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[Gaillac/Albi/Nantes] Pas de bougies et de marches blanches, VENGEANCE !

Un camarade tué au Testet

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la zad du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas surprenant dans ce contexte. A Notre dame des landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la zad de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre dame des landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’Etat. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non létales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit,barrage de sivens mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Des occupant-e-s de la zad de Notre dame des Landes

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Le dimanche 26 octobre en fin d’après-midi, plus de 1000 personnes se sont rassemblées à Gaillac pour exprimer la rage contre la mort de Rémi.

Se tenant dans une atmosphère suintant la paix sociale (une marche blanche était prévue, sic), une partie du cortège, cagoulés, s’est mis à lancer pierres et fumigènes sur les flics tout en s’attaquant aux banques: quelques militants anti-barrage pacifistes sont rapidement interposés pour préserver ces institutions de misère et de mort. Un monument aux morts a été tagué et des drapeaux tricolores brûlés.

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B0-irOECIAAdQqC.jpg smallLe lendemain dans la soirée, de nombreux rassemblements se sont tenus en France, notamment à Rennes, Albi., où quelques destructions de banques et affrontements avec la police ont été rapportés par la presse. A Nantes, près de 1500 personnes ont manifesté. Des tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville. Au bout d’une heure, la rage a définitivement pris le pas sur la tristesse:  dans le quartier Bouffay, rue Crébillon et sur le cours des 50 Otages, des abris-bus et panneaux publicitaires ont été détruits, des caméras de surveillance mises hors d’usage ; plus d’une vingtaine de vitrines de magasins et de banques ont été défoncées par des petits groupes masqués « très mobiles« , accompagnés de feux de poubelles un peu partout dans le centre. Huit personnes ont été interpellées pour « vols et violences à agents ».

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[Paris] Retour sur la manif agitée du 1er mai à Belleville

« ou alors ça va péter » retour sur la manif libertaire du 1er mai 2014 à Paris

monopbellevill1La traditionnelle manif libertaire du 1er mai (appelée par FA, CNT, CNT-AIT et AL) s’est déroulée cette année sous la pluie et les bris de vitrine.

Quelques centaines de personnes y ont pris part et tout ne s’est pas passé dans le calme des slogans du camion sono. Arrivées au niveau du magasin franprix de la rue de Belleville, plusieurs personnes sont entrées à l’intérieur pour une auto-réduction. Le vigile s’est interposé et des employés ont tenté de fermer le rideau de fer. En réponse, plusieurs coups de bâton sont venus étoiler la vitrine. Peu de temps après dans la même rue, deux banques ont été attaquées. Alors qu’un RG, l’habituel coordinateur des flics en manifs, s’approchait de trop près, il a été chassé et s’est pris des coups. Le SO de la manif (principalement autocollé CNT) qui était déjà intervenu pour calmer le jeu près d’une banque, s’est interposé pour protéger le flic et empêcher la casse. Une embrouille s’en suit, les organisateurs, rageux de ne pas contrôler tout ce qui se passe, exigent que ceux/celles qui cassent quittent « leur » manif.

Plus loin, toute la devanture d’un monoprix tombe et un distributeur du crédit lyonnais est détruit. Au coin de rue suivant les CRS sont amassés protégeant une autre banque et se prennent des bouteilles et des pierres.

À la sono, une bureaucrate de la CNT annonce que son organisation ne veut pas continuer à manifester dans une atmosphère de violence extrême non décidé collectivement (sic !)… À partir de ce moment, le cortège continue sur le boulevard Beaumarchais escorté par des flics en tenue anti-émeute et en civil. Alors qu’on sent la pression policière se resserrer, la manif emprunte la rue étroite du Chemin vert et se retrouve bloquée dans une nasse comme on pouvait s’y attendre. Après quelques minutes, les flics laissent repartir la manif et quelques personnes passer dans un couloir puis l’entonnoir se referme sur des personnes ciblées. D’autres s’interposent, les flics gazent, matraquent et celles arrêtées se font écraser au sol puis tirer hors des cordons de flics. La scène se reproduit à au moins trois reprises tandis que la CNT se préoccupe uniquement de ses véhicules.

Deux personnes au moins ont été arrêtés et sont actuellement en garde à vue, on ne sait pas encore pour quel motif.

Aujourd’hui, pour la respectabilité de leur organisation, certain-e-s libertaires se sont dissociés pour des vitrines de banque et de supermarchés brisées. Le SO a travaillé main dans la main avec les civils pour la « bonne tenue » de la manifestation.

Nous sommes solidaires des personnes arrêtées. Ce qui peut rompre la monotonie ambiante nous rend joyeux et la rage contre ce monde ne peut-être contenue dans le parcours d’une manifestation cogérée entre flics et SO.

Solidarité avec les personnes arrêtés !

Pillage, saccage, sabotage !

Liberté pour tou-te-s !

                                                                                                                                 Lafon, laforme ?

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[Le 2 mai à 21h03] Au moins quatre personnes en garde-à-vue, pour « violences volontaires aggravées sur agent dépositaire de la force publique ». GAV reconduites pour 24h.

[Le 3 mai à 01h07] Cinq personnes en GAV, trois d’entre elles ce soir sont sorties à 20h. Trois personnes accusées à tort de dégradations, et deux accusées de violence sur agent dépositaire de l’autorité publique.

Source: indymedia Nantes

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Paris: Des anarchistes s’invitent au cortège anarchiste du 1er mai

Le premier mai est une journée particulière pour les anarchistes puisqu’elle commémore l’exécution des martyrs de Chicago par la justice étasunienne, condamnés à tord pour l’explosion d’une bombe faisant 7 morts dans le camp de la police lors d’une manifestation de masse pour la journée de travail de 8h.

Cette journée est donc dédiée à la mémoire de ces martyrs et est supposée se passer le plus paisiblement du monde en paradant dans de nombreuses villes, drapeaux à la main et camion sono en fin de cortège, afin d’exprimer clairement un puissant sentiment d’indifférence et de passivité face aux exactions de l’État.

Cependant, lors du défilé de Paris, la fête aura été troublée par des éléments indésirables. Le cortège libertaire hétéronome organisé par la FA, AL, la CNT et la CNT-AIT (tendance Gap) aurait été infiltré par des anarchistes. Ces derniers ont fait preuve d’une violence inouïe en attaquant les vitrines d’une banque. Du jamais vu pour les libertaires présents.

« Non seulement ils portent atteinte à la propriété privée, ce qui est inadmissible, mais ils troublent la paix publique, ce qui est encore plus grave ! » confie une manifestante et militante synthésiste encore sous le choc. « C’est totalement contre-productif comme attitude. Nous nous efforçons de faire connaitre l’anarchisme à travers le vente de livres et l’organisation de foires à l’autogestion avec la participations des autorités locales. Ce n’est pas pour voir nos efforts réduits à néant par des squatteurs crasseux et des individus violents qui ne payent aucune cotisation à personne ! C’est à se demander si ce n’est pas la CIA qui les finance. »

Peu après l’attaque de la vitrine bancaire, un évènement plus dramatique se produit. Un agent de la DCRI déguisé en civil pris l’initiative d’aller stopper les fauteurs de trouble. C’est alors que les « hitléro-totos » s’en prirent à lui et le passèrent à tabac. Heureusement le Service d’Ordre de la CNT veille et parvient à extirper le policier des pattes de ses agresseurs. Un membre dudit Service d’Ordre explique que « c’était très dur à voir. Autant de haine chez des individus… J’ai presque cru qu’ils allaient sortir un flash-ball pour lui tirer au visage. C’est un coup à perdre un œil ça. D’autant plus qu’on le connait très bien le Lafon [NdlR – il s’agit du policier en question], il est toujours aux manif’ avec nous. On pourrait presque dire que c’est un intime. »

Après avoir vaillamment sauvé leur camarade des griffes autonomes, la CNT appelle au calme par le biais de leur camion sono: « Les policiers sont des travailleurs comme les autres, arrêtez d’être méchants ou sinon on arrête la manif’ ! »
Aussi surprenant que cela puisse paraître cette déclaration ne fit pas l’unanimité au sein du cortège. Les anarchistes infiltrés étaient peut-être plus nombreux que prévu.

On nous expliquera plus tard que les auteurs de ces violences sont des anarchistes « très très sectaires et très très méchants qui passent leur temps à foutre le bordel un peu partout. Ils invitent même les gens à ne pas participer aux élections que certains d’entre nous utilisent pour promouvoir l’anarcho-légalisme-électoraliste dans le respect des institutions et dans une démarche citoyenne. »

Ailleurs dans le monde il semblerait que de nombreux incidents de ce genre aient aussi eu lieu. Mais faute de cortège rassemblant des organisations libertaires, aucune critique constructive de cette violence aveugle n’aura été faite sur place et personne n’aura pu venir au secours de la police.

