Archives du mot-clé violences policières

[Lyon] Harcèlement policier et judiciaire contre deux compagnon-nes (juillet 2014)

Reçu par mail:

Il y a deux semaines deux camarades passaient en jugement pour outrage, rébellion et violence. L’origine de cette accusation ? Une descente de police, un soir de juillet place Colbert, à la Croix-Rousse, bien sûr pour arrondir les fins de mois des policiers, mais aussi pour harceler des personnes reconnues comme militantes.

Quand la police débarque en été à Colbert, ça gaze et ça dégénère

fpa2Nous sommes adossés à une barrière de la place Colbert devant un bar. Il est environ 00h15. Une voiture sérigraphiée de la police nationale passe à deux reprises devant nous au pas en nous fixant. Au troisième passage, il s’arrêtent, effectuent une marche arrière et stoppent à notre hauteur. Les deux policiers en uniforme descendent de leur véhicule.

Le premier demande ses papiers à la jeune femme. Elle déclare ne pas les avoir. Il lui dit alors : « Et bien on vous embarque ». Celle-ci a un petit mouvement de recul. Le policier fonce sur elle, la saisit manu militari. Le jeune homme intervient par la parole : « ce n’est pas parce qu’elle n’a pas ses papiers qu’il faut obligatoirement l’embarquer, tout va bien, restons en là ». Le policier tire alors la jeune femme vers son véhicule.

Les badauds attablés au bar commencent alors à protester, sans violence, verbalement, et calmement. Immédiatement, le deuxième policier fait usage de sa gazeuse sur les deux personnes à bout portant, gazant au passage tous les clients du bar attablés, dont plusieurs enfants de moins de 10 ans.

A ce moment, la jeune femme gazée à la bouche ne peut plus respirer. Elle le crie à plusieurs reprises : « J’arrive plus à respirer, j’arrive plus à respirer ». Le jeune homme se met alors à demander aux policiers d’arrêter leur action et d’appeler les pompiers. La jeune femme titube de l’autre côté de la route et s’écroule quelques instants plus tard dans les graviers de la place Colbert. Les deux policiers ne la lâchent pas pour autant. Les badauds protestent toujours plus, demandant aux policiers d’arrêter leur action et d’appeler les pompiers.

Elle ne bouge plus, elle s’est évanouie. Aucun coup n’a été porté aux policiers. Tout cela s’est passé en environ 2 minutes.

Les renforts de police (un équipage de la BAC) arrivent. Deux d’entre eux saisissent le jeune homme alors qu’un autre tient le bras de la jeune femme, toujours inconsciente. Tenu par un policier de la BAC, le jeune homme reçoit un coup de poing au visage du premier policier. Les badauds continuent de protester tout, indignés par la scène à laquelle ils assistent.

Alors qu’il est en train d’inciter les policiers à appeler les pompiers, il est violemment amené contre un véhicule de police et est menotté. La jeune femme est à nouveau gazée au sol, ainsi que les témoins. Elle se fait alors menotter, puis traîner au sol, entraînant des brûlures dans le dos. Les policiers la traînent par terre jusqu’à un de leurs véhicules, en lui ordonnant de se lever, de marcher, tout en l’insultant et en la frappant aux côtes.

Pendant ce temps, le jeune homme une fois menotté est mis au sol par un policier de la BAC qui le maintient au sol en apposant de tout son poids son genou sur sa gorge. Cet étouffement a duré environ deux minutes. Le jeune homme hurlait, qu’il ne pouvait plus respirer.

La jeune femme toujours dans l’incapacité de bouger, arrivant à respirer à grand peine, est amenée dans une voiture de la police. Elle s’écroule une nouvelle fois au sol. Les policiers ironisent alors à son sujet : « tu veux respirer et ben respire ! Lève toi ! »
Avant que les pompiers arrivent, le jeune homme, menotté, dans la voiture de la BAC, est à nouveau frappé, par ce même policier de la BAC, qui cette fois l’étouffe quelques secondes avec son coude contre la vitre.

Les pompiers arrivent et prennent en charge la jeune femme, qui sera sanglée dans le camion, toujours menottée jusqu’à l’hôpital St Luc St Joseph. A ce moment là, une quarantaine de policiers ont envahi la place et ont frappé, gazé et dispersé la vingtaine de témoins outrés et indignés d’une telle violence. Au moins 5 douilles de lanceur de gaz anti-émeute ont été retrouvées sur place.

