans ces projets et des espaces des idées qui sont issues de notre mécontentement avec les conditions actuelles. Nous voulons une vie au-delà de la logique de profit et de dépendances et recherchons le soutien mutuel et solidaire basé sur la vie commune, dans laquelle la compétition, le pouvoir et les hiérarchies sont remis en question.

Par ces projets, il ne s’agit pas seulement de créer une offre de consommation et culturelle sans règle et autant avantageuse que possible.  Il s’agit, dans cet espace libre en dehors d’un statut d’objet de spéculation, de se battre pour obtenir un peu d’espace de vie dans une alternative temporaire. Que ce soit dans l’art et la manière de cuisiner, de nettoyer et d’habiter. Comme organiser des concerts et transmettre des connaissances, comme résoudre des conflits et planifier des projets. C’est un terrain d’expérimentation, un endroit pour expérimenter et apprendre. Et par-dessus tout, c’est un endroit où les gens peuvent se rencontrer, qui veulent se connaître, et qui n’acceptent pas les conditions existantes sans combattre.

C’est pourquoi nous réalisons notre résistance dans les rues ici et aujourd’hui dans les rues, de manière diverse et résolue en protestant contre les intentions de la ville et de Mobimo. Nous faisons cela de différentes façons, chacun/e comme il/elle veut. Nous ne laisserons pas divisés cette lutte par le petit jeu des médias autour de la question de la violence dans cette lutte. Nous voulons redéfinir quand on parle de la violence qui règne: Mobimo, qui est un acteur de plusieurs milliards d’euros dans le secteur de l’immobilier, bosse dans les appartements de luxe, font avancer l’expulsion et la marginalisation et voit purement des chiffres à la place des gens. La ville, qui conduit une politique hostile et nous frappant d’incapacité, veut nous pousser dans une vie comme des rouages ​​dans tout. La police, qui pointent sur nous leur pistolet derrière leur armure et nous tombe dessus avec des matraques. Et cette violence doit être surmontée !

Nous réalisons notre combat ensemble et nous n’aimons pas nous laisser diviser entre squatteur/euses violent/es et pacifique/s. Cette séparation n’existe pas pour nous. Nous avons décidé de résister passivement sur ​​l’aire de Labitzke. L’unique violence est celle de la police et de l’État. Nous sommes, en aucune façon, préoccupés à nous distancer de n’importe quelle forme d’action mais exigeons simplement, que nous voulons vraiment créer de la place, aussi en séparation spatiale, à toute action de résistance.

Encore une fois, nous sommes en colère ! Nous sommes en colère que de nouveau on nous cible avec des flashballs et qu’on nous tire dessus, que les gens s’arrogent le droit de nous dire comment nous devons vivre. Par conséquent nous contrecarrons maintenant leurs plans, avec des actions de solidarité dans d’autres villes et sur le lieu des événements. Avec des actions décentralisées à Zürich et une opposition bruyante, colorée et déterminée sur le terrain.

Bas les pattes de l’aire de Labitzke !

Traduit approximativement de l’allemand du site de l’autonomer beauty salon

[Vienne, Autriche] Expulsion de la Pizzeria Anarchia

Eviction of squatters from Pizzeria Anarchia in ViennaLe squat viennois Pizzeria Anarchia a été expulsé aujourd’hui, lundi 28 juillet 2014. Il était occupé depuis novembre 2011.

Au moins trente véhicules, des canons à eau, un hélico et environ 1 700 flics ont été mobilisés pour expulser une cinquantaine de squatters…

Un tank et une tronçonneuse ont notamment été utilisés pour défoncer les barricades du rez-de-chaussée, tandis que des squatters ont balancé par les fenêtres des litres et des litres de peinture sur les flics anti-émeute et autres forces de répression. Des barricades avaient été placées dans la rue pour retarder l’intervention policière. À l’intérieur, une partie des squatters se sont réfugié-e-s au dernier étage et/ou sur le toit. Au final, cette expulsion aura pris la journée aux flics, puisqu’ils sont arrivés le matin et ont fini leur sale job vers 20h30. Dix-neuf personnes ont été arrêtées, a priori toutes à l’intérieur du squat.

Un flic aurait été blessé lors d’un lancer de téléviseur par la fenêtre du squat. Cette bonne nouvelle pourrait être utilisée contre les personnes arrêtées… Affaire à suivre.

pizza2 PizzeriaVienne1

Repris de squat.net, 28 juillet 2014

Un appel solidaire des squatters-ses a circulé début 2014 suite à la menace d’expulsion du lieu 

Des attaques contre les agents de la gentrification ont également été menées parallèlement, comme celle-ci par exemple

[Seattle, USA] Contributions anarchistes à des manifs anti-police

Lundi 30 juin 2014 dans l’après-midi à Seattle, un habitant âgé de 23 ans, Oscar Perez-Giron, a été abattu par les flics à la station de light rail* de SODO. Il s’est défendu physiquement face aux porcs (contrôleurs et flics) qui sont intervenus car il n’avait pas de ticket de transport (2,50 dollars est le prix à payer..). Les flics ont prétexté qu’il avait tiré avec une arme à feu, ce qu’un témoin de la scène a démenti formellement.

En réponse le lendemain soir, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le Central Community College et ont déambulé à travers le centre-ville pour dénoncer un énième meurtre policier**. Les manifestant-es sont ensuite rentré-es groupé-es sans payer dans une rame aux cris de « Nous n’avons pas payé, vous allez devoir nous tirer dessus ». Après s’être recueilli-es dans le silence (sic) sur le lieu du meurtre, le cortège a envahi une autre rame de transport un nouvelle fois sans passer par les portiques.