Anarcho-Figaro

Repris de aaa12.noblogs.org

[Maroc] Emeute à Tiflet – 25 mars 2014

Maroc: heurts après une tentative de suicide

Des affrontements entre habitants et forces de l’ordre ont secoué hier Tiflet, une ville pauvre proche de Rabat, à la suite d’une tentative de suicide d’un vendeur de téléphones, aboutissant à l’arrestation de 13 personnes, ont affirmé aujourd’hui des témoins.

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Un jeune vendeur de téléphones, accusant notamment un policier de l’avoir maltraité en présence de son épouse au commissariat, a « menacé de se suicider s’il ne parlait pas au procureur du roi« , a indiqué Atika Daïf, un responsable local de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH, indépendant). Il a grimpé près de six mètres sur une des antennes du commissariat, provoquant un attroupement de plusieurs centaines d’habitants. Il s’en est suivi une intervention des forces de l’ordre pour disperser la foule, qui a dégénéré en affrontements jusque dans la soirée, a affirmé M. Daïf. « La police est intervenue de manière musclée, en poussant la foule, et les heurts ont ensuite été violents« , a déclaré Mohamed Elmsiah, un militant associatif joint par téléphone.

Contacté par l’AFP, un responsable de la police de Tiflet a pour sa part évoqué, sous couvert d’anonymat, des jets de pierres et affirmé que « quatre » membres des forces de l’ordre avaient été blessés. Des boutiques ont été endommagées ainsi qu’une banque, et au moins 13 personnes ont été interpellées selon les responsables associatifs, qui ont par ailleurs précisé que le vendeur avait été « grièvement blessé au niveau des hanches et des épaules » en chutant. Selon l’AMDH, le jeune homme, accusé par la police de vendre des exemplaires volés, a porté plainte auprès du procureur du roi contre le policier qui l’aurait maltraité: il affirme en outre que celui-ci lui a acheté un téléphone et lui doit quelque 1.500 dirhams (120 euros).

Située à une cinquantaine de kilomètres de Rabat, dans l’intérieur des terres, Tiflet est considérée comme l’une des villes les plus pauvres du Maroc.

Une vidéo ici

AFP via lefigaro.fr, 26/03/2014 à 19h19

[Bilbao] Emeute contre un forum économique – 3 mars 2014

Ce lundi matin 3 mars 2014, une manif était organisée à Bilbao (nord de l’Espagne) contre un forum réunissant diverses crapules diverses du monde économique et politique, dont la présidente du FMI, des patrons de multinationales et d’entreprises ainsi que le roi d’Espagne. La paix sociale a rapidement été rompue sur les coups de 10h30 avec un fourgon de la police municipale retourné (qui s’est fait pété ses gyrophares et son pare-brise). Des groupes cagoulés ont défoncé les vitrines de plusieurs banques avec les moyens du bord, en bonne partie du mobilier urbain. Une vingtaine de commerces, banques dont un restaurant ont été recouverts de peinture. Des fumis et projectiles divers ont été balancés sur les flics. Au final, deux manifestant-e-s ont été arrêté-e-s, un keuf aurait été blessé.

Big up aux émeutier-e-s !

des-manifestants-attaquent-une-voiture-de-police-a-bilbao-en_1489961 des-manifestants-attaquent-une-voiture-de-police-a-bilbao-en_1489962INCIDENTES EN LA CALLE GRAN VIA Y MOYUA. FOTO: MAITE BARTOLOME. 03/03/14 incidentes-gran-via6 incidentes-gran-via11 INCIDENTES EN LA CALLE GRAN VIA Y MOYUA. FOTO: MAITE BARTOLOME. 03/03/14 incidentes-gran-via25

Deux vidéos sont visibles ici et

Reformulé depuis leur presse – 03/03/2014

[Nantes] Récits d’une manif contre Vinci et son monde – 22 février 2014

22 février – Contre-feu face à la dévastation médiatique. Récit et analyse collective de la manifestation anti-aéroport

Nous sommes des voix anonymes de cette manifestation. Nous n’accepterons pas que les mots pré-mâchés des médias nous volent la mémoire de cette journée. Nous ne succomberons pas aux pressions et aux mensonges de politiciens qui veulent juste nous diviser et rêvent de nous voir disparaître. A nous d’écrire notre histoire. Voici une collecte de récits et ressentis de cette journée. On vous appelle à les diffuser et à faire de même.

La manifestation commence pour certain dès 7h du matin par des convois de tracteurs qui arrivent par les voies rapides ou les départementales. Le cortège parti de Vannes compte 150 tracteurs, celui de Rennes pas moins de 80. Ceux qui sont partis de là-bas invitent ceux qui les croisent en sens inverse sur la 4 voies à écouter radio bouchon, une radio pirate qui diffuse des émissions sur l’histoire des luttes paysannes. Tous les paysans ont mis la plaque d’immatriculation de Jean-marc Ayrault sur leur véhicule. Depuis la ZAD, pas mal de gens sont partis avec les tracteurs. Dans les villages, au passage des convois, de nombreux riverains sont sur le pas de leur porte et applaudissent.

Au final, 5 convois se rejoignent sur le périph’ nantais et viennent se positionner directement square Davier, au point d’arrivée de la manifestation. On dénombre 520 tracteurs, l’équivalent d’un cortège de 3,5km, on va dire 4 avec les remorques. On peut lire sur pas mal d’entre eux « tracteurs vigilants« , le signe qu’ils sont prêt à venir sur la ZAD ou à entrer en action à coté de chez eux en cas de besoin, pour empêcher des travaux, défendre les champs et les maisons. Une trentaine de tracteurs rejoint le Pont Morand point de départ de la manifestation. Là-bas, dès 12h des cantines collectives accueillent les comités locaux arrivés de partout dans une soixantaine de bus. Pas mal de monde est logé chez des Nantais-e-s ou dans les villages alentours. Dès la veille, le local de Vinci était déjà recouvert d’une inscription et on voyait des personnes arpenter les rues de la ville avec des sac à dos et panneaux pour la manifestation.

Vers 12h30 un groupe débarque en radeau fait main, le long de l’Erdre, avec une banderole « résistance et sabordage« . Tout au long de leur dérive, ils disposent au milieu de l’eau des drapeaux anti-aéroport sur flotteur. Pendant ce temps, quelqu’un fabrique une cabane dans un arbre à 30 mètres de la Préfecture, rappelant celles qui ont marqué la résistance dans la forêt de Rohanne en novembre 2012, sur la ZAD. Depuis la veille, la préfecture met en place des grilles anti-émeutes partout autour du centre-ville, qu’elle a choisit, au dernier moment, de rendre inaccessible aux anti-aéroports. Une prise de parole initiale annonce que même si le Préfet a l’air d’avoir peur de nous, « ça ne va pas nous empêcher de manifester ». Des nantais nous témoignent qu’il leur est interdit de rentrer chez eux. Il y a des contrôles un peu partout. Au coin d’une rue, une personne se fait piquer la binette avec laquelle elle est venue défiler.

A 13h15, au début, on a un peu peur : on a l’impression de ne pas être aussi nombreux que prévu. Et puis assez vite, ça converge de partout. Il y a un afflux massif. La manif se révèle immense, avec pas mal de gens qui n’étaient sûrement jamais venus montrer, dans la rue, leur refus de l’aéroport. Jusqu’à 14h30, la queue de manif n’a pas fini de partir de Pont Morand et la tête de manif est déjà au niveau des machines de l’île. Il y a alors plus de 3km5 de manifestation continue sur des artèree forts larges. Pendant ce temps des tracteurs remontent par l’autre coté de la zone rouge. Nous sommes des dizaines de milliers. C’est la plus grosse mobilisation anti-aéroport à ce jour et personne à Nantes ne peut ignorer sa présence dans la ville.

Depuis le début du cortège ont voit arriver des chars : une salamandre jaune et noire de 15m se dandine tranquillement. Un tracto-triton géant ronronne. De très nombreux masques d’animaux marquent le refus de la destruction des espèces et des mesures dites de compensation. On se délecte des centaines de panneaux faits main avec des slogans aussi drôles qu’imaginatifs. Sur un mode plus mégalo, une banderole géante est déployée depuis le haut des immeubles, d’un coté à l’autre de l’avenue de Strasbourg en soutien à ceux qui se battent contre la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de susa.

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« Liberté pour toutes – Chiara, Mattia, Claudio, Niccolo…. No TAV – Résistances et sabotage »

Le 22 février est aussi une journée internationale de soutien aux personnes accusées là-bas de terrorisme et qui risquent jusqu’à 20 ans de prison pour s’être attaqués à un chantier. Au-delà de l’aéroport, la manifestation se connecte très visiblement avec un tas d’autres luttes contre l’aménagement marchand, sécuritaire et gestionnaire du territoire. Tout au long du défilé, pas mal de personnes s’emploient à donner une autre couleur à la ville et à en marquer certains points particuliers. Du marqueur à l’extincteur en passant par les oeufs de peinture, collages d’affiches et sprays. On découvre d’ingénieux mécanismes pour reproduire à l’infini un pochoir « la police tape la police tape la police tape la police tape la police tape la police…« . La mairie, un tribunal, un commissariat, des caméras de vidéosurveillance, les grilles anti-émeute et les flics derrières sont redécorés.