Le jeune homme est emmené au commissariat central Marius Berliet et retrouve la jeune femme deux heures plus tard. Nous restons en garde à vue 42h.

Nous passons en comparution immédiate dans l’après midi du 25 Juillet. La juge et ses assesseurs ont refusé la demande de report pour complément d’information formulée par nos avocats. Cette requête était pourtant pleinement justifiée au regard du dossier bâclé, sans enquête menée, et des éléments matériels (vidéos, douilles de lacrymogène anti-émeute) que nos avocats souhaitaient produire et trouver dans le cadre du complément d’enquête.

De notre côté, les avocats ont malgré tout fourni 7 témoignages signés de témoins de la bavure qui n’ont pas été pris en compte. En face, il n’y avait que 2 dépositions des premiers policiers qui se sont constitués partie civile avec deux autres de leurs collègues. Le seul témoignage produit dans le cadre de l’enquête est un témoignage recueilli au téléphone par un officier de police judiciaire (OPJ), donc sans valeur juridique et ne reconnaissant aucun de nous formellement.

Sur cette base, nous avons été condamnés respectivement à 6 mois de sursis pour outrage, violences et rébellion et 8 mois dont deux fermes avec mise à l’épreuve pour outrage et rébellion. Nous avons de surcroît été condamnés à payer de lourdes amendes en compensation aux policiers plaignants.

Ces condamnations démesurées pour des faits que nous n’avons pas commis nous laissent un goût amer et la conviction que nous avons été jugés parce que nous sommes des militants agissant sur le terrain des luttes sociales, des sans papiers, de l’antifascisme, que nous sommes connus, fichés et suivis. Cette justice nous a donc jugé pour nos noms et et en aucun cas sur les faits reprochés cette nuit là.

Cette justice a donc délibérément mis de côté témoignages officiels, nos dépositions et donné seul crédit à la parole d’agents assermentés, sans témoignage, enquête, ou même confrontation qu’ils ont refusé de faire avec nous.

Nous ne sommes pas les seuls à subir ces violences, qu’on soit militant ou d’une couleur de peau jugée « à risques ». Solidarité envers toutes les victimes des violences policières et de toute autre forme de dérive répressive

Pas de justice, pas de paix.

[Italie] Manifs étudiantes dans plusieurs villes et affrontement avec les flics à Bologne – 15 novembre 2013

Affrontements entre police et étudiants à Bologne

Une mobilisation d’étudiants s’est soldée par des heurts entre manifestants et policiers vendredi à Bologne, alors que dans toute l’Italie les étudiants protestaient contre les budgets d’austérité.

La rencontre entre étudiants et forces de l’ordre a tourné à l’affrontement vendredi à Bologne, en marge d’une manifestation d’étudiants. Les associations d’étudiants ont annoncé des blessés parmi leurs rangs.

De Bologne à Palerme, en passant par Rome et Milan. cortèges et manifestations d’étudiants ont marqué la journée de vendredi dans les principales villes italiennes, pour protester contre les budgets d’austérité touchant notamment l’enseignement.

Leur presse – RTS.ch, 15/11/2013 à 19h31

Une vidéo d’euronews, 15/11/2013 à 16h19:

VOIR LA VIDEO

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Voir une autre vidéo des affrontements:

VOIR LA VIDEO

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Des vidéos des cortèges étudiants à Rome, Turin, Naples sont visibles ici.

[Italie] CIE de Gradisca : de la tentative d’évasions à la mutinerie destructrice – Du 30 octobre au 1er novembre 2013

[Italie] Gradisca brûle encore – 1er novembre 2013

Les protestations des retenus du CIE de Gradisca ne s’arrêtent pas, et dans la soirée du 1er novembre de nouvelles protestations sont survenues. Pour le moment la situation est confuse, mais il semble que les retenus aient décidé de compléter l’œuvre de destruction commencée il y a deux jours [Voir en fin d’article, NdCNE]. Dans l’attente de nouvelles, nous pouvons vous raconter quelques détails de la révolte d’il y a deux jours, grâce au récit que quelques retenus ont fait à l’un des bandits Turinois en vadrouille vers Gradisca :

Télécharge ici le témoignage audio en italien

Dans la nuit du 30 octobre trois retenus essaient de s’évader du CIE de Gradisca mais ils sont malheureusement bloqués par les flics présents à l’intérieur du centre, qui montrant leur courage habituel, commencent à les taper. Dès que les autres retenus se rendent compte de ce qu’il se passe ils commencent à crier et à jeter des objets contre les grilles. Peu de temps après les cris se transforment en feu et l’incendie se propage à cinq des huit chambres du centre. Vitres cassées, matelas et draps en flammes et surtout la rage des retenus empêchent les flics d’intervenir dans les sections. La colère s’apaise seulement vers cinq heures et demi, après l’intervention d’un canon à eau, les retenus sont parqués dans les couloirs et laissés là, trempés et au froid jusqu’à 10 heures du matin.