Dimanche 6 juillet, 75 personnes se sont de nouveau rassemblées dans la ville pour rappeler à tou-te-s que les flics sont nos ennemis (du moins les plus visibles, NdT), particulièrement quand t’es pauvre et basané-e. Des tracts et affiches anti-police ont été distribués et collées, tandis que des slogans contre la gentrification ont été bombés à a peinture sur les murs et trains de la station SODO. Sur les coups de 18h00, au milieu de slogans scandés et de distribution de tracts à quelques passagers assis dans les rames, de tags ont recouvert les fenêtres et des caméras de surveillance ont été obstruées par de la peinture. La majorité de passagers semblaient passifs, désintéressés et agacés par toute cette agitation.

Le lendemain, des anarchistes ont suspendu une banderole sur un pont de Seattle ( I-90) afin de mettre en évidence le travail de la police de ces derniers temps dans l’état de Washington.

La banderole disait « 3 meurtres en 3 jours – Nique les porcs ! »

Le vendredi 18 juillet à Seattle, un distributeur de tickets d’une station est saboté en réponse à ce récent meurtre mais aussi en solidarité pour tou-te-s les anarchistes qui restent silencieu-x-ses devant la justice américaine (le grand jury).

Note de traduction:

*dit « métro léger »: ça correspond à un moyen de transport qui se situe entre le métro et le tramway, et donc à une partie intégrante du processus de gentrification des grandes villes aux Etats-Unis et dans le monde entier. Un moyen pour aseptiser les quartiers jadis populaires, et de dégager toujours plus loin des épicentres urbains les pauvres et indésirables de l’économie.

**Les médias ont rapporté le meurtre d’Eric Garner, âgé de 43 ans et originaire du secteur de Staten Island de New-York, qui est mort asphyxié lors d’une interpellation le 17 juillet dernier.

[Berlin] « La Longue Nuit de la Rigaerstrasse » (week-end des 14 et 15 juin 2014)

La nuit a été enflammée; éclairée avec nos désirs collectifs pour la liberté, contre la société carcérale et le monde d’autorité.

Rigaer94La Longue nuit de la Rigaerstrasse a été une célébration vibrante de notre force en tant qu’anti-autoritaires, individus auto-organisées, de collectifs et de projets ainsi que d’une démonstration de notre résistance à la logique de l’autorité.

Entre le 14 et le 15 juin, la longue nuit de la Rigaerstrasse a animé les rues de Friedrichshain à Berlin, dans les environs de la Rigaerstrasse. Pendant la journée, il y a eu divers ateliers et activités organisés par des projets anti-autoritaires locaux, incluant: Rigaer 94, Liebig 34, Fischladen, Rigaer 78, Schreiner et Convoy, et dans la soirée des concerts et spectacles D.I.Y (Do It Yourself) ont eu lieu. La Rigaerstrasse s’est remplie de gens qui parlaient, dansaient, et s’amusaient et il y avait un bonne ambiance dans la rue. Notre fête a atteint son apogée uniquement dans la soirée, puisque dans une autre partie de la ville (à Kreuzberg), un ancien foyer d’étudiants a été squatté par des réfugiés et d’autres personnes*, une autre raison de se réjouir.

Puis vers 22h30 un certain nombre de camions de flics se sont invités à notre fête. Alors que l’ambiance était bonne jusqu’à présent, et comme ils ont garé leurs camionnettes dans notre rue, ils étaient un spectacle affreux, investissant notre espace. Leur présence indésirable et répressive n’était pas acceptable pour nous. À peu près au même moment, des nouvelles nous sont parvenues que le bâtiment nouvellement squatté à Kreuzberg avait été expulsé, avec un réfugié frappé par les flics – une réalité quotidienne commune pour de nombreux migrants sans-papiers.

Les flics qui ont envahi notre quartier sont ainsi devenus des cibles d’ajustement pour le feu qui a alors rempli l’air, comme des barricades ont été érigées et incendiées entre Rigaer 94 et Liebig 34. D’une certaine manière les pavés se sont levés de leur lieu de repos habituel de nos rues, et se sont retrouvés à dégringoler sur les têtes de ces fonctionnaires répressifs de l’Etat**. Pendant ces moments d’attaques joyeuses, les flics n’ont pas réussi à rétablir immédiatement le contrôle de la situation et plus tard, en vengeance contre cette transgression, ont violemment attaqué les gens.

Ils ont frappé violemment les personnes (y compris à l’aide de tactiques de point de pression), ont arrêté 3 personnes*** et érigé des phares de détresse en masse dans la rue. Tout au long de la nuit des petits affrontements avec les flics ont continué le long de la Rigaerstrasse devant quelques-uns des projets. La nuit a été longue, et avec le feu dans nos ventres et la rébellion dans nos cœurs, nous avons combattu la police avec la même joie que lorsque nous avons dansé.

Pour un monde libre et en solidarité avec tous ceux qui résistent à l’étreinte mortelle de l’autorité.

RigaerStrasse

Traduit de l’anglais de linksunten

Notes de traduction:

* Il s’agit d’un autre squat que celui de la rue Ohlauer, cette ancienne école à Kreuzberg occupée depuis plusieurs années par des réfugiés en lutte et des solidaires. Voir toutes les infos sur les dernières semaines de lutte ici et

** La presse allemande fait état de 26 flics blessés pour le week-end.

*** Dans un autre compte-rendu, des anarcha-féministes du Liebig 34 parlent de 14 compagnon-nes arrêté-es, en incluant les affrontements sporadiques de la soirée de dimanche 15 juin. Le texte en allemand ici