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la mairie de Nantes

la mairie de Nantes

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Expressions murales sur le comico

Expressions murales sur le comico

Sur un mur repeint, il ne reste bientôt plus que la trace de leurs silhouettes en gris sur fond de blanc dégoulinant. Sans surprise, le commerce Vinci immobilier, situé en début de manifestation, focalise les énergies débordantes et ne survit pas au passage d’autant de personnes qui tiennent à marquer leur animosité vis à vis du projet d’aéroport. Au fil du défilé, l’enseigne s’est fait peindre, puis ouvrir, puis repeindre, puis casser, puis rerepeinte.

L'intérieur du local Vinci

L’intérieur du local Vinci

Les maquettes et mobiliers ont été déménagés. Il servira même à la fin de la journée de décor pour photos souvenirs de manifestants en famille avec panneaux et calicots.

Un peu plus loin, des personnes amorcent un fumigène sur la voie ferrée pour avertir les trains de ne pas passer sur les voies. Ils invitent ensuite ceux qui le souhaitent à lancer des chaussures sur les caténaires. Cette action surprise désigne le rôle de la sncf dans la construction ligne à grande vitesse Lyon-turin dans la val de susa. L’ambiance sonore évolue au fil de la manif. Un groupe tout de rose vêtu forme une grande baukada « rythm of resistance », réunissant des formations de divers endroit qui se cale sur des canevas communs. Un peu plus loin, des rappeurs de la ZAD et d’ailleurs se relaient sur un tracteur et mettent en mot cadencés une critique sociale et des rages partagées.

Autour d’un isoloir ambulant plein de déguisements, une sono marque des pauses sur le trajet et met en lien un certain nombre d’enseignes avec l’aéroport et son monde. Elles mettent en regard le tourisme, le renforcement des frontières et les expulsions, les rapports nord-sud et invitent à venir faire des pochoirs. Plus loin encore, une foreuse et une pelleteuse sont incendiées. Des manifestant-e-s désapprouvent, mais on entend aussi pas mal de « bien fait pour eux ! », surtout quand certains comprennent qu’il s’agit d’un chantier Vinci.

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Il y a tellement de monde et tout est tellement étalé qu’il est impossible de comprendre tout ce qui se passe.

Au niveau du croisement des trams, l’avant du cortège constate que le cour des 50 otages est bel et bien bloqué par des grilles anti-émeutes, ce qui, même selon les vieux militants nantais les plus aguerris, n’est jamais arrivé. Au lieu de s’arrêter comme prévu au square Daviais, la tête de cortège fait un pied de nez au préfet. 2 tracteurs contournent rapidement quelques véhicules de police et viennent se placer sur le pont Ododin. Quelques milliers de personnes entament alors un trajet annexe sur l’île Beaulieu, un point symbolique de la métropole et de la gentrification, avec ses pépinières d’entreprises high-tech, ses artistes dociles et ses grosses machines, son tribunal mégalo, le centre du FNAEG où sont collectés les fichiers ADN. Cela n’a pas l’air d’amuser tellement plus les autorités qu’on aille se balader là-bas et au bout d’un moment, alors que le cortège se distend un peu la police referme le pont et interdit le passage.

Pendant ce temps, cela s’agite du coté des grilles anti-émeutes à Commerce qui sont ressenties par beaucoup comme un affront. Même si le dispositif policier a l’air solide, on reste pour marquer sa colère vis à vis de l’interdiction de manifester, de l’entêtement du gouvernement et de ses menaces de revenir sur la zone pour tout détruire, ou pour leur montrer qu’on peut être fort face à eux. D’abord des personnes tapent à main nues sur les plaques de plexis et grillage en se moquant des bleus derrière. Puis, dans un geste de défi, des tracteurs vont se mettre face aux grilles. Ça s’emballe petit à petit, des projectiles partent. En face, ça répond vivement – avec des grenades assourdissantes, lacrymogène et tirs de flashballs à gogo. Le préfet a l’air de vouloir donner une petite démonstration expresse du bordel qu’il est venu mettre dans le bocage pendant plusieurs mois avec l’opération César. Ses canons à eau s’évertuent, en continu, à recréer une zone humide à l’intérieur même de la ville. En face, une partie des manifestants ne se laissent pas compenser, ni déplacer.

Pendant plus de 2h des gens attaquent les grilles, déterrent des pavés, lancent ce qui leur tombe sous la main. Un tracteur s’amuse un moment à bloquer le jet du canon à eau. Un peu plus tard, des grappins sont arrimés au grilles et des dizaines de personnes tirent. En contrepoint aux explosions des grenades jetées par la police, un feu d’artifice lancé par quelqu’un dans la foule, pour la beauté du geste, illumine le ciel.

Tout autour, des milliers de manifestants restent là plutôt tranquillement, sans forcément prendre part activement aux affrontements mais sans s’affoler pour autant. Régulièrement, des centaines de voix s’élèvent pour reprendre en choeur « Non à l’aéroport ! » et accompagnent ceux qui courent sur les grilles. Beaucoup discutent, commentent, boivent un coup, se retrouvent, rient ou s’enthousiasment malgré les yeux humides de lacrymogènes..

Un bureau de contrôleurs de la TAN (transport de l’agglomération nantaise) disposé entre deux voies de tram part en flamme, un peu plus loin, la vitrine d’un magasin « nouvelle frontières » tombe, et le commissariat à l’angle se fait repeindre, ouvrir et retourner.

les locaux des Trnsports de l'Agglomération Nantaise

les locaux des Transports de l’Agglomération Nantaise

le comico

le comico

Un appel est fait pour venir y faire la fête. Les tracteurs resté pas loin des grilles ne sont pas dans une situation évidente au beau milieu du chahut et se retirent petit à petit.

Depuis 15H30, à 300 mètres de là et malgré les détonations, des milliers d’autres personnes sont réunies plutôt tranquillement autour des prises de parole qui débutent. Pas mal de monde fait des allers et retours. Des paysans de COPAIN ont commencé à creuser une mare sur le square pour concurrencer la Préfecture. Plus loin en arrière, une partie de la manifestation stagner sans toujours trop comprendre ce qui se passe.

Vers 18h, tout le monde se regroupe le temps d’une petite boum sur le square Davier. Il y a de la joie ! On passe de Paint it black a du gros son techno et la foule danse tandis que les camions grillagés et canons à eau avancent petit à petit au rythme des charges de CRS, pour vider la place. Les tracteurs partent. Quelques milliers de personnes s’attardent et défient encore un peu la police qui mettra deux bonnes heures de plus à évacuer tout ce monde. Ils ne font pas de cadeaux et les blessés graves s’additionnent : mâchoire défoncée, nez retourné. L’un d’eux qui s’est pris une grenade en tir tendu, perdra son oeil le lendemain.

En échangeant avec les uns et les autres sur le chemin du retour, il est clair que toutes les initiatives prises lors de cette manifestation n’ont pas été consensuelles. Elles ont pu soulever des malaises et débats autant qu’un enthousiasme débordant. Pour autant, nous n’avons senti à aucun moment une foule paniquée et divisée, mais bel et bien un mouvement commun, composite et solidaire rappelant la façon dont des formes hétérogènes de résistances aux expulsions ont pu cohabiter pleinement pendant une journée décisive comme le 24 novembre 2012 dans la forêt de Rohanne. Le soir même, ce qui ressort, chez toutes celles et ceux qu’on croise, est la force donnée par l’élan de la journée.

Pour le pouvoir, une manifestation telle que celle-ci, dans toute sa diversité est absolument insupportable. Pas tant peut-être pour les quelques vitrines endommagées et machines de chantier ciblées, pour les agents de police contusionnés et barricades édifiées que pour la masse de personnes que ça n’avait pas l’air d’offusquer plus que ça sur le moment. Il est d’autant plus intolérable pour les autorités que les organisateurs de la manifestation refusent de tomber dans leur piège et constatent dans un communiqué commun le soir même :

« (…extrait) La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin. Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti- aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ? Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport ! »

Dès le lendemain, le rouleau compresseur politique, le préfet, Ayrault et Valls réunis tentent désespérément de diviser le mouvement, d’en isoler une fraction et de la stigmatiser. Il s’agit de désigner les occupant-e-s de la ZAD comme les gardiens d’un « camps d’entraînement la guérilla urbaine » ou comme « un mouvement armé » sur le thème du « kyste » maléfique à éradiquer… La recette est classique : incapables d’accepter l’idée qu’une colère vis à vis de la répression policière et des promoteurs de l’aéroport puisse se diffuser, ils désignent de fantasmatiques groupes de black blocs manipulateurs et étrangers, et envoient leurs experts vomir un montceau de caricatures grossières sur le sujet que Libération et d’autres reprennent sagement en les présentant comme des « enquêtes ». Ils ont beau chercher à se donner des leviers pour revenir expulser et pouvoir taper très fort sur certain-e-s pour tenter de faire peur à tous les autres, comme dans le val de susa, ils savent pourtant bien que sur le terrain et au-delà, la colère pourraient être plus forte et plus partagée encore si ils s’entêtaient à lancer une seconde opération « césar ».