Mis à jour 22h30  – Les premières dépêches de presse à propos de la révolte de ce soir arrivent. Il semble qu’au CIE de Gradisca il ne reste même pas une chambre utilisable et il n’est pas clair où les 70 retenus dormiront cette nuit.

Mis à jour 2 novembre 12heures  -  Les voix qui sortent de Gradisca confirment que l’œuvre de destruction du centre est quasiment terminée et toutes les sections sont pour le moment inutilisables.  Les retenus, dont certains de ceux qui sont en grève de la faim depuis quelques jours, ont été divisés en deux groupes. Certains sont enfermés dans les cellules d’isolement qui se trouvent à l’entrée du centre. Les autres ont été amassés dans deux petites pièces complètement vides, sans meubles ni matelas.

Traduit de macerie par sans papiers ni frontières, 1er novembre 2013

[Gradisca] Nuit enflammée – 31 octobre

Durant la nuit des détenus ont mis le feu à des matelas, brisé des vitres et arraché des grillages pour, d’après les médias, protester contre les conditions de détention. Les pompiers sont intervenus et ont déclaré cinq chambres sur huit inhabitables. A noter également sur place la présence d’une ambulance et d’une équipe médicale mais aucun blessé n’a été signalé.

Reformulé de la presse via macerie par sans papiers ni frontières

Le comico d’Aubervilliers visé par des cocktails molotov – 30 octobre 2013

Aubervilliers : le commissariat visé par des cocktails Molotov

Mercredi soir, vers 21 h 30, deux engins incendiaires ont été lancés contre les grilles du parking du commissariat d’Aubervilliers. Les bouteilles contenaient bien de l’essence et les mèches étaient en flammes, mais les cocktails Molotov n’ont pas explosé. Ils n’ont donc causé aucun dégât. Alertés par le bruit, les policiers sont immédiatement sortis du bâtiment. Ils ont aperçu un homme cagoulé et ganté qui prenait la fuite.

Leur presse de l’ordre – LeParisien.fr (N.P), 31/10/2013 à 17h06

[Publication] ‘Résistons Ensemble’ n°122 de septembre 2013

RIPOSTES dans les quartiers populaires:

Le 10 juillet, un contrôle d’identité de trop à Vénissieux (69), le lendemain encore une interpellation à Villeurbanne. On n’en connaît ni les causes ni les conditions, seulement les conséquences : 3 nuits d’affrontements avec la police. Des centaines de flics (CRS, BAC, brigade canine…) sont déployés et tirent à tout va, gaz lacrymos et balles en caoutchouc, un jeune sera mis en GAV.

Le 18 Juillet, dans un quartier de Compiègne (60), deux flics veulent contrôler un jeune garçon qui circule à scooter. Sa mère et son frère s’interposent, soutenus par une quinzaine de personnes. Apeurés, les flics appellent des renforts , 2 personnes seront interpellées.

Le 19 Juillet, un couple de sans papiers kosovars refusant d’embarquer, étaient escortés par trois flics vers le centre de rétention de Metz (57). Sur le chemin, ils passent plusieurs coups de fils, communiquant dans leur langue maternelle. Lors d’une pause-pipi sur une aire d’autoroute, 4 de leurs amis les attendent, ils assomment l’escorte et s’enfuient avec l’homme.

Le 23 Juillet, trois jeunes hommes , mineurs, habitants du 93, circulent sur la fameuse promenade des anglais à Nice (06). Un arrêté municipal y interdit les torses nus, deux CRS décident de les contrôler, mal leur en a pris : l’un des flics finit avec une fracture du poignet et les 3 vacanciers devant le juge pour enfants.