Sans peur du ridicule, toute la presse en choeur, nous parle de Nantes « dévasté ». On s’attend à un champs de ruines à perte d’horizon. En réalité les quelques transformations imposées au mobilier urbain n’ont pas eu l’air d’empêcher les nantais-e-s de se balader longtemps où que que ce soit. Si on doit vraiment parler de « dévastation » et de « violence », peut-être pourraient ils dire aussi quelques mots des maisons dévastées, des champs saccagés et des dizaines de personnes gravement blessées par plus de 1200 policiers sur la ZAD, pendant les 5 mois qu’ont duré l’occupation policière. Peut-être devrait-on rappeler que le Préfet vient de signer des arrêtés de démarrage des travaux et prétend aujourd’hui revenir vite et pour tout détruire définitivement. On nous demande aujourd’hui de rejeter toute idée de violence et de nous désolidariser de ceux qui brûlé leur machines, cassé leur vitrines, assailli leurs dispositifs. Mais personne ici n’oublie que si nous nous étions contenté de nous asseoir en travers de la route et de discuter quand ils ont débarqué le 16 octobre 2012, il n’y aurait aujourd’hui plus personne pour parler de la ZAD. Elle n’existerait sans doute déjà plus. Les journalistes, fascinés par les « affrontements » autant qu’il les rejettent, diffusent la peur, créent des catégories, cherchent à dérober nos souvenirs. Cela peut paraître impressionnant, mais c’est loin d’être la première fois dans l’histoire de ce mouvement, et cela ne l’a jamais empêché de rebondir et de se renforcer. La chape de plomb qu’ils essaient de faire retomber sur cette manifestation ne nous fera jamais oublier la vitalité de cette journée, le ravissement de se sentir aussi nombreux-ses, les sourires et la colère partagés. Quoi qu’ils en disent, cette manifestation était un moment rare et précieux, une étape majeure dans cette lutte.

L’aéroport ne se fera pas !

Transmis par mail, 27 février 2014

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Durant cette manif, on a pu voir une succession d’attaques directes contre Vinci et son monde. Ces innombrables actions directes ont pu être menées à bien, non sans l’intervention continue de ces paciflics toujours prêts à défendre les édifices de la domination et de l’oppression (On peut les entendre chouiner et tenter de s’interposer sur de nombreuses vidéos qui ont été publiées sur le net).

Outre le local Vinci et le commissariat de police, les locaux de la SNCF et les locaux du TAN ainsi que des stations de tram place du Commerce ont goûté un peu de notre rage à coups de marteaux et objets qui nous tombaient sous la main. Le mobilier a été sorti pour renforcer les barricades. De nombreux commerces ont brûlé (place du commerce), littéralement dévastés (les agences de voyage ‘Nouvelles Frontières » et « FRAM ») ou caillassé (la fnac). Les murs et mobilier étaient recouverts de tags aux alentours du parcours (et ce dès le début de la manif) contre Vinci, le TAV, les flics, la surveillance, la prison, ‘Nantes Nécropole’ et tous les projets urbains et développement aussi dévastateurs les uns que les autres. La destruction systématique des panneaux de publicité ont momentanément enrayer la lobotomie ambiante de la ville-prison. Le tribunal administratif a été recouvert de peinture et quelques pierres ont traversé ses vitres.

Une station de tram

Une station de tram

Le local SNCF

Le local SNCF

Le tribunal adminstratif

Le tribunal adminstratif

Les journaflics de BFM TV, ainsi que de franceTV et france info ont eu des coups de chaud après s’être fait prendre à partie par plusieurs manifestants.

france TV

france TV

Au final, il y aurait eu au moins un million d’euros de dégâts, sans compter les destructions et saccages des commerces et de banques.

Ce fut une journée où nos actes de révolte se sont mélangés et additionnés, avec le sentiment d’avoir vécu debout ne serait-ce qu’un après-midi.

Feu à Vinci et à son monde !

Transmis par mail, 28 février 2014

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voir d’autres récits sur le net:

[Suisse] Manifs spontanées à Lucerne, Berne et Zürich contre l’adoption d’une nouvelle loi raciste / Manif ce vendredi à Genève

Manifestations spontanées contre l’initiative de l’UDC

La nouvelle loi raciste et xénophobe de l’UDC est passée, Marine Lepen félicite les Suisses pour leur vote

A l’annonce du résultat des votations, des manifestations spontanées  ont eut lieu partout en Suisse. 300 personnes à Lucerne. A Berne 600 personnes se sont réunies et ont défilé entre la gare et le Palais fédéral. A Zurich 1’000 personnes se sont rassemblées. Plusieurs banques et magasins de luxe ont eu leurs vitrines cassées.

"Votre Suisse, NOtre grisaille" (Berne,9 février 2014)

« Votre Suisse, Notre grisaille » (Berne,9 février 2014)

"Contre le racisme et la répression" (Zürich, 9 février 2014)

« Contre le racisme et la répression: solidarité internationale » (Zürich, 9 février 2014)

Restons mobiliséEs et alertes contre les lois racistes et la xénophobie !

Communiqué en allemand de la manif à Berne

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Genève: manifestation contre le racisme !

Communiqué d’appel reçu le 12 février

Manifestation contre le racisme !

Le vote de dimanche dernier représente une étape supplémentaire dans le triomphe de l’extrême droite en Suisse. Tout le monde sait que l’initiative profondément xénophobe de l’UDC ne fera qu’empirer la situation des étrangers en Suisse, mais plus globalement, elle signale surtout la présence d’un racisme profondément ancré dans le pays.

Contrairement à l’argument mensonger de l’UDC, l’étranger n’est pas le responsable mais la victime de la sous-enchère salariale au même titre que les travailleur-ses suisses. Estampillée « UDC » ou « libérale », c’est la classe politique qui organise la précarité et divise pour mieux régner. Comment les croire lorsqu’ils dénoncent le racisme tout en appelant à la construction de nouveaux centres de rétention pour les sans-papiers ?

Refusons les fausses oppositions ! Ces gens-là font partie du même camp !

Face à la montée de l’extrême droite, en Suisse comme dans le reste de l’Europe, la nécessité de s’organiser et de résister massivement dans la rue se fait plus évidente que jamais. A Bâle, Berne et à Zurich, des manifestations spontanées ont par exemple eu lieu le soir même de la votation. Alors que l’accord se fait dans un grand nombre d’esprits sur le caractère désastreux du système capitaliste, préparons une riposte antifasciste, unissons-nous toutes et tous contre l’extrême droite !

Vendredi 14 février: Rassemblement à 22h00 précises à la place des volontaires (devant l’usine).

Coordination contre l’UDC et son monde

Repris du RAGE

[Burgos, Espagne] Chronique locale de la révolte contre un projet d’aménagement urbain et récits des actions en solidarité

Burgos (Espagne) : chronique locale de la révolte contre un projet d’aménagement urbain

Le quartier de Gamonal est une zone périphérique de la ville de Burgos construit, comme beaucoup d’autres sous le franquisme, à l’arrache pour entasser les familles ouvrières venues de l’exode rural pour faire marcher l’industrie. Cela a toujours été un quartier conflictuel et les luttes les plus récentes ont concerné la restructuration urbaine comme par exemple en 2005 lors de la construction du parking de Eladio Perlado. Cette fois c’est le projet pharaonique d’un boulevard qui a mis le feu aux poudres.

Les différents textes ci-dessous ont été traduits de l’espagnol du site local de contre-information, Diario de Vurgos


Samedi 11 janvier 2014
Gamonal contre le Boulevard : chronique d’un conflit annoncé

Depuis mercredi dernier, la rue vitoria, une des artères principales reliant Gamonal au centre de Burgos est fermée pour cause de début des travaux du boulevard annoncés par la mairie. Cela fait déjà des mois que les habitant-es du quartier manifestent leur rejet de ces nouveaux travaux, tandis que le conseil municipal faisait la sourde oreille.

Au petit matin du vendredi, les habitant-es du quartier de gamonal ont diffusé l’information et relayé l’appel au rassemblement prévu au rassemblement prévu à 5 h du soir. Celui-ci a été attaqué par la police, ce qui a eu pour effet que d’autres habitant-es sortent pour rejoindre la protestation.