Le 31 Juillet à Saint Denis (93), cité des Francs Moisins, une patrouille de flics à moto veut contrôler un homme à scooter, plusieurs personnes présentes réagissent permettant à l’homme de s’enfuir. S’ensuit une altercation avec les flics, l’un d’eux tire plusieurs fois en l’air, semble-t-il.

Le 13 Août en fin d’après midi dans le quartier République à Avion (62), un jeune garçon sur son scooter percute une voiture à l’arrêt, il est grièvement blessé. Une patrouille de police arrive sur les lieux et l’un des flics (« un bleu » veut l’excuser son collègue) lance à l’adresse des habitants : « Un de moins ! ». Du racisme ordinaire mais qui provoque la colère d’une centaine de jeunes gens ; deux nuits durant, ils brûlent des voitures, des poubelles et affrontent les policiers venus en renfort. 3 jeunes seront interpellés et condamnés à des TIG.

Le 30 Août à Mantes la Jolie (78) cette fois, une vingtaine de jeunes caillassent deux bus attirant ainsi la police sur place : ils leur lancent des pierres et un cocktail Molotov. 4 jeunes hommes ont été placés en GAV.

A Gennevilliers (92)… Un moteur de scooter a été jeté en direction des policiers dans la nuit du 30-31 août à la cité du Luth depuis le treizième étage. Quatre garde à vue, arrestations, pas de blessé du côté des « forces de l’ordre ».

32 caméras de vidéo-surveillance ont été installées depuis début Juillet à Besançon (25), le 2 Août, une première est caillassée avant même d’avoir été branchée et le 11 Août, 4 jeunes gens en démontent carrément une autre avant de partir avec.

Enfin, le copwatch a une fois de plus révélé son efficacité potentielle : une vidéo sur youtube, montrant les méthodes habituelles de la police (gazage, coups de matraque dans le ventre) provoquant l’évanouissement d’une femme, noire, qui cherchait à discuter l’interpellation de son ami à Joué les Tours (37) a été vue par deux millions de personnes et a frappé les esprits bien au delà du cercle des militants. Radios et Télévisions de masse ont même été contraintes d’aborder la question des violences policières.

Lire intégralement le journal ‘Résistons Ensemble’ n°122 en version texte ici

Télécharger le journal pour differ (en cliquant sur l’image ci-dessous):

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[Mexique] Emeute dans le cadre du mouvement étudiant: plusieurs anarchistes arrêtés

Heurts à Mexico entre la police et des manifestants 

Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont produits samedi à Mexico au moment où défilaient plusieurs milliers d’enseignants et d’étudiants, faisant au moins deux blessés parmi les policiers et quatre arrestations, selon les autorités.

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Un total de 34 000 policiers avaient été mobilisés pour empêcher une intrusion de quelque 11 000 manifestants – enseignants et étudiants – au parlement, selon le service de presse de la Sécurité publique.

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Le mouvement étudiant Yosoy 132 avait auparavant rapporté sur son compte Twitter qu’au moins six personnes avaient été interpellées au cours d’une manifestation dans le centre de la capitale contre la réforme du secteur énergétique qui devrait être soumise au Parlement avant la fin de l’année.

Des manifestants encagoulés ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des centaines de policiers qui leur barraient le passage et ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des coups de matraque, a constaté l’AFP.

Les manifestants ont assuré que les violences étaient le fait de personnes « infiltrées » et ont revendiqué le caractère pacifique de leur mouvement.

Mais selon le service de presse de la Sécurité publique,deux « anarchistes », un homme de 28 ans et une femme de 23 ans ayant déjà participé à des manifestations antigouvernementales, faisaient partie des quatre personnes interpellées.

À la suite de cet incident, les milliers d’enseignants qui marchaient vers le palais présidentiel pour protester contre les réformes de l’éducation promues par le président Enrique Peña Nieto ont décidé de se joindre aux étudiants pour se diriger avec eux vers le Parlement. Les protestataires ont ensuite reflué « par peur des arrestations arbitraires », ont-ils dit.

Le président mexicain a affirmé qu’il ne céderait pas sur la réforme éducative, qui figure avec d’autres réformes structurelles dans le Pacte pour le Mexique signé par les trois principaux partis du pays en décembre.

Le Congrès mexicain doit se prononcer cette semaine sur un nouveau point de la réforme éducative qui soulève un tollé parmi les enseignants. Il prévoit une évaluation régulière de leur travail dont dépendraient maintien en fonction, promotions et augmentations salariales.