Le nombre de personnes a augmenté tout au long de la soirée et elles sont restées devant le chantier jusque vers 22 h, aux cris de “Gamonal ne veut pas de boulevard”. A ce moment, une voiture de la police nationale a foncé à vive allure sur les personnes présentes, déchainant une pluie d’objets. Les unités de la UPR ont commencé à charger en tirant des balles en caoutchouc, ce a quoi il a été répondu par de nombreuses barricades pour empêcher l’avance des charges. Une bataille rangée a duré jusqu’à une heure avancée du petit matin.

Pendant ce temps, des habitant-es qui observaient ce qui se passait de leurs maisons sont sorti-es sur les balcons en frappant sur des casseroles en soutien au quartier de Gamonal.

Aujourd’hui samedi, de nouveaux rassemblements sont convoqués.


Dimanche 12 janvier 2014
Arde Lacalle. Seconde nuit de troubles à Gamonal

Pour la deuxième nuit consécutive, Gamonal a été la scène d’affrontements intenses entre habitant-es et forces de police. La supposée normalité que proclamait le conseil municipal par ses canaux habituels n’a été que le prélude d’une nouvelle nuit au cours de laquelle les habitant-es du quartier, jeunes ou moins jeunes, ont repris les rues pour manifester leur refus d’un projet spéculatif sans autre intérêt que le bénéfice qu’en retirent les entreprises en bâtiment. Face à la vague d’arrestations indiscriminées qui se sont succédées à Gamonal, le mouvement assembléaire de quartier convoque des rassemblements. Le prochain aujourd’hui même, dimanche 12 janvier à 19.00 h dans la rue Vitoria.

Comme nous en informions déjà ce matin depuis DV, la manifestation en solidarité avec les 17 personnes arrêtées dans les protestations contre le boulevard, est partie du chantier, à la fin d’une assemblée au cours de laquelle a été évalué comment continuer les actions de protestation contre les travaux. Mégaphone en main, plusieurs habitant-es ont exprimé la nécessité de continuer à montrer le rejet de la spéculation urbaine et à démontrer la solidarité nécessaire avec les personnes arrêtées dans la nuit du vendredi au samedi. Selon les dernières informations, elles ont déjà été remises en liberté avec charges.

Des milliers de personnes ont parcouru les rues de Gamonal jusqu’à arriver aux portes du commissariat, où elles ont exprimé leur solidarité avec les arrêtés et leur refus du boulevard. Les manifestant-es sont ensuite revenu-es dans le quartier où la tension n’a cessé de monter, juste dans la zone de la rue Vitoria, populairement connue comme la Zone Zero. Après que différentes agences bancaires aient été attaquées, les anti-émeutes venus d’autres localités ont lancé une forte charge qui a encore ravivé les affrontements et a contribué à ce qu’ils s’étendent dans presque tout le quartier.

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A partir de ce moment, le chaos s’est emparé de Gamonal. Pierres et balles en caoutchouc se croisaient dans une bataille d’une plus grande intensité encore que la nuit précédente. Face à la dispersion des manifestant-es, la police anti-émeute a lancé une véritable chasse à base de coups, entrant dans des établissements publics et même dans des halls d’entrée.

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Les médias partisans de la construction du boulevard parlent de plusieurs agents blessés au cours des affrontements. Comme d’habitude, ils ne disent rien des centaines d’habitant-es blessé-es par les matraques et les balles en caoutchouc. Il semble qu’il y ait des victimes de première et de seconde classe. Et c’est dans cette dernière catégorie qu’ils mettent les habitant-es de Gamonal.

Le bilan répressif de la nuit de samedi se solde avec 23 personnes arrêtées. Des assemblées sont déjà en cours pour tenter d’articuler la solidarité et continuer les protestations contre la spéculation urbaine.

Les faits de la nuit dernière transmettent un message clair qui ne semble être compris ni des bureaux du conseil municipal, ni de ceux des constructeurs : le conflit du quartier continuera tant que se poursuivront les travaux du boulevard.


Dimanche 12 janvier 2014
La solidarité avec les arrêtés se manifeste devant les portes du Commissariat et devant le siège du journal Diario de Burgos

La manifestation en solidarité avec les arrêtés de la nuit de samedi au cours des protestations contre le boulevard a exprimé comme hier son rejet des agissements policiers aux portes mêmes du commissariat. Cependant, les milliers de personnes ont continué la marche par l’avenue de Castilla y León jusqu’au siège de Diario de Burgos, propriété de Antonio Miguel Méndez Pozo, dont l’entreprise de construction a d’énormes intérêts économiques à la réalisation du boulevard de la rue Vitoria.

Face au bâtiment du Grupo Promecal, des milliers de manifestant-es ont gueulé leur mécontentement face à l’intoxication médiatique du Diario de Burgos, en rappelant la participation de son patron des dizaines d’années auparavant aux affaires de corruption urbanistique dans le dit Caso de la Construcción. Un des slogans était : « Méndez Pozo al calabozo » : « Méndez Pozo en taule » [sic !].

De retour à Gamonal, les cris de « nous n’avons pas peur » et « le peuple uni ne sera jamais vaincu », ont recommencé à résonner dans la rue Vitoria. Les protestations continuent dans un quartier qui ne plie pas, et demain sera un autre jour de lutte. La Bataille de Gamonal continue !


Lundi 13 janvier 2014
Protestation indéfinie à Gamonal jusqu’à l’arrêt des travaux

Des habitant-es combatifs parviennent à arrêter les travaux dès 6:30 du matin, en empêchant les machines d’entrer et de poursuivre cette grande œuvre spéculative des entreprises de construction de la ville et de leurs acolytes les politiciens. Défiant le froid et en ne cessant de chanter, les habitant-es réuni-es en assemblée lancent un appel à rester en permanence dans la zone du chantier jusqu’à ce que les travaux soient arrêtés, que les détenus soient libérés et que la police sorte du quartier.

Des jeunes étudiant-es convoquent une assemblée à 17h30 pour proposer une grève étudiante indéfinie pour les revendications antérieures. Tout le monde est aussi incité à venir à 19:00 h à l’assemblée de quartier dans la zone occupée du chantier de la rue vitoria. L’enthousiasme devient palpable à gamonal, les ancien-nes et leurs enfants parlent de révolte et même de révolution sociale, de la nécessité d’étendre le conflit à tous les villages et toutes les villes, que cela puisse servir d’étincelle qui incendie ce grand foyer de rage contenue, on va lutter sans trêve jusqu’à ce qu’ils libèrent et relaxent tous les arrêtés, qu’ils abandonnent les travaux et que la police parte du quartier.

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En assemblée, il a aussi été décidé de faciliter la circulation des habitant-es en enlevant les grilles des trottoirs et en rendant visibles les différentes ancrages du sol pour qu’il n’y ait pas d’accidents et que tout le monde puisse approcher la zone zéro de résistance. Le peuple a décidé qu’on ne joue pas avec les habitant-es et de faire tout le nécessaire pour empêcher un ouvrage qui rapportera des millions de bénéfices toujours aux mêmes et qui ruine ceux d’en bas. C’est de cela qu’il s’agit : ceux d’en bas contre ceux d’en haut.

Le monde nous regarde, il faut un soulèvement général contre le capital dans chaque coin de ce monde, ils disent que qui fait une révolution à moitié creuse sa propre tombe, nous ne retournerons pas dans le fossé. Nous en avons marre !

Peuple conscient d’autres quartiers, villages et villes, Soulevons nous ! Assemblées, mobilisation, grèves et action directe contre le pouvoir !


Mardi 14 janvier 2014
Nouvelle journée de protestations ; dans la quartier de Gamonal le conflit redouble

Le lundi matin commence une nouvelle journée de lutte contre les travaux du boulevard. A partir de 6:30, un large groupe de personnes se sont rassemblées aux abords du chantier pour empêcher l’accès des machines, objectif qui est atteint.

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Le rassemblement s’est maintenu tout au long de la journée avec les allées-venues des habitant-es du quartier. D’ailleurs leur nombre augmente aussi dans les assemblées.

A midi, une assemblée d’étudiant-es a eu lieu où a été décidé de convoquer une grève indéfinie de l’éducation jusqu’à la paralysation définitive des travaux ainsi que la liberté et la relaxe des arrêtés.

A 7 h du soir, une nouvelle manifestation était appelée qui a rassemblé encore plus de personnes que les jours précédents. La manifestation s’est déplacé aux cris de “gamonal ne veut pas de boulevard” et “la rue est à Burgos, pas Burgos à Lacalle” jusqu’au commissariat du CNP pour exiger la liberté et la relaxe des arrêtés. Elle s’est ensuite divisée en 2 blocs, une partie revenant à la populaire “zone zéro” du chantier, tandis que l’autre se dirigeait vers le bâtiment du Grupo Promecal (siège du Diario de Burgos), comme la nuit précédente. Tous se sont retrouvé-es dans la zone de part vers 21 h.

Ensuite, c’est un état de siège policier qui s’est abattu sur gamonal, encerclant les sorties de la rue vitoria. La baraque de chantier située sur l’une des rues latérales a alors été incendiée et des barricades ont de nouveau été montées avec le matériel du chantier pour barrer l’accès aux fourgons des anti-émeutes. Deux heures durant ils ont procédé à des arrestations, nous ne savons pour l’instant pas à combien.

En assemblée a été annoncée pour mardi une nouvelle journée de protestation commençant à 6:30 pour continuer à empêcher l’accès des machines.


Mardi 14 janvier 2014
Attaque DDoS contre le Groupe Promecal

En ce moment même, à 10:49 du matin, tous les réseaux internet du Groupe Promecal sont hors-service, y compris Diario de Burgos. Ils ont subi une attaque de DDoS(Attaque par dénégation de service) en solidarité avec les protestations à Gamonal.


Mardi 14 janvier 2014
En avant pour la lutte partout

La résistance des habitant-es contre la construction du Boulevard continue et ils se rassemblent joyeusement et de manière combative depuis ce matin dans la zone du chantier. La lutte continue à s’étendre et des nouvelles arrivent d’appels à des protestations solidaires dans toute la péninsule.(…)

A 12:00 h. l’assemblée a eu lieu dans une ambiance enthousiaste. On a rappelé l’importance de poursuivre la lutte jusqu’au bout, maintenant plus que jamais pour les arrêtés et les deux personnes qui ont été mises en prison. Des fonds sont récoltés pour payer les cautions

A 19:00 h. nouvelle manifestation du chantier jusqu’au commissariat pour que les arrêtés nous entendent, puis à Promecal-Diario du cacique et retour dans le quartier. On a aussi commenté comment dans la nuit la police a arrêté d’autres personnes dans une chasse aux sorcières et par le tabassage. Malgré tout, le quartier reste ferme, pas un pas en arrière contre les corps de fascistes itinérants qui viennent nous frapper et sont connus sous le nom de UIP ou d’ anti-émeutes.
¡Tout le monde dehors !


Mardi 14 janvier 2014
La mobilisation sociale parvient à paralyser temporairement les travaux du Boulevard

Malgré la conférence de presse d’il y a quelques jours où le conseil municipal de Burgos réitérait sa volonté de continuer les travaux du boulevard qui ont provoqué cinq jours consécutifs d’intense protestation, lors de sa dernière apparition publique Javier Lacalle a annoncé la suspension des travaux pour une période entre 15 et 20 jours. La mobilisation sociale qui a réussi à faire de gamonal l’épicentre de la clameur populaire durant ces journées a gagné son premier assaut.

Pourtant, la présence continuelle d’effectifs d’anti-émeutes qui s’abattent sur le quartier ne fait qu’aviver les doutes sur ce qui ne peut être qu’une manœuvre de diversion de la part de la mairie afin de désamorcer la conflictualité. Des milliers de personnes continuent à manifester en ce moment même et la tension croît pour éviter que ce qui semble être une victoire se transforme en mirage.

Gamonal reste en alerte pour obtenir les trois objectifs fixés au cours du processus assembléaire : paralysation totale des travaux, relaxe de tous les arrêtés lors des protestations contre le boulevard et départ des forces policières du quartier.


Mercredi 15 janvier 2014
Gamonal ne recule pas

Gamonal a gagné le premier combat d’un conflit qui cinq jours durant a été dans la ligne de mire de l’actualité informative du moment. Mais la lutte contre le boulevard et la spéculation existait bien avant que le quartier se retrouve sous le feu des projecteurs et elle continuera à exister quand les caméras se tourneront vers d’autres endroits. Il n’est pas superflu de rappeler que la suspension des travaux ne peut être qu’une trêve temporaire que s’accordent les pouvoirs de fait de la ville pour préparer une nouvelle offensive, cette fois peut-être avec d’autres armes plus sibyllines après l’échec des matraques et des balles en caoutchouc.

Les mobilisations en solidarité convoquées dans de nombreuses villes sont une bonne manière de rappeler qu’il y a encore des personnes incarcérées. Il est aussi nécessaire de maintenir en vie la flamme qui provoque un phénomène loin d’être nouveau et qui fait partie du patrimoine collectif de tous les exploités et humiliés du monde.


Mercredi 15 janvier 2014
Uni-es nous avons pu. Gamonal ne recule pas ! Tout le monde dehors

Des milliers de personnes, plus hier et qu’avant-hier, reviennent dans les rues, aujourd’hui mardi, en manifestant du chantier au commissariat pour exiger la liberté sans charges des arrêtés, puis au siège du journal du cacique pour finir dans le quartier.

Personne ne croit les paroles d’un farceur et d’une crapule comme le maire de Burgos, qui a pour unique intention de démobiliser la lutte et de mettre fin à la révolte pour pouvoir faire les travaux. Nous les avons arrêtés grâce à la mobilisation de tout un quartier. Conscient-es de cela toutes les mobilisations sont maintenues. Demain mercredi toutes et tous à 6:30 h. au chantier et que la police ne vienne pas nous jeter, à 12:00 h. assemblée et à 19:00 h. tous dans la rue. La grève indéfinie des étudiant-es continue jusqu’à ce que les travaux soient arrêtés définitivement, la liberté sans charges de tous les arrêtés et que la police quitte la ville.

Des fourgons d’anti-émeutes sont entrés dans la zone du chantier clairement pour provoquer les gens en train de manifester. Malgré tout, les manifestant-es ont réussi à réoccuper la zone en encerclant les fourgons. Pendant plusieurs heures, il y a eu des moments d’intense tension au milieu des cris et des chants pour exiger que les anti-émeutes partent de la ville. C’est ça leur prétendue trêve ? créer un état policier ? Les en ont marre et chaque jour viennent plus de personnes que la veille. Cela fait 70 ans que nous sommes gouvernés par cette bande de fascistes omnipotents, nous ne nous rendrons jamais et ils ne réussiront pas à nous mettre dans des fosses comme nos grands-parents en 1936.

A tous les gens d’autres villes et villages, ne croyez pas les mensonges des moyens de désinformation de la bourgeoisie, continuez les mobilisations et que s’étendent la révolte et la solidarité.

Gamonal pas de recul ! Anti-émeutes hors de Burgos !


Mercredi 15 janvier 2014
La lutte continue malgré l’“arrêt” du projet

(…) L’assemblée de midi du mercredi a été animée et a convoqué une grande manifestation pour ce soir à 19:00 h. qui ira jusqu’au commissariat comme d’habitude. Au début la commission anti répressive a pris la parole. Elle s’efforce de se mettre en contact avec les arrêtés et les proches des prisonniers, pour pouvoir réunir l’argent destiné à faire sortir les camarades. Ce matin la juge du tribunal nº 3 de Burgos a envoyé en prison quatre compañeros avec une caution de 3000 euros. Ils sont accusés de troubles à l’ordre public dans la nuit de lundi. A cela il faut ajouter les deux compañeros mis en prison avec la même caution et qui ont été arrêtés dans la nuit de dimanche. Si les cautions sont payées, ils pourront revenir au quartier. Pour toutes celles et ceux qui ont été arrêtés, qui avez un proche emprisonné, qui avez été témoin d’une arrestation, qui avez des photos ou des vidéos, venez à la zone et demandez la commission anti répression pour affronter le problème collectivement. Commission qui essaie de recouper le maximum d’arrêtés pour affronter leur procès.

Ensuite, les gens ont parlé de la nécessité de poursuivre la lutte sur tous les fronts de notre vie. La lutte contre le Boulevard a été une petite goutte qui a fait déborder le vase, de ras-le-bol, qui a mis sur la table la nécessité de s’auto-organiser pour se défendre contre la précarité sous toutes ses formes, commencer un processus de création de communauté de lutte en ouvrant des espaces de rencontre pour nous connaître et affronter les problèmes ensemble.

Pour demain jeudi l’assemblée de 12:00 h. et de 19:00 h. sont maintenues et il est possible qu’une manifestation soit convoquée à la plaza mayor pour le vendredi, qui coïncide avec le plénum de la mairie au sujet du boulevard. On pourra virer au maire ce que gamonal pense de lui.

Communiqué de l’assemblée de quartier de Gamonal

L’avalanche d’événements se poursuit à Gamonal dans un conflit avivé par intransigeance d’un conseil municipal ligoté par les intérêts spéculatifs des grandes entreprises de construction. Nous publions le communiqué que l’Assemblée de quartier contre le boulevard de la rue Vitoria a sorti ce matin même du mardi 14 janvier. L’état d’exception que nous avons vécu hier dans la quartier où sont venues des centaines d’unités anti-émeutes envoyées par le Ministère de l’Intérieur, n’a pas réussi à arrêter la mobilisation sociale qui croît inévitablement et commence à porter ses fruits face au totalitarisme institutionnel.

Ce qui s’est passé au cours de ces cinq jours de révoltes ne peut être expliqué avec des simplifications comme celles de la presse ou des mensonges comme ceux des institutions et de la mairie, mais avec des réalités et des vérités comme des poins.