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AFP, 01/09/2013 à 20h36

La presse mexicaine parle de 16 arrestations lors de cette manif

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Un article sur contrainfo [en espagnol, et en français] de la Cruz Negra Anarquista México, du 2 septembre, précise que les accusations sont toutes de : perturbation de la tranquillité publique, rébellion à l’arrestation, port d’objets contondants contre l’exercice légitime d’autorité, et outrage. Ils ne sont pas lourds et relèvent de la possibilité de caution.

Les numéros de compte pour le fric sont là.
Les incarcérés (dont pas mal de compagnonNEs) sont :

  • MP de Milpa Alta 1 : 

Julián Humberto Luna Guzmán
Gustavo Ruiz Lizarraga
Pavel Alejandro Primo Noriega
Juan Daniel Velázquez

  • MP de Magdalena Contreras 1 

Ana Berenice de la Cruz Cortez

  • MP de Xochimilco 2 

José Eduardo Alonso
Marco Miztli García

  • MP de Tlahuac 1 

Alejandro Rafael Montaño
Omar Beristaín
Ángel Francisco Hernández

  • MP de Magdalena Contreras 2 

Estela Morales Castillo
Silvia Leticia Colmeneros Morales
Alejandro Amador Frausto

Nous souhaitons la plus large diffusion possible de la situation, tout comme que la solidarité se manifeste des manières les plus variées.

Liberté pour tous ! 

A bas les murs des prisons !

Cruz Negra Anarquista México

Repris des Brèves du Désordre

[Oakland, USA] Manif vandale en mémoire du tagueur ‘Reefa’, tué cet été par la police à Miami – 24 août 2013

Il me paraissait important de revenir sur le meurtre récent d’un tagueur – connu sous le blaze de ‘Reefa’ – après avoir reçu plusieurs coups de taser par la police de MiamiA noter que de nombreuses manifs se sont tenues en sa mémoire dans de nombreuses villes des Etats-Unis, mais qui ont été relayées uniquement par les médias dominants. C’est pourquoi j’ai voulu traduire ce récit d’un samedi après-midi de manifs à Oakland:

Quelque part dans une ville des Etats-Unis - août 2013

Quelque part dans une ville des Etats-Unis – août 2013 (source: twitter)

N’importe qui dans le centre d’Oakland samedi après-midi [24 août, NdT] savait que quelque chose était censé se passer, avec les flics garés à chaque coin de rue. La place ‘Oscar Grant‘ était couverte de flics durant des heures avant que toute manif puisse avoir lieu. Plus tôt dans la soirée, il y a eu une marche solidaire avec les prisonniers en grève de la faim dans les prison de Californie, qui a rassemblé près de 100* personnes.

Tout au long de la journée, la police avait fait grandes démonstrations de force pour intimider les manifestants à partir avant la nuit tombée. C’est vite devenu évident qu’elle n’allait pas laisser la ‘manif du graffiti’ se dérouler. Pour cette raison, des plans ont été faits pour se rencarder à un lieu isolé à proximité plus tard dans la soirée, dans l’espoir d’éviter une présence policière. Nous étions au départ en grand nombre, mais avant que nous puissions commencer la police a découvert notre nouvel emplacement et leurs camionnettes ont commencé à tourner autour du secteur. A ce moment-là, de nombreux petits groupes ont commencé à se détacher, la plupart avec leur propre escorte policière personnelle, même si certains ont réussi à ébranler leur déploiement.

Puis ces groupes autonomes ont commencé à peindre des graffitis dans toute la ville, et la police n’a pas pu contenir ça. Malgré sans doute l’importante somme d’argent dépensée pour le maintien de l’ordre des manifs d’aujourd’hui, les flics n’ont procédé à aucune arrestation pour la justifier, et ont eu à peine réussi à arrêter notre manifestation. Bien sûr, il n’y avait pas de spectacle d’un centre-ville recouvert de peinture (pour un autre jour), mais nous sommes aussi plus que jamais en colère de la mort de Reefa. Nous poursuivrons nos appels à la vengeance et appel à la solidarité dans le monde entier suite à cette injustice.

Solidarité avec tous les artistes illégaux , tous ceux brutalisés par la police et tous ceux qui sont en prison !

Ne les laissons jamais dormir !

Quelques rebelles d’Oakland

Traduit d’Indybay par un contributeur du blog

Note:

*Un contributeur a ajouté dans les commentaires que cette manif de soutien avec les grévistes de la faim a rassemblé le double, soit près de 200 pers.

[Brésil] Occupations de bâtiments d’Etat et émeute aux abords du palais gouvernemental à Rio de Janeiro

Les manifestations contre le pouvoir se poursuivent au Brésil.

A Rio de Janeiro ce lundi 12 août, une manifestation est partie de Candelária (centre) en direction du palais Guanabara, à Laranjeiras (au sud de la ville). Plusieurs centaines de manifestant.e.s ont tenté d’occuper le palais gouvernemental, dans lequel bureaucrates syndicaux et ministres de l’éducation discutaient. Après la réunion, quelques protestataires ont affirmé qu’ils resteraient à occuper le siège du gouvernement, ce qui a amené à l’expulsion immédiate par les forces anti-émeute. Les enseignant .e.s, tout en se disant pacifistes, ont dénoncé la brutalité policière lors de cette action.

A l’extérieur du bâtiment, la situation est devenue incontrôlable: les barrières de sécurité ont volé et les flics de la PM ont immédiatement attaqué la foule par des tir de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc. Les manifestant.e.s ont répondu par des jets de pierres et des cocktails molotov; des barricades enflammées ont été montées aux abords du palais. Un flic anti-émeute et un journaliste ont été blessés; Deux personnes ont été arrêtées. 

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Mac Do mis à sac - Rio de Janeiro, soirée du 12/08

Mac Do mis à sac – Rio de Janeiro, soirée du 12/08

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protesto_cabral_fernando-frazao_ABr-300x198Jeudi 8 août dernier, toujours à Rio, environ un millier de manifestant.e.s ont pris la rue en direction de l’ALERJ (Assemblée Législative de l’Etat de Rio de Janeiro) pour exiger le départ immédiat du gouverneur Sergio Cabral (accusé dans plusieurs affaires de corruption) aux cris de « Cabral dégage » [« Fora Cabral »].

Une vingtaine de manifestant.e.s ont occupé les salles du conseil municipal en pleine réunion, qui ont tout de suite été suspendues et reportées à une date ultérieure. Devant le bâtiment administratif, les flics ont fait usage de gaz au poivre pour empêcher davantage de personnes de pénétrer à l’intérieur du bâtiment.

Plus tard dans la soirée, des encapuchés du black bloc ont envahi une banque et jeté des pierres sur les bâtiments de la société d’hommes d’affaires EBX (Eike Batista‘s holding company).

Dans les environs, l’Hôtel Windsor Astoria a dû fermer ses portes.

Par ailleurs, des marches ont lieu régulièrement depuis près de 3 semaines pour Amarildo de Souza, maçon et habitant de la favela ‘Rocinha’ de Rio. Cet homme de 42 ans, habitant de la plus grande favela de la ville, a disparu dans la nuit du 14 juillet 2013 après avoir été arrêté par la police. Les manifestant.e.s défilent avec des banderoles disant ‘Qui a tué Amarildo?’ [« Quem Matou Amarildo? »]

Repris librement de leur presse – riotimesonline.com & globo.com

Voir des récits depuis les rues de Porto Alegre

[USA/Flics porcs assassins] Un tagueur de 18 ans tué à coups de taser par la police – Miami, soirée du 6 août 2013

Polémique après la mort d’un adolescent tué au Taser

Dans un épisode confus, un jeune homme de 18 ans a trouvé la mort après avoir été reçu une décharge d’un pistolet Taser.

fpaIsrael Hernández-Ilach, un jeune migrant colombien de 18 ans a trouvé la mort après avoir été reçu une décharge d’un pistolet taser par un policier à Miami, mardi soir, le 6 août. L’épisode a eu lieu alors que le jeune homme faisait un graffiti sur un mur.

Il a essayé de fuir, mais a été rattrapé par un policier, relate le journal Nuevo Herald. Selon le quotidien, ce policier avait reçu six plaintes pour « usage excessif de la force et agression physique »

Félix Fernández, un ami qui accompagnait le jeune colombo-américain, l’a retrouvé allongé sur le sol « rigide et sans mouvements » quelques minutes après. Selon lui, les policiers ne semblaient pas être perturbés :« ils rigolaient et faisaient des blagues sur sa capture ». Une ambulance est arrivée sur place mais c’était trop tard pour Hernández-Ilach.