C’est parti comme une protestation de quartier contre le projet de réalisation d’un boulevard dans la rue vitoria à Gamonal, ouvrage imposée de manière totalitaire et refusé depuis des mois par les habitant-es au cours de nombreuses mobilisations et manifestations. Mais cela s’est transformé en une expression du mécontentement généralisé.

Nous n’allons pas détailler les joyeusetés de ce projet, simplement avec un peu de bons sens, c’est d’évidence une tentative de plus, dans cette ville comme dans d’autres, de maintenir la spéculation urbaine et de promouvoir la corruption généralisée de la classe politique, en augmentant encore plus les bénéfices des classes dominantes face au peuple.

Dans ce cas, face à un quartier ouvrier, noyé sous les factures, les impôts, les amendes, les hypothèques à payer, les expulsions de logements et avec un nombre de chômeurs qui atteint à 18.000 personnes. Jusqu’à ce point rien de bien différent à ce qui se passe sur l’ensemble du territoire à cause de la fameuse crise où les différences sociales sont devenues abyssales. C’est porquoi ce qui s’est passé au cours de ces journées n’est pas que le rejet de tout un peuple contre un projet de spéculation urbaine qui coutera au quartier en parking, en circulation plus 8 millions d’euros, desquels aucun habitant-e ne tirera aucun bénéfice, seulement les années qui condamneront des générations et des générations à payer des œuvres pharaoniques et à engraisser les comptes d’entrepreneurs et de politiques corrompus. Le rejet implique beaucoup d’autres choses encore, c’est l’expression de rage collective, la rage des jeunes qui ne voient aucun futur dans ces conditions, des plus âgés qui se sont rendus compte avec tristesse que tous les supposés droits qui ont couté tant de sueur et de sang, sont partis à la dérive en moins de 6 ans, et surtout de la prépotence et de l’intolérance du pouvoir qui domine et impose, sans écouter rien ni personne. Ils font les lois, blindent la démocratie pour préserver leurs privilèges. Et en réalité s’il n’y avait pas eu les incidents de vendredi dernier, jamais personne ne nous aurait écouté. La paix sociale, c’est eux qui l’ont brisée et pas les jeunes violents encagoulés comme certains aimeraient nous le faire croire, dans le quartier nous savons tous ce qui se passe, nous sommes unis, nous n’avons pas peur de faire face.

chron4La violence c’est remplir la ville de policiers, si on peut les appeler ainsi et pas mercenaires, qui frappent nos enfants et nos voisin-es, arrêtant déjà 47 personnes, provoquant des coupures d’électricité et de téléphone dans certaines maisons, en raflant et en fouillant. Le samedi, ils ont lancé une trentaine de balles en caoutchouc, blessant sérieusement des habitant-es qui ont à peine été mentionnés. On ne parle que des attaques contre les corps de sécurité, alors que la violence et la situation est disproportionnée. A son tour, l’appareil répressif de l’Etat n’a pas hésité à appliquer des peines exemplaires à toutes celles et ceux qui montrent n’importe quel sorte de non conformisme, le projet de loi de sécurité citoyenne présenté récemment par le gouvernement rend bien compte des intentions de l’Etat qui se fait appeler démocratique, mais en vérité si c’est ça la démocratie, nous n’en voulons pas. En son nom se justifient tous types d’atrocités, entre autre les jeunes du quartier et pas de la kaleborroka ou d’ailleurs comme certains continuent à le soutenir, envoyés hier en prison préventive.

La lutte doit continuer et les révoltes s’étendre à d’autres villes de du pays et, pourquoi pas, du monde. Le mécontentement de ces jours n’est pas uniquement dû aux travaux du boulevard, il y a beaucoup d’autres motifs, la lutte est pour une vie digne, pour nos droits et pour préserver et donner du sens au mot LIBERTE.

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Barcelone : manifestation enragée en solidarité avec la lutte de Gamonal (Burgos)

Bar175Le vendredi 17 janvier, une manifestation d’un millier de personnes a parcouru le centre-ville de Barcelone en solidarité avec la lutte de Gamonal. Bien que les travaux du boulevard dans la rue Vitoria de ce quartier de Burgos aient été définitivement abandonné (mais où 46 personnes sont sous contrôle judiciaire en attente de jugement suite aux trois nuits d’émeute), des marches de protestation ont eu lieu dans les principales villes de tout le pays.

Une agence bancaire Caixa brûle Via LaietanaA Barcelone, le parcours a été émaillé d’incidents avec des poubelles brulées, des agences bancaires et différents bâtiments administratifs pétés. Arrivés sur La Rambla, une centaine de manifestants a attaqué le commissariat de la Guardia Urbana en lançant bouteilles, pots de fleurs, tables et chaises (empruntés sur les terrasses avoisinantes) sur la dizaine d’agents censés le protéger. Ceux-ci ont dû trouver refuge à l’intérieur. Cinq policiers ont été blessés et six véhicules endommagés.

Attaque du commissariat de la Guardia Urbana ... où les keufs réfugiés à l’intérieur tiennent le siège

La Brigade Mobile (Brimo) des Mossos d’Esquadra est alors intervenue en chargeant et a dispersé les manifestants à l’aide d’un canon acoustique à longue portée (LRAD). Ces dispositifs déjà utilisés par les unités anti-émeutes aux Etats-Unis et dans différents pays européens ont été employés ici pour la première fois (ils devraient par la suite remplacer les balles en caoutchouc qui vont probablement être interdites d’ici peu). Ils émettent un sifflement strident de grande puissance, d’une portée de 3000 mètres, qui provoque un étourdissement et oblige à se retirer en se bouchant les oreilles.

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Trois personnes ont été arrêtées, dont deux mineurs. Des manifestations se sont aussi déroulées à Saragosse, Madrid, Burgos (3000 personnes), Valence ou Santander, parfois ponctuées d’affrontements. 15 personnes en tout ont été arrêtées, généralement pour « trouble à l’ordre public ».

A Valence...

A Valence…

A Saragosse.

A Saragosse.

[Résumé de la presse espagnole]

Sources: Brèves du désordre

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On peut voir un petit aperçu de la rage émeutière des manifestant-e-s à Barcelone dans cette vidéo (cliquer sur l’image)

Ce sont bien les flics qui sont sous l'avalanche de chaises balancées par les émeutier-es

Ce sont bien les flics qui sont sous l’avalanche de chaises balancées par les émeutier-es…

Quelques précisions sur les manifs solidaires à travers le pays ce vendredi 17 janvier 2014: il y a eu plus d’un miliers de personnes à Valence avec quatre interpellations (« 3 hommes et une femme, accusé-e-s d’avoir brûlé des poubelles et d’avoir jeté des projectiles sur les policiers ») suite à des affrontements avec les flics. Idem à Alicante, où il y a eu trois personnes arrêtées pour « émeute« .

A Bilbao et aussi à San Sebastian, où 200 personnes ont manifesté en début de soirée: à 20h25, la police basque recevait l’appel d’une balance citoyenne pour une attaque d’une agence bancaire ‘BBVA’ rue Hernani, qui a eu sa porte d’entrée en verre éclatée: « voleurs » a aussi été tagué sur la façade.

La veille c’était à Madrid que la rage éclatait à la gueule des flics

[Allemagne] Récit depuis les rues d’Hambourg de la journée du 21 décembre 2013

Des milliers de personnes sont venues à Hambourg le 21 Décembre pour participer à la manifestation contre l’expulsion du squat Rote Flora, pour un droit de séjour pour les réfugiés, et faire preuve de solidarité avec les résidents expulsés des maisons Esso. Tout le monde savait que ce serait une journée chaotique, avec des milliers de militants autonomes et des milliers de robocops anti-émeute se faisant face à Hambourg. Pourtant, tout est allé différemment de ce que nous avions prévu.

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Le pré- rassemblement devant le squat Rote Flora devait commencer à 14h00, et la grande manifestation internationale était prévue pour 15h00. Des milliers de personnes y étaient déjà réunies à midi. L’atmosphère était super, les gens étaient pleins d’enthousiasme et voulaient manifester dans les rues. Donc, finalement, peu après 15 heures, la marche a commencé. Non seulement c’était l’une des plus grandes manifestations de l’année, mais aussi la plus courte. La police a arrêté la manif sous un pont après 20 mètres. Les flics ont immédiatement utilisé gaz lacrymos et matraques pour forcer les miliant.e.s à s’arrêter. Quelques secondes plus tard, deux canons à eau sont également venus pour repousser la manifestation à l’endroit où elle a commencé.

Ensuite, des militant.e.s ont répondu avec des pierres, des bouteilles et des feux d’artifice contre la police. Les gens ont été repoussés, car de plus en plus de policiers ont pris d’assaut la foule, frappant presque tout le monde sur leur chemin. En fin de compte il semblait que, même s’il y avait des centaines de manifestants se battant contre les flics, ils n’avaient aucune chance car il y avait des centaines voir des milliers de flics en armure complète les attaquant encore et encore. Un autre problème était qu’il y avait très peu de matériel à jeter sur la police. De nombreuses personnes s’étaient préparées pour des combats de rue avec la police ce jour-là , mais ont d’abord été paralysé en raison de la rapidité de la police à intensifier la violence. Les militants ont construit des barricades de poubelles, de bancs et de tables de restaurants à proximité. Après trente minutes d’affrontements, la police a réussi à prendre le contrôle de la place en face de la Rote Flora. D’ici là, tout le monde a accepté le fait qu’il n’y aurait pas une grande manifestation à Hambourg ce jour-là. Alors, les gens ont juste utilisé une stratégie différente pour manifester dans les rues.

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Peu de temps après que la police ait attaqué la manif, certain.e.s militant.e.s ont tenté de partir; les gens ont réalisé que la manifestation ne pourrait pas continuer, de sorte qu’ils voulaient quitter le lieu et lancer leurs propres actions dans la ville. Même si presque toutes les rues étaient bloquées par des centaines de flics anti-émeute, de nombreux militants ont réussi à quitter le secteur. Ensuite, ils ont formé des manifestations spontanées dans toute la ville. Parfois des manifs avec seulement 50 personnes et parfois des manifs avec plus de 1000 personnes marchant dans les rues, à attaquer les flics, les banques, les commerces (des grandes entreprises comme McDonalds et Vodafone), tout en construisant des barricades. Tard dans la nuit, on pouvait entendre des feux d’artifice et des gens qui criaient des slogans dans toute la ville de Hambourg. Les gens n’ont attendu personne pour commencer l’action, ils l’ont commencé eux-mêmes, à maintes reprises. La plupart du temps la police a tenté de nous chasser et d’arrêter les actions directes, parce qu’il semblerait que les flics n’aient pas eu suffisamment de moyens pour faire plus de vingt arrestations avec charges ce jour-là.

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Il est difficile de dire si c’était ‘une victoire’ ou ‘une perte’ pour la protestation. Nous n’avons pas réussi à manifester comme nous avons d’abord voulu. La police a clairement voulu stopper la combinaison des trois luttes majeures à Hambourg: le squat de la Rote Flora, la lutte des réfugiés et des maisons d’Esso. D’autre part, Hambourg a vu des plus grandes émeutes ces dernières années et après la décentralisation de la protestation la police a perdu le contrôle de la situation.

Personnellement, je pense que c’était une bonne journée. Les militants ont montré que l’expulsion du squat Rote Flora ne serait pas tolérée et finirait dans le chaos absolu pour le gouvernement de Hambourg, la police et le capital. Il est toujours agréable de rencontrer des situations où les flics doivent se retourner et juste courir…

Flora bleibt! le squat Rote Flora reste!

Une vidéo de cette journée à Hambourg

Traduction de l’anglais en collaboration avec contrainfo,27 décembre 2013

[Allemagne] Balade incontrôlée à Hambourg – 18 octobre 2013

Dans la soirée du 18 Octobre 2013, une balade incontrôlée partie de St. Pauli jusqu’au quartier Schanze a eu lieu.

Avec une banderole, des chants, des affiches, des tracts, des graffitis, des pierres et des marteaux, près de 80 personnes ont exprimé leur colère contre les «zones de danger», les contrôles racistes, la machine à expulser et ces conditions réelles dans les rues.

Quelques banques et magasins ont eu leurs fenêtres brisées et les murs ont été peints avec des slogans contre la machine à expulser et l’État. La marche a pris fin quand les flics sont arrivés.

Contre les autorités et leur ville !

Pour une vie incontrôlable sans domination pour tous !

Traduit  de l’allemand d’indymedia linksunten en collaboration avec Contrainfo

[Chili] Emeutes partout lors du 40ème anniversaire du coup d’Etat de Pinochet – 11 septembre 2013

Voici une reformulation rapide de ce qui a pu être raconté dans la presse chilienne à propos des manifestations de commémoration du coup d’Etat de Pinochet en 1973 dans de nombreuses villes chiliennes:

  • A Valparaiso et Vina del Mar:

Vers 22h, des encapuchados affrontent  la police devant l’université Playa Ancha, après avoir bloqué le trafic en montant des barricades. De grands axes routiers sont coupés dans la région de Paso Hondo et les rues du quartier de l’Université Technique Federico Santa María sont en proie aux flammes de plusieurs barricades.

Dans le secteur de la vallée de l’Aconcagua, le sous-préfet de police, Francisco Castro, s’est fait casser le nez alors qu’il participait à un contrôle en compagnie de képis de la municipalité de San Felipe. Deux barricades à San Felipe, neufs dans les Andes… Et six interpellations au total dans la région.

  • A Concepcion:

Vers 20h sur l’Avenida 21 de Mayo, plusieurs barricades bloquent la circulation. Trois heures plus tard, des combats de rues ont lieu à Cerro La Pólvora. Un groupe d’encapuchados s’attaquent à plusieurs banques (mais d’après la presse, la banque ‘Edwards’ a été la plus touchée).

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Vers 01h30, un magasin de l‘avenida Manuel Rodriguez se fait piller (il s’agirait du magasin alimentaire ‘ Super Pollo‘). Peu avant 03h, un groupe de manifestants balance tout ce qu’ils ont à portée de main sur les keufs et journalistes. Il y aurait eu 15 arrestations dans la soirée, selon un chef de police.

  • A Valdivia:

La presse rapporte que les flics sont intervenus en catastrophe pour empêcher le pillage d’un supermarché ‘Unimarc‘ situé dans la rue René Schneider.

  • A Santiago:

Un chef de police, Rodolpho Pacheco, a été touché par un cocktail molotov à Cerro Navia: souffrant d’un « traumatisme crânien », il a dû être immédiatement transporté aux urgences par hélico.

Le keuf sur son lit d'hôpital

Le keuf sur son lit d’hôpital

Dans les rues Salomón Sack et Soberanía, un supermarché ‘Unimarc‘ a été pillé et incendié: l’intervention rapide des pelotons de flics et de pompiers a écourté l’expropriation incendiaire.

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De nombreux quartiers de Santiago (Quilicura, La Platina, Conchalf, Renca et San Miguel) ont été plongés dans le noir total après des actes de sabotage: au total, plus de 104.000 personnes ont été privées d’électricité dans près de 18 communes selon Chilectra.

Sinon, trois bus de TranSantiago ont été crâmés entièrement dans divers secteurs de la ville, ainsi que sept minibus. L’incendie d’un bus situé dans le quartier de Lo Prado s’est propagé à un supermarché. Des barricades enflammées illuminaient les rues de nombreux quartiers.

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Des banques ont été attaquées, dont la banque d’Etat de l’avenue San Pablo (Lo Prado):

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Au final, 32 personnes ont été arrêtées, 13 flics auraient eu de graves blessures (comprenant également plusieurs tirs d’armes à feu, dont des tirs de chevrotine).

Il y aurait 68 personnes toujours détenues sur les 264 arrêtées dans l’ensemble du pays. Dans la nuit du 10 au 11 septembre, les flics ont procédé à près de 1.414 contrôles d’identité et 3.070 contrôles de véhicules.

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Ci-dessous la dépêche AFP (12/09/2013, 14h42):

Chili : 42 policiers blessés, 264 manifestants arrêtés après de violents heurts

Quarante-deux policiers ont été blessés et 264 personnes arrêtées lors des violentes manifestations qui ont marqué, dans la nuit de mercredi à jeudi à Santiago, la commémoration du coup d’Etat contre Salvador Allende il y a 40 ans, selon un bilan officiel.

Ce bilan, publié jeudi, ne précise pas le nombre de manifestants blessés durant ces heurts qui se sont produits dans la périphérie de la capitale chilienne.

Parmi les policiers blessés, six ont été grièvement atteints par balles ou par des jets d’acide, a dit le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Andrés Chadwick.

Le chef de la police de la région de Santiago, le général Rodolfo Pacheco, figure parmi les blessés et souffre d’un « traumatisme cérébral » après avoir été touché par un cocktail Molotov.

Le ministre a ajouté que 264 manifestants avaient été arrêtés.

Trois autobus et sept minibus ont d’autre part été incendiés en plus de cinq voitures particulières dans ces violences qui avaient commencé en début de journée mercredi.

Afin de limiter les débordements, récurrents à cette date anniversaire, les autorités avaient mis en place un plan spécial comprenant le déploiement de 8.000 policiers supplémentaires dans la capitale.

Des incidents se sont également produits dans les villes de Valparaíso (120 km à l’ouest de Santiago) et Concepción (500 km au sud).

Le pays commémorait mercredi le renversement, le 11 septembre 1973, du président socialiste Salvador Allende par le général Augusto Pinochet.

La dictature militaire (1973-1990) a fait 3.200 morts et disparus alors que 38.000 personnes ont été détenues et torturées.