Jeudi après-midi, près de 100 personnes se sont réunies à Miami Beach pour commémorer la vie du jeune homme et exiger justice. Le policier a été suspendu pendant trois jours alors qu’une enquête plus exhaustive doit avoir lieu.

Leur presse confuse – Courrier International, 09/08/2013

[Italie, No TAV] Perquisitions à Turin et au Val Susa (29/07): riposte unitaire et solidaire à Bussoleno

[Val Susa] Perquisitions à Turin et dans la vallée – Rassemblement de solidarité

LogoNOTAVNous apprenons que dans la matinée du lundi 29 juillet 2013, la Digos [police anticriminelle] a effectué une dizaine de perquisitions à Turin et dans le Val Susa, dont la Credenza [un restaurant qui accueille les initiatives No Tav] à Bussoleno, bien que certains véhicules des forces de l’ordre ont été bloqué aux alentours du camping No Tav. Ils ont saisi des téléphones et des ordinateurs portables. Il y a eu 12 mises en examen, mais aucune mesure préventive.

L’instruction se concentre sur l’attaque sur le chantier du 10 juillet 2013 et a été orchestrée par le procureur de Turin avec ses habituels tristes sires du Parquet, Padalino et Rinaudo, sur la base de l’article 280 (attentat avec finalité terroriste), évoquant et exhumant le putride théorème de leur défunt prédécesseur, Maurizio Laudi.

Cette opération répressive menée moins de 48 heures après la marche de Giaglione à Chiomonte, le 27 juillet, comme la dissociation des “bons pacifistes à la recherche du dialogue” des “black blocs infiltrés et ultra-violents” ; scission démentie par les pratiques d’une lutte populaire et hétérogène, qui s’étendent de la veillée aux flambeaux aux affrontements, de la confrontation à la résistance. Un élément certain, qui distingue celle contre le TAV de la centaine de petites et grandes occasions d’opposition aux les nuisances et autres produits de la démocratie capitaliste, dans lesquels les sentiers du conflit “consenti” ont toujours mené à la défaite ou au silence.

C’est l’histoire et ils le savent bien, dans le cœur, tout comme les détracteurs de l’attaque : sans les tentatives de reprise du chantier, sans les actions directes et diffuses, tout comme les moments fondamentaux de contre-information, de fête et de partage, la lutte contre la grande vitesse serait perdue depuis des années.

Traduit de informa-azione.info par No TAV France, 30 juillet 2013

[No TAV] Comment faire tomber des théorèmes répressifs… des milliers de personnes en solidarité aux No TAV perquisitionné(e)s….

La réponse des No TAV aux délires terroristes des procureurs de Turin n’a pas attendu longtemps. Ce soir, mardi 30 Juillet 2013, au moins deux mille personnes se sont rassemblées sur la place de la mairie de Bussoleno (Val de Suse) pour renvoyer à l’expéditeur les accusations absurdes de terrorisme et pour exprimer leur solidarité avec les No TAV qui ont été perquisitionné(e)s et ensuite montré(e)s comme des monstres par les médias, avec des articles mensongers et diffamatoires sur la presse et la télévision. Nous n’en attendions pas moins. L’ambiance de la soirée était l’habituelle, typique des initiatives contre le TAV : sincère et chaleureuse, en affirmant toute l’histoire du mouvement, faite de résistance et de rébellion, mais très loin des fantômes que le pouvoir politico-judiciaire cherche à évoquer. Lui qui a essayé de nouveau avec ces accusations de créer des fractures dans le mouvement n’a obtenu pour seul résultat de renforcer encore un peu plus l’unité et la détermination.

Des milliers de No TAV ont transformé le rassemblement en une manifestation qui a défilé dans les rues de Bussoleno, s’arrêtant devant le restaurant La Credenza (ces jours vilipendé comme un « repaire de terroristes ») pour souligner toute l’affection que tout le monde a pour ce lieu, un vrai point de référence pour la communauté No TAV. Et la fin la manifestation a été spontanément transformée en une sorte de fête, avec de la musique occitane et des danses… pas de peur, pas de terreur !

Solidarité !

Traduit de NoTAV.info par No TAV France, 1er août 2013

Marta, une manifestante arrêtée lors de la marche nocturne à Chiomonte du 19 juillet dernier, témoigne des violences sexuelles des flics qu’elle a subi 

Une action contre la militarisation du Val Susa a également été menée vendredi 2 août devant l’hôtel où sont hébergés les forces de l’ordre. Voir la vidéo